Arts et spectacles

Bouffis de chaleurs

CRITIQUE / En revisitant Les Grandes Chaleurs pour le Théâtre de l’Île, le metteur en scène Mathieu Charette a choisi d’exploiter à fond le registre du « théâtre de boulevard », ce comique un peu excessif.

Pas sûr que le texte soit bien servi par tant de légèreté : la comédie douce-amère de Michel Marc Bouchard perd ainsi en pertinence. La charge sociale du propos semble ainsi oblitérée, sa critique du conformisme et du qu’en dira-t-on se retrouvant passablement édulcorée dans les rires « faciles » d’une farce bouffonne.

Théâtre

Molière marxiste

Pour un troisième été, le Fâcheux Théâtre répètera son initiative de théâtre gratuit en plein air du 17 au 31 juillet. Cette année, Molière dans le parc revisite Les fourberies de Scapin et fait des clins d’œil à l’actualité ainsi qu’à... Karl Marx.

À ne pas oublier : ses chaises pliantes ou sa couverture de pique-nique, car le Fâcheux Théâtre se produit dans le parc Fontaine, dans des moyens techniques minimaux.

Festival d'été

Éric Lapointe se paye la traite au FEQ

Éric Lapointe en sera mardi soir à sa 11e présence en carrière au Festival d’été. C’est ici que tout a commencé pour lui. Mais le spectacle qu’il offrira sur les Plaines s’inscrit déjà comme le plus mémorable, en cette année où il devient cinquantenaire et fête les 25 ans de son premier album. Une grosse année, on s’entend, qui sera célébrée comme il se doit.

Baptisé Le show de ma vie, l’événement fera défiler sur la scène une longue, très longue liste d’amis chanteurs et musiciens. C’est ce qui arrive quand on donne de la corde à Éric Lapointe, il se «paye la traite».

«On me donne la chance et toute la latitude pour faire un show comme je veux, avec des moyens qui rivalisent avec les shows internationaux du festival», mentionne un Lapointe fébrile et excité, joint récemment à Montréal, à quelques jours du début de ses quatre journées de répétitions.

Jamais autant de cartons d’invitation n’ont été lancés dans la communauté artistique pour la formule Carte blanche sur les Plaines. 

Une vingtaine d’artistes de tous styles et de toutes générations ont répondu à l’appel : Jean-Pierre Ferland, Marie-Mai, Garou, Lara Fabian, Louis-Jean Cormier, Michel Pagliaro, Safia Nolin, Kevin Parent, Mario Pelchat.

Arts et spectacles

L’Orchestre de la Francophonie au CNA

L’Orchestre de la Francophonie (OF), sorte d’« académie » réunissant des jeunes musiciens classiques de partout dans le monde, donnera un concert au Centre National des Arts (CNA) mardi 9 juillet à 19 h 30.

L’OF a amorcé sa 19e saison, qui se déclinera jusqu’au 14 août. 

Ce camp pédagogique est supervisé par des chefs invités de renom et des professeurs chevronnés. 

Quelque 70 jeunes musiciens âgés entre 18 et 30 ans y participeront. 

Le camp comprend notamment une série de concerts donnés sous la baguette du chef Jean-Philippe Tremblay. 

Le 9 juillet, l’OF accueillera l’altiste Marina Thibeault, qu’on pourra entre autres entendre dans une composition de Gilles Tremblay. 

Le programme comprend également des pièces d’Igor Stravinski (L’Oiseau de feu) et de Maurice Ravel (La Valse), ainsi qu’une création commandée par l’OF : Animal Machine (signée Alexandre David). 

Festivals

L’orage Church frappe le Bluesfest

CRITIQUE / L’orage a grondé… souvent, vendredi soir. Il aura fallu attendre que le ciel donne son accord avant que les premiers «riffs» soient lancés sur les plaines LeBreton.

Et en harmonie avec l’arc-en-ciel, la sono de la scène principale a tôt fait de taire les grondements colériques du tonnerre pour laisser place à la musique. Une country à l’américaine qui nous a été servie par Eric Church.

Spectacles et théâtre

Anthony Kavanagh et Kathy Gauthier à la Place de la Cité

Après Phil Roy et Jay Du Temple, qui ont ouvert le Festival d’humour de Gatineau, jeudi, c’était au tour d’Anthony Kavannagh et de Kathy Gauthier de prendre la relève au micro, vendredi soir.

Les humoristes de la relève Arnaud Soly et Mélanie Couture ont prêté main-forte au duo, en réchauffant le public de la Place de la cité.

L’événement s’achèvera samedi, alors que Pierre Hébert et Dominic Paquet prendront le relais du «plus gros» (et du seul) festival d’humour de l’Outaouais.

En raison de la politique du «premier arrivé, premier assis», il est conseillé d’arriver tôt sur le site.

Les portes ouvrent à 17h. Les blagues commencent à fuser dès 20h.

De l’alcool et de la nourriture sont disponibles sur les lieux, avec la présence sur le site du restaurant Le Rituel et du Bistro Rumeur.

La Société de transport de l’Outaouais (STO) offre le transport aux détenteurs de bracelets.

Renseignements : humourgatineau.com

Festival d'été

The Offspring : déferlante punk-rock [VIDÉO]

L’année 2019 en aura été une d’anniversaires pour The Offspring : les 35 ans de la formation du groupe, les 30 ans de son premier album éponyme et les 25 ans de «Smash», qui l’a propulsé vers un succès commercial pratiquement sans précédent dans son créneau musical. Alors que les Californiens devraient lancer avant longtemps de la musique toute neuve (voir plus bas), retour avec le guitariste Kevin «Noodles» Wasserman sur une époque où la vague punk-rock a pris à peu près tout le monde par surprise.

En 1994, The Offspring existe depuis une décennie et a déjà deux albums derrière la cravate quand paraît Smash, qui deviendra mondialement connu pour ses hits Come Out and Play, Self Esteem et Gotta Get Away. Mais ça, les gars l’ignorent encore.

Musique

Wellbad: un mal pour un bien

SHERBROOKE — Il vient de Hambourg, il s’appelle Daniel Welbat, mais ses amis de l’école secondaire l’ont vite surnommé well-bad, s’amusant de cet oxymore anglais plutôt rigolo. L’adolescent a d’abord trouvé ça agaçant, mais il s’est habitué et n’a pas eu à chercher très loin lorsqu’il a eu besoin d’un nom pour son propre groupe de musique. Parce qu’on peut voir, dans ce bien-mal, une métaphore du blues, où les sentiments de mal-être, comme la tristesse ou la mélancolie, finissent par donner du bien-être musical.

C’est en fait un artiste polyvalent que le public québécois s’apprête à rencontrer pour la première fois sur scène, à l’occasion d’une courte tournée de six concerts à Montréal, Québec, Sherbrooke et Ottawa. Certes, la musique occupe la première place dans le cœur du créateur de 30 ans, mais sur le chemin artistique de Daniel Welbat, on compte aussi des expériences comme comédien, réalisateur de courts métrages, auteur de scénarios et compositeur de trames sonores.

«Je suis né dans une dynastie d’acteurs et d’artisans du cinéma allemand», résume le fils du producteur Douglas Welbat et de l’actrice Katja Brügger. «Je me suis retrouvé sur des plateaux de tournage dès mon plus jeune âge, en plein milieu d’un univers artistique parfois complètement fou, avec des gens qui ont parfois des problèmes d’argent, de drogue, d’alcool. J’ai grandi dans ce monde très inspirant», dit-il sans ironie.

Comme une série B

D’ailleurs, le plus récent album de Wellbad, Heartbeast, est une sorte de «charmant hommage» à ses apprentissages de jeunesse. Un disque qu’il décrit comme la «trame sonore d’un film qui n’a jamais été tourné».

On peut y suivre la destinée d’un personnage imaginaire, E. L. Kruger, producteur de films de série B qui décide de commettre un vol pour financer sa plus récente bobine, son plan se soldant par un échec total. Les douze chansons du disque représentent les montagnes russes vécues par le protagoniste.

«En fait, Kruger n’est pas un personnage complètement imaginaire. Il est la combinaison de plusieurs personnes que j’ai rencontrées dans ma vie. Il traverse ce que ces gens ont vraiment traversé», précise l’artiste, qui mentionne que, même si les plages de Heartbeast forment une histoire, il ne s’est pas cantonné à recréer celle-ci sur scène. Du moins pour l’instant.

«Ce serait une très bonne idée de monter un tel concept, mais pour l’actuelle tournée, ce sera un mélange d’anciennes et de nouvelles chansons, pour bien présenter Wellbad au public canadien», dit celui qui s’amène avec ses quatre musiciens, une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Tom Waits (une de ses influences, d’ailleurs, avec Willie Dixon, The Black Keys et Eels) ainsi qu’un blues fortement teinté de rock.

Sensations bleues

«Mon goût pour le blues me vient de mon père, nous écoutions la même musique lorsque j’étais plus jeune. Mais je trouve important de ne pas écrire en fonction d’un genre musical. Ça peut sembler cliché de dire ça, mais il y a tellement de couleurs dans le monde, pourquoi n’en utiliser que trois? Le blues, pour moi, c’est avant tout une affaire de sensation, une façon de chanter et d’interpréter, de transpirer sur scène, de se retrouver devant des gens qui ont tous leurs problèmes, mais qui les ont oubliés à la fin du spectacle. Pour moi, c’est la partie blues du métier, mais je n’essaie pas de me limiter à un seul genre, sinon on s’emprisonne. On peut faire un parallèle avec notre monde actuel, où les frontières se ferment et les gens se replient sur eux-mêmes. Ce n’est pas la bonne façon de faire, surtout pas en musique.»

Daniel Welbat aborde avec cette même ouverture les multiples disciplines artistiques qu’il affectionne.

«En fait, la première chose que j’ai faite à l’adolescence, c’est d’écrire des scénarios. C’est ce qui m’attirait le plus. Vers l’âge de 15 ou 16 ans, un ami qui déménageait en Australie m’a donné sa guitare. Au même moment, je prenais conscience du temps nécessaire pour réaliser un film. Entre l’écriture et le produit final, il y a facilement trois ans. Avec une guitare, je pouvais avoir une chanson en dix minutes. Je pouvais éprouver un plaisir fou beaucoup plus rapidement.»

Très précoce, le musicien a enregistré ses premières pièces à 16 ans, dans la langue de Shakespeare. À 20 ans, il fondait même sa propre étiquette, Blue Central Records. Aujourd’hui, il a déjà quatre albums à son actif.

Mauvais jour pour les bleus

La prochaine tournée canadienne ne sera pas le premier séjour de Wellbad chez nous. «Nous avons déjà présenté des vitrines lors de la Semaine de la musique canadienne à Toronto dans les dernières années.»

C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il a fait la connaissance de la chanteuse blues Samantha Martin, avec qui il interprète Bad Day for the Blues sur Heartbeast.

«J’ai en fait d’abord rencontré son gérant, qui a beaucoup aimé notre musique. Nous avons gardé contact par courriels, c’est comme ça que j’ai connu Samantha. Finalement, la veille de la dernière journée d’enregistrement de Heartbeast, nous avons appris que Samantha était à Hambourg. Elle donnait un spectacle et je suis allé la voir. Elle m’a reconnue. Je lui ai demandé si elle avait un jour de libre pendant son séjour. Elle m’a répondu : "Demain!" Elle est donc venue en studio et nous avons fait cette chanson ensemble, de manière très spontanée et très cool.»

Wellbad sera à L’Anti de Québec le 3 juillet

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POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 6 juillet, 21h

Où ? The Rainbow Bistro, Ottawa

Renseignements : therainbow.ca

Humour

Simon Gouache: rien que pour le plaisir

« À quoi ça sert, un humoriste ? » Simon Gouache a beau s’être posé mille et une questions, celle-ci n’avait jamais fait partie de son répertoire. Du moins, jusqu’à ce que le succès inattendu de son premier spectacle solo lui inspire l’interrogation qui lance son deuxième one-man-show, Une belle soirée qu’il présentera à la salle Odyssée les 4, 5 et 6 juillet.

La publicité, Simon Gouache n’est pas du genre à courir après. 

Et comme il ne se consacre qu’à la scène, sans projet télé ni web pour le faire rayonner, Gouache peut sembler émerger de la dernière cuvée d’humoristes. 

Mais après avoir assuré la première partie de deux spectacles de Louis-José Houde, l’overthinker assumé a convaincu en tout 50 000 spectateurs — un chiffre dont lui-même se dit surpris — d’aller voir son premier spectacle. 

Tout ça, rien que par la magie du bouche-à-oreille.

Arts et spectacles

Briga au Parc de l’Imaginaire

La chanteuse et violoniste Briga fera résonner les sonorités métissées de son « turbo folk », au Parc de l’Imaginaire (secteur Aylmer), ce mercredi 3 juillet à 19 h 30.

Sous les coups d’archet de Briga se rencontrent la musique traditionnelle des Balkans et celle du Maghreb. 

Montréalaise d’ascendances polonaise, l’artiste était en nomination aux prix Juno en 2018. 

Son troisième disque, Femme (2017), sur lequel elle chante en français, anglais et albanais, se veut une ode aux musiciennes du monde entier. 

Ce concert s’inscrit dans la programmation estivale – gratuite – du Centre L’Imagier. 

Arts et spectacles

Le désir, ses grandes chaleurs et ses petits mensonges

Le Théâtre de l’Île propose un avant-goût des canicules estivales, avec Les grandes chaleurs. La pièce de Michel Marc Bouchard y sera présentée du 3 juillet au 24 août.

Toute première comédie écrite par l’auteur des Muses Orphelines, Tom à la ferme et La Reine-Garçon, la pièce Les grandes chaleurs, créée en 1991, avait rapidement connu une première adaptation à Hull — en 1993, sous la direction de Gilles Provost. Depuis, elle a été remontée au moins 25 fois au Québec, au Canada anglais (Heat Wave) et en France ; le grand public a aussi pu la découvrir à travers les yeux de Sophie Lorain, qui en tiré un film éponyme en 2009.

Spectacles et théâtre

Un album et un retour aux sources pour Matt Lang

Matt Lang ne semble pas au bout de son lasso. Le chanteur country originaire de Maniwaki aura un été bien chargé et un automne tout aussi occupé.

Malgré un agenda digne des grandes vedettes, Matt tient à faire une pause afin de rencontrer les gens de son patelin. Un retour aux sources pour l’artiste qui aura lieu le 13 juillet, au Centre sportif Gino-Odjick de Maniwaki.

Spectacles et théâtre

Dominique Fils-Aimé: prière de ne pas applaudir

En spectacle, Dominique Fils-Aimé demande de ne pas applaudir entre les chansons. La moitié du temps, les spectateurs coopèrent. L’autre, non.

On en a la preuve documentaire. La chanteuse montréalaise, qui connaît un départ en lion dans le milieu du jazz depuis son premier long jeu, Nameless (2018), était montée sur les planches de l’Astral de Montréal en mars dernier. Les critiques ont été plus qu’élogieuses. Sa présence magnétique, le style mûr qu’elle a rapidement trouvé, sa voix profonde : la soirée a été louangée de A à Z. Résultat ? D’abord collaboratifs à la consigne de la chanteuse, les spectateurs ont de plus en plus laissé filtrer leur enthousiasme.

Festivals

Koriass déchaîné au festival L'Outaouais en fête

Le soleil était au rendez-vous, vendredi, au parc des Cèdres, pour accueillir les premières notes de musique décochées dans le cadre des festivités de la Saint-Jean Baptiste en Outaouais... Mais aussi celles du solstice d’été, faut-il ajouter, car en ce 21 juin, on célébrait aussi la Journée nationale des Peuples autochtones.

L’Outaouais en fête (OEF) a consacré au hip-hop la soirée inaugurale de sa 43e édition, en faisant appel aux « flows » tapageurs des rappeurs Loud et Koriass. Mais le party a surtout, très tôt dans la journée, pris des airs de pow wow informel.

Spectacles et théâtre

Party solo avec Fred Fortin

Depuis un an et des poussières, Fred Fortin est retourné à ses premières amours et parcourt les salles en mode homme-orchestre. Mais le soir du 24 juin, pour la Saint-Jean-Baptiste, le folk-rockeur veut bien déroger de l’intimisme de cette formule et brasser la métaphorique cage aux festivaliers à La p’tite St-Jean, dans le Vieux-Hull.

Comme à sa (nouvelle) habitude, le Jeannois d’origine — et d’accent — aura comme seuls compagnons de scène sa guitare, son harmonica et de quoi jouer ses propres percussions en même temps. Mais question d’épicer l’ambiance son spectacle solo, « je vais peut-être y aller dans des affaires de party. J’y vais toujours sur le fly quand je fais ces shows-là », résume le chanteur de Moisi moé’ssi depuis son chalet au Lac-Saint-Jean, qui sert aussi de studio d’enregistrement et de local de répétition.

Spectacles et théâtre

La Saint-Jean d’une rive à l’autre

Les célébrations régionales « officielles » entourant la 185e Saint-Jean-Baptiste réuniront Daniel Bélanger, Les Louanges et un hommage à Boule Noire dimanche 23 juin dans le Vieux-Hull (36, rue laval). La rue Notre-Dame, dans le secteur Gatineau, attend Hey Wow à 12 h, dimanche, tandis que L’Outaouais en fête poursuit le bal avec Hubert Lenoir, Pag’ et Mes Aïeux, dans le secteur Aylmer.

La p’tite St-Jean, organisée sur la rue Laval le lendemain, verra passer Groovy Aardvark, Fred Fortin et Espace Forain), en marge des activités de la Grande Tablée organisée au parc Fontaine.

Une dizaine de fêtes locales s’organisent dans les municipalités de l’Outaouais. Val-des-Monts et Wakefield se greffent pour la première fois aux festivités chapeautées par le Mouvement naional des Québécois et des Québécoises.

Voici la liste des concerts « locaux » :

Festivals

Une 10e édition à guichets fermés pour Escapade

Le festival Escapade n’attend plus que ses têtes d’affiche, Tiësto et DJ Snake, pour célébrer en grand sa 10e édition, les 22 et 23 juin.

Le festival de musique électronique d’Ottawa a réinstallé ses trois scènes à la Place TD, au parc Lansdowne et au Pavillon Aberdeen.

Spectacles et théâtre

«Oh Canada Eh?» s’importe à Ottawa

Un joueur de hockey, du Céline Dion, un repas avec soupe aux pois et beaucoup de flanelle carreautée : «Oh Canada Eh ?», souper-spectacle établi à Niagara Falls, ouvrira une franchise à Ottawa dès le vendredi 28 juin.

Voilà 25 ans qu’Oh Canada Eh ? fait rire les publics à Niagara Falls. Écrit par les partenaires d’affaires Jim Cooper et Ross Robinson, le spectacle y a acquis depuis 1994 une réputation enviable — huit prix l’ont couronné meilleure attraction touristique du coin, dont un Ontario Choice Award en 2018 — ainsi que son propre édifice, dans la tradition des Broadway à succès. Dans le genre souper-comédie musicale, il s’agit actuellement du spectacle ayant la plus longue durée de vie au pays.

Théâtre

La comédie musicale «Hamilton» à la conquête du monde

NEW YORK — Après avoir triomphé à Broadway, la comédie musicale «Hamilton», qui retrace le parcours d'un des «pères fondateurs» de l'Amérique sur des airs de rap comme de ballades traditionnelles, espère désormais séduire le reste du monde, à commencer par l'Australie, en attendant l'Asie et l'Allemagne.

Déjà joué à Londres depuis fin 2017, et dans d'autres villes américaines, ce spectacle ultra-couru, salué comme la marque d'un renouveau de Broadway, a déjà annoncé une tournée en Australie et espère aller ensuite en Asie à partir de 2021, a indiqué à l'AFP Jeffrey Seller, son producteur.

Les responsables du spectacle, joué essentiellement par des acteurs non blancs, travaille aussi à une version en allemand, avec un artiste de hip-hop et dramaturge local dont M. Seller n'a pas voulu révéler le nom. Des représentations à Mexico, peut-être en espagnol, sont aussi à l'étude.

«Mon espoir est que notre histoire, qui est une histoire de révolution, d'ambition et d'accomplissement personnel, puisse trouver un écho dans le monde entier», a indiqué M. Seller, surnommé parfois «pdg de Hamilton Inc.».

«Je pense, et j'espère, que l'épopée d'Alexander Hamilton est universelle.»

Guichets fermés

Après ses débuts à Broadway en septembre 2015, le spectacle créé par Lin-Manuel Miranda, avec 14 acteurs et un ensemble musical de 12 personnes, connaît toujours un gros succès, avec quelque 520 000 places vendues chaque année.

Il s'est encore joué à guichets fermés pendant la saison 2018-2019 qui vient de se terminer à New York, engrangeant près de 165 millions $, soit 9 % des recettes totales de Broadway.

De Hillary Clinton, qui cita un passage du spectacle dans son discours d'investiture comme candidate démocrate à la présidentielle en juillet 2016, au vice-président Mike Pence — pris à partie par les acteurs lorsqu'il assista au spectacle peu après l'élection de Donald Trump en 2016 —, toute la jetset est passée par le théâtre Richard Rodgers (1200 places). Et les spectateurs s'arrachent des billets rarement vendus en-dessous de 250 $.

Il faut dire qu'il y en a pour tous les goûts dans l'histoire de ce jeune garçon né aux Antilles britanniques en 1757, parti de rien — il est initialement présenté comme «un orphelin, fils de prostituée» — avant de jouer un rôle militaire déterminant aux côtés de George Washington pendant la révolution américaine, puis de sauver la république naissante de la ruine financière.

Alexander Hamilton finira par périr en 1804, tué en duel par son rival politique Aaron Burr, son faire-valoir dans le spectacle, à l'origine de la chanson vedette The Room Where it Happens.

Aux États-Unis, les tournées du spectacle s'annoncent déjà prometteuses : à Louisville (Kentucky), où le spectacle a débuté début juin, les ventes d'abonnement ont grimpé de 20 % en anticipation de cette production, a indiqué Leslie Broecker, une responsable locale.

Au-delà des divisions politiques

Pour Shannon Steen, professeure à l'université de Berkeley, le succès de Hamilton aux États-Unis tient à son brassage des genres musicaux et à sa capacité à transcender les divisions politiques.

Le spectacle «confirme que l'Amérique peut servir de modèle aux démocraties mondiales», un thème cher aux conservateurs, souligne-t-elle.

À l'inverse, pour les critiques de l'administration Trump et de sa politique migratoire restrictive, les applaudissements sont devenus systématiques lorsque les comédiens entonnent le refrain «Les immigrés font avancer les choses».

Ce thème de l'immigration «ne rencontrera sans doute pas le même écho en dehors [des États-Unis], mais ce sera intéressant de voir comment il est accueilli par d'autres publics», dit Mme Steen.

Et Paris?

Le spectacle, où le personnage du Marquis de Lafayette joue un rôle important, pourrait aussi se jouer à Paris pour quelques semaines, en anglais, en 2022-2023, dans le cadre d'une tournée européenne.

Bien que les Français ne raffolent pas des comédies musicales à l'américaine, Hamilton pourrait même être adapté en français si la production anglophone se vend bien.

L'Allemagne reste cependant plus prometteuse, où des spectacles comme Wicked ou Le Roi Lion ont remporté un franc succès, selon M. Seller .

Le spectacle pourrait faire ses débuts à Hambourg à l'automne 2020, selon Stephan Jaekel, porte-parole de la société allemande Stage Entertainment qui dirige déjà des auditions pour Hamilton même si aucun contrat définitif n'a encore été signé.

«On ne se lancera que si on est sûrs de deux choses, dit-il. La première, avons-nous une traduction qui serve vraiment la pièce? Et la seconde, peut-on trouver assez de bons comédiens sur place pour que le spectacle marche?»

Spectacles et théâtre

Festival franco-ontarien : la 50e édition déjà en tête

La 44e édition du Festival franco-ontarien étant maintenant chose du passé, les responsables de l’événement culturel se tournent maintenant vers la préparation de la programmation de 2020 et songent déjà aux célébrations du demi-siècle du Franco dans six ans.

« Le 45e est un jalon important, et nous sommes déjà en réflexion, mais le conseil d’administration est aussi en train de développer une vision pour le 50e du festival », a partagé le directeur général du Festival franco-ontarien, Michel-Olivier Matte, dimanche.

Spectacles et théâtre

En choeur avec Diane Dufresne au Franco [PHOTOS]

« Ne tuons pas la beauté du monde. Ne tuons pas la beauté du monde. »

Le souhait de Diane Dufresne aura finalement été exaucé, samedi soir, alors que des centaines de Franco-Ontariens se sont mis à fredonner en choeur avec elle lors de son interprétation de la chanson Hymne à la beauté du monde, à la 44e édition du Festival franco-ontarien.

En entrevue avec Le Droit vendredi, la chanteuse québécoise originaire de Montréal confiait souhaiter que les spectateurs chantent ladite chanson avec elle, ou au moins, qu’ils fredonnent l’air de celle-ci.

Accueillie chaleureusement par la foule, la diva septuagénaire a également interprété deux titres, en solo, qui se retrouvent sur son dernier album Meilleur après, soit Mais vivre et Comme un damné.

La chanteuse a ensuite livré une prestation énergique de son classique intitulé Oxygène avant de s’attirer une vague d’applaudissements.

Une deuxième soirée éclectique au Franco... en images

Spectacles et théâtre

«Cri de vie» de Diane Dufresne au Festival franco-ontarien

Lorsque Diane Dufresne chante, elle « chante pour toutes les langues ». Mais pour le monument de la chanson québécoise, chanter en français est une revendication en soi. L’acte de brandir son identité. Un « cri de vie », qu’elle poussera en chœur avec six collègues artistes au Festival franco-ontarien le 15 juin.

Samedi soir, Mme Dufresne partagera la scène du parc Major’s Hill avec Patrice Michaud, Brigitte Boisjoli, Mehdi Cayenne, Mélissa Ouimet, Pierre Guitard et Zaza Finger. Résultat d’une carte blanche donnée à Isabelle Longnus, tous ont choisi parmi sa discographie des morceaux qu’ils feront à leur manière, pour faire non pas un hommage, mais un salut à (et avec) l’artiste iconique.

Spectacles et théâtre

Notre sélection pour le Festival de jazz d'Ottawa

C’est vendredi prochain, le 21 juin, que démarrera le 39e Festival de jazz d’Ottawa. Perdu ? L’équipe des Arts vous propose sa sélection de coups de cœur parmi la programmation.

Judith Hill

Vendredi 21 juin, 20 h 30

Scène principale TD

Il y a trois ans, la diva soul avait fait vibrer l’une des plus petites scènes du Festival de jazz. Encore en 2019, on se souvient de son spectacle comme du clou du festival au grand complet. Cette année, l’ancienne choriste de Stevie Wonder et de Michael Jackson a reçu la place qui lui convient : la grande scène, et pour l’ouverture même du 39e FJO. Bonus pour les couche-tard : The Suffers, sympathique octuor soul haut en énergie, se produira dans le parc de la Confédération le même soir, à 22 h 30.

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Arts et spectacles

Début pluvieux pour le Franco [PHOTOS]

Mère Nature n’était pas d’humeur festive jeudi soir. Ce qui n’a pas empêché le 44e Festival franco-ontarien de connaître un début haut en énergie, gracieuseté du DJ Unpier et de sa programmation hip-hop vitaminée.

Pleurs dans la pluie, ou Singing in the Rain ? S’il avait fallu décider d’une trame sonore pour illustrer l’ambiance au parc Major’s Hill, le choix évident aurait été la deuxième chanson — mais en version électro, et en français s’il vous plaît. Parce que la pluie a l’effet de dissuader les indécis, seuls des résistants répondaient « présent » au début du spectacle. En imperméables et bottes de caoutchouc, d’irréductibles festivaliers dansaient avec énergie dès l’arrivée d’Alaclair Ensemble, premier d’une série d’artistes hip-hop. Le sextuor de Québec lui aussi était d’humeur festive. L’article mode de la soirée : le sac-poubelle, porté par Maybe Watson. La même fashion victim qui, dans la chanson Passerelle, scande avec attitude (et beaucoup d’humour) que « pas de style c’est mon style ».

Arts et spectacles

Les arts en bref

Les événements du jour dans le monde des arts d'Ottawa-Gatineau, en quelques mots.

Sokolovski peint le Grand Nord

Dominik Sokolovski propose des toiles inspirées par l’Arctique à la Galerie d’art Alpha.

Intitulée Le Grand Nord du Canada, la nouvelle série du prolifique peintre Dominik Sokolovski comprend 32 nouvelles œuvres qui cherchent à capturer et interpréter l’ambiance des hivers nordiques. 

« L’artiste désirait décrire cette saison non pas comme ‘monstrueuse’, mais plutôt comme une expérience méditative, calme et apaisante », souligne la galerie, qui accueillera les toiles du 12 au 30 juin. Un vernissage est prévu le 13 juin de 17 h à 21 h (531, promenade Sussex). 

Pour cette série, l’artiste a délaissé les motifs géométriques qui ont longtemps caractérisé sa production. « Ce qui confère puissance et originalité à ces œuvres nouvelles, ce sont les textures marquées, quasi sculpturales, et leur palette minimaliste — indigo, bleu marine, gris, granite » évocatrices de « la sérénité des nuits boréales » et « l’esprit de la Toundra. »

Dominik Sokolovski a prévu de consacrer des toiles à chacune des provinces et territoires du Canada au cours des 5 à 7 prochaines années, explique la directrice de la Galerie, Edith Betkowski.

Renseignements : 613-882-8789 ; edith@alphaartgallery.ca

Musique

Kafé-Karamel revient en mode carnaval

Kafé-Karamel connaîtra une 7e édition. Le petit festival consacré à la diversité culturelle sera de retour dans le secteur piétonnier de la rue Laval du 18 au 20 juillet, sous la thématique Carnavalera.

Dans une ambiance «survoltée» de carnaval tropical, le festival hullois battra au rythme du kompa, de la samba, de la conga et de l’afrobeat, au fil de spectacles «colorés», «interactifs» et «acrobatiques».

La fiesta débute mercredi 17 juillet, avec une prestation «électrisante» de Fwonte précédé de talents de la relève (Aux 4 jeudis).

«Talents Kafé-Karam’Elles» mettra en valeur des divas de la musique métissée: cette nouvelle série accueillera la Révélation 2019 Radio-Canada en musique du monde, Djely Tapa (18 juillet) ainsi que la Révélation 2016, Mikhaëlle Salazar (20 juillet) et Les sœurs Bèl et Quinn (19 juillet).

Dj Ottomatik et DJ Skorpyon se relaieront aux platines, intercalant leurs prestations entre les musiques et danses exotiques de multiples groupes qui défileront ce week-end, dont Full Sèvis (Kompa- Zouk), Grooz (fusion gnawa), Lengaïa Salsa Brava (salsa dura), et Fiesta Cubana (timba).

La rue Laval attend aussi le Flo Franco, Aztlàn et Éric Sarah (19 juillet); un flash mob carnaval; le groupe Héritage colombien, qui viendra fêter l’indépendance de la Colombie; Atlas Géocircus (spectacle pour enfants); Lengaïa Salsa Brava et la troupe d’acrobates (et de danses de masques) Benkadi (20 juillet).

La programmation du «secret le mieux gardé en ville» autoproclamé a été dévoilée mercredi. Comme dans le passé, le festival demeure entièrement gratuit. 

Par «sa couleur unique», Kafé-Karamel «s’est positionné comme un rendez-vous estival incontournable pour les citoyens et les visiteurs, en plus de faire rayonner notre Ville à l’extérieur », estime le propriétaire du Troquet, Éric Gaudreault, au nom de l’Association des commerçants de la rue Laval et Aubry.

Renseignements: www.festivalkafekaramel.com

Arts et spectacles

Zones Théâtrales: la zone de tous les possibles

Pour sa 8e édition, Zones Théâtrales — qui se tiendra du 9 au 14 septembre — s’arrimera au nouveau Théâtre autochtone du Centre National des Arts (CNA), en collaboration duquel seront présentées les pièces «Mokatek et l’étoile disparue» et «Là où le sang se mêle».

Le festival proposera huit productions provenant de partout au Canada, sélectionnées par Gilles Poulin-Denis, qui conserve son rôle de directeur artistique de la biennale théâtrale.

Arts et spectacles

Les grands moyens de Carrie Underwood [PHOTOS]

CRITIQUE / Malgré son titre Cry Pretty, le spectacle de Carrie Underwood a répandu beaucoup plus de sourires que de larmes au Centre Canadian Tire lundi soir. En parfaite forme, la polyvalente diva de l’Oklahoma a employé les grands moyens pour offrir une performance impeccable et un concert impressionnant, visuellement et à l’oreille.

Carrie Underwood ne le cache pas : elle a l’esprit de compétition. Le genre de compétition saine, qui lui a permis de remporter American Idol en 2005 et de se tailler une place parmi les grandes vedettes du country avec plus de 65 millions d’albums vendus en carrière. Le genre de compétition, aussi, qui la pousse à vouloir monter le « meilleur spectacle possible », qui en a laissé plus d’un en pâmoison lundi.

Théâtre

«Hadestown» et «The Ferryman» grands vainqueurs des Tony Awards

NEW YORK — «Hadestown», comédie musicale librement inspirée de la mythologie grecque, et «The Ferryman», pièce de théâtre sur le conflit en Irlande du Nord, ont été les grands vainqueurs des Tony Awards dimanche, les récompenses annuelles de Broadway.

Hadestown partait grand favori de ces 73es Tony avec 14 nominations et huit récompenses au final, dont celle de meilleure comédie musicale.

Le spectacle, version très moderne du mythe d’Orphée et Eurydice, aux sonorités folk et jazz, est arrivé à Broadway en avril après un parcours de 13 ans inhabituel pour les grandes productions de Broadway.

Après avoir démarré comme un spectacle chanté, sans chorégraphie, présenté dans le Vermont dès 2006, il est devenu un album à succès puis un spectacle off-Broadway, passé par Londres et le Canada.

«Si Hadestown a un message, c’est que le changement est possible, qu’après des périodes noires, le printemps va revenir», a souligné la productrice Mara Isaacs en recevant son trophée.

The Ferryman, pièce de Jez Butterworth née à Londres en 2017, était également parmi les grands favoris cette année avec neuf nominations et au final quatre Tony, dont celui de meilleure pièce.

Mise en scène par Sam Mendes - sacré meilleur metteur en scène -, elle raconte, avec beaucoup d’humour et d’entrain, l’histoire tragique d’une disparition dans l’Irlande du Nord de 1981, en pleine grève de la faim du militant républicain Bobby Sands.

Dans une période où l’IRA, l’Armée républicaine irlandaise, use de tactiques troublantes et Margaret Thatcher affiche son inflexibilité légendaire, les secrets d’une famille de la campagne, pleine de personnages hauts en couleur (21 acteurs au total, dont un bébé et une oie en chair et en os) vont progressivement se révéler.

Bryan Cranston récompensé