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Sortie de l'Union des écrivains québécois contre le Salon du livre de Québec: le SLO «nullement» concerné

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
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L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a déploré, lundi, la rémunération «indécente» proposée par le Salon international du livre de Québec (SILQ). En réaction à cette sortie, le Salon du livre de l'Outaouais [SLO) s'est immédiatement mis à l'écart de cette prise de position.

Le principal organisme de défense des auteurs au Québec a sonné une charge en règle contre le SILQ. L'organisme syndical qui dénonce depuis longtemps les tarifs jugés trop bas, généralement proposés aux auteur.e.s invité.e.s à participer à des événements littéraires, n'a pas fait dans la dentelle. 

Le SLO, qui s’amorce cette semaine, n’est pas ciblé par les critiques de l’Union. Interrogée sur la question lundi, la directrice générale du SLO, Mélanie Rivet a rappelé qu’elle suit globalement les consignes et barèmes préconisés par l’UNEQ.

«Indignation»

Dans un communiqué de presse, l’UNEQ indique que plusieurs de ses membres lui ont récemment fait part de leur «indignation», un sentiment que partage le syndicat. La doléance concerne spécifiquement «certaines interventions en milieu scolaire» prévues dans le cadre du SILQ: le volet d’animations scolaires, baptisé On invite un auteur dans notre salon (classe) ! prévoit un cachet de 75 $ par animation. 

Cette proposition de rémunération est «indécente» selon l’UNEQ, qui, dans sa grille tarifaire en vigueur pour l’année 2020-2021, préconise des montants de 255$, pour une animation de 60 minutes en bibliothèque, à 325 $, dans le cas d’un atelier scolaire au niveau primaire ou secondaire, ou encore 500$ pour une conférence ou un atelier donné dans un cégep ou une université.

«À 75$ l’animation, le SILQ propose donc une rémunération qui ne correspond même pas au tiers du minimum établi par notre syndicat», souligne l’UNEQ, selon qui la situation «démontre la nécessité d’encadrer d’urgence les conditions de travail des artistes de la littérature». 

L’UNEQ précise toutefois que «des discussions sont en cours avec la grande majorité des salons du livre du Québec» afin d’établir des conditions de travail décentes. «Même si, pour le moment, ces échanges n’ont pas encore abouti à un accord, ils n’en demeurent pas moins constructifs», stipule l’Union.


« Nous gardons le dialogue ouvert et nous agissons en respect des auteurs et autrices invité.e.s au [SLO], tout comme les animateurs et animatrices. »
Mélanie Rivet, directrice générale du SLO

Au SLO

Le Salon du livre de l’Outaouais n’est nullement concerné par la sortie publique de l’UNEQ.

Établie en janvier dernier, la grille de cachets du SLO «était en partie fidèle aux pratiques des années précédentes et en partie majorée en nous inspirant des grilles de l’UNEQ disponibles à ce moment-là», a soutenu Mélanie Rivet. 

«Si on regarde les normes proposées par l’UNEQ dans cette communication, nous sommes le plus souvent proche du compte», poursuit la directrice générale du SLO en rappelant  que ses contrats avec les auteurs et autrices ont été «conclus au cours de l’automne 2020», et sur les bases tarifaires de cette année-là,

Pour des interventions de 60 minutes dans un établissement d’enseignement (cégep, écoles secondaires, institution d’enseignement professionnel), le tarif offert par le SLO est de 200$. 

Grille tarifaire

Par souci de transparence, Mme Rivet invite les auteurs à consulter sa grille tarifaire actuelle, disponible via le site du SLO, tout comme la politique interne qui la sous-tend.  

Un invité d’honneur du SLO reçoit normalement 350$, plus une montant de 131$ pour une nuitée, ainsi qu’un per diem de 55$; tandis que le président d’honneur peut espérer 1500$, auxquels s’ajoutent trois nuitées à 131 $ et le per diem fixé à 55$ (soit 220$ sur l’ensemble des quatre jours du salon).

Les participations à certaines petites conférences sont tarifées à 75$, mais dans un cadre intra-muros, où l’intervenant peut généralement cumuler plusieurs interventions, animations ou ateliers.

«Nous gardons le dialogue ouvert et nous agissons en respect des auteurs et autrices invité.e.s au [SLO], tout comme les animateurs et animatrices. Nous devons à la fois tenir compte de la structure et du nombre d’animations offertes lors du Salon de quatre jours, et du respect de la rémunération pour chaque artiste. C’est un équilibre vers lequel nous tendons toujours, en collaborant avec plusieurs partenaires», soutient Mme Rivet.