«On voulait juste tous la même chose : arriver à faire une chanson ensemble», fait valoir Ariane Moffatt, qui a fondé le projet SOMMM avec le producteur Étienne Dupuis-Cloutier, alias D R M S.
«On voulait juste tous la même chose : arriver à faire une chanson ensemble», fait valoir Ariane Moffatt, qui a fondé le projet SOMMM avec le producteur Étienne Dupuis-Cloutier, alias D R M S.

SOMMM : La force du nombre

«Le tout est plus grand que la somme des parties», chante Ariane Moffatt dans son grand succès Miami. Voilà que l’autrice-compositrice-interprète a appliqué le principe en studio en s’alliant avec le producteur Étienne Dupuis-Cloutier, alias D R M S, pour former le duo SOMMM. Ensemble, ils ont multiplié les collaborations avec des artistes invités pour créer un album électro-pop qui transcende les genres et les âges.

Pandémie et période de confinement obligent, l’entrevue avec Moffatt et Dupuis-Cloutier se fait par vidéoconférence, chacun chez soi. La situation semble un brin ironique quand on songe au fait que tout le travail qui a mené à SOMMM a justement été basé sur les rencontres et les échanges.

«SOMMM, c’est vraiment la somme des humains, confirme Ariane Moffatt. Ce n’est pas des balivernes de dire qu’on a tous eu un apport. Les gens n’ont pas été aussi impliqués que nous, évidemment. Ils sont passés une fois en studio. Mais la connexion humaine qu’il y a eu à travers ce projet-là, ça m’a fait vraiment du bien.»

Tout avait pourtant commencé par une simple séance de création entre les deux complices, qui avaient notamment partagé les planches pendant la tournée 22h22 de Moffatt. «C’était sans but précis. On n’avait pas de projet en tête, le but était juste de composer une chanson. Ç’a vraiment bien cliqué», raconte Étienne Dupuis-Cloutier.

Très vite, le duo a eu envie d’aller chercher des collaborateurs. Le rappeur FouKi a d’abord répondu présent. Puis la formation LaF. Deux échanges fructueux qui ont donné aux capitaines de SOMMM l’envie d’ouvrir encore plus grand les portes de leur studio. Au final, Rosie Valland, Maky Lavender, Ruffsound, Clay and Friends et Marie-Pierre Arthur se sont tour à tour joints à eux pour donner vie aux pièces de ce premier album. Des créateurs d’âges et d’horizons divers… Et c’est justement ce que cherchait SOMMM.

«Je trouve qu’il y a tellement de talent dans cette nouvelle garde. Et j’ai toujours aimé le hip-hop, même si je ne m’invente pas MC Moffatt. J’avais le goût d’aller à la rencontre de cette sève-là», note Ariane Moffatt, qui n’a pas hésité à assumer son rôle devant ses plus jeunes invités.

«J’étais la première à faire des blagues en disant que je suis la cougar qui invite les jeunes dans son studio, rigole-t-elle. On a niaisé beaucoup avec ça, mais je ne l’ai jamais senti dans leur regard.»

la «nouvelle garde»

Moffatt cite l’exemple du jeune groupe LaF, avec qui SOMMM est parti d’une page blanche. «C’était la fourmilière, décrit-elle. Il y avait une effervescence de voir tout le monde qui écrit dans son coin et qui est un peu fébrile avant d’aller enregistrer son bout. Juste pour une journée comme ça, je suis contente d’avoir fait ce projet-là. C’est la nouvelle garde de créateurs. Ils sont full dedans, ils sont inspirés, ils sont passionnés. On voulait juste tous la même chose : arriver à faire une chanson ensemble.»

Sur ces échanges fertiles, Étienne Dupuis-Cloutier renchérit : «Ariane est respectée, ajoute-t-il. Elle se renouvelle. Elle a une oreille et une vision moderne de la musique. La nouvelle garde le ressent, le voit. C’est un truc de communion. Juste pour ça, je pense qu’il était temps que ça existe, même si ça n’avait pas été un projet officiel. Comme producteur, c’était d’avoir fait de la musique avec des gens de différentes générations, de différents styles de musique... J’avais hâte de le faire, mais je ne pouvais pas le forcer. Ça prenait un truc comme ça pour que ça puisse se faire.»

la méthode qui fait école

Une journée en studio, une chanson à créer entre auteurs, compositeurs, interprètes et producteurs. Voilà en somme la méthode appliquée par SOMMM et ses invités dans la création de cet album. Ce travail collaboratif a fait école ailleurs, alors que plusieurs grands succès de vedettes internationales sont le fruit de création en comité. Mais en dehors de la scène hip-hop, il ne fait que commencer à s’installer dans la pop québécoise, remarque Étienne Dupuis-Cloutier, qui a lui-même pris part à des camps d’écriture de chansons à Toronto et à Berlin.

«Je voulais trouver la bonne manière de le faire ici, avec notre culture québécoise, que ce soit en français ou en anglais, évoque-t-il. Je voulais faire un produit purement québécois, mais de cette façon-là. Quand tu travailles avec beaucoup de jeunes, des gens qui sont issus du rap ou de la musique pop, tu vois que c’est quelque chose de vraiment ancré dans leur façon de travailler.»

Pour Ariane Moffatt, l’expérience a été plus que bénéfique. «C’était un besoin viscéral pour moi, tranche-t-elle. Je suis une fille d’équipe, mais dans la création de chansons, j’ai l’habitude de rester beaucoup seule. Ça m’a demandé un lâcher-prise, une confiance. Le fait d’être terrée avec Étienne, ça donne un projet qui n’est pas je-me-moi. Même dans les textes, il y avait une forme de distance qui me permettait peut-être plus de m’exposer dans le jeu, dans le défi ludique de toujours partir avec cette contrainte dans le thème d’avoir chaque fois un invité différent...»