Soirée de Foo au Bluesfest

CRITIQUE / Après avoir soulevé les 80 000 personnes entassées sur les plaines d’Abraham à Québec, c’est sur d’autres plaines que les Foo Fighters ont déchaîné leur rock coulé dans le « béton et l’or », mardi soir, à Ottawa.

Le débarquement a débuté dimanche alors que Dave Grohl et sa bande s’installaient dans un hôtel du Vieux-Québec, en vue de leur prestation de lundi soir au Festival d’été de Québec (FEQ), dans le cadre de leur tournée Concrete and Gold.

« C’est un show qui nous était dû, confiait le grand manitou du FEQ », Louis Bellavance, au Soleil. On se rappellera qu’en 2015, le spectacle du groupe programmé à ce festival avait été interrompu par un violent orage après seulement quatre chansons. Le temps de voir Dave Grohl sur son « trône » interpréter Everlong, Monkey Wrench, Learn To Fly et Something From Nothing. Un petit 20 minutes qui a quand même passé à l’histoire du FEQ.

Mais sur les plaines LeBreton, ce fut une tout autre affaire. Comme la veille à Québec, la bande de Seattle a fait un sans-faute. Et comme à tous les concerts des Foo, Dave Grohl réservait quelques surprises aux spectateurs, quoiqu’il n’y avait rien de bien surprenant pour ses compagnons Taylor Hawkins, Pat Smear, Nate Mendel, Rami Jaffey et Chris Shifflet.

Ce dernier racontait d’ailleurs ceci au magazine Rolling Stones : « On se retourne sur un 10 cents. Quand on entre dans le dernier tiers du spectacle, Dave (Grohl) va se mettre à couper, à ajouter, à réarranger les chansons ou il va faire les choses dans un ordre différent. Il faut être là, dans le moment présent, tout le long. Tu ne peux pas être là, à penser à ce que tu vas commander à manger à l’hôtel. Ça nous garde alertes. »

Pour en revenir au spectacle, on se désole pour les autres artistes inscrits à la programmation de cette soirée. Tout le monde n’en avait que pour les Foo Fighters… et peut-être aussi pour Greta Van Fleet qui a drôlement bien réchauffé les planches pour la bande à Dave.

Le quatuor formé des frères Josh, Jake et Sam Kiszka ainsi que de Danny Wagner a livré une performance de haut calibre. Définitivement nés dans la mauvaise époque, les p’tits gars du Michigan ont remis le rock des années 70 au goût du jour, et ce, tant pour la sonorité que pour la mode vestimentaire. Ceux qui ont fait la première partie de Guns N’ Roses en juin dernier, peuvent maintenant ajouter les Foo Fighters à leur bucket list.

La grand-messe
C’est avec un peu de retard que les Foo Fighters ont lancé les premiers accords de All My Life. Mais on ne perdait rien pour attendre. C’était parti pour un déferlement de près de trois heures de pur rock’n roll.

Learn To Fly, The Pretender, The Sky Is A Neighborhood, Rope, My Hero, These Days et Walk se sont succédées, entrecoupées de quelques « fu#* ! » bien sentis lancés par Grohl, le shaman de cette grand-messe du rock post-grunge. D’ailleurs, le leader du groupe était en grande forme, même si on sentait que la voix manquait de justesse par moment. Mais on lui pardonnera facilement cette « faiblesse », surtout après le spectacle qu’il a livré à Québec 24 heures plus tôt.

La soirée a pris une tournure vraiment hors norme, à la sauce Foo Fighters, à la mi-spectacle alors que Taylor Hawkins a servi un solo de batterie digne des grands moments de rock. On l’a vu s’élever sur son estrade sur la pièce Walk et il a par la suite interprété Sunday Rain, une pièce du dernier album Concrete and Gold.

C’est après cette performance que Grohl en a profité pour présenter ses acolytes tout en se laissant aller à quelques reprises.

Le guitariste Chris Shiflett a lancé le bal en osant un blues, accompagné par ses compagnons de scène. Du blues pour un band rock au Bluesfest, chose rare diront certains avec une pointe de sarcasme.

S’en est suivi un mash-up pour le moins inusité de la pièce Jump, de Van Halen, sur la musique de Imagine de John Lennon, tout ça chanté par Grohl. Enfin, Taylor Hawkins et Grohl ont échangé leur place pour l’interprétation de Under Pressure, de Queen et quelques notes de Blitzrieg Bop, des Ramones.

Mais comme pour se faire pardonner pour cette incartade, les Foo Fighters sont revenus dans leur répertoire, et de belle façon avec la pesante Monkey Wrench.

Run, Breakdown, Dirty Water (en duo avec sa fille Violet) et Best of You ont suivi.

Quel délice !

Rares sont les rappels au Bluesfest mais pour une fois, les choses se sont passées différemment. Et c’est aussi pour ça que l’on a programmé le spectacle à 20 h au lieu de 21 h 30, comme à l’habitude. Donc, en guise d’au revoir, on a eu droit à Big Me, Time Like These et l’immortelle Everlong.

Et comme l’a dit Grohl, « si vous voulez qu’on revienne, on va revenir » !

On a évalué à 30 000 personnes la foule, mardi soir. Plusieurs fans ont d’ailleurs été repoussés aux guichets alors que la soirée affichait complète. Selon plusieurs habitués du festival ottavien, la dernière fois où on a vu autant de monde, il faut remonter au spectacle que Kiss avait donné en 2009 (sur l'ancien site).

Un de mes voisins de foule a bien résumé cette soirée : « On en aurait pris toute la nuit. »

Et comment !

Mercredi au Bluesfest
Les moments forts ne sont pas encore terminés au Bluesfest alors que mercredi, on attend le passage du Dave Mathews Band sur la scène principale, dès 21 h 30. Oh Wonder seront les derniers à s’exécuter sur la scène Claridge Homes alors que Courtney Barnett fera de même sur la scène Black Sheep.

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LISTES DES CHANSONS

All My Life

Learn To Fly

The Pretender

The Sky Is A Neighborhood

Rope

My Hero

These Days

Walk

Présentation du band (un blues de Chris Shiflett. Another One Bites the Dust/Jump/Imagine/Blitzrieg Bop et Under Pressure)

Monkey Wrench

Run

Breakdown

Dirty Water

Best Of You

Rappel: Big Me, Time Like These, Everlong