Sigourney Weaver, ici en février 2020, joue en français dans la série Dix pour cent.
Sigourney Weaver, ici en février 2020, joue en français dans la série Dix pour cent.

Sigourney Weaver joue en français dans Dix pour cent [VIDÉO]

Séverine Rouby
Agence France-Presse
CANNES — Elle est la première invitée américaine de Dix pour cent, Les invisibles au Québec, où elle joue son propre rôle dans la saison 4: Sigourney Weaver, qui vient de tourner My Salinger Year de Philippe Farlardeau, raconte à l’AFP avoir accepté sans même lire le script, tant elle est fan de la série.

Projetés en clôture du festival Canneséries, les premiers épisodes de la saison 4 de Dix pour cent seront diffusés le mercredi 21 octobre sur France 2, tandis que les trois premières saisons sont disponibles sur Netflix, ce qui a fait connaître au reste du monde cette série française sur le monde des agents d’acteurs.

Q Connaissiez-vous Dix Pour cent avant qu’on vous propose de jouer un épisode?

R Je pense que tous les acteurs aux États-Unis regardent cette série. J’aime le fait qu’elle fasse tomber les murs entre les acteurs et le public. Elle explore les coulisses pour donner une idée de qui sont vraiment ceux qu’on voit à l’écran et montre combien ils sont humains avec tous leurs soucis. C’est fait de façon charmante, la distribution est super, c’est très bien produit et j’ai été ravie qu’on me demande de rejoindre ce groupe parce que je pense que ce sont de supers acteurs.

C’est un des réalisateurs de la série, Marc Fitoussi, qui m’a envoyé le script avec une invitation à jouer mon propre rôle. En tant que grande fan de la série et de la France, je ne l’ai même pas lu pour être honnête. J’ai juste dit oui.

Q Dans quelle mesure la Sigourney de Dix pour cent, qui porte notamment un message féministe, ressemble à la vraie Sigourney?

R Elle est le cliché de ce que les gens peuvent s’imaginer de moi ou d’une star américaine, c’est-à-dire très arrogante, un peu impétueuse... Mais au-delà, c’était l’opportunité de montrer le vrai travail d’un acteur. C’était amusant de jouer avec ces clichés pour révéler la vraie actrice. J’ai presque appris de ce personnage, qui utilise son pouvoir pour obtenir des choses, je ne fais pas ça dans la réalité. Je me suis beaucoup amusée à incarner cette créature glamour.

Sur le message, nous sommes tous habitués à voir des rôles principaux masculins très âgés avec de très jeunes femmes comme compagnes, c’est un peu ridicule, nous aurions dû nous en moquer depuis longtemps. On a l’habitude que ça soit accepté alors qu’une actrice plus âgée avec de jeunes hommes, ça veut forcément dire que c’est un gigolo, qu’il est là pour l’argent, ça affectera forcément le scénario et je trouve ça très démodé.

Il y a toujours beaucoup d’âgisme à Hollywood, mais en tant qu’actrice plus âgée, je constate qu’on m’envoie beaucoup plus de scénarios où j’ai un vrai rôle. Avant quand vous étiez une actrice âgée, on ne vous envoyait que des rôles secondaires.

Q Est-ce que votre agent ressemble à Andréa Martel, votre agente dans la série?

R Mes deux agents sont merveilleux, ce sont des hommes, ils ont du goût en matière de scénario, mais ils ne sont pas du tout comme les adorables agents de la série, je ne les appellerai jamais pour un problème personnel. Je suis sûre que regarder la série, comme le font tous les agents de Los Angeles, est édifiant pour eux, de voir à quel point ces agents français sont impliqués et bienveillants.