Si loins, si proches grâce aux applications numériques

La période de confinement qui se prolonge incite la population à trouver des astuces pour communiquer à distance. Mais en cette ère d’image, la solution qu’offrent l’appel téléphonique et les textos pour déjouer l’isolement social n’est qu’à moitié-satisfaisante.

Heureusement, les outils permettant de voir (gratuitement) la bobine numérisée du cousin ou de belle-maman et de leur montrer «live» les plus récents progrès cognitifs du dernier bébé de la famille ont proliféré ces dernières années.

Autrefois réservées au milieu du travail, les applications de vidéoconférence sont désormais si populaires et si accessibles qu’on les utilise en famille. Et même entre amis, semble-t-il.

Au Japon, les «5 à7» ont la côte. La tendance est si forte qu’on a même donné un nom au phénomène de l’apéro virtuel : le « on-nomi », «on» pour «online» et «nomi» signifiant «boire, engloutir». Preuve supplémentaire que l’humain, animal avant tout sociable, ressent l’irrépressible besoin partager des moments en collectivité, même quand l’adversité lui impose la séparation physique.

Confrontés à la nécessité de trouver de nouvelles méthodes de collaboration depuis les mesures de confinement, les journalistes du Droit ont découvert en groupe, la semaine dernière, la plate-forme de vidéoconférence Zoom (zoom.us).

L’outil a permis d’adapter, avec une déconcertante facilité, les «conférences de rédaction» (ces réunions matinales qui ponctuent le quotidien des médias) aux exigences du télétravail.

La version gratuite de Zoom permet des sessions de 40 minutes. Les utilisateurs peuvent se greffer à une réunion depuis le terminal de leur choix: ordi, tablette ou cellulaire.

Dans le même esprit, l’application Houseparty, elle aussi gratuite, permet à un groupe (jusqu’à huit personnes) de communiquer par vidéo, que ce soit pour un e-apero ou pour jouer à un jeu de société sans se tousser dans le visage.

Grâce à l’application Netflix Party, il est même possible de «binger» (visionner des téléséries en rafale) en mode collectif, même à distance.

Cette application (pour l’instant associée exclusivement à la plateforme Google Chrome) permet de synchroniser le «streaming» des films ou séries pour l’ensemble du groupe. Et chacun peut alimenter la conversation, car Netflix Party est étoffé d’un système de clavardage.

Les classiques

La plupart des messageries populaires permettent désormais de passer des appels conférence à plusieurs, tout en autorisant aussi le transfert de photos et de fichiers audio.. C’est notamment le cas de FaceTime (réservé aux utilisateurs de produits Apple) et de Skype (apparu dès 2003), de Messenger et WhatsApp (deux entités liées à Facebook) ou encore de Hangouts, de Google.

Le gratuiciel (freeware) Viber offre les mêmes services, tout comme la plate-forme européenne Telegram Messenger, qui stocke ses données sur le cloud (information nuagique) plutôt que sur serveurs.

Dans le passé, la plupart de ces systèmes de messagerie ont essuyé de sévères critiques liées à la protection des données des utilisateurs, jugée faible. L’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, soupçonne par exemple un message vidéo reçu via WhatsApp d’être à la source du piratage de son téléphone.

Il y en a beaucoup d’autres: Big Blue Button, Discord, FireChat, Kik, Kontalk, LINE, ooVoo, WeChat, Wire, etc.

Pour l’instant moins connues, Olvid (créée en 2018 par deux spécialistes français en cryptographie) et Signal (utilisée par le lanceur d’alerte américain Edward Snowden) se distinguent en faisant valoir un environnement ultra-sécurisé, grâce à des protocoles de chiffrement à la fine pointe.