Richard Therrien

Notre bulletin télé de mi-saison

CHRONIQUE / À mi-parcours d’un automne riche en nouveautés, quelles émissions suivez-vous assidûment et quelles autres songez-vous à effacer de votre enregistreur? Si on exclut «Révolution», la plus réjouissante surprise de la saison, c’est plutôt à des valeurs sûres qu’on a attribué nos meilleures notes.

EN DIRECT DE L’UNIVERS, ICI Radio-Canada Télé 10/10

Ce trésor télévisuel prend de la valeur saison après saison. Jamais il ne nous déçoit. Cet automne, le plateau de France Beaudoin a été particulièrement magique, autant pour Isabel Richer que pour Louise Latraverse et Sophie Grégoire-Trudeau. Le numéro du conjoint de Yannick Nézet-Séguin, Pierre Tourville, avec Céline Dion, d’un romantisme inouï, était juste sublime. Cette équipe ne néglige rien pour décrocher de gros noms et pour nous virer le cœur à l’envers chaque samedi soir. Après 10 ans, ça mérite bien une note parfaite.

RÉVOLUTION, TVA 9,5/10

RICHARD THERRIEN

Les équipes de «La fureur» dévoilées

BLOGUE / ICI Radio-Canada Télé a dévoilé les équipes de vétérans et de recrues, qui s'opposeront lors de «La fureur, spéciale 20 ans», animée par Véronique Cloutier et diffusée le samedi 5 janvier prochain à 21h.

Sans surprise, Élyse Marquis sera la capitaine de l’équipe des filles, aussi composée de Linda Malo, Hélène Bourgeois-Leclerc et Isabelle Brossard. Chez les gars, Sébastien Benoit sera évidemment capitaine, appuyé par Alex Perron, Jean-Nicolas Verreault et Louis Morissette.

Deux autres équipes seront composées de recrues, à commencer par celle des filles, dont Sarah-Jeanne Labrosse sera la capitaine. Ses coéquipières seront Katherine Levac, Maripier Morin et Mariana Mazza. Pierre-Yves Lord sera capitaine de l’équipe des gars, accompagné de Phil Roy, Pier-Luc Funk et Jay Du Temple.

Cette renaissance de La fureur, réclamée par les fans de l'émission, proviendra en direct du studio 42, et sera diffusée simultanément sur ICI Radio-Canada Première et sur la page Facebook d'ICI Radio-Canada Télé. L'émission originale a tenu l'antenne de 1998 à 2007.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

«Making a Murderer», la suite

CHRONIQUE / La première série de «Making a Murderer», mise en ligne sur Netflix en décembre 2015, a révolutionné le genre documentaire et son sujet a indigné ceux et celles qui l’ont vue. Empruntant les codes de la fiction, on y racontait le destin tordu d’un Américain du Midwest emprisonné pour meurtre, Steven Avery, qui clame son innocence depuis le premier jour, de même que son neveu, Brendan Dassey. Dix épisodes qui bouleversent, questionnent, choquent, sèment constamment le doute dans l’esprit du spectateur. Et prend ouvertement parti pour son personnage principal.

L’histoire devait s’arrêter là. Mais la série a connu un tel impact qu’elle a ravivé les espoirs de faire libérer Avery. Alors que la première saison dépeignait le procureur de la Couronne, Ken Kratz, comme le méchant de l’histoire, c’est la nouvelle avocate d’Avery qui prend la vedette dans ces 10 nouveaux épisodes, sur Netflix depuis la semaine dernière, en anglais et en français. Kathleen Zellner a fait libérer près d’une vingtaine d’innocents, et part à la guerre pour qu’Avery recouvre sa liberté, certainement son plus gros cas en carrière. Une femme fascinante, racée, redoutable, animée par un désir de justice et d’équité. Quand elle dit qu’elle va gagner, on la croit. Pour y parvenir, elle compte sortir plusieurs preuves irréfutables qu’Avery et Dassey n’ont pas pu assassiner Teresa Halbach, pas plus qu’ils n’ont pu faire brûler son cadavre.

Si vous avez vu la première série il y a longtemps et que vous craignez d’avoir tout oublié, rassurez-vous; la seconde saison remet chaque chose en contexte, rappelle de grands pans de la première, tout en ajoutant de nouveaux éléments. Au premier épisode, on passe de longues minutes à reconstituer la scène de crime. Le procédé est un peu long mais pas moins intéressant; Me Zellner fait appel aux plus grands spécialistes, notamment pour prouver que les traces de sang trouvées dans le véhicule de la victime sont le résultat d’un coup monté.

Making a Murderer 2 fait aussi une grande place à Brendan Dassey, à qui on a fait cracher un aveu de culpabilité en utilisant des méthodes odieuses. Vous reverrez son premier avocat, commis d’office, qui trouve à rire à la caméra quand on le questionne sur ses choix discutables. Il est clair que celui-ci n’a pas mis tout en œuvre pour bien protéger son jeune client, vulnérable et pas outillé intellectuellement pour affronter une telle épreuve.

La série a eu un impact incroyable sur les vies de Steven et de Brendan, à commencer par ce déferlement d’encouragements, leur permettant de retrouver l’espoir de sortir de prison un jour. Encore une fois, les réalisatrices Laura Ricciardi et Moira Demos parsèment leur série de conversations téléphoniques avec les deux détenus. La caméra nous montre en parallèle l’existence infiniment triste de leurs proches, qui ne vivent que dans l’espoir de les revoir. L’une des histoires les plus pathétiques est cette union à distance qu’entretient Avery avec une grande femme blonde, Lynn Hartman, en quête maladive de visibilité. Le comble du sensationnalisme survient quand on piège Avery au téléphone à l’émission Dr Phil, alors que le célèbre animateur reçoit Mme Hartman.

La deuxième série n’aura pas l’impact de la première, mais elle vaut néanmoins le détour. Si la saison 1 vous a ému, vous vous préoccuperez sans doute du sort de Steven et de Brendan, incarcérés depuis tout ce temps, tout en vous demandant qui a bien pu tuer Teresa Halbach. Bien qu’on y soit tenté, je ne vous suggère pas de la regarder en une journée. Parce que c’est franchement déprimant. Chaque fois qu’un espoir pointe pour les proches d’Avery, un nouvel écueil vient tout faire s’écrouler. C’est souvent cruel.

***

Le Québec aura aussi son Making a Murderer, puisque Pixcom produit actuellement Meurtriers sur mesure, une série sur deux hommes emprisonnés pour le meurtre d’une jeune fille de 14 ans, Sandra Gaudet, à Val-d’Or, puis relâchés après 10 ans de détention. Chez Club illico, on doit se croiser les doigts pour que cette série de sept épisodes, dont la sortie est prévue pour 2019, puisse relancer l’enquête ou créer un buzz comme l’a fait Making a Murderer aux États-Unis. Et ultimement, pour que le vrai coupable soit identifié, 28 ans plus tard.

Télé et radio

Il est où le bonheur? À «TLMEP»

CHRONIQUE / Il y avait longtemps qu'on n'avait pas ri autant à «Tout le monde en parle». Pour la 350e émission, et la première en cette ère de légalisation du cannabis, on peut dire qu'il y avait tout un «buzz» sur le plateau, je dirais même une douce folie. «Qu'est-ce qu'on fume ce soir?» a demandé Serge Fiori. Mais pas de «gros batte» pour les invités, juste le bon vin habituel. Même Jean Chrétien nous a paru des plus attachants, c'est tout dire.

«Ils ont l'air de deux gamins», a lancé Dany Turcotte en voyant la nouvelle complicité de Fiori et Louis-Jean Cormier, partenaires depuis à peine deux semaines dans la création d'un spectacle du Cirque Éloize à partir de l'oeuvre d'Harmonium. «J'capote», s'exclame Serge Fiori, lui-même un fan de Karkwa, le groupe de Cormier. Pour Louis-Jean, la musique d'Harmonium est celle «qui va le mieux accueillir un numéro de cirque», par ses images, par la durée de certaines de ses chansons.

L'aventure du duo de Fiori avec Richard Séguin ne s'est pas finie en chicane, malgré ce qu'on a pu dire. Les deux parties n'avaient simplement pas la même façon de travailler, précise-t-il, de sorte qu'il n'y a jamais eu de spectacle de Fiori-Séguin. Pourrait-on les voir un jour reprendre un de leurs succès ensemble? Il ne dit pas non. Et peut-on rêver de revoir Fiori sur scène? «Il faudrait. Ça a pas de bon sens que j'y aille pas», répond l'artiste, qu'on sentait planer sur le plateau. Dimanche prochain, l'ADISQ rendra hommage à Harmonium, et vous pouvez compter sur lui pour y être.

«J'ai passé ma vie à me faire traiter de mal baisée... par des gens qui ne me connaissaient pas!» a confié Denise Bombardier, venue parler de ses mémoires, et avec qui une entrevue n'est jamais ennuyante.  Elle qualifie sa grande passion pour Lucien Bouchard de «son 11 septembre personnel». Selon elle, l'homme politique «ne savait pas ce que ça voulait dire de vivre avec une femme autonome, indépendante». Il lui demandait de s'éteindre dans les soupers officiels. «Et j'obéissais.» Son fils de neuf ans l'a convaincue de le quitter, parce qu'il était plus gentil avec lui qu'avec elle. Elle en reparle les larmes aux yeux.

Elle-même abusée à 12 ans par un réalisateur de Radio-Canada, elle dénonce chaque fois qu'elle le peut la pédophilie. On a revu cet extrait d'Apostrophes datant de 1990, dans lequel elle dénonçait l'écrivain français Gabriel Matzneff, qui s'était vanté de coucher avec des jeunes filles.

Elle garde les pires souvenirs de Simon Durivage, avec qui elle a coanimé Le point durant un an à Radio-Canada. «Il a heurté tant de gens ici dans la boîte», dit-elle, le qualifiant d'être «grossier, vulgaire». «J'entrais le matin et je l'entendais dire : « ma tabarnak, elle! » [...] Tout le monde a connu des expériences avec lui.» Elle a choisi d'en parler pour tous ceux qu'elle a vus pleurer. On verra si l'ancien chef d'antenne voudra répliquer à ces attaques.

Vous m'auriez dit il y a quelques années que j'attribuerais un jour l'étoile du match à Jean Chrétien que je vous aurais probablement ri au visage. Et pourtant, toujours alerte, l'ancien premier ministre a été très drôle, offrant l'un des meilleurs segments de la soirée. «J'ai une soeur qui a 99 ans et 9 mois, et elle met de l'argent de côté pour ses vieux jours. Alors, vous êtes pas à veille de vous débarrasser de moi!» a blagué l'homme qui lance ses mémoires, 25 ans après son élection comme premier ministre du Canada. Il raconte encore avec passion des épisodes de sa carrière politique, notamment pourquoi son homologue britannique lui en a voulu de ne pas engager son pays dans la guerre en Irak. Il réfute catégoriquement la version selon laquelle il aurait trahi et isolé le Québec pendant la nuit des longs couteaux. «Je suis arrivé à la maison à 11 heures!» dit-il, prenant sa femme Aline comme témoin. Le sujet a mené à un débat musclé comme on les aime sur la question nationale, auquel ont pris part Bombardier et Fiori.

Très sympathique entrevue avec Christophe Maé, une mégastar en France, mais qui était presque inconnu ici avant son passage à En direct de l'univers avec Francis Reddy en mars dernier. Depuis, sa chanson Il est où le bonheur est fredonnée partout au Québec, mais il faut écouter toutes les autres, lance Serge Fiori, qui vient de découvrir sa musique. Après avoir été pâtissier à la fin de l'adolescence, il a quitté l'entreprise familiale pour vivre sa passion pour la musique. En France, Johnny Hallyday a donné un bel élan à sa carrière en lui donnant la première partie de ses spectacles.

En début d'émission, Justin Trudeau aura finalement donné l'entrevue la plus beige de la soirée, louvoyant dans toutes ses réponses aux questions pourtant pertinentes de Guy A. Lepage. Parce qu'il n'a pas été question que de cannabis avec «Justin», dont c'était la septième visite, mais la première d'un premier ministre du Canada en fonction à Tout le monde en parle. On a parlé de l'oléoduc Trans Mountain, des rapports avec l'Arabie saoudite. «Est-ce que les ventes d'armes sont plus importantes que les principes pour le Canada?» a demandé au PM, au sujet des affaires qu'il continue d'entretenir avec ce pays. Réponse de Trudeau : si l'Arabie saoudite ne respecte pas les conditions des ententes conclues, «on va mettre un terme aux contrats». Au sujet de Donald Trump, il reconnaît qu'«il n'est pas toujours évident. C'est difficile des fois de trouver des points en commun, mais on a réussi à le faire quand même assez bien dans l'accord renouvelé qui sécurise notre économie pour l'avenir.»

Au sujet de la légalisation du cannabis, M. Trudeau ne se mettra pas à fumer du pot, même légal. «Ça n'a jamais été quelque chose qui m'intéressait énormément», dit-il, ajoutant qu'il en a jasé avec son fils de 11 ans. À ceux qui l'accusent d'avoir favorisé d'anciens libéraux, qui investissent dans des entreprises de cannabis, il répond que d'anciens conservateurs sont aussi dans le coup, comme Brian Mulroney et Julian Fantino.

L'entrevue avec Phoudsady Vanny au sujet du premier Salon de la mort aura au moins permis de parler des rituels entourant ce jour ultime. «On passe trois mois à magasiner un char, mais on se prépare même pas» à notre propre mort, déplore l'organisatrice de cet événement, qui permettra aux visiteurs de tester des cercueils dans une aire de repos.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.