Chronique

Un décor en «odorama»

CHRONIQUE / Je ne vous mens pas : même le décor de la nouvelle comédie «Discussions avec mes parents» sent l’humidité des vrais sous-sols de banlieue, restés figés dans les années 80. La moquette partout, les divans «chesterfields», les teintes d’orange et de brun, on s’y croirait. En mettant le pied en studio à Ville Lasalle, où on a recréé la maison de son enfance, François Morency a rapidement pu s’imprégner de son rôle de fils qui rend visite à ses parents. Comme dans la vraie vie.

Diffusée cet automne sur ICI Radio-Canada Télé et réalisée par Pascal L’Heureux (Les pêcheurs), la série de 13 demi-heures, actuellement en tournage, est inspirée du livre Discussions avec mes parents, fruit de conversations cocasses au téléphone.

Sur le plateau, où on tourne encore pour une trentaine de jours, plusieurs journalistes avaient l’impression de revivre leur enfance, tellement l’endroit leur semblait familier. Le décor n’est pas une réplique parfaite de la maison d’enfance de Morency, mais presque. L’équipe a pu compter sur les images de Viens-tu faire un tour?, dans laquelle l’humoriste a revisité cette maison, qu’il a habitée de sa naissance à 24 ans, et que ses parents ont vendue il y a 20 ans. Sur les murs, des cadres montrent les photos d’enfance des vrais acteurs et actrices.

En voyant Morency et ses parents d’adoption, Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay, tourner une scène, j’y ai vraiment cru. François arrive à la maison, s’assoit avec son père, les deux se regardent sans savoir quoi se dire, en espérant que la mère arrive au plus vite pour meubler les discussions. J’avais l’impression d’avoir mon père au téléphone, qui me passe ma mère après m’avoir rapidement demandé comment j’allais.

Entre les rires, certaines scènes viendront émouvoir le public. Comme celle où François découvre que son père, qui ne l’a jamais complimenté sur sa carrière, accumule dans des scrapbooks des coupures de journaux sur son célèbre fils. «C’est la seule personne que j’avais l’impression de ne pas parvenir à satisfaire. Les scrapbooks, c’était sa façon de me dire qu’il s’intéressait à moi. Ça m’a un peu chamboulé quand on a tourné cette scène», reconnaît-il.

À peine 20 % du livre se retrouve à l’écran, tout le reste ayant été créé pour la série. Dans une autre scène, François arrive à la maison avec une boule intelligente, réplique du Google Home, à qui on peut demander la météo ou de faire jouer une chanson. Le cadeau est plutôt mal reçu. «Ça n’est jamais arrivé mais ça aurait pu. Tout ce que j’invente doit respecter la logique de ce que sont mes parents.» On a aussi joué sur l’âge des personnages; les parents de François, qui ont en réalité 90 ans, ont été rajeunis de 15 ans; François a cinq ans de moins et devient l’aîné de son frère et de sa sœur, joués par Blaise Tardif et Caroline Bouchard.

Dans l’histoire, la maison est située dans Saint-Sacrement, mais seules quelques scènes de transition ont réellement été tournées à Québec. Les scènes extérieures sont tournées dans le Vieux-Longueuil, alors que tout le reste est tourné en studio. On verra aussi Morency dans un condo montréalais, et dans ses rencontres amoureuses, qui tournent inévitablement au désastre, dont une avec une femme mariée. Tirée de la vraie vie? «Oui, et d’aplomb à part ça!» répond Morency. Quelques flashbacks nous montreront le petit François, enfant.

Comme les lecteurs du livre, vous risquez de reconnaître des membres de votre famille. «C’est universel. Nos parents nous exaspèrent tous un peu mais on les aime», affirme le producteur Guillaume Lespérance. Chez les Morency, tout le monde, à un moment ou à un autre, devient le souffre-douleur du reste de la famille. Mais on sent toujours beaucoup d’affection dans ce clan tissé serré. «Ce n’est pas une famille déchirée, il n’y a pas de chicanes.»

LE BEAU DIMANCHE LE PLUS REGARDÉ

La présence de Luc Lavoie, Martine Ouellet, Antoine Bertrand et Robin Aubert a permis au Beau dimanche d’obtenir son plus gros score depuis ses débuts avec 600 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé. Mais c’est le talk-show Les poilus qui arrive premier dimanche soir, suivi par 653 000 amoureux des animaux. Michel Barrette arrive troisième avec Viens-tu faire un tour?, regardée par 586 000 fidèles.

Télé et radio

Luc Lavoie à Radio-Canada: pourquoi pas?

CHRONIQUE / Luc Lavoie se retrouvera-t-il à Radio-Canada cet automne? «Évidemment que ça me tenterait», a-t-il dit sans hésiter à l’émission Le beau dimanche. Le commentateur des deux dernières années à «La joute» à LCN a une hypothèse pour expliquer son «renvoi» de TVA : «Je servais de leçon aux autres». Selon lui, le diffuseur se serait servi de son cas pour dire à ses autres vedettes que c’est ce qui les attendait s’ils choisissaient de résister à leur exigence d’exclusivité. Malheureusement, l’animateur Jean-Philippe Wauthier n’a pas relancé son invité sur cette étonnante réponse, peut-être trop pressé par un agenda chargé dimanche.

Le Soleil annonçait mercredi que Luc Lavoie avait accepté de faire de la radio avec Bernard Drainville au 98,5 à partir du mois d’août. TVA lui a demandé d’y renoncer, mais il a refusé. «Je tiens ma parole», a-t-il dit. Depuis ses dernières discussions avec TVA, Luc Lavoie n’a pas reparlé à Pierre Karl Péladeau, dont il a longtemps été le bras droit et ami. Après 20 ans chez Québecor, il reconnaît avoir été déçu de cette décision. «Un peu, un peu. Mais les affaires sont les affaires», reconnaît-il. De là à se laisser aller au découragement, quand même pas. «Il y a des émotions qui viennent en jeu, mais il faut retomber sur ses pieds et continuer.» Ne lui reste maintenant que Radio-Canada pour s’exprimer à la télé, diffuseur qu’il a pourtant maintes fois pourfendu, alors qu’ICI RDI bâtit justement l’équipe de sa nouvelle émission de 16h, contre La joute.

«On va passer à l’histoire pour une chose, toi et moi: on s’est fait sacrer à la porte en même temps, le même jour!» a-t-il blagué au sujet de Martine Ouellet. Quelques jours après avoir obtenu un faible vote de confiance de 32%, la bientôt ex-chef du Bloc québécois était tout sourire dimanche. On était loin de la mine déconfite à Tout le monde en parle, l’hiver dernier. Si Martine Ouellet se reproche une chose, c’est d’avoir cru que les membres du Bloc assumaient leur mandat de faire la promotion de l’indépendance. Selon elle, le fait que «les démissionnaires ne reviendront pas» est bien la preuve qu’elle n’était pas le principal problème. Elle croit aussi que le fait qu’elle soit une femme a joué contre elle.

Luc Lavoie, qui n’a jamais épargné Martine Ouellet à La joute, s’est retenu cette fois. «En politique, on attaque les idées, pas les personnes», a-t-il dit, rappelant être allé manger au restaurant avec elle. Antoine Bertrand a questionné la politicienne en sabbatique forcée sur le faible appui à la souveraineté, particulièrement chez les jeunes. «La jeunesse était de votre bord [autrefois]», a-t-il rappelé. Ouellet est plutôt convaincue que les luttes intestines au sein du mouvement indépendantiste ont torpillé le concept d’indépendance, pourtant tout aussi pertinent, croit-elle.

En début d’émission, Antoine Bertrand a raconté être parti trois mois en voyage, notamment au Sénégal, où il a assisté à un combat de lutte avec frappe, le sport national. Il s’est retrouvé le seul Blanc de l’assistance, à devoir accorder des entrevues à des médias sénégalais, étonnés par sa présence!

On ne peut qu’aimer la franchise de Robin Aubert, dont le film Les affamés a remporté huit trophées du Gala Québec Cinéma. Il se surprend qu’on ait qualifié sa sortie sur la distribution déficiente de son film de «coup de gueule». Il considère n’avoir dit que la vérité. «Qui va m’empêcher de faire des films?» a-t-il demandé à l’animateur, qui soulignait le courage de sa franchise.

Aubert n’a pu s’empêcher de ridiculiser le propriétaire de salles de cinéma, Vincent Guzzo, convaincu qu’il s’agit d’un personnage inventé. «Chu sûr que le soir, y est en Speedo, y regarde Tu dors Nicole, pis y’aime ça. […] On dirait un personnage de Pierre Falardeau», a-t-il imagé. Aubert, qui tourne une série policière en anglais à Montréal pour CBC, a aussi raconté que Michel Côté l’avait texté, froissé par un commentaire dans son discours de remerciement. Les deux ont fini la conversation en se disant qu’ils s’aimaient.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

Québecor et la radio: d'autres départs

CHRONIQUE / Mario Dumont et Luc Lavoie ne sont pas les seules personnalités de Québecor à devoir choisir entre un employeur ou un autre; j’ai appris que d’autres noms comme Richard Martineau, Antoine Robitaille, Jonathan Trudeau et Kevin Raphael doivent aussi renoncer à des contrats chez la concurrence, ou pourraient avoir à le faire très prochainement.

Quelques explications sont possibles. Parmi elles, La Presse+ révélait mercredi que Québecor montrait beaucoup d’intérêt pour l’acquisition de stations de radio, un marché qui se porte assez bien, en comparaison avec la télé et les journaux. Des sources rapportent aussi que l’entreprise lancera sa propre radio sur Internet dès l’automne, en attendant d’acquérir une «vraie» station et d’obtenir une licence en bonne et due forme. On souhaiterait que les animateurs et chroniqueurs maisons privilégient cette nouvelle radio plutôt que celles de la concurrence. À suivre.

Ainsi, des sources soutiennent que Richard Martineau quitte son micro de CHOI Radio X, où il anime une émission quotidienne depuis août 2015, de même que son coanimateur Jonathan Trudeau. Les deux écrivent dans les quotidiens de Québecor et apparaissent à LCN et à TVA. Le chroniqueur politique du Journal de Montréal et du Journal de Québec, Antoine Robitaille, qui participe à l’émission Drainville PM avec Alec Castonguay au 98,5, mettra fin pour de bon à cet engagement cet été. En comptant ses années avec Benoît Dutrizac, voilà 10 ans qu’il commentait l’univers politique à l’émission du midi de cette station montréalaise. On peut aussi l’entendre à Première heure sur ICI Radio-Canada Première à Québec. Enfin, Kevin Raphael, qui avait confirmé sa participation à la nouvelle émission Véronique et les Fantastiques cet automne à Rouge FM, a dû y renoncer à la demande de Québecor. L’animateur a sa propre émission à TVA Sports, Le Kevin Raphael Show. Pour sa part, Ève-Marie Lortie, qui a quitté le FM93 hier, a bien précisé qu’elle ne le faisait pas à la demande de Québecor.

Déjà, Mario Dumont abandonnera dans quelques semaines sa participation à la commission Curzi-Dumont, le matin avec Paul Arcand au 98,5, pour se consacrer à sa quotidienne à LCN et à d’autres projets, qui n’ont pas été dévoilés. Impossible toutefois de confirmer qu’on lui a vraiment laissé le choix. Rappelons que son épouse, Marie-Claude Barrette, anime aussi Deux filles le matin à TVA.

Pour l’instant, de tous ces noms, seul Luc Lavoie a préféré honorer son contrat de radio avec Cogeco, plutôt que de poursuivre à La joute et à Mario Dumont; il participera dès le mois d’août à l’émission Drainville PM au 98,5 à Montréal et à d’autres émissions du réseau. Selon plusieurs sources, il semble peu probable que Bernard Drainville reste parmi le panel de La joute à LCN, tout en poursuivant son travail au 98,5. Il n’a pas retourné les appels du Soleil. On peut dire que le portrait de Drainville PM, qu’il anime de midi à 15h à la radio, changera passablement. En plus d’Antoine Robitaille, l’émission perdra un autre collaborateur, Alec Castonguay, qui a d’autres projets pour l’automne.

Ce n’est pas la première fois que Québecor tenterait une expérience de radio sur Internet. En 2013, le site du Journal de Montréal s’était prêté à l’exercice, notamment avec Gilles Proulx et Sophie Durocher. L’expérience fut de courte durée.

J’ai reçu de très nombreux messages depuis hier, la plupart déplorant le départ de Luc Lavoie de La joute. Celui-ci pourrait-il être repêché par Mordus de politique, la nouveauté de Sébastien Bovet sur ICI RDI, qui affrontera celle de LCN à 16h cet automne? Encore trop tôt pour le dire, même s’il est permis d’y croire.

Télé et radio

«Les Chefs!»: Clément pète un plomb

CHRONIQUE / Comme on dit, ce n’était pas très chic lundi soir aux «Chefs!». Gonflé d’orgueil et mécontent d’avoir raté ses raviolis, le candidat Clément Bellaigue a tout laissé tomber en plein duel, faisant une boule avec ses pâtes collantes et les lançant par terre avec colère. Du jamais vu aux «Chefs!», où l’esprit d’équipe et la soif d’apprendre ont toujours primé sur la féroce compétition.

Je n’en suis pas revenu de voir un aspirant-chef aussi talentueux, aussi brillant, quitter l’aventure avec aussi peu de classe. Clément a pourtant abordé le duel avec un excès de confiance, affirmant que rien ne lui faisait peur. «Tous les trois, on te voyait en finale», auront été les mots de Jean-Luc Boulay en guise d’au revoir. Sans reconnaître son erreur, Clément a assumé pleinement ce choix, conscient qu’il avait gâché ses chances de se rendre en finale. Jusqu’ici, on trouvait plutôt sympathique que le candidat d’origine française n’ait jamais entendu parler de jambon à l’ananas et ait cuisiné un gâteau en guise de cake de homard. Mais Clément a raté sa sortie.

C’est la première fois qu’un candidat abandonne en plein duel, mais ce n’est pas la première fois qu’un aspirant-chef jette son tablier. Je l’avais complètement oublié, mais au second épisode de la toute première saison, Érick Gauvin-Demers, alors cuisinier à l’hôtel Pur, a choisi de quitter l’émission, ne se sentant pas à l’aise devant les caméras. Il avait ainsi évité l’expulsion à la candidate Claudia, désignée par les juges. Selon la production, ce n’est plus jamais arrivé par la suite.

Ne reste plus que deux épisodes à cette huitième saison, qui n’est pas la meilleure, malgré son lot d’épreuves enlevantes. Il me semble que le sentiment d’attachement aux candidats est moins élevé que dans les saisons précédentes. Par contre, à ce jour, la moyenne d’écoute est de 700000 téléspectateurs (incluant les enregistrements), comparativement à 711000 l’été dernier, sur ICI Radio-Canada Télé. Sont toujours dans la course Andrée-Ann, du Ciel bistro-bar à Québec, Laurent, de Stoneham, Antoine et Marc-Antoine.

***