Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
La direction de Télé-Québec était loin de se douter qu’une chanson de Yann Perreau lui porterait malheur.
La direction de Télé-Québec était loin de se douter qu’une chanson de Yann Perreau lui porterait malheur.

Une chanson de Yann Perreau coûte cher à Télé-Québec

CHRONIQUE / La direction de Télé-Québec était loin de se douter qu’une chanson de Yann Perreau lui porterait malheur. Il se trouve que toute sa campagne promotionnelle pour sa programmation d’automne était bâtie autour de la chanson Humains, et qu’elle a dû être retirée des ondes après la vague de dénonciations qui a emporté l’artiste. En plein été, on a dû concevoir une nouvelle campagne. Et au bout du compte, Yann Perreau a tout de même reçu la rémunération prévue au contrat.

Ce n’est que quelques jours avant la vague de dénonciations, le 30 juin dernier, que Télé-Québec annonçait son association avec l’auteur-compositeur-interprète «pour propulser en musique sa nouvelle campagne promotionnelle “Allons plus loin”». Le message de la chanson créée en 2013 collait tout autant à ce temps de pandémie qu’à la vocation de Télé-Québec : «Seul on peut aller vite. Ensemble, on ira plus loin. Interdépendants. Solidaires. Juste humains.» La campagne devait se poursuivre jusqu’en octobre.

Or, une dizaine de jours plus tard, Yann Perreau était la cible d’allégations d’inconduites sexuelles. Il aurait notamment harcelé une femme dans un bar et envoyé une photo de ses organes génitaux sans consentement à la chanteuse La Bronze. Il s’en est excusé en plus d’annoncer vouloir prendre du recul.

La direction de Télé-Québec n’a pas réfléchi longtemps avant de retirer les deux premiers messages publicitaires, un de 30 secondes, l’autre d’une minute, qui auront été diffusés en tout et partout une seule semaine, et qui devaient être suivis d’une série de nouveaux messages. «On a parlé avec son agent et sa maison de disques, et c’était suffisamment grave pour que les deux se dissocient de l’artiste. On a pris la décision en même temps qu’eux», m’explique la directrice générale des communications et de l’image de marque de Télé-Québec, Nicole Tardif.

Une nouvelle campagne, en ondes depuis quelques jours, a dû être orchestrée en catastrophe. Plutôt que de remplacer Humains par une autre chanson, on a plutôt créé un texte à l’interne, livré par une voix hors champ et accompagné par une mélodie achetée dans une banque musicale. «Les paroles de la chanson étaient la colonne vertébrale de la campagne. Il a fallu revoir le texte au complet. Claude Frigon, notre directeur artistique, qui a une très belle plume, a signé les nouvelles paroles.»

Les séquences où on voyait les vedettes de l’antenne reprendre les paroles de la chanson Humains ont dû être jetées au panier, mais on a choisi de ne pas retourner en studio pour en tourner de nouvelles. «Tout ce qui n’était pas lié à la chanson a été récupéré», assure Nicole Tardif. On a simplement ajouté plus d’images des émissions de la programmation automne-hiver.

La direction de Télé-Québec n’a pas réfléchi longtemps avant de retirer les deux premiers messages publicitaires mettant en vedette Yann Perreau, à la suite d’allégations d’inconduites sexuelles portées contre lui.

On devine que l’annulation de cette campagne promo a entraîné des coûts importants. Télé-Québec refuse cependant d’en révéler la teneur. «On a essayé de récupérer le plus qu’on a pu. L’artiste a quand même été payé pour son travail», reconnaît la directrice générale.

Comble de malheur, la chanson servait aussi de thème à l’émission Banc public avec Guylaine Tremblay, qu’on a aussi dû retirer des plateformes de Télé-Québec, tout comme les séries Conseils de famille et Clovis, qui utilisaient la chanson Baby Boom, également de Yann Perreau. Le diffuseur réfléchit à la possibilité de rendre à nouveau disponibles ces trois titres, un peu comme Club illico, qui a remis La faille à son catalogue, malgré la présence de Maripier Morin. «Il faut parfois faire la différence entre l’artiste et l’œuvre. Ce n’est pas exclu qu’on les ramène en rattrapage à l’automne.» À noter que ces trois émissions n’étaient déjà plus en production.

Avec la déferlante d’allégations depuis un mois, la possibilité d’adopter une autre chanson pour la campagne publicitaire a vite été mise de côté, selon Nicole Tardif. «C’est sûr qu’on est plus frileux, on a choisi de passer notre tour. En même temps, on aime beaucoup utiliser des chansons québécoises. C’est de l’argent qui reste dans l’industrie. Mais tout le monde va laisser un peu retomber la poussière.»

Le cas présent est une nouvelle démonstration des dommages collatéraux de cette vague de dénonciations d’inconduites sexuelles sur les engagements des personnes visées et les contenus des différentes plateformes. Dommages importants, peut-être, mais sans aucune commune mesure avec ce que doivent subir les victimes.

Nicolas Ouellet prendra la relève de Dave-Éric Ouellet à <em>C'est juste de la TV</em> aux côtés de l’animatrice Anne-Marie Withenshaw cet automne.

NICOLAS OUELLET À C'EST JUSTE DE LA TV

Après vous avoir annoncé que Dave-Éric Ouellet (MC Gilles) ne reviendrait pas cet automne parmi l’équipe de C’est juste de la TV, je peux vous révéler aujourd’hui que c’est Nicolas Ouellet qui prendra la relève aux côtés de l’animatrice Anne-Marie Withenshaw et des collaboratrices Thérèse Parisien et Nathalie Petrowski, dès le vendredi 11 septembre à 21h sur ICI ARTV.

Figure familière du petit écran, Nicolas Ouellet a animé plusieurs émissions dans les dernières années, dont Pense vite sur UnisTV, VRAK Attak et Play à VRAK et 100 % local sur ICI Télé, en plus d’être au micro d’ICI Première. Éminemment sympathique, Ouellet aura à exploiter son côté plus mordant à C’est juste de la TV, où les collaborateurs peuvent souvent se montrer durs à l’endroit des émissions qu’ils commentent. «Je risque de ressortir comme le bon gars. Je vais sûrement rester constructif sans m’attaquer à des productions. Mais on ne sait pas ce qui peut nous tomber dessus, comme un Marseille [série de Netflix détruite par la critique], qui ne me laissera pas le choix!» m’a-t-il confié.

Nul doute que le plus jeune du quatuor regardera les émissions avec un œil différent, notamment en matière de diversité. «Je regarde toujours l’équilibre à l’intérieur d’une émission. On a besoin que la diversité soit vue mais aussi qu’elle soit entendue et comprise. Je vais m’en faire une mission dans la préparation de l’émission. C’est bon de se le faire rappeler régulièrement, parce que c’est comme ça que les choses vont changer.» On le savait féru de musique, on le sait maintenant boulimique de télé, lui qui adore consommer les séries en rafale, parfois même en une soirée. Dernièrement, il a beaucoup apprécié Legendary, téléréalité de HBO sur le monde du voguing, ce style de danse urbaine. Nicolas avait passé une audition pour devenir collaborateur à l’émission il y a quatre ans, mais Serge Denoncourt avait alors été choisi. Drôle d’adon : il sera à la télé et à la radio en même temps le vendredi à 21h, puisqu’il reprend l’animation de Jusqu’au bout sur ICI Première. Pour sa part, Dave-Éric Ouellet a accepté un poste de producteur au contenu à Infoman, qui l’occupera à temps plein, en plus de ses rôles de collaborateur à l’émission et de chroniqueur au 98,5 et à RDS.