Dans «Goldwater à l’écoute», l’avocate Anne-France Goldwater convie 25 couples — ou anciens couples — à une séance de conciliation, pendant qu’il en est encore temps, et pour éviter les tribunaux.

Un vaccin contre le divorce

CHRONIQUE / On n’en passe pas une à Anne-France Goldwater. Après 37 ans d’expérience, l’avocate flamboyante en connaît un chapitre sur les querelles de couples, les pensions alimentaires et la séparation de biens. Dans «Goldwater à l’écoute», elle convie 25 — ou anciens couples — à une séance de conciliation, pendant qu’il en est encore temps, et pour éviter les tribunaux. Attention, ça va brasser.

Considérant que 40% des premiers mariages sont voués au divorce, et que 60% des seconds mariages se concluent par une séparation, Me Goldwater avait l’embarras du choix pour sa nouvelle émission. Treize premiers épisodes d’une heure seront diffusés à partir de lundi à 21h à Canal Vie, mais on pense déjà à une deuxième saison, qui permettrait de revenir sur les cas de la première en plus d’en observer de nouveaux. Vous constaterez que Me Goldwater est moins acerbe qu’à L’arbitre, mais qu’elle ne s’en laisse pas imposer pour autant.

Les cas sont divers et vont de l’infidélité à la garde des enfants. Le premier concerne Valérie et Véronique, un couple qui s’entredéchire depuis 17 ans, une union marquée par de multiples séparations. Et c’est encore pire depuis la naissance d’un enfant, fruit d’une aventure sans lendemain, sans que les deux femmes en aient préalablement discuté.

La première réclame de voir son fils, la deuxième, un montant d’argent qui lui est dû. Vous les verrez se traiter de menteuse, de voleuse, et vous vous demanderez comment elles ont fait pour vivre ensemble si longtemps. À la fin de chaque cas, Me Goldwater fait une proposition au couple, ce qui sert un peu de verdict, mais qui n’a rien de légal.

Certaines situations semblent si surréalistes que vous aurez parfois l’impression d’avoir affaire à des acteurs qui jouent la comédie. Mais la productrice Sophie Ferron, chez MediaRanch, jure que tous les cas sont bien réels. Y compris celui d’un jeune designer prénommé Narcissé, jaloux et possessif, quand il voit des hommes complimenter son épouse, Mariposa, un mannequin qui prétend avoir 29 ans. «Ça fait longtemps que vous n’avez plus 29 ans», lui rétorque aussitôt Me Goldwater.

Dans tout le processus, Me Goldwater est assistée à l’écran d’un psychologue de Québec, Paul Simard, spécialisé dans le développement des habiletés relationnelles et de l’estime de soi. Le duo reçoit les deux parties, ensemble et séparément, dans les bureaux de Me Goldwater. Le psy vient tempérer les envolées parfois impulsives de l’avocate, avec ses propres analyses. On assiste parfois à un choc des idées, sans que le ton monte entre eux, du moins pas dans les épisodes qu’on nous a montrés.

Si l’exercice relève souvent du spectacle et cause plusieurs malaises, il reste néanmoins instructif et même touchant. Vous y apprendrez peut-être qu’une pension alimentaire doit être déterminée devant les tribunaux pour avoir quelque valeur que ce soit. Sur un simple contrat, ça ne vaut rien. Me Goldwater est convaincue que l’émission peut aider d’autres couples ou anciens couples à prévenir le pire, à les «vacciner contre le divorce», image-t-elle.

Je trouve les couples courageux — ou inconscients? — de se livrer ainsi en pâture aux caméras. On verra entre autres une femme vouloir empêcher son ex-conjoint d’emmener leurs filles au camp naturiste qu’ils fréquentaient ensemble. Quand Me Goldwater demande à l’homme de se dévêtir, celui-ci commence à ôter quelques pelures. Je n’ose imaginer le reste.

Même si on a parfois envie de rire, tellement les situations semblent extrêmes, il n’y a rien de drôle dans ce qui se joue devant nous. Comme dirait l’autre, ça arrive dans les meilleures familles.