Gregory Charles, dont le discours pertinent et posé a suscité l’écoute et l’empathie, a gagné l’étoile du match.

TLMEP: leçons de vie en condensé

CHRONIQUE / Notre santé et le sort de nos aînés ont été au centre des discussions de «Tout le monde en parle», dimanche soir. Une sorte d'école de la vie en condensé, servie par des interlocuteurs convaincus et convaincants, à commencer par Gregory Charles, dont le discours pertinent et posé suscite l'écoute et l'empathie, et lui vaut l'étoile du match.

Inspiré par sa mère, qui a servi de véhicule d'intégration à son père immigrant, l'homme orchestre a créé le programme «Je suis Québécois», une série de 230 capsules de 10 minutes à l'intention des nouveaux arrivants. Il souhaite voir ceux-ci mener «une vie pleine», comme celle de son propre père, parfait modèle d'intégration. Son Académie Gregory, une méthode en ligne d'apprentissage de la musique, réunit ses deux passions: performer et enseigner.

Même s'il n'en est pas responsable, l'artiste conserve un fond de culpabilité après la mort de son père, happé tragiquement par une déneigeuse il y a presque un an. Il considère comme un privilège le fait d'avoir pris soin de ses parents durant de nombreuses années. Selon lui, la controverse autour de SLAV n'est pas une affaire de liberté d'expression mais de manque de sensibilité. «Polariser le débat ne servait à rien», dit-il. Comme il ne servait à rien de condamner d'emblée la blague de très mauvais goût de José Gaudet, qui «n'avait pas d'intention malicieuse», croit-il.

Importante réflexion sur le sort de nos aînés, mais aussi des proches aidants, avec Marguerite Blais, que Guy A. Lepage qualifie de «croisement entre une ministre et Mary Poppins». La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants souhaite qu'il y ait plus de musique, plus d'enfants, de plus grandes fenêtres et qu'on ne sépare plus les couples dans les CHSLD et les résidences pour aînés. Souvent sans s'annoncer, elle visite des résidences pour s'assurer qu'on y traite bien nos aînés. Pour la plus âgée des députés à Québec, «la maltraitance, c'est tolérance zéro». Elle s'inquiète autant pour les proches aidants, et veut doter le Québec d'une politique nationale qui faciliterait leur vie. La réflexion a interpellé Gregory Charles, qui réclame un statut fiscal pour les proches aidants. Mme Blais n'a pas voulu se prononcer sur le décès tragique d'Hélène Rowley Hotte, la mère de Gilles Duceppe, semblant toutefois minimiser la responsabilité du complexe où elle habitait.

Marina Orsini considère que son rôle de thanatopractrice dans Une autre histoire, atteinte d’Alzheimer précoce, est le plus complexe qu’elle ait eu à interpréter. Ce sont de vrais comédiens qui jouent les défunts qu'Anémone doit embaumer, dans un véritable salon funéraire. Moment de malaise plutôt cocasse quand Marguerite Blais s'est trompée de maladie en parlant de l'Alzheimer de la mère de Marina, qui a plutôt souffert d'un cancer. «Vous êtes avec la CAQ!» a rappelé Dany Turcotte à la mémoire de la ministre.

Marina Orsini admet que l'annulation de ses émissions Marina Orsini et Deuxième chance a été un grand deuil. «J'aurais facilement continué deux ou trois ans le matin», ajoute-t-elle, après quatre ans de quotidienne. Un ultime épisode de Deuxième chance fera le suivi des histoires les plus marquantes des trois saisons de l'émission, qu'elle partage avec Patrick Lagacé. En 2019, Marina aurait-elle pu jouer Shehaweh comme en 1993? «Pas certaine», a répondu la comédienne.

«Je ne suis pas ici pour faire la morale au monde», affirme la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, qui a dû défendre son nouveau guide alimentaire canadien. «On ne dit pas aux gens de ne pas manger de viande ni de produits laitiers», jure-t-elle, précisant que le guide devait refléter les besoins de tout le monde. Professeur en distribution et politiques agroalimentaires, Sylvain Charlebois considère que le document manque d'humanisme, crée un malaise et ne tient pas compte de nos traditions culinaires. Il déplore notamment qu’il ait été élaboré à partir des conclusions de «13 personnes qui arrivent des mêmes écoles», et aurait préféré qu'on inclue parmi eux sociologues, économistes et historiens. Le guide est le deuxième document le plus téléchargé sur le site du gouvernement après celui de Revenu Canada. «Mais le mien est beaucoup plus intéressant», a blagué la ministre. La carte du fou du roi : «Avec le nouveau guide alimentaire canadien, deux verres de lait, c'est bien, mais un verre d'eau avec deux pois chiches, c'est encore mieux.»

Très sympathique entrevue, surtout pas misérabiliste, avec trois témoins de la série Ça ne se demande pas, l'adaptation d'un concept australien, diffusé sur AMI-télé, où des personnes handicapées répondent à des questions directes du public. «Quand j'entends le mot nain, c'est une insulte», reconnaît Valérie Tourangeau, personne de petite taille au réjouissant franc-parler, et qui raconte qu'on lui a dit plus d'une fois qu'elle était «à la bonne hauteur pour une fellation», une remarque dégradante qui a fait réagir le plateau. «L'humain n'est pas fait pour être toujours assis», affirme pour sa part Claudia Duchesne, paraplégique, qui dit vivre chaque jour avec des douleurs. Non-voyant depuis 10 ans à la suite d'un glaucome, Serge Savoie n'a aucun problème avec le mot aveugle. Il regrette seulement de n'avoir jamais pu voir sa fille.

Entrevue planante avec Rohan Marley, le fils de Bob Marley, plus qu'heureux d'être sur ce plateau. Il considérait son père, mort alors qu'il n'avait que neuf ans, comme un superhéros. Enfant, il aimait le regarder jouer au football et courir sur la plage, et a conservé de lui de grandes leçons de vie sur l'importance d'aimer et de donner. «Ça me donne des frissons», dit-il en revoyant des images de son célèbre père. «En Jamaïque, tout le monde est un roi», blague-t-il lorsque Guy A. lui demande s'il est considéré dans son pays comme un membre de la famille royale. Amant de longue date de la culture bio et producteur de cannabis, commercialisé sous le nom de Marley Natural, il admet que l'équipe de la série La Jamaïque au goût de Marley, diffusée ici à MusiquePlus, trouvait qu'il fumait trop sur le plateau. L'ex de Lauryn Hill affirme que son père n'aurait vu aucun problème à ce qu'il utilise son nom pour vendre des produits.

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Serge Savoie, Valérie Tourangeau et Claudia Duchesne sont tous de la série «Ça ne se demande pas» à AMI-télé.