La productrice Josée Vallée, Patrick Huard et l'auteur Jacques Diamant.

Patrick Huard, juge vengeur dans «Les honorables»

BLOGUE / Que ferions-nous si l'assassin d'un membre de notre famille, un fils, une fille, était jugé innocent par la Cour? «Je le tuerais», diront certains d'emblée, sans réfléchir, comme si c'était si simple. Juge à la Cour supérieure, Ludovic Dessureaux passera de la parole aux actes, dans la nouvelle série «Les honorables», un thriller disponible sur le Club dès janvier 2019. Un rôle-titre doublé d'un challenge pour Patrick Huard, de retour à la télé après un hiatus de 10 ans.

Son juge Dessureaux se sentira trahi par le système de justice quand le meurtrier de sa fille sera acquitté, faute de preuves. Aussi décidera-t-il de se faire justice lui-même. Père de deux autres enfants dans la vingtaine, et séparé de sa femme, il verra alors sa famille, pourtant dysfonctionnelle, se reconstruire et se ressouder.

L'auteur des 10 épisodes d'une heure, Jacques Diamant, connaît bien les histoires de Cour, lui qui a contribué aux textes de Toute la vérité et de Ruptures dans les dernières années. Les honorables, qui lui a été inspirée par de nombreux cas d'auto-justice dans l'actualité, est sa première série bien à lui.

Très bonne nouvelle de revoir Patrick Huard dans une série dramatique, lui dont la dernière apparition régulière remontait à Taxi 0-22, qui a pris fin en 2009. Parce que l'acteur, qui a fait beaucoup de comédies, peut aussi très bien jouer le drame. Je me souviens comment il avait été convaincant dans «Au nom de la loi», la série de Podz, qui a malheureusement eu très peu de succès. Huard, qui sortait de Bon cop, bad cop 2 quand on lui a offert ce rôle, a cette fois la chance de se reprendre dans une série beaucoup plus grand public.

Il constate une évolution dans les séries depuis Taxi 0-22. Le visionnement en rafale, ou «binge-watching», permet une écriture plus dense et complexe. Ce fan de thrillers et d'histoires de Cour, qui a lui-même voulu devenir avocat, embarque dans ce rôle avec un enthousiasme évident.

Le réalisateur Louis Choquette, qui a réalisé beaucoup en anglais dans les dernières années (19-Two, This Life), est ravi de revenir à une série francophone au Québec. De Paris, où il tourne actuellement une série intitulée Philarmornia, un autre thriller psychologique sur le monde de la musique classique pour France 2, il a confié avoir hâte de plonger Patrick Huard dans une zone de jeu qui lui est peu familière. C'est vrai qu'on ne pense pas d'emblée à un juge en voyant l'interprète de Rogatien. Le challenge est d'autant plus excitant pour l'acteur et son personnage «qu'on verra se détériorer à l'écran», affirme Patrick Huard.

Bien qu'on ait affaire à un thriller au rythme soutenu, Patrick Huard précise que Les honorables ne s'apparente pas à un 24 heures chrono, mais est plutôt empreint d'une grande humanité. «On verra que la douleur n'a pas de classe sociale», dit-il à propos de ces personnages, dans lesquels «les gens vont se reconnaître». La série, dont le tournage commencera en juin, est produite chez Sphère Média Plus par Josée Vallée, qui est notamment derrière Hubert & Fanny et Trop.

Malgré la tragédie, Les honorables comportera ici et là des touches d'humour et des situations absurdes, comme il pouvait y en avoir dans Breaking Bad, relève Patrick Huard.

Le Club illico a vraiment le vent dans les voiles. La série jeunesse La dérape, tournée à Québec, fait un malheur, encore plus que L'Académie, série qui s'adresse davantage aux jeunes filles. On précise que Les honorables ne remplace pour l'instant aucune série existante au Club, mais s'ajoute à l'offre déjà touffue en matière de séries originales québécoises.

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