La participation comme mentor à l’émission The Launch a été une totale surprise pour Marie-Mai. Une occasion qui pourrait lui permettre d’élargir sa carrière sur le marché anglophone.

Marie-Mai en anglais : c’est lancé

CHRONIQUE / Les prochaines semaines seront déterminantes pour Marie-Mai : sa participation comme mentor en résidence de la téléréalité musicale «The Launch» pourrait élargir sa carrière sur le marché anglophone, une ambition qu’elle avait mise de côté dans les dernières années. «J’aime écrire en anglais. Mais ma carrière s’est dessinée autrement. Quand on m’a appelée pour la deuxième saison de «The Launch», ça a été une totale surprise», me confie l’ancienne coach de La voix, enthousiasmée par ce projet.

Marie-Mai n’était pourtant pas convaincue qu’elle était la bonne personne pour tenir ce rôle. «Je trouvais ça big, que c’était de gros noms, qu’il n’y avait aucune chance que je sois prise.» L’audition s’est tellement bien passée, qu’à peine une heure plus tard, on l’a rappelée pour lui dire qu’elle avait le contrat. «Je pense que j’ai l’énergie qu’ils cherchaient pour le show. Je tombe en amour avec les chanteurs, j’ai été à leur place, je viens d’un concours. Je sais comment les aider.»

Avec Scott Borchetta, magnat de la musique et idéateur de l’émission, Marie-Mai est le seul mentor à être de toutes les émissions de The Launch (traduction littéraire : Le lancement). Se greffent au duo chaque semaine de grosses pointures comme Bryan Adams, Sarah McLachlan, Jann Arden, Bebe Rexha, Max Kerman et les producteurs Ryan Tedder, Alex Hope, Jon Levine, Shaun Frank et Nile Rodgers. Le but de l’exercice : séduire ces pros de l’industrie pour composer et enregistrer une chanson, qui sera automatiquement jouée à la radio. «Tout part avec un hit. On donne aux gens ce qu’ils ont envie d’avoir aujourd’hui. On passe 48 heures avec un chanteur. La journée où on dit à quelqu’un : “Tu es lancé”, une heure après, la toune est à la radio.»

Tournés l’automne dernier à Toronto, les six épisodes commencent mercredi à 20h à CTV et en version sous-titrée en français à VRAK. Quatre participants du Québec ont tenté leur chance, dont Jordane Labrie de Québec, pour qui se sont retournés les quatre coachs de La voix, la saison dernière. «Je sais instantanément qu’un candidat vient du Québec, avant même qu’il ouvre la bouche. Je le vois dans la passion, l’intensité. Au Québec, on veut se faire entendre, on a des convictions. La chose que j’ai le plus répétée aux candidats anglophones, c’est : “Montre-moi ta passion, j’ai besoin de sentir que tu veux être là.” Les Québécois, on n’a pas besoin de leur dire. On est très théâtraux dans notre approche et connectés à notre cœur et à nos tripes.»

Pour vous situer, Scott Borchetta est celui qui a découvert Taylor Swift. Il a maintenant l’ambition d’importer The Launch en France, version à laquelle Marie-Mai pourrait très bien participer, une autre occasion pour elle de percer un nouveau marché. Mais avant, c’est sur le marché anglophone qu’elle jette son dévolu. Elle rentre tout juste du Mexique, où elle a tourné le clip d’une chanson de son nouvel album, en versions française et anglaise, et dont elle préfère taire le titre pour l’instant. «Je veux le sortir au meilleur timing. Il y a beaucoup de trucs en anglais qui s’en viennent», annonce-t-elle.

De tous les mentors invités à l’émission, elle admet s’être le mieux entendue avec Sarah McLachlan. «C’est devenu une bonne amie. Il s’est passé quelque chose cette journée-là, ça nous a rapprochées et on a gardé contact. On a vécu quelque chose de complètement unique avec un des chanteurs, ça va nous habiter pour le reste de nos jours. On s’est revues au Canada’s Walk of Fame.» Elle a aussi de très bons mots pour Bebe Rexha, nommée dans la catégorie du meilleur nouvel artiste aux Grammy Awards. «C’est un arc-en-ciel, elle a tellement de personnalité, on est assez similaires dans notre approche artistique, ça donne des bons moments.»

C’est un prérequis : tous les candidats de The Launch doivent être auteurs-compositeurs. On ratisse dans tous les styles de musique, autant du côté des candidats que des mentors, précise Marie-Mai. «Ryan Tedder de OneRepublic a apporté le côté pop urbaine très 2019. Je pense que ma chanson préférée de la saison est celle de Bryan Adams, hyper country folk. Du gros Bryan Adams.»

Si vous trouvez que les coachs de La voix épargnent un peu trop les candidats, sachez que les mentors de The Launch vont beaucoup plus loin dans leurs commentaires. «On n’a pas peur de trancher. Scott m’a vraiment appris ça. Il y a toujours une bonne façon d’expliquer quelque chose, et il n’y a pas de plus beau cadeau qu’on peut faire à un artiste que de bien lui expliquer pourquoi il n’a pas été choisi, et que ça n’a rien de personnel. Ça prend juste le bon artiste pour la bonne chanson.» Marie-Mai reconnaît que cette gentillesse avec les candidats est typiquement québécoise. «Nous sommes très empathiques, et c’est une bonne chose. On veut voir les gens réussir, on ne veut pas blesser. Mais en même temps, c’est important d’être honnête et transparent. Je suis rendue là.»

Alors qu’elle venait à l’automne de parler de ses rapports difficiles avec Québecor, Marie-Mai animait son deuxième gala Célébration à TVA, le 13 janvier dernier. La soirée a été regardée par 1 459 000 téléspectateurs. «À Loto-Québec, l’envie est là pour que je revienne une troisième année», affirme la chanteuse. On comprend que la balle est maintenant dans le camp du diffuseur.