Les caméras du docuréalité «Les coulisses du palais» entrent dans les salles de cour du palais de justice de Québec, une première puisque les procès ne sont jamais télédiffusés de ce côté-ci de l’Amérique.

Jugez par vous-mêmes

CHRONIQUE / Oubliez «La cour en direct» ou «L’arbitre», là, on parle de vraies causes judiciaires. Pour «Les coulisses du palais», en ondes depuis vendredi à 20h, à Canal D, les caméras entrent dans les salles de cour du palais de justice de Québec, une première puisque les procès ne sont jamais télédiffusés de ce côté-ci de l’Amérique. Et ce n’est vraiment pas banal.

On se sent donc privilégié en regardant ce docuréalité en 11 épisodes de 30 minutes, une idée originale d’Yves Thériault, dont Marie-Thérèse Fortin assure la narration. Surtout quand on est friand de fictions comme Une lutte exemplaire ou How To Get Away With Murder. Les rouages de la justice restent fascinants pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans un tribunal. À ce titre, Les coulisses du palais relève beaucoup plus de la pédagogie que du voyeurisme. On en sort vraiment moins niaiseux.

Le juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, Robert Pidgeon, est tout un personnage. Maire dès l’âge de 29 ans, le Gaspésien qui en a maintenant 73 est attachant, et sa passion pour la justice se voit et s’entend. Par lui, et par la plupart des personnages de la série, la justice s’humanise. Les juges ne sont pas des robots, et ce n’est pas une mauvaise chose qu’on nous le rappelle. Tout sympathique soit-il, même le juge Pidgeon peut s’impatienter et rabrouer des avocats retardataires ou qui lui font perdre son temps.

Au neuvième épisode, le meilleur des trois que j’ai vus, on étudie le cas de Julie (nom fictif), qui accuse son oncle de l’avoir agressée de 5 à 11 ans. Sa sœur et sa mère ont aussi porté plainte. Julie témoigne par visioconférence pour ne pas être en contact avec l’accusé, assis librement dans la salle d’audience, et qui nie tout d’un bloc. Évidemment, le témoignage de la présumée victime est difficile à entendre. Le tribunal a besoin d’entendre chaque détail, le plus sordide soit-il, de chaque événement. L’avocat de la défense, Rénald Beaudry, doit trouver la faille dans le témoignage de la jeune femme pour défendre son client. Toujours ardu pour nous de comprendre quelles motivations, autres que pécuniaires, peuvent pousser un avocat à vouloir défendre un présumé pédophile. «J’ai moi-même des filles, mais j’ai un travail à faire», plaide-t-il à la caméra. On le verra peser les pour et les contre à faire témoigner son client.

La juge Johanne Roy admet être épuisée au sortir de la salle d’audience. De telles charges émotives drainent votre énergie. Et le juge se doit de faire preuve d’impartialité, laisser ses préjugés au vestiaire, un travail de chaque instant. Juste avant le générique, on annonce que la juge révélera son verdict au prochain épisode. Croyez-moi, vous aurez envie de regarder le suivant.

Au fil des épisodes, vous comprendrez mieux la composition d’un jury, les enquêtes sur la mise en liberté, les séances de conciliation. Les juges et les avocats ne sont pas les seules vedettes de la série, on y rencontre aussi Jean Bujold, retraité friand de procès, un habitué des couloirs du palais, et ma collègue Isabelle Mathieu, journaliste judiciaire au Soleil, que je suis tout aussi curieux que vous de voir à l’œuvre.

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WAUTHIER SUREXPOSÉ? 

L’annonce du nouveau talk-show quotidien de Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé au printemps prochain a suscité bien des réactions la semaine dernière; plusieurs ont parlé de surexposition. Sachez que l’animateur devra renoncer à l’un ou l’autre de ses nombreux engagements, et qu’il ne reviendra probablement pas à l’animation des Dieux de la danse l’année prochaine. Pour les Gémeaux, et pour La soirée est (encore) jeune sur ICI Radio-Canada Première, rien n’est encore confirmé. Une chose est sûre: le diffuseur souhaite que l’animateur se consacre principalement à ce nouveau talk-show, qui l’occupera d’avril à septembre. À suivre.

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DUO ÉBLOUISSANT À RÉVOLUTION

Avez-vous vu William et Laura, le duo de danse contemporaine à Révolution? C’est mon coup de cœur depuis le début de la saison de cette émission qui ne cesse de nous éblouir. Le rendez-vous de TVA est d’ailleurs l’émission la plus regardée le dimanche avec 1131 000 fidèles, contre 925 000 à Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé. Occupation double Grèce fait belle figure à V avec ses 603 000 irréductibles à 18h30 et 144000 à 21h.