Jean-Philippe Dion coanimera le Gala Artis avec son amie et collègue Maripier Morin.

Gala Artis: à deux, c’est mieux

CHRONIQUE / En coanimant avec Maripier Morin le 33e Artis dimanche dès 20h à TVA, Jean-Philippe Dion réalise «un rêve de petit gars», qu’il ne voyait pas venir avant quelques années. Seize trophées seront remis dans cette cérémonie souvent très prévisible, mais que le duo d’animateurs souhaite le plus festive possible. Après une saison couronnée par le succès de «La vraie nature» et de son documentaire, «Bye», Jean-Philippe Dion passe du tapis rouge au poste de maître de cérémonie, rassuré de partager la scène avec son amie et collègue.

Q Jean-Philippe, comment as-tu connu Maripier?

R J’étais recherchiste sur Occupation double à l’époque où elle était candidate. Mes premières entrevues en télé, c’était avec elle. J’étais dans la voiture quand elle a été exclue. Cette fille a toujours eu un charisme fou. Dans la salle d’attente des auditions d’OD, il y avait plein de filles, mais on ne voyait qu’elle.

Q En quoi ce gala sera-t-il différent des précédents?

R C’est plus un gala d’humeurs, de sourires en coin. On a quand même des présentateurs qui seront drôles. Mais on n’a pas de vidéo des Satiriques où on escalade un pont. On a épuré au maximum. On s’est beaucoup demandé comment on pouvait revenir sur le mouvement #moiaussi et les dénonciations. Il ne fallait pas que ça revienne tout le temps, parce qu’il faut que ce soit festif. On a décidé de le faire en partant. Ce sera l’ouverture la plus claire et la plus directe sur le sujet. Il n’y aura pas de musique, pas d’éclairage, c’est hyper sobre, on déclare ce qu’on a à déclarer. Après ça, c’est un des plus gros numéros d’ouverture d’artistes des dernières années, et ce sera une overdose d’amour. On voulait un clash entre ce qui s’est passé cette année et ce numéro à la Katy Perry, à la Mika. On a besoin de se dire qu’on est bons et qu’on a fait du bon travail.

Q Peux-tu nous donner d’autres détails sur le contenu de la soirée?

R On s’est donné trois mots-clés: égalité, amour et renouveau. L’égalité avec le stand up du début, l’amour avec le numéro d’ouverture et le renouveau avec de jeunes présentateurs. Nos premiers sont Julien Lacroix et Debbie Lynch-White. Les Véro, les Charles Lafortune vont être là, mais on voulait donner le ton dès le départ. Le renouveau, c’est aussi Maripier et moi, qui sommes parmi les plus jeunes animateurs d’Artis, et Maripier est la première femme en 16 ans. Pour l’égalité, Ariane Moffatt va dévoiler les nommés dans la catégorie personnalité féminine avec une chanson de P!nk. Tout ça est symbolique.

Q On déplore souvent que la liste des gagnants du Gala Artis est trop prévisible. N’est-ce pas un peu dommage?

R On souhaite tous qu’il y ait plus de surprises. Mais ce sont les gens qui votent. Cette année, TVA a essayé de brasser les cartes avec Léger, en modifiant la façon de faire les sondages. On l’a vu dans les nominations, il y a beaucoup de nouveaux noms, et on ose espérer que ça puisse changer dans la liste des gagnants. Ça se peut qu’il y ait des surprises. S’il n’y en a pas, je suis convaincu que TVA essaierait de changer encore des choses. Personne ne se réjouit que ce soit toujours les mêmes qui gagnent. En même temps, je comprends que les gens votent pour des piliers. Gino Chouinard est en ondes quatre heures par jour, les gens se lèvent pour le regarder.

Q Vous permettrez-vous quelques pointes un peu plus méchantes?

R On ne pointera pas des personnes en particulier. C’est une animation beaucoup plus décontractée, une animation pas de cravates. On n’est pas aux Oscars. On va être chics, je porte du Yves Saint Laurent, je suis ben excité, mais il faut respirer, pas être pognés dans nos suits. Maripier aura des robes de fou. Pour l’ouverture, on aura la même tenue, en féminin et masculin, une sorte de statement.


« Je ne veux pas que ce soit un gala dans des teintes de beige et de gris. Je veux qu’on pleure, qu’on rit, que tout le monde soit debout, danse. Je veux susciter des émotions, des réactions, en documentaire ou en variétés »
Jean-Philippe Dion

Q Qu’est-ce qu’on gardera du mouvement #moiaussi? Penses-tu que les choses changeront vraiment?

R On a tous eu un automne difficile. Dans le milieu, tout le monde se mettait à se suspecter les uns les autres. Tu bookes un artiste dans une émission en ne sachant pas si quelque chose va sortir sur lui, c’est lourd. Mais depuis, un respect s’est imposé. On a même vu des personnes qui ont changé leur façon d’agir, c’est clair. Plusieurs surveillent leur langage, et ça fait du bien. Dans ce milieu, tout pouvait se dire, et c’était toujours drôle parce que c’était une personnalité connue. Mais ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi et utiliser son pouvoir, basé sur rien à part le nombre d’abonnés Facebook. Je ne suis pas non plus partisan du trop politically correct. On ne doit pas avoir peur d’avoir peur, de faire une blague parce que deux personnes ne la prendront pas, alors que deux millions la trouveront drôle.

Q On dit beaucoup que notre télé est menacée par Netflix. Es-tu dans cette nouvelle mouvance?

R Chez nous, on ne parlait pas anglais. On a eu le câble seulement quand j’ai eu 18 ans. Moi, c’était TVA, Radio-Canada, TQS et Télé-Québec. À la base, je vais regarder ça avant le reste. Oui, je consomme Netflix pour des choses précises. Je consomme aussi de moins en moins la télé en direct. Mais je ne sens pas que la télé est en péril. La vraie nature qui rejoint 1,1 million de personnes le dimanche soir, c’est beaucoup. Je regarde La voix, Tout le monde en parle, En direct de l’univers et toutes les émissions d’entrevues. Ça me passionne. C’est aussi une façon de me tenir au courant de ce qui se fait et de ne pas être répétitif.

Q As-tu un modèle?

R Claire Lamarche reste la première référence. Je la regardais en revenant de l’école tous les jours. J’aimais son ouverture. Elle pouvait parler d’homosexualité, d’anorexie, de problèmes sociaux. Elle parlait au monde, une femme brillante. Ce n’était pas vide de contenu. Puis, Claude Charron au Match de la vie. J’ai longtemps eu le souhait de refaire une émission comme ça. Un Accès illimité, mais pas avec des vedettes. J’aimerais un jour faire de grandes rencontres avec des gens qui ont marqué l’actualité.

Q Ton documentaire, Bye, a connu un bel impact. On t’en a beaucoup parlé?

R Énormément, et nous sommes en nomination à Nice et à Banff. La cyberdépendance et le suicide chez les jeunes concernent tout le monde. Beaucoup de pères de famille m’en parlent, d’anciens gamers, qui souhaitent que leur fils ou leur fille ne tombe pas là-dedans. Un documentaire, à heure de grande écoute, rejoint rarement plus de 400 000. Nous, on a frôlé le million. Il y a quelque chose dans l’air. Tous les journaux, même anglophones, en ont parlé.

Q En feras-tu d’autres?

R On en a un en réflexion sur les personnes âgées. Pour la première fois de ma vie, j’ai un plan de carrière, celui d’avoir un projet de documentaire par année.

Q Que réponds-tu à ceux qui trouvent que La vraie nature est «une émission de braillage»?

R Ça m’attriste pour les invités. Pour moi, quand François Bellefeuille raconte les problèmes de santé mentale de son père, que nos parents étaient au même hôpital, s’il ne pleure pas et raconte ça froidement, il y a quelque chose qui ne marche pas. Quand je montre une photo de famille qui fait pleurer un invité, je devrais le couper au montage parce qu’il pleure trop? C’est vrai qu’il y a des larmes, mais après, on a du fun aussi. Je trouve ça plate qu’on donne cette étiquette.

Q L’émission est un réel succès.

R La prochaine saison aura 18 émissions au lieu de 14. Alors qu’Accès illimité attirait beaucoup les femmes, La vraie nature va chercher beaucoup les hommes. Dans une quincaillerie, un samedi, c’est bonjour le festival de La vraie nature. Comme si les hommes, parce que c’est à la campagne, dans un chalet, ça sort du cadre des variétés et ça les touche encore plus. Ils se donnent le droit d’avoir des émotions.

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Anouk Meunier et Patrice Bélanger coaniment cette année le tapis rouge du Gala Artis dès 19h à TVA. Comme moi, prêtez-vous au jeu un peu trop facile des choix et des prédictions.

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CHOIX ET PRÉDICTIONS DE RICHARD THERRIEN  (Choix *   Prédiction ● )

BULLETINS DE NOUVELLES

Pierre Bruneau ●

Céline Galipeau

Pascale Nadeau*

Patrice Roy

Sophie Thibault

ÉMISSIONS D’AFFAIRES PUBLIQUES

Mario Dumont

Anne-Marie Dussault *

Paul Larocque

Denis Lévesque ●

Charles Tisseyre

ÉMISSIONS DE SERVICES

Gino Chouinard ●

Denis Gagné

Pierre-Yves McSween

Marina Orsini *

André Robitaille

ÉMISSIONS DE VARIÉTÉS OU DE DIVERTISSEMENT

France Beaudoin

Guy Jodoin

Marc Labrèche *

Charles Lafortune ●

Patrice L’Ecuyer

MAGAZINES CULTURELS ET TALK-SHOWS

Julie Bélanger

Véronique Cloutier * ●

Guy A. Lepage

Maripier Morin

André Robitaille

ÉMISSIONS DE JEUX

Alexandre Barrette

Stéphane Bellavance *

Guy Jodoin  ●

Patrice L’Écuyer

Maripier Morin

ÉMISSIONS DE SPORT

Michel Bergeron

Dany Dubé

Pierre Houde

Chantal Machabée *

Dave Morissette   ●

RÔLE MASCULIN / COMÉDIES

Adib Alkhalidey

Antoine Bertrand * ●

Marc Messier

Martin Petit

Gildor Roy

RÔLE FÉMININ / COMÉDIES

Sophie Cadieux

Magalie Lépine-Blondeau

Katherine Levac *

Catherine-Anne Toupin

Guylaine Tremblay   ●

RÔLE MASCULIN / SÉRIE DRAMATIQUE SAISONNIÈRE

Fabien Cloutier

Marc-André Grondin

Vincent Leclerc

Claude Legault * ●

Gildor Roy

RÔLE FÉMININ / SÉRIE DRAMATIQUE SAISONNIÈRE

France Castel

Sophie Desmarais

Sarah-Jeanne Labrosse

Ludivine Reding  *  ●

Karine Vanasse

RÔLE MASCULIN /  SÉRIE DRAMATIQUE ANNUELLE

Mathieu Baron

Guy Nadon ●

Vincent-Guillaume Otis

Luc Picard

Gildor Roy *

RÔLE FÉMININ / SÉRIE DRAMATIQUE ANNUELLE

Hélène Bourgeois Leclerc

Ève Landry

Magalie Lépine-Blondeau

Sophie Lorain *

Guylaine Tremblay  ●

ÉMISSIONS JEUNESSE

Pier-Luc Funk *

Sarah-Jeanne Labrosse ●

Ève Landry

Pascal Morrissette

Phil Roy