Il y a bien quelques primeurs dans la programmation de ELLE fictions, comme la nouvelle mouture de «Dynastie» (photo). Pour le reste, beaucoup de réchauffé.

ELLE fictions convoite la femme active

CHRONIQUE / «Beautés désespérées, Dawson, Gilmore Girls, Chère Betty, Les contes d’Avonlea»... On croirait la programmation d’une chaîne souvenirs, style Prise 2. C’est pourtant le cœur de ce que sera ELLE fictions, la nouvelle chaîne qui remplacera MusiquePlus à partir du 26 août à minuit. Une programmation destinée à la «femme active» de 25 à 54 ans, qui proposera des séries et des films «faciles à regarder», précise-t-on. Un peu réducteur, vous ne trouvez pas?

Au premier coup d’oeil, j’admets être déçu, bien que je ne fasse pas partie du public cible. Déjà que ELLE fictions est composée à 100 % de séries traduites. Il y a bien quelques primeurs, comme la nouvelle mouture de Dynastie, qui connaît un certain succès et dont deux saisons ont été diffusées sur CW aux États-Unis. Et aussi, Les juristes, version française de For the People, série de Shonda Rhimes récemment annulée par ABC. J’allais presque oublier Pasión Prohibida, une telenovela traduite de l’espagnol qui date de 2013. Pour le reste, beaucoup de réchauffé.

Pour lancer cette chaîne, Groupe V Média s’associe à l’empire français Lagardère, éditeur majeur en Europe, qui possède déjà une chaîne télé, ELLE Girl TV, destinée à public plus jeune. V mise sur la marque ELLE, reconnue à travers le monde, pour attirer un public féminin, même si le contenu de ELLE fictions n’aura rien à voir avec le magazine. Lagardère n’a d’ailleurs aucun droit de regard sur cette programmation, mais sera très attentif au rendement de cette chaîne avec l’intention de reproduire le modèle ailleurs dans le monde.

Quand on lui fait remarquer que ELLE fictions recyclera beaucoup de vieux matériel, le vice-président exécutif stratégie et communication, Dimitri Gourdin, plaide que la nostalgie marche encore beaucoup. Il cite DHouse, dont les rediffusions sur MAX font d’excellents scores. Une autre preuve en est le succès de Prise 2, la plus regardée parmi les chaînes spécialisées de divertissement de TVA. Et ce, même si la majeure partie de ces séries souvenirs se trouvent facilement sur le Web. «L’expérience montre que lorsque tu reprogrammes des séries comme ça, le public est là», affirme M. Gourdin.

Reste que l’existence de ELLE fictions ne stimule en rien la production originale québécoise, pas plus que celle de MAX, composée à 100 % de contenu traduit. À cela, Dimitri Gourdin répond que Groupe V Média «ne ferme pas la porte aux productions originales, mais pas avant la troisième année d’existence. Tout dépendra du succès de la chaîne.» En plus des séries que proposera ELLE fictions, on inclura beaucoup de longs métrages, notamment des téléfilms du catalogue Hallmark, dérivés des romans Harlequin, avec qui Groupe V Média a conclu une entente, comme avec d’autres studios tels que Disney, CBS, Warner Bros., Universal et Sony.

Une chaîne peut-elle encore se fermer à tout un public, dans ce cas-ci, les hommes? «L’idée n’est pas de faire une chaîne genrée. Oui, on s’adresse aux femmes, mais ça n’empêche pas les hommes de la regarder», précise Dimitri Gourdin, convaincu qu’il y a de l’espace pour une chaîne de fictions d’inspiration plus féminine. En espérant que d’autres nouveautés s’ajoutent d’ici le 26 août.

Code All Stars, émission jeunesse?

Quand on visionne Code All Stars, la série de VRAK qui réunit les vedettes de Code F. et de Code G., on s’étonne que le gala Artis intègre ces émissions dans la catégorie Émissions jeunesse. Imaginez dimanche dernier qu’en présentant Pier-Luc Funk parmi les nommés, on aurait diffusé un extrait où il affirme faire d’excellents cunnilingus, comme c’est le cas dans un des épisodes. Quand le trophée est en plus remis par le trio de Passe-Partout, il y aurait de quoi éprouver un malaise. Malgré toutes ses qualités, dont son absence de filtre, Code All Stars n’est pas une émission jeunesse. On l’a dit souvent : VRAK n’est plus une chaîne pour ados, mais s’adresse désormais à de jeunes adultes, particulièrement en soirée. Un virage assumé, mais pas toujours compris par le public. Dans Code All Stars, qui commençait mardi à 21h et dont ce sera les 15 derniers épisodes, les gars et les filles vont encore plus loin dans leurs propos. J’aime particulièrement Catherine Ethier, Katherine Levac et Julien Lacroix. C’est souvent drôle, mais quand on tombe dans le propos scatologique, comme c’est le cas de Maripier Morin dans une des émissions, là, je décroche.