C’est moins pour le show que pour l’aspect de mentorat qu’à 39 ans, le propriétaire de Chocolats favoris Dominique Brown a accepté le défi des Dragons.

Dominique Brown, le prochain Dragon favori?

CHRONIQUE / Dominique Brown deviendra-t-il notre dragon favori? Dès que j’ai su qu’une place se libérait à Dans l’œil du dragon, j’ai pensé au grand patron de Chocolats favoris, Dominique Brown, déjà bien connu à Québec mais moins dans le reste de la province. Un être charismatique, brillant, modèle de success-story. Fraîchement sorti du tournage de la septième saison, diffusée à partir du mercredi 18 avril à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, le nouveau Dragon est enchanté de son expérience et annonce une qualité d’entrepreneurs étonnante.

Il n’avait que 17 ans quand il a incorporé son entreprise, Beenox, un développeur de jeux vidéo, vendu en 2005 à Activision et dont il a quitté la direction en 2012. C’est moins pour le show que pour l’implication et l’aspect de mentorat qu’à 39 ans, il a accepté le défi des Dragons. «Des entreprises de Québec viennent me voir pour me proposer des projets, et je m’impliquais déjà dans toutes sortes de causes entrepreneuriales», m’a-t-il dit. Il ne s’en cache pas : il souhaitait aussi faire mieux connaître Chocolats favoris à l’extérieur de Québec, entre autres dans la région de Montréal.

Dominique Brown prend donc place aux côtés de Caroline Néron, Martin-Luc Archambault et Christiane Germain, tous de retour. En plus de Gilbert Rozon, qui ne revient pas pour des raisons évidentes, Serge Beauchemin a choisi de laisser son fauteuil, sauf pour une émission. Les neuf autres semaines, une personnalité du monde des affaires s’invitera parmi les dragons, et occupera le fauteuil du centre. Parmi eux, le président directeur général de PUR Vodka, Nicolas Duvernois, premier invité mercredi, Ethan Song, cofondateur et président-directeur général de Frank And Oak, mais aussi d’anciens Dragons, dont Danièle Henkel, Mitch Garber et François Lambert, le Dragon «baveux» des trois premières saisons, qui ne manquait jamais l’occasion de se colletailler avec ses collègues. «Ça a été notre premier tournage. On m’avait prévenu que François avait cette réputation, mais ça a vraiment bien été», confirme Dominique Brown.

Le nouveau Dragon n’a certainement pas l’arrogance de certains prédécesseurs, et vous ne risquez pas de le voir humilier ou tourner en dérision un entrepreneur malhabile ou mal préparé. «Je pense avoir une approche très humaine et j’ai un respect extraordinaire pour ceux qui se présentent aux Dragons. Quand j’ai commencé chez Beenox, je ne savais pas comment lire des états financiers. Je me suis reconnu dans beaucoup d’entrepreneurs qui se sont présentés devant nous.» Comme le vegan est très en vogue, vous verrez plusieurs d’entre eux vouloir surfer sur la vague cette saison. Il a été particulièrement touché par une sœur et un frère, âgés d’environ 7 et 12 ans, qui l’ont ramené à son enfance, alors qu’il caressait lui-même le rêve de fonder sa propre entreprise.

C’est souvent au montant global investi qu’on mesure le succès de Dans l’œil du dragon. Bien sûr, Dominique Brown ne peut pas parler de ses propres investissements, mais annonce que les Dragons ont fouillé dans leurs poches sans ménager. «J’ai eu l’impression que nous avions des cas à un niveau supérieur à celui de la saison dernière, autant dans la préparation que dans les occasions d’affaires et de la taille des entreprises. Il y a plusieurs investissements de plus de 100 000$, et même un qui dépasse les 300 000$.»

Chocolats favoris a pris une expansion incroyable depuis que Dominique Brown a racheté l’entreprise en 2012. «En cinq ans, on est passé de 3 à 33 chocolateries dans trois provinces, et de 70 employés à environ 1200.» Le nouveau concept de magasin, les multiples enrobages de chocolat et la fondue au chocolat en conserve ont contribué à sa réussite. «C’est comme si on avait frappé trois coups de circuit, un grand chelem. Et c’est pas fini : je veux transformer cette entreprise-là en succès international, bien québécois.»

L’homme reste néanmoins modeste et craint qu’on lui attribue entièrement ce succès. «Je ne vais faire croire à personne que j’étais un chocolatier en dormance. J’étais un gars de technologie, un programmeur autodidacte. Quand je suis arrivé chez Chocolats favoris, je ne connaissais rien dans le chocolat ni dans le commerce de détail. Le secret a été de m’entourer des gens qui sont les meilleurs là-dedans et qui allaient nous propulser comme entreprise.» Depuis peu, il est copropriétaire de La Boulange, une boulangerie artisanale de l’île d’Orléans.

Aîné d’une famille de huit, et père de cinq enfants, il a bâti ses entreprises en pensant à la famille. «Pendant une année, j’étais à la fois président d’un studio de jeux vidéo et d’une compagnie de chocolat. Croyez-moi, j’étais le père le plus cool en ville!» Au fait, quels sont les enrobages préférés du propriétaire de Chocolats favoris? Son cœur balance entre biscuits et crème, à base de chocolat blanc, et chocolat noir 75 %, de Tanzanie, «vraiment exceptionnel», dit-il.