Le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l’œil du dragon, Dominique Brown, est l’invité qui a fait la meilleure impression dimanche à Tout le monde en parle.

Des héros et des zéros

CHRONIQUE / On a ratissé large dans les discussions dimanche à «Tout le monde en parle», passant de l'échec cuisant des Canadiens à la réussite en affaires, déboulonnant au passage plusieurs mythes persistants.

Dominique Brown, le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l'œil du dragon, veut la première place et rien d'autre. «L'objectif est de créer une marque de chocolat québécoise qui va se trouver partout à travers le monde», a dit avec assurance celui qui a fait la meilleure impression parmi les invités dimanche. Avec comme objectif un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020, Chocolats favoris atteindrait le top 100 mondial des confiseurs, une première étape vers la tête.

Héros des affaires, Dominique Brown n'a jamais dévoilé combien il avait vendu Beenox à Activision. Sa seule folie le lendemain a été de s'acheter un vélo de 2000$. «Si je m'étais mis à dépenser en fou furieux, je n'aurais jamais pu probablement faire le saut avec Chocolats Favoris.» Dire qu'à ses débuts, Beenox a frôlé la faillite, avant de se lancer dans un concept de conversion de jeux vidéo.

Jamais il n'a été question qu'on traduise en anglais le nom des boutiques, même à l'international. «Si les entreprises américaines changent pas de nom en arrivant, y'a pas de raison pour laquelle on changerait de nom», tranche-t-il, applaudi par l'assistance. La carte du fou du roi: «Si Chocolats favoris désire produire des Guy A. en chocolat, dépêchez-vous, le moule craque de partout.»

Il fallait voir Julien Lacroix offrir un «pitch» hilarant mais non moins misérable à Dominique Brown pour financer son film. Plutôt que d'attendre des subventions, Adib Alkhalidey et lui ont préféré faire appel au public pour trouver les 80 000$ nécessaires à la production de leur premier long métrage. Destinée au web, cette comédie sur la maladie mentale a déjà une date de sortie, le 10 janvier 2019, ce qui oblige le duo d'humoristes à livrer coûte que coûte.

Aussi auteur de la websérie aux divers accents Pause Kahwa, Adib Alkhalidey a grandi dans un environnement multiethnique, Ville Saint-Laurent, au nord de Montréal. Il constate comme tout le monde un manque de diversité culturelle à la télévision, mais reste compréhensif. «Faut arrêter de culpabiliser les gens. Tu ne vas pas parler de quelque chose qui ne fait pas partie de ton imaginaire. On ne peut pas demander à un auteur qui n'a pas grandi dans mon quartier d'écrire à propos de mon quartier, ça ne va pas lui venir naturellement.»

Très intéressant passage de Michel C. Auger, auteur de 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. L'animateur et analyse politique déplore que plusieurs parlent de la situation de la langue française au Québec comme on en parlait il y a 50 ans. Il ne croit pas au recul du français, et rappelle que 94,5% des Québécois sont capables de tenir une conversation dans cette langue.

Michel C. Auger considère que plusieurs ramènent le concept de la laïcité dans le but de diminuer le nombre d'immigrants. Il ne voit pas pourquoi l'étudiante en technique policière serait une plus mauvaise agente parce qu'elle souhaite garder son voile. «Même qu'elle pourrait avoir plus d'empathie», croit-il. Y'a-t-il trop de chroniques d'opinions dans nos médias? «Comme journaliste, je ne vais jamais dire qu'il y en a trop. Y'en a trop des pas bonnes», a-t-il répondu. «On pense aux deux mêmes?», a blagué Guy A. La carte de Dany: «Un autre mythe à déboulonner, celui du journaliste qui finit toujours avec un beau grand sourire sur une pancarte électorale.» «Ah pas moi, Dieu m'en préserve!» a répliqué Auger.

Justement, Bianca Longpré a décidé d'abandonner l'opinion pour rester dans l'humour. Boule d'énergie et verbomotrice, elle décline son concept de Mère ordinaire dans un blogue, un livre, un magazine et même un spectacle. Son discours de dimanche, très drôle et positif, jurait avec ses textes d'opinions qui créaient la polémique, il n'y a pas si longtemps. «J'ai choisi les jokes, c'est pas mal plus le fun», affirme l'humoriste, aussi la conjointe de François Massicotte, et qui clôturera le premier Grand Montréal Comédie Fest avec un gros party de filles.

Celle qui décrit ce qu'elle fait comme «l'inverse de Marilou» avait envie de montrer la réalité plus chaotique de la vie d'une mère. «Je me suis rendue compte qu'il y en avait une méchante gang qui vivait la même affaire que moi.» Si les hommes ne sont pas vraiment invités à son spectacle, «on vous tolère», dit-elle. Encore en 2018, certains hommes refusent de laisser sortir leur blonde sans les accompagner.

Réjouissante Miss BBQ

Réjouissant de voir la révélation de la dernière saison de District 31, Charlotte Legault, qui a pensé abandonner le métier avant que son rôle d'Amélie/Nadia/Miss BBQ prenne l'ampleur qu'on connaît et obtienne la faveur du public. «Fallait que je marque l'histoire avec ce rôle-là», s'est-elle dit. En travaillant sur son personnage d'escorte, l'actrice de 26 ans est allée dans des bars de danseuses et rencontré un tatoueur pour trouver le symbole qu'allait adopter sa Miss BBQ. Avant de connaître le succès, elle a passé pas de moins 470 auditions. Moment charmant lorsqu'elle a imité l'accent du sud-est des États-Unis et l'accent britannique du début du XXe siècle, deux atouts dans sa manche d'actrice, elle qui joue aussi en anglais.

«C'est rien de moins que la pire saison de l'histoire de l'équipe», va jusqu'à dire Jean-Charles Lajoie, à propos de nos zéros, les Canadiens. Presque cruel d'entendre Claude Julien, sur vidéo, dire sur le même plateau l'automne dernier qu'il était revenu à Montréal pour gagner la Coupe Stanley. «Il n'a pas le casting voulu», poursuit l'animateur du 91,9. Au sujet du «problème d'attitude», cité si souvent durant la dernière semaine, le journaliste de La Presse+ Richard Labbé reconnaît que Carey Price affichait une mauvaise mine, même les soirs de victoires. Quel est ce fameux plan de la direction, selon lui? «Tu prends le gardien de but, pis tu croises tes doigts», dit-il, ajoutant qu'on a monté cette équipe à la manière des années 90, en misant d'abord sur le gardien.

Les partisans ont baissé les bras assez tôt dans la saison: Adib Alkhalidey, qui a le CH tatoué sur le cœur, a abandonné en novembre dernier et s'est résigné à suivre les Maple Leafs de Toronto. Geoff Molson a décliné l'invitation de Tout le monde en parle, mais Marc Bergevin a promis de s'y présenter dimanche prochain. Par ailleurs, Jean-Charles Lajoie joue un descripteur de hockey dans la série Demain des hommes, dans laquelle apparaissent son fils Pier-Gabriel et un autre de ses fils comme doublure du gardien de but.

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