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Richard Therrien
Finale de TLMEP: ça a bien été

Télé

Finale de TLMEP: ça a bien été

CHRONIQUE / «Ça va bien aller.» De rassurante au début, cette devise arc-en-ciel finit par en irriter plusieurs, tout comme l'invitation à «se réinventer». Pendant que le pays se déconfine progressivement, Tout le monde en parle a conclu sa saison prolongée et en direct après avoir gâté son public de cinq émissions supplémentaires.

Martin Petit trouve très dur d'écrire en ce moment, dur de créer de l'humour quand on sent la détresse des gens autour. «Il y a aucun chef d'oeuvre qui s'est écrit avec deux enfants qui courent partout», a blagué l'humoriste, pourtant fort inspiré et drôle dimanche soir, et à qui je décerne l'étoile du match. La lecture de son journal de pandémie était hilarante. Sur le deux mètres de distance: «On dirait que le Québec a pogné la sentence d'Éric Salvail.» Martin Petit déteste quand on dit que «la culture doit se réinventer», une formule qu'il trouve insultante et qui «cache une intention qui n'est pas sincère». L'humoriste ne parle pas pour lui mais pour l'ensemble des artistes, qui l'ont appuyé en masse dans sa position. «Même Monique Miller!» s'est-il étonné. Il déplore une déconnexion entre les artistes qui chantent que «ça va bien aller» et les nombreux Québécois qui ont recours aux banques alimentaires. «J'aime pas qu'on se fasse croire que ça va bien quand ça ne va pas bien.»

C'est un Guy Laliberté barbu, au look aventurier, qui s'est présenté sur le plateau, une invitation négociée l'après-midi même. L'invité surprise venait annoncer officiellement vouloir racheter le Cirque du Soleil avec un groupe d'investisseurs. «Le Cirque m'a tellement donné, que de voir la situation dans laquelle il est, si je peux aider, on va être là», affirme le cofondateur de l'institution. «On a un bon plan, on pense qu'on est capable de ramener le feu sacré là-dedans», poursuit Guy Laliberté, qui ne regrette aucunement d'avoir vendu le Cirque. L'homme d'affaires et créateur, qui s'est contenté de hausser les épaules au sujet des intentions de Pierre Karl Péladeau, affirme que la transaction pourrait se faire avec ou sans une aide gouvernementale. Le processus de vente de ses actions du Cirque a été entrepris l'automne dernier, bien avant les rumeurs de pandémie, s'est-il défendu avant de quitter le plateau pour remplir son rôle de DJ.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, veut dès maintenant mettre l'accent sur le maintien des aînés à domicile. «On est en deuil au Québec», dit-elle à propos de la situation tragique dans les CHSLD depuis le début de la pandémie. La ministre a souligné les ratés de la réforme Barrette, tant sur la communication dans le milieu de la santé que la pénurie de personnel. «Il n'y a pas de bois mort, il manque de bois», affirme-t-elle. Pour rattraper les retards importants des opérations dans la région de Montréal, la ministre compte recourir aux cliniques privées ou d'envoyer des patients à l'extérieur de la métropole. «On a fait en deux mois ce que normalement ça nous aurait pris deux ans à faire.» «Sentez-vous surtout pas obligée de faire une deuxième saison», a badiné Dany Turcotte sur les conférences de presse de 13h.

Habituée de l'émission, Chantal Hébert s'étonne particulièrement d'une chose durant cette pandémie: «c'est le plus grand moment d'harmonie entre le fédéral et le provincial, comme on n'en a jamais vu». L'analyste politique parle d'Andrew Scheer comme «l'exemple à ne pas suivre», au point que ce sera difficile pour le futur chef de reconstruire le parti. «C'est une question de ton», croit Chantal Hébert, qui a défendu le travail de The Gazette, pourfendu par le premier ministre François Legault. Mme Hébert, dont on a souligné les 45 ans de carrière, se demande si Justin Trudeau, plutôt que de déclencher des élections, ne voudra pas aller au bout de ses quatre ans d'un mandat minoritaire avant de se choisir de se retirer.

«La normalité n'existe plus», martèle François Audet. Le directeur général de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire considère qu'on fait une erreur quand on parle de «retour à la normalité». «Penser pouvoir retourner là n'existe pas», dit-il, avant de rappeler qu'on devra apprendre à cohabiter avec le coronavirus. Un rapport de son organisme établit que Taiwan a adopté le meilleur modèle de déconfinement, alors que la Suède ne devrait surtout pas servir de modèle pour le Québec. «La Suède a le plus haut taux de mortalité par habitant», observe-t-il, rappelant que la stratégie de ce pays était basée sur l'immunité collective. Le Canada et le Québec se situent dans la moyenne des pays occidentaux.

Le bal MAMMOUTH ne remplacera jamais les vrais bals de finissants, mais sera un baume sur la déception des élèves de secondaire 5, croient ses animateurs Pier-Luc Funk et Sarah-Jeanne Labrosse. Fouki, Marie Mai, Julien Lacroix, Roxanne Bruneau et Math Duff ont déjà confirmé leur présence à cette soirée, qui sera diffusée à Télé-Québec le 19 juin. Sarah-Jeanne Labrosse croit que les tournages de Révolution risquent de reprendre avant les séries de fiction, jugeant le format «potentiellement plus malléable» et l'équipe «ultra motivée».

L'avocat et entrepreneur social Fabrice Vil souligne le rôle essentiel des travailleurs issus de l'immigration dans des vidéos intitulées «Je me souviendrai» et «Marchons unis». Il souhaite que cette devise modifiée devienne un mouvement, pour qu'on n'oublie pas tous les travailleurs de première ligne, la pandémie nous ayant «ramené à l'essentiel», croit-il. Une motion proposée par la députée Catherine Fournier pour régulariser la situation des demandeurs d'asile qui ont travaillé durant cette crise a été rejetée par la CAQ. «Je suis furieux, je ne suis pas juste déçu», dit-il à propos de cette motion appuyée par tous les autres partis.

Richard Therrien
Les multiples vies de Catherine

Richard Therrien

Les multiples vies de Catherine

CHRONIQUE / Sylvie Moreau se fait encore régulièrement parler de Catherine. Le personnage lui a valu le Gémeaux du premier rôle féminin dans une comédie en 2001, mais surtout l’affection d’admirateurs assidus de Catherine, ici et à l’étranger. Le retour de la série sur Prise 2, lundi à 19h30, nous permet de la redécouvrir et de prendre des nouvelles de son interprète vedette, qui ressent beaucoup de fierté en repensant à ce personnage, qui l’a fait connaître au grand public. 

Dans la série, Catherine Beaulieu cohabitait avec Sophie Gaucher (Marie-Hélène Thibault), son véritable contraire, une femme aux règles strictes avec qui elle travaillait dans une agence de publicité. François Papineau, Brigitte Poupart, Martin Dion et, bien sûr, Dominique Michel complétaient le tableau. Catherine a eu plusieurs vies après sa diffusion originale à Radio-Canada de 1999 à 2003, puisqu’elle a été rediffusée à TQS, à ARTV, sur TV5MONDE partout sur la planète, sur Paris Première en France et maintenant sur Prise 2.

Si on retourne à l’origine, le personnage de Catherine Beaulieu a été créé dans la comédie Majeurs et vaccinés, coécrite par Marc Brunet et Stéphan Dubé. Malgré sa popularité, la série a été retirée de l’horaire après seulement 13 épisodes parce que «la direction des programmes de l’époque détestait l’émission, qu’elle trouvait vulgaire», se souvient Sylvie Moreau.

Richard Therrien
Arrêter d’avoir peur

Richard Therrien

Arrêter d’avoir peur

CHRONIQUE / «Il faut foncer, trouver des solutions et arrêter d’avoir peur.» Au téléphone, la réalisatrice québécoise Marie-Pascale Laurencelle, qui s’est installée en France il y a cinq ans, me tient ce discours beaucoup plus rassurant que ce qu’on entend ces jours-ci au Québec. Là-bas, les tournages des séries télévisées ont repris de plus belle, et tout semble bien aller.

«Ça va beaucoup mieux que ce que je croyais. J’appréhendais que ce soit l’enfer, qu’on soit dans les mesures de sécurité plus que dans le travail et ce n’est pas le cas. Tout s’est mis en place assez bien», affirme avec une voix sereine et enjouée la réalisatrice, qui a notamment travaillé sur plusieurs séries jeunesse au Québec comme Tactik, Subito texto, Les Argonautes, de même que des documentaires. Le 13 mai dernier, deux jours à peine après le début du déconfinement en France, elle reprenait le tournage du populaire feuilleton Les mystères de l’amour, diffusé sur TF1 et TMC.

Richard Therrien
TLMEP: un autre crochet sur la <em>Bucket List</em>

Télé

TLMEP: un autre crochet sur la Bucket List

CHRONIQUE / La première chose que Derek Aucoin aurait fait en arrivant sur le plateau de Tout le monde en parle, c'est de prendre Guy A. et Dany dans ses bras. Dimanche, les câlins étaient bien sûr impossibles, mais celui qui se définit lui-même comme un «Teddy Bear» avait mieux à nous donner: courage, persévérance et résilience.

Passer à Tout le monde en parle apparaissait sur sa «Bucket List» (liste de choses à faire avant de mourir). Eh bien, c'est coché; à défaut d'y être en personne, l'homme d'une gentillesse proverbiale a livré son entrevue par Skype. L'ancien joueur du baseball majeur converti en animateur de radio, à qui je décerne l'étoile du match, n'a jamais perdu le sourire ni ce positivisme qui le caractérise si bien. Il y a un an, le colosse a dû être transporté à l'hôpital à la suite d'étourdissements; sans le savoir, il venait de subir plusieurs petites crises d'épilepsie, résultats d'une tumeur au cerveau, incurable mais traitable. Presque un an plus tard, alors qu'il est soumis à un traitement expérimental, il parvient malgré tout à se dire «l'homme le plus chanceux sur la planète».

Son défi 30 jours consiste à téléphoner à deux personnes chaque jour, non pas pour lui emprunter de l'argent ou une tondeuse, mais pour lui dire merci. «Je garantis que ça change la vie des gens», affirme Derek Aucoin, qui nous a certainement offert le moment le plus émouvant de cette avant-dernière de la saison.

Le Dr Horacio Arruda admet avoir été heurté par la réaction sur les réseaux sociaux à sa fameuse danse. «J'ai appris ma leçon», promet le directeur de la Santé publique du Québec, avant d'ajouter: «Je sais comment Véronique Cloutier et Louis Morissette ont pu se sentir après un certain Bye Bye.» Il déplore que les prédictions de l'Institut national de santé publique pour Montréal soient sorties le 8 mai sans mise en contexte, créant un sentiment de panique dans la population. «La presse s'est emparée de la chose, les gens n'ont pas eu l'explication et ça a entraîné de l'inquiétude», analyse-t-il. Celui qui dit n'avoir aucune ambition politique, même s'il ne ferme pas la porte à tout jamais, dit entretenir une excellente relation avec le premier ministre. «Si on n'est pas d'accord, il tranchera, c'est lui l'élu», dit-il ajoutant n'avoir senti aucune pression politique. «Je suis comme je suis. Je vais demeurer un scientifique, qui n'aura pas nécessairement une langue de bois.» Dany avait cette carte pour le docteur: «Horacio, ignorez les constipés du bassin, la danse est un magnifique hommage à la vie.»

Vingt heures par semaine à la barre de Salut bonjour, Gino Chouinard avoue en avoir eu assez de la pandémie la semaine dernière. «Rapidement, je me suis ressaisi», dit-il, rappelant que l'émission est considérée par le gouvernement comme un service essentiel. Même si Salut bonjour commence une heure plus tard, il se lève à la même heure, en raison de la charge de travail, avec six à sept entrevues par jour, au lieu de trois ou quatre. «La survie n'est pas menacée, mais on a vraiment mangé une claque», dit-il au sujet de ses boutiques Chocolats Favoris, faisant référence aux loyers astronomiques. L'entreprise a tout de même su s'adapter en recourant aux ventes en ligne et à la livraison. Sentant qu'il éprouvait des regrets, il a dû justifier un tweet à propos de la danse du Dr Arruda, assis à deux mètres de lui. «Je me suis demandé si la vedettarisation de votre job ne vous avait pas tendu un piège», a admis l'animateur, avant de lui dire toute son admiration.

Une application sur notre téléphone pourrait très bientôt nous aider à prévenir la propagation de la COVID-19 et à calculer notre niveau de risque personnel. «Le processus de traçage manuel n'en viendra jamais à bout, ça va prendre la technologie», affirme la très convaincante Valérie Pisano, pdg du Mila, Institut québécois d'intelligence artificielle. «Ça peut faire peur et c'est normal», affirme le chercheur Yoshua Bengio au sujet du partage de nos données personnelles. Mais COVI, qui serait prête au début juin, respectera «les plus hauts standards de la protection de la vie privée». Ce n'est pas le seul projet sur les rangs, mais l'utilisation de plus d'une application pourrait créer de mauvaises interactions, juge le chercheur. «On a les moyens de changer le cours des choses, comme citoyens», croit Yoshua Bengio, élu à la Royal Society de Londres, tout comme Charles Darwin et Albert Einstein.

On n'a pour ainsi dire rien appris de l'entrevue avec la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, première femme et première personne noire à diriger ce parti. À Luc Ferrandez, qui l'a accusée d'être une politicienne de carrière faisant partie de l'étile libérale montréalaise, elle répond que sa mère était engagée et féministe, que son père a cofondé l'UQAM, et qu'elle a commencé à faire du porte à porte alors qu'elle n'avait que huit ans, à l'époque pour le NPD. Si elle considère que François Legault a fait un très bon travail, elle croit que des questions doivent lui être posées. Elle assume une partie de la responsabilité des libéraux dans la débâcle des CHSLD et reconnaît qu'«on ne sent pas qu'il y a un chef d'orchestre» pour coordonner les CIUSSS, machine créée par son parti. Regrette-t-elle d'avoir quitté la Coalition avenir Québec, maintenant au pouvoir? «Pas un jour de ma vie j'ai regretté cette décision […] basée sur mes valeurs», répond Mme Anglade.

Cri du cœur pour les détaillants de vêtements, au bord du précipice. Debbie Zakaib, directrice générale de la Grappe métropolitaine de la mode, prédit d'autres mauvaises nouvelles à ce sujet «dans les prochains jours». On sentait une certaine détresse chez François Roberge, pdg de La Vie en Rose, qui qualifie la situation d'«insoutenable». «On se fait intimider», dit-il au sujet des propriétaires de centres commerciaux, intraitables sur le paiement des loyers. Pour son entreprise, on parle d'une somme de 5 millions $ par mois. Mêmes exigences du côté de la Ville de Montréal, qui n'a pas donné de congé de taxes aux détaillants. «Je me demande où sont les villes pour nous aider en ce moment», dit-il, rappelant que ses employés ont accepté une baisse de salaire de 20 %. Alors que les Walmart et Costco sont toujours ouverts, M. Roberge comprend mal qu'on empêche les centres commerciaux, aux grands espaces aérés, de rouvrir leurs portes.

Tire le coyote ne souffre pas du confinement, lui dont la tournée prenait fin en décembre, et qui comptait de toute façon sur 2020 pour créer. «C'est comme si le monde entier s'était mis à mon rythme», affirme l'auteur-compositeur-interprète de Québec, qui nous a laissé avec sa magnifique Chanson d'eau douce, un cadeau de fin d'émission qui fait toujours du bien.

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Richard Therrien
Bienvenue dans l’après-vie

Richard Therrien

Bienvenue dans l’après-vie

CHRONIQUE / «Quelle est la récompense pour une vie bien vécue? Les meilleurs jours de votre vie pourraient être après votre mort. Vous avez tout bien fait : vous méritez Lakeview par Horizen», dit la publicité. 

Nous sommes en 2033. On ne parle plus d’aide médicale à mourir, mais de planification de l’«après-vie». Rien à voir avec le mysticisme ou la réincarnation, mais avec la possibilité de transporter votre personne, une fois décédé, dans «le seul environnement numérique de l’après-vie, inspiré des grands hôtels victoriens des États-Unis et du Canada». Moyennant bien sûr un très bon montant d’argent.

Les premières minutes d’Upload, la nouvelle série comique de science-fiction du service de vidéo sur demande Amazon Prime Video, laissent croire à une comédie des années 80 du genre d’Une créature de rêve, avec de bien meilleurs effets spéciaux. La suite révèle une série plutôt divertissante de 10 épisodes, qui se consomme comme un gros bol de bonbons. Surtout pas transcendant, mais un Black Mirror ultraléger, avec du rire, révélateur du narcissisme ambiant et de cette fausse vie qu’on expose en lui donnant l’apparence qu’on veut bien lui donner.

Créée par Greg Daniels (Parks and Recreation, la version américaine de The Office), Upload présente un monde beaucoup trop futuriste pour un avenir si rapproché. Mais après tout, on n’a finalement jamais vécu comme dans Cosmos 1999, et c’est de la fiction. En 2033, donc, on regarde des vidéos entre le pouce et l’index, et on roule dans des véhicules qui ressemblent un peu à des capsules spatiales, qui se conduisent tout seuls. Si vous entrez à l’épicerie, une voix vous rappelle que vous manquez de fer et que vous devriez acheter des épinards. À la pharmacie, c’est pour vous rappeler que votre taille de préservatif est medium. 

Retour de <em>Y'a du monde à messe</em> avec quatre invités au lieu de cinq

Richard Therrien

Retour de Y'a du monde à messe avec quatre invités au lieu de cinq

BLOGUE / Au tour de Christian Bégin de reprendre du service à Y'a du monde à messe, dans une version adaptée aux normes de la santé publique, sans public en studio. Avec quatre au lieu de cinq invités, le talk-show reprendra l'antenne de Télé-Québec, le vendredi 5 juin à 21h, pour sa quatrième saison.

L'émission devait reprendre le 3 avril dernier mais a dû être remplacée par des rediffusions, en raison de la pandémie. Comme l'année dernière, la saison se prolongera à l'automne.

Dans la nouvelle saison, les membres de la chorale occuperont tout l'espace du studio afin de respecter la distanciation sociale, toujours au Théâtre Paradoxe. Un cinquième invité offrira une prestation musicale, sans être à la table.

La liste des invités comprend notamment Jean-Luc Mongrain, Marina Orsini, Alexandre Barrette, Patrice Roy, Julie Le Breton, Maité Bouchard, Marthe Laverdière, Varda Etienne et Olivier Bernard.

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ICI RDI largue ses <em>Ex</em>

Richard Therrien

ICI RDI largue ses Ex

BLOGUE / L'émission Les ex ne sera pas de retour cet automne sur ICI RDI. Diffusée en fin d'après-midi depuis 2018, Mordus de politique avec Sébastien Bovet prendra la relève, de 12h30 à 14h.

Émission phare d'ICI RDI, Le club des ex avait commencé en 2007, durant la campagne électorale québécoise. Alors animée par Simon Durivage, l'émission réunissait Liza Frulla, Marie Grégoire et Jean-Pierre Charbonneau. Michel Viens a pris la relève à l'animation en 2015, puis Julie Drolet depuis 2017.

À travers les années, Christos Sirros, Rémy Trudel, Yves-François Blanchet et Hélène Daneault ont fait partie du trio de débatteurs politiques. Yolande James, Mathieu Traversy et Marie Grégoire étaient de la dernière version de l'émission, interrompue abruptement dès le début de la programmation spéciale sur la pandémie de la COVID-19, ce qui n'a pas permis à l'équipe de faire ses adieux au public. Depuis, les trois anciens parlementaires ont toutefois pu reprendre leurs interventions à l'émission RDI matin.

Dans la dernière année, l'émission avait perdu du terrain, passant de 96 000 téléspectateurs en 2018-19 à 75 000 en 2019-20. ICI RDI précisera dans quelques semaines à quelles tâches sera réaffectée l'animatrice Julie Drolet. Par ailleurs, j'ai appris que le magazine quotidien RDI économie, animé par Gérald Fillion, passera de 30 à 60 minutes dès l'automne, de 18h à 19h.

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Richard Therrien
Pas de <em>District 31</em>, à moins que...

Richard Therrien

Pas de District 31, à moins que...

CHRONIQUE / Lueur d'espoir pour les fans de District 31 et des séries de fiction, qui ne devront peut-être pas attendre un an avant de retrouver leurs personnages préférés. Il faudra alors que toutes les conditions soient réunies afin de ne mettre en danger la santé de personne.

En entrevue au Téléjournal mercredi, Fabienne Larouche évoquait la possibilité de devoir attendre une année complète avant la reprise. Au Soleil, elle précise qu'il s'agit du pire des scénarios, «à moins qu'on trouve un vaccin, un médicament ou que le coronavirus s'affaiblisse». La condition sine qua non pour que les tournages reprennent: «il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme la productrice de District 31, Toute la vie et de la nouvelle comédie Sans rendez-vous, mettant en vedette Magalie Lépine-Blondeau.

Aetios Productions, la boîte de Fabienne Larouche et Michel Trudeau, étudie plusieurs scénarios. Dans l'éventualité où les tournages reprendraient, il serait impératif d'isoler en trois différents silos les acteurs, l'équipe technique et les employés de bureau, de façon à réduire au minimum les risques de propagation. «Il faudra tourner chaque scène comme lorsqu'on tourne une scène de nudité et ne garder sur le plateau que les personnes essentielles», explique Fabienne Larouche. Aussi, les acteurs devraient porter un masque durant les répétitions, et il n'y aurait aucune retouche de coiffure et de maquillage entre les prises.

De plus, il y a moyen d'exiger des techniciens qu'ils portent des masques et des visières. Testés régulièrement, les acteurs devraient concéder à prêter leur visage à des maquilleuses portant une visière. Toutes ces précautions pourraient être considérées par les compagnies d'assurances, qui n'accepteront pas autrement d'offrir quelque dédommagement que ce soit.

La productrice précise tout de même qu'il y a des limites à ce qu'on peut faire pour organiser un plateau en conséquence, sans que le produit fini ne soit appauvri. «On ne peut pas revenir au temps de Marilyn, avec un seul lieu et trois personnages. Les téléspectateurs vont s'en rendre compte. On ne peut pas dénaturer ou travestir l'oeuvre d'un auteur», explique-t-elle. D'autre part, cela implique des coûts supplémentaires et peut-être moins d'épisodes. District 31 contient des arrestations musclées, des batailles, et occasionnellement des scènes d'amour, qui pourraient difficilement être biffées du scénario. La productrice ne voit pas comment on pourrait exiger des acteurs qu'ils se tiennent à deux mètres de distance. Il n'est pas question non plus d'inclure la pandémie aux scénarios, pour justifier leur éloignement.

Là où les choses se compliquent, c'est qu'une reprise des tournages pourrait impliquer que les acteurs se mettent en quarantaine deux semaines avant un tournage, puis durant les enregistrements, ce qui est pratiquement impossible à envisager. Autrement, si l'un d'eux devait contracter la COVID-19, il faudrait alors interrompre le tournage pour une période de 14 jours, ce qui entraînerait des retards et des coûts supplémentaires. À la limite, on peut modifier un scénario, mais on ne peut pas remplacer un acteur vedette quand bon nous semble. Tourner dans le désordre devient alors hasardeux, s'il fallait tout arrêter.

Le milieu de la production télévisuelle observe entre autres les options envisagées aux États-Unis, où on évoque l'utilisation de panneaux de plexiglas pour isoler les acteurs, qu'on retirerait au montage. Mais le Québec a-t-il les moyens financiers pour se permettre un tel procédé? Fabienne Larouche en doute fortement.

Comme dans toute la profession, la productrice observe chaque jour l'évolution de la situation, et se donne jusqu'au 15 juin pour décider d'une reprise des tournages en juillet ou août. «Mais quand on va avoir le go, on va être prêts à commencer», promet-elle. Dans le meilleur des scénarios, Aetios pourrait tourner toute la première saison de Sans rendez-vous en 25 jours, un premier bloc d'épisodes de District 31 de juillet à octobre, ce qui comblerait les fans jusqu'à Noël, de même que les 12 prochains épisodes de Toute la vie. Croisons-nous les doigts... sans trop gonfler nos attentes!

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<em>District 31</em>: Fabienne Larouche ne croit pas tourner avant un an

Richard Therrien

District 31: Fabienne Larouche ne croit pas tourner avant un an

BLOGUE / Devra-t-on vraiment attendre un an avant de retrouver nos personnages préférés de District 31? C'est ce qu'a laissé entendre la productrice Fabienne Larouche au Téléjournal de Radio-Canada.

En entrevue avec le journaliste Louis-Philippe Ouimet, Fabienne Larouche s'est montrée très pessimiste, rappelant que les productions ne seront pas assurées pour les cas de COVID-19. «Les séries télé, oubliez ça. [...] Je pense pas qu'on va tourner avant un an, [pas avant] qu'il y ait un médicament», a-t-elle dit sans une once d'hésitation. «Qui va venir se faire confiner chez nous? On n'a pas les moyens d'amener tout le monde à l'hôtel et de payer pour eux autres pendant 150 jours de tournage.»

La directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dany Meloul, se montre pour sa part plus optimiste. «Fabienne veut signaler le pire scénario possible», a-t-elle confié au journaliste. La présidente-directrice générale de l'Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier, croit de son côté qu'il sera possible de tourner des fictions dès cet été pour une diffusion à l'automne, et que les producteurs cherchent des moyens pour y parvenir.

Rappelons qu'Aetios Productions avait interrompu le tournage de District 31 deux semaines avant la fin de la dernière saison. À Bonsoir bonsoir!, Luc Dionne avait affirmé que ces épisodes seraient diffusés en rafale au début de la prochaine saison. Il semble qu'il faudra se montrer beaucoup plus patients. D'autres productions ne peuvent reprendre, dont Léo, Cerebrum et L'Échappée.

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<em>Sucré salé</em> de retour le 8 juin

Richard Therrien

Sucré salé de retour le 8 juin

BLOGUE / À l'image d'autres équipes qui ont repris le boulot, celle de Sucré salé retrouvera le public le lundi 8 juin à 18h30, pour une 19e saison à TVA, avec Patrice Bélanger à l'animation.

Maintenant qu'on voit qu'il est possible de procéder à des tournages sans mettre en péril la santé des membres d'une équipe réduite, on proposera une version remaniée du magazine estival, respectant les mesures gouvernementales.

Patrice Bélanger s'installe cette année à l'hôtel Fairmount Le Reine Élizabeth, dans un environnement qui permettra la distanciation sociale. Comme on le fait à Bonsoir bonsoir!, il lui arrivera aussi de joindre ses invités par Skype, ici comme à l'étranger.

Simon Boulerice, Léa Stréliski et Marie-Christine Proulx s'ajoutent à l'équipe de chroniqueurs à Sucré salé. Sont de retour: Rosalie Bonenfant, Billy Tellier, Eve Côté, Francisco Randez, Marie-Josée Gauvin, Félix-Antoine Tremblay, Varda Etienne et Bryan Audet.

LES TOURNAGES D'«AU SUIVANT» EN JUILLET

Stéphane Bellavance est aux anges: ICI Télé annonce qu'on reprendra en juillet les enregistrements de son jeu Au suivant, très populaire les vendredis soir. Le public sera donc assuré de voir de nouvelles émissions dès l'automne. Bien entendu, le tournage respectera les règles de distanciation physique, comme il se doit. Diffusé depuis l'automne 2016 et adapté d'un format italien, Au suivant implique la manipulation de capsules contenant des montants d'argent. On peut s'inscrire en se rendant sur Radio-Canada.ca/ausuivant. Déjà quelques équipes d'ICI Télé ont réussi à reprendre les enregistrements sans compromettre leur santé. Parmi elles, Tout le monde en parle, Bonsoir bonsoir! et En direct de l'univers.

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Richard Therrien
<em>La loi du plus fort</em>: faudrait se calmer

Télé

La loi du plus fort: faudrait se calmer

CHRONIQUE / Sentez-vous que les gens sont plus à cran depuis quelques semaines? Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour constater à quel point les échanges sont souvent exagérément bouillants. L’animateur Benoît Dutrizac a même fermé son compte Twitter après avoir écrit «va donc chier» à un interlocuteur. Il s’est excusé en avouant : «Je l’ai échappé.»

Faut dire que la bienséance et le débat dans le respect sont souvent en rupture de stock sur Facebook et Twitter, et ce, depuis bien avant la pandémie. C’est après avoir été elle-même victime de cyberintimidation que la journaliste et romancière Nathalie Roy a commencé à travailler sur un documentaire, d’abord concentré sur le harcèlement au travail. Élaboré sur cinq ans en collaboration avec son conjoint Yves Thériault, le projet a évolué vers le thème général de l’intimidation, s’étalant désormais sur trois épisodes, présentés ce soir, demain et jeudi aux Grands reportages d’ICI RDI à 20h. «Pourquoi on a besoin de se parler de cette façon-là?» s’est demandée Nathalie Roy.

Les tournages d'<em>Au suivant</em> reprennent en juillet

Richard Therrien

Les tournages d'Au suivant reprennent en juillet

BLOGUE / Stéphane Bellavance est aux anges: ICI Télé annonce qu'on reprendra en juillet les enregistrements de son jeu Au suivant, très populaire les vendredis soir. Le public sera donc assuré de voir de nouvelles émissions dès l'automne.

Bien entendu, le tournage respectera les règles de distanciation physique, comme il se doit. Diffusé depuis l'automne 2016 et adapté d'un format italien, Au suivant implique la manipulation de capsules contenant des montants d'argent. On peut s'inscrire en se rendant sur Radio-Canada.ca/ausuivant.

Déjà quelques équipes d'ICI Télé ont réussi à reprendre les enregistrements sans compromettre leur santé. Parmi elles, Tout le monde en parle, Bonsoir bonsoir! et En direct de l'univers.

De son côté, Patrice Bélanger annonçait il y a quelques jours son retour comme prévu à l'animation de Sucré salé à TVA.

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Beaucoup de monde pour les spéciales du week-end

Richard Therrien

Beaucoup de monde pour les spéciales du week-end

BLOGUE / L'émission spéciale d'En direct de l'univers a attiré pas moins de 1 462 000 téléspectateurs, samedi sur ICI Télé, alors qu'Une chance qu'on s'a en a retenu 1 822 000 à TVA et 234 000 à Télé-Québec, dimanche soir, pour un total de 2 056 000. Deux excellentes performances pour ces spéciales dédiées aux mamans et aux travailleurs de première ligne.

Tout le monde en parle a pour sa part rassemblé 1 007 000 téléspectateurs dimanche soir.

Ces chiffres impressionnants soulignent l'appétit des téléspectateurs pour des émissions de variétés en ces temps de confinement.

Pour En direct de l'univers, il s'agit de sa meilleure performance. Par exemple, l'émission de Céline Dion avait intéressé 1 170 000 téléspectateurs, en septembre 2016.

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Richard Therrien
TLMEP: les confinés heureux

Télé

TLMEP: les confinés heureux

CHRONIQUE / Y'en a pour qui le confinement est une prison, qui meurent d'envie de sortir pour retrouver un semblant de «vie d'avant». Et y'en a qui s'accommodent plutôt bien de cette vie d'intérieur, qui y trouvent même un certain réconfort, une occasion inattendue de s'accorder du temps à soi, et qui ne voient pas l'urgence de sortir à tout prix. Déconfiner ou rester confiné, il en a beaucoup été question dimanche sur le plateau de Tout le monde en parle.

Prenez Yvon Deschamps et Judi Richards, pour qui la vie n'a pas tellement changé, eux qui n'étaient déjà pas des «sorteux»; le couple radieux, à qui je décerne l'étoile du match pour son positivisme à toute épreuve, a accordé l'entrevue de son domicile de l'Île-des-Soeurs. Ensemble depuis plus de 50 ans – elle a 70 ans, lui 84 –, ils partagent leur temps entre le sudoku et la technique Nadeau! Marie-Soleil Michon, qui habite leur immeuble, joue les livreuses à leur intention. À regret, ils ont dû rentrer de la Floride un mois plus tôt que prévu, prenant le soin de tout nettoyer sur leur passage et traînant leurs propres draps dans les hôtels! Favorable au déconfinement progressif des aînés, Yvon a fait promettre à Judi de ne jamais l'envoyer dans un CHSLD. «On va rester ensemble jusqu'à la fin, c'est sûr et certain», a enchaîné la chanteuse, l'amour dans les yeux.

Le confinement, François Pérusse connaît ça depuis longtemps. «Ça n'a rien changé, je sors aussi souvent que je sortais avant, c'est-à-dire pantoute! [...] Ça fait 59 ans que je suis en confinement, je m'embarrais aux toilettes au début», a blagué l'humoriste, qui soufflera 60 bougies en octobre. Les fans confinés lui réclamaient des sketchs, il leur en a donné: ses capsules ont depuis franchi la barre des 50 millions de vues sur YouTube. Bonne nouvelle: l'exercice lui a donné envie de produire un nouvel album, ce qu'il fera. L'humoriste admet néanmoins «trouver ça long» de travailler en solo dans son studio et songe à des collaborations, quand la crise se sera estompée.

Normand Laprise craint que la moitié des restaurants ne se remettent pas de la crise. «Surtout les jeunes qui venaient de démarrer leur entreprise», anticipe le juge des Chefs!, qui déplore que les restaurateurs ne soient pas consultés pour une éventuelle réouverture, afin de se préparer en conséquence. Copropriétaire du Grumman'78, Gaelle Cerf admet qu'elle ne serait pas en mesure de rouvrir en juin, si c'était la consigne. «J'ai la chienne, honnêtement. Je ne vois pas comment je pourrais protéger mon personnel sur une terrasse ou dans une salle à manger. On est obligé de se toucher, de se coller», fait-elle remarquer. Elle pense à son busboy, à son plongeur... et au client «un peu chaud» qui ne respecterait pas les consignes. «Ça va être vraiment long. Il va falloir qu'on se réinvente», affirme celle qui est aussi vice-présidente de l'Association des restaurateurs de rue du Québec. Normand Laprise trouve un réel avantage à ce confinement: il n'a pas passé une seule soirée sans manger avec ses filles vers 19h, ce qui est tout à fait inhabituel.

La pandémie était probablement à 2 ou à 3 sur une échelle de 10 du radar du gouvernement Legault, estime le chef du bureau politique au magazine L'Actualité, Alec Castonguay, qui a rédigé un fascinant reportage sur les coulisses de la gestion de crise. On y apprend entre autres qu'Horacio Arruda n'avait jamais rencontré François Legault auparavant. «Ça donne une idée de l'impact de la Santé publique dans l'entourage d'un premier ministre», commente le journaliste, qui illustre aussi la lourdeur bureaucratique, un des obstacles majeurs depuis le début de la crise. «Ça a pris 10 jours pour apprendre que la résidence Herron était en difficulté. Je pense qu'ils l'ont encore sur le cœur.» Alec Castonguay constate une fatigue chez le trio santé. «Le marathon est long, les conférences de presse sont longues. Préparer une heure de conférence de presse, c'est presque une demi-journée de travail.» Il est vrai que la Santé publique a pas mal tout décidé du confinement, mais c'est moins vrai pour le déconfinement, beaucoup plus complexe. «La science ne dit pas quelle tranche d'âge doit revenir au travail, quel secteur faut ouvrir en premier», illustre M. Castonguay.

«On n'est pas à l'étape où on devrait donner de dates pour déconfiner Montréal», croit pour sa part la microbiologiste-infectiologue Cécile Tremblay. Du moins pas avant de remplir tous les critères de déconfinement. Selon elle, les gens ne pensent alors qu'au déconfinement et en oublient les mesures de distanciation sociale. «Donner une date, ça crée du stress et du désespoir quand on l'annule», poursuit Nimâ Machouf, épidémiologiste à la clinique médicale du quartier latin, qui croit néanmoins à la nécessité de déconfiner quand ce sera possible. De son côté, Cécile Tremblay n'adhère pas à la mesure permettant aux proches aidants d'entrer dans les CHSLD sans avoir subi de tests de dépistage. «Il me semble que ce serait très logique de tester, particulièrement dans les endroits où il n'y a pas de cas.» Presque 300 000 morts dans le monde, bientôt 3000 au Québec, ce qui représente 1% du nombre total... «C'est beaucoup», admet Mme Tremblay, qui pense qu'on devra se poser des questions sur l'importante propagation dans les CHSLD.

S'il avait des enfants au primaire, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, les enverraient à l'école dès cette semaine, contrairement à Justin Trudeau, qui s'interrogeait sur le même plateau le dimanche précédent. «Pourquoi on priverait nos enfants d'Alma et de Gatineau parce qu'à Montréal, on a plus de difficultés avec la pandémie? » demande le ministre, qui assure que la décision de rouvrir est basée sur la science, non pas sur l'économie. «55% des parents font le choix d'envoyer les enfants dans les écoles primaires», dit-il, ajoutant ne vouloir mettre de pression sur personne. «C'est pas des meilleurs parents parce qu'ils décident d'envoyer leurs enfants à l'école ou de les garder.» S'il fallait refermer, tout se ferait rapidement, promet M. Roberge, assurant que le personnel a été informé d'un protocole et que des trousses d'urgence sont mises à leur disposition. 

Comment mieux conclure l'émission qu'avec une prestation de Patrick Watson, qui était sur ce même plateau en février? «Prendre soin des autres, c'est la façon la plus efficace de se protéger soi-même», croit l'artiste, ajoutant qu'il faudrait prendre le temps de bien faire les choses avant un déconfinement trop rapide. «Le monde qui ne prend pas ça au sérieux manque de respect aux gens qui ont perdu beaucoup», s'est-il permis de dire, avant de reprendre l'envoûtante Here Comes the River.

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Richard Therrien
Merci France Beaudoin

Richard Therrien

Merci France Beaudoin

CHRONIQUE / J'essaie de me souvenir d'une émission de variétés qui m'ait autant ému et je n'y arrive pas. Même Véronic DiCaire, qui arrivait après Le ciel est backorder de Tire le coyote, a dû chanter Hallelujah les yeux en larmes, tellement l'émotion était à fleur de peau. Mais en cette fête des Mères, Dieu que cette soirée faisait du bien et qu'on en veut encore et encore.

Ce n'est pas une pandémie qui allait empêcher France Beaudoin et sa vaillante équipe d'En direct de l'univers de se retrousser les manches, et d'honorer les mamans du pays comme il se doit. L'émission spéciale de 90 minutes qu'on nous a présentée samedi soir était non seulement un exploit technique en direct, mais aussi un spectacle dont chaque instant allait droit au cœur.

Comme si c'était possible dans le cas d'En direct de l'univers, on sentait une charge émotive supplémentaire samedi sur ICI Télé; malgré la distanciation physique, les artistes affichaient un réel plaisir de se rassembler et d'accomplir ce qu'ils aiment le plus faire au monde. Ils savaient à quel point le public avait envie de célébrer enfin avec eux.

Bâtie à partir des titres que les téléspectateurs souhaitaient offrir à leur mère, l'émission a été saupoudrée de multiples moments de bonheur, comme l'arrivée surprise de Lunou Zucchini, digne fille de sa mère Luce Dufault, pour un bout d'Une sorcière comme les autres d'Anne Sylvestre. Quelle superbe voix. Petit moment de grâce aussi quand Stéphanie Lapointe a repris à distance Smile, berçant son bébé d'à peine 17 jours. Dur de ne pas échapper quelques larmes en entendant Ingrid St-Pierre dans une version feutrée de C'est beau la vie, avec sur écran, 10 belles dames centenaires totalisant 1000 ans à elles seules. Encore plus dur en voyant la même Ingrid St-Pierre, en larmes, voir sa propre mère lui chanter à merveille L'amitié de son Témiscouata natal, s'accompagnant de sa guitare. De quoi nous achever.

L'émission n'allait certainement pas négliger les aînées, séparées de leurs familles. Chacune de leur participation donnait lieu aux moments les plus émouvants, parce qu'on connaît leur solitude, leur douleur d'être loin des leurs. De son balcon, la grand-maman d'Antoine Gratton, âgée de 109 ans, a eu la surprise de voir arriver son préféré Marc Hervieux, lui chanter L'hymne à l'amour. Sur une note plus légère, le «choeur du chez-eux des artistes» allait permettre à quatre mamans septuagénaires, Judi Richards, France Castel, Patsy Gallant et Shirley Théroux, de participer à la soirée à partir de chez elles pour J'entends frapper.

Richard Therrien
<em>Une chance qu’on s’a</em>: pour sortir de la déprime

Richard Therrien

Une chance qu’on s’a: pour sortir de la déprime

CHRONIQUE / Alors qu’on commence à déconfiner graduellement, Une chance qu’on s’a, la grande émission spéciale présentée dimanche à 19h30, à TVA et à Télé-Québec, se fera à l’extérieur des maisons des vedettes. Et oui, Céline va chanter. 

Alors que les deux soirées du genre proposées aux États-Unis et au Canada anglais étaient filmées en mode confinement avec des téléphones ou des ordinateurs personnels, Une chance qu’on s’a a été tournée à moitié en studio, à moitié à l’extérieur. «On voulait ramener un peu de beau à la télé et sortir de nos cuisines et de nos salons, avoir de la lumière, être plus heureux que déprimé, plus joyeux que mélancolique», promet le producteur Jean-Philippe Dion, chez Productions Déferlantes.

C’est TVA qui a proposé l’idée d’un grand rassemblement télévisuel au gouvernement du Québec, qui contribue financièrement au projet, avant que Télé-Québec se greffe comme codiffuseur. L’équipe ne se l’est pas donné facile, «avec toutes les contraintes possibles et inimaginables de tournage à respecter en ce moment», convient Jean-Philippe Dion. «C’est un très bon exercice, parce que c’est la première fois qu’on verra un grande variété de cette envergure tournée avec les règles de distanciation.»

Alors qu’une telle soirée nécessite souvent de quatre à six mois de préparation, Productions Déferlantes n’avait que deux semaines pour tout mettre en branle, élaborer le concept, trouver un décor, enregistrer les prestations et convaincre Céline Dion d’y participer. «Nous avions une équipe technique réduite au minimum. Oubliez les murs d’écrans vidéo, on a pris un coin du décor de La voix aux studios Mels, qu’on a maquillé. C’est très sobre, mais ça fait vraiment l’affaire. Le but, c’est d’avoir de bonnes chansons et de bons interprètes, pas de gagner un prix pour le décor.» 

Sur le plateau, l’équipe était tenue à la plus grande prudence. Le masque était obligatoire et on limitait les déplacements par zones, avec des agents de sécurité aux endroits stratégiques.

«On veut raconter ce que tout le monde vit depuis deux mois. Évidemment, on fera un hommage aux personnes décédées, mais on aura des moments plus ludiques pour parler des couples et des familles confinées, des sessions Zoom avec les collègues, des coupes de cheveux, saluer les grands-parents qui s’ennuient de leurs petits-enfants et les gens du public qui ont eu des initiatives extraordinaires, que ce soit les enseignants, les préposés aux bénéficiaires, un petit garçon qui a préparé des iPad pour les CHSLD», confie le producteur.

Bonne nouvelle : Céline Dion ne se contentera pas de dire un mot à la sauvette, on l’entendra aussi chanter. «Aussitôt qu’on a fait le demande, son équipe a dit oui. Il fallait trouver la bonne participation, que ce soit simple, parce qu’elle aussi est confinée dans sa maison. La vidéo a été tournée mardi soir à Las Vegas. Céline s’adresse aux Québécois et va participer à la chanson finale.»

Marie-Claude Barrette, Mélissa Bédard, Marie Soleil Dion, Pier-Luc Funk, Marc Labrèche et Gildor Roy se relaieront à l’animation de cette émission de 90 minutes, sans pause publicitaire. L’événement rassemble pas moins de 80 artistes, dont Lara Fabian, Ginette Reno, Koriass, Sarah-Jeanne Labrosse, Les Trois Accords et, bien sûr, Jean-Pierre Ferland, à qui on a emprunté la chanson la plus rassembleuse qui soit pour le titre de l’émission, Une chance qu’on s’a

«Le but de l’émission, c’est de faire du bien au monde, de lui changer les idées, de revoir les artistes qu’on aime, mais aussi de laisser une trace en amassant des fonds pour S.O.S. violence conjugale et Les Petits Frères», conclut Jean-Philippe Dion, qui compte sur la générosité du public.

Par ailleurs, France Beaudoin propose ce soir à 19h sur ICI Télé une émission spéciale d’En direct de l’univers de 90 minutes, dédiées aux mamans pour la fête des Mères. Une autre occasion de trouver réconfort et encouragement.

Richard Therrien
Un Hollywood fantasmé

Télé

Un Hollywood fantasmé

CHRONIQUE / Le Hollywood de l’après-guerre que vous verrez dans la série du même nom sur Netflix n’est pas cette usine à rêves que l’on connaît, mais bien celle qu’elle aurait pu devenir. Sulfureuse, intrigante, clinquante, Hollywood mêle fiction et réalité en se permettant de corriger l’histoire.

Créée par Ryan Murphy (Glee, American Horror Story) et Ian Brennan (Glee), et en ligne depuis le 1er mai, cette minisérie de sept épisodes se promène entre la comédie et le drame, soulignant à gros traits les travers homophobes, sexistes, racistes de cette Hollywood de la fin des années 1940. Et de montrer toute cette humiliante docilité, bien souvent sexuelle, à laquelle doit se prêter tout ce beau monde, pour espérer accéder à la célébrité. Plus ça change...

Richard Therrien
<em>Rue King</em>: arrange-toi avec ça

Télé

Rue King: arrange-toi avec ça

CHRONIQUE / Rue King, la nouvelle comédie improvisée en ligne demain sur le Club illico, se situe quelque part entre Dieu merci!, le mur penché de Ce soir tout est permis et les matchs de la Ligue nationale d’improvisation. Dans le cadre d’une sitcom enregistrée devant public, on vous donne un canevas de départ, on vous lance dans le vide tout en vous donnant des indications précises à suivre.

Alors que le format original allemand, Schiller Street, misait sur un long sketch d’une heure, où le public n’avait accès qu’à un certain nombre d’indications données aux acteurs, notre version propose plusieurs scènes dans un même épisode, chorégraphiées par Stéphane Bellavance, qui parle aux comédiens à partir d’un studio adjacent, mais que le public entend, un peu comme il le faisait dans Arrange-toi avec ça sur VRAK. Le meneur de jeu se dit lui-même «à la fois leur metteur en scène et leur pire cauchemar».

Qui sont les personnages de Rue King? Trois colocs d’un loft de Sherbrooke : Pier-Luc (Funk), dont c’est le premier appartement, Marie-Ève (Morency), intense et volontaire, de même que Sophie (Cadieux), avocate de 42 ans, mais encore dans la vingtaine dans sa tête. Le trio vit au-dessus d’un café-bar-buanderie. Mehdi Bousaidan joue le meilleur ami de Pier-Luc, secrètement amoureux de Sophie, Stéphane Crête, le proprio, et Sylvie Moreau, la mère de Pier-Luc. À eux se joignent des acteurs invités comme Julien Lacroix, qui joue un coloc indésirable, Anne-Élisabeth Bossé, la cousine de Sophie en peine d’amour, et Marie Soleil Dion, une soupirante de Marie-Ève. La plupart sont des pros de l’impro.

Exemple d’indications que Stéphane Bellavance peut donner au beau milieu d’une scène : «Pier-Luc, Sophie fait un beau ménage, mais toi, tu défais son ménage.» Ou encore : «Sophie, tu vas faire quelque chose de beaucoup trop intense pour montrer que t’es pas vieille.» Après quoi, la comédienne fait la split une bière à la main. Histoires d’amour impossible, ancienne conquête qui débarque et party où Pier-Luc tente de séduire une fille, toutes les situations prêtent aux gags improvisés.

Même si un scénario de départ était écrit, les comédiens avaient carte blanche pour changer la trajectoire de l’histoire. Ainsi, à la fin d’un épisode, un personnage a fait une demande en mariage, qui a été acceptée. «Entre chaque scène, nous n’avions que cinq minutes pour nous réaligner, mais on finissait toujours par retomber sur nos pattes», raconte le producteur au contenu, Vincent Bolduc. Outre les scénaristes, les techniciens ont dû également s’ajuster aux «choix» des acteurs, qui devenaient en quelque sorte des auteurs. 

Outre le titre et les images de la ville dans le générique d’ouverture, il est très peu question de Sherbrooke dans cette Rue King. «On a voulu sortir la sitcom du milieu urbain montréalais et on voulait une ville universitaire, avec une vie culturelle, sociale, sportive vivante. On aimait aussi le nom de la rue King, parce que c’est quand même des kings de l’impro qu’on a», explique Vincent Bolduc. Les 10 demi-heures ont été tournées en à peine cinq jours. Pas de chance de se reprendre, une seule prise. Je m’attendais à assister à plus de fous rires et de décrochages de la part des improvisateurs, qui restent relativement disciplinés, du moins dans les trois épisodes qu’on a vus.

Rue King est la première sitcom — style en recrudescence chez le jeune public — de Club illico, qui nous a habitués à de grandes dramatiques et des séries documentaires de qualité. «C’est du fou rire garanti», promet la vice-présidente Commercialisation et Contenu chez Vidéotron, Caroline Paquet. Ça dépend pour qui, ai-je envie de répondre. Moi qui adore le genre, je salue l’effort de jumeler l’improvisation à la sitcom, mais en ce qui me concerne, le résultat est rarement drôle, et on finit par se dire que, pour la télé, il n’y a rien de mieux que des textes bien écrits et révisés à plusieurs niveaux.

Richard Therrien
<em>Minuit, le soir</em>: genèse d’une série gagnante

Richard Therrien

Minuit, le soir: genèse d’une série gagnante

CHRONIQUE / Si l’on peut trouver des avantages à ce confinement, c’est de nous permettre de revoir ou de découvrir des séries de qualité, comme Les invincibles et C.A. Jeudi, ce sera au tour de Minuit, le soir de réapparaître sur ICI Tou.tv, dans la section gratuite. Déjà à la première saison, à l’hiver 2005, plus de 1,2 million de téléspectateurs sont accrochés aux mésaventures de ce trio de gars et de son exigeante patronne, le mercredi à 21h30, tout de suite après Les Bougon

«Pour moi, ça a été la série la plus agréable que j’ai faite dans ma vie», me confie d’emblée Claude Legault, coauteur avec son complice Pierre-Yves Bernard, en plus de jouer Marc Forest, un des trois portiers de bar. «C’est vraiment là que je me suis trouvé, comme acteur et comme auteur. Je suis sorti de ma coquille, grâce à Podz beaucoup, grâce aux textes. J’ai pu atteindre des paliers de jeu que j’ignorais être capable d’aller chercher.»

Pierre-Yves Bernard et lui avaient terminé quatre ans plus tôt Dans une galaxie près de chez vous, et cherchaient un nouveau projet. «Au départ, on voulait faire un show de police — c’était bien avant 19-2. Mais Claude Meunier développait déjà Détect Inc. Alors, on a laissé ça de côté, se souvient Claude Legault. J’avais vu une pièce en Belgique intitulée Les videurs et j’ai proposé d’en acheter les droits, mais ils appartenaient déjà à Michel Côté et des associés. C’est là que Pierre-Yves a proposé de faire notre propre série sur des doormen. Moi, j’avais plus envie de faire un film de Dans une galaxie. Alors, on s’est entendu pour mener les deux de front.»

Dès le départ, il était convenu que Claude jouerait un des trois portiers, Marc. «On lui a inventé un passé pas trop le fun. Fallait qu’il ait une certaine dose d’agressivité et de force même s’il était petit par rapport aux autres.» Le choix de Louis Champagne pour jouer un des deux autres portiers était tellement évident qu’on a prénommé le personnage Louis. «Il n’était pas si connu que ça, dans le temps. Notre productrice Diane England nous a prévenus que Radio-Canada demanderait à passer d’autres comédiens en audition. Mais dans notre tête, notre choix était fait.»

Enfin, Julien Poulin est venu compléter le trio pour le rôle de Gaétan. «On a été déculottés par lui. Il était tellement touchant. Il avait seulement de la difficulté pour les scènes où il devait être agressif. Fallait qu’on croit qu’il soit capable de casser la gueule de n’importe qui. Mais ça s’est très vite arrangé, et il nous a fait brailler en audition. Il y avait une chimie entre nous avant même qu’on joue ensemble», raconte Claude Legault, présent à toutes les auditions.

Puis, restait à trouver l’actrice capable de jouer l’antagonisme amoureux avec Marc, la nouvelle propriétaire qui veut moderniser le SAS, Fanny. «L’arrivée de Julie Perreault a été un moment magique. Je trouve que c’est avec ce rôle-là qu’elle a explosé, qu’elle s’est révélée comme la grande actrice qu’elle est.» 

Avant Minuit, le soir, le réalisateur, Podz, arrivait de 3 x rien, où il avait entre autres dirigé Julie Perreault. Une série que Claude Legault aimait beaucoup. «Podz a donné à Minuit, le soir sa couleur particulière, qui magnifiait les textes. Il aime les acteurs, il nous poussait dedans, et on avait totalement confiance en lui.» 

Ajoutez au quatuor vedette Stéphane Gagnon, qui jouait Yan, «un des pires trous de cul de l’histoire de la télévision», et la musique de Nicolas Maranda, «un personnage en soi», et vous avez une série gagnante. «Nous avions une équipe tellement soudée. Un alignement de planètes qui a donné un univers unique, qu’on n’a pas vraiment revu par la suite à la télévision québécoise», croit Claude Legault.

Attendue comme une comédie, Minuit, le soir s’est plutôt démarquée par ses textes profonds et ses scènes souvent très intenses. «C’était un peu inconscient de notre part. On a continué comme ça et ça a donné la couleur de Minuit, le soir.» 

Mais aux moments dramatiques se greffait un humour noir irrésistible, jamais bien loin. Comme ces noms que Marc trouvait pour ses chats dans le dictionnaire : Véranda, Homosexuel, Laryngite, Porte-avions, Scrotum. Ses pauvres compagnons, qui finissaient tous au cimetière de sa cour arrière, comme un karma funeste qui poursuivait Marc. «Quelques années avant, j’avais perdu un de mes chats, Crapule, que j’avais eu durant 16 ans. Je l’ai enterré dans la cour en braillant comme un veau. Pierre-Yves a ressorti cette idée-là.» Le chien, qui s’appelait Chat, allait briser le mauvais sort.

Pour donner le plus de crédibilité possible à son personnage, Claude Legault s’est entraîné intensivement cinq fois par semaine pour gagner de la masse musculaire. «J’ai réduit mon taux de gras de 22 à 12, et j’ai gagné 15 livres de muscle. Ça paraissait à l’écran», se souvient-il. C’est aussi pour Minuit, le soir que l’acteur a multiplié les scènes de nudité, justifiées par la nature volage du personnage. «On était dans l’univers de la drague. Une fois que ses pulsions sexuelles étaient comblées, Marc était incapable de recevoir de l’amour. C’est pour ça qu’il trouvait le moyen de chasser les filles avec des enregistrements douteux.»

Comme pour Les invincibles, Minuit, le soir s’est arrêtée après trois saisons, en pleine gloire et après une bonne quinzaine de Gémeaux. «Dès la saison deux, Pierre-Yves a établi qu’on en ferait trois. Moi, s’il m’avait dit qu’on en faisait une quatrième, j’aurais dit oui. Pierre-Yves se tanne plus vite que moi. On ne pouvait pas le forcer à en faire plus», raconte Claude Legault. 

Après deux films de Dans une galaxie près de chez vous, le duo profite du confinement pour compléter un troisième opus, tant attendu. «On communique par Skype trois à quatre fois par semaine. Ça nous fait du bien. Si un nouveau film de Dans une galaxie pouvait sortir dans les deux années qui vont suivre la pandémie, je pense que ça ferait du bien à tout le monde.» 

L’an dernier, Legault et Bernard ont coécrit Appelle-moi si tu meurs, diffusée en ce moment le lundi à 22h sur AddikTV, et ne ferment pas la porte à une deuxième saison.

Sachez qu’en plus de l’intégrale de Minuit, le soir, ICI Tou.tv mettra en ligne jeudi les saisons deux et trois des Invincibles, de quoi vous distraire plusieurs heures de la COVID-19.

Richard Therrien
<em>Meilleur avant/</em>: l’épicerie en folie

Richard Therrien

Meilleur avant/: l’épicerie en folie

CHRONIQUE / Chaque visite à l’épicerie est-elle pour vous source de stress depuis le début de la pandémie? Par le plus drôle des timings, tv5unis.ca arrive avec Meilleur avant/, une série format court humoristique de sept épisodes, en ligne depuis hier, et qui a pour cadre une épicerie ouverte 24 heures.

Nico Racicot, le David de L’heure bleue, y joue Fred, un étudiant en philo sans le sou, admirateur de Nietzsche, qui déniche à son grand désespoir un emploi de concierge la nuit dans une épicerie. S’il ne s’y sent pas à l’aise, ça n’a rien à voir avec la COVID-19, mais bien à cause des habitués des lieux, tous plus étranges; du patron zélé et intense, joué par Luc Boucher, qui lui demande d’emblée «Es-tu plus Obama ou Oussama?»; des employés — la préposée au service à la clientèle ésotérique, la caissière muette, l’étalagiste mythomane, la boulangère un peu garçonne —; de même que les clients. L’une des premières scènes montre une dame prenant sur une étagère un contenant de levure, introuvable en ce moment et portant une citation de Nietzsche. Ça ne s’invente pas.

Richard Therrien
Double défi pour Mark Ruffalo

Télé

Double défi pour Mark Ruffalo

CHRONIQUE / Dans I Know This Much Is True, Mark Ruffalo incarne deux jumeaux, dont un est atteint de paranoïa schizophrénique : Thomas et Dominick Birdsey. Un double mandat hautement risqué que l’acteur de grand talent remplit avec une incroyable justesse. C’est le principal attrait de cette minisérie de HBO, disponible en anglais et avec sous-titres français sur Crave et à Super Écran, à partir du dimanche 10 mai à 21h.

Après Mon fils, l’excellente série de Club illico, voici que HBO aborde aussi le thème délicat de la schizophrénie. Adaptée du roman de Wally Lamb, La puissance des vaincus, publié il y a 22 ans, la série de six épisodes ne fait pas dans la dentelle, pas plus que cette terrible maladie, qui transforme ceux qui en sont atteints, et bouleverse tout autour, avec une violence parfois inouïe.

Nous sommes en 1990 à Three Rivers, dans le Connecticut. Thomas Birdsey crée la panique dans une bibliothèque : en plein épisode psychotique, il s’inflige une très grave blessure avec un couteau pour protester contre la guerre du Golfe. La scène donne le ton. Dès lors, son frère jumeau est appelé à l’hôpital, avant qu’on décide d’interner Thomas. À partir de cet épisode-choc, le récit fait de constants retours dans le passé, depuis l’enfance des jumeaux, avec un beau-père colérique et violent, et une mère aimante à la santé fragile. Pour donner un sens à sa vie, Dominick compte trouver des réponses dans un précieux manuscrit de l’histoire familiale, signé par le grand-père sicilien des jumeaux.

Le jeu de Ruffalo, qui a somme toute fait peu de télévision, est si nuancé, que jamais le personnage de Thomas n’empiète sur celui de Dominick, et vice versa. L’un est barbu, l’autre pas. Deux démarches, deux allures complètement différentes, qui ne distraient jamais l’œil. Il y a bien au début le réflexe de comparer l’acteur avec lui-même, mais ce sentiment m’a vite quitté. La réalisation ingénieuse et subtile de Derek Cianfrance (The Place Beyond the Pines, Blue Valentine) y est aussi pour beaucoup.

Je vous mentirais si je vous disais que I Know This Much Is True constitue une expérience agréable, surtout en ces temps où l’on cherche à insuffler un peu de légèreté à notre vie. La série est dure, très dure, les temps d’arrêt sont ponctués de scènes extrêmement bouleversantes, tant par leur violence que leur intensité. Comme lorsque Thomas s’enfuit de la voiture et se met à courir sur l’autoroute. L’œuvre ne porte pas tant sur la schizophrénie que sur le poids qui repose sur l’entourage, d’autant plus lourd sur les épaules d’un jumeau, qui voit sa propre vie hypothéquée par les réactions imprévisibles de son frère durement atteint.

Depuis toujours, Dominick s’est senti responsable de son frère, rongé par la culpabilité, toujours le premier à devoir le défendre. Dominick aime autant qu’il déteste son frère, il lui en veut d’occuper cet espace dans sa vie. On comprend sa rage, qui prend des proportions gigantesques. Il n’y a que des jumeaux pour comprendre ce lien si étroit, fusionnel entre eux.

Parmi les acteurs qui entourent Ruffalo, aussi producteur de la série, notons les noms de Melissa Leo, Juliette Lewis, Archie Panjabi en psychologue et Rosie O’Donnell en travailleuse sociale. L’industrie du doublage étant paralysée depuis le début de la pandémie, la série sera disponible uniquement avec sous-titres français pour l’instant, simultanément avec la version anglaise.

Un Bal Mammouth pour les finissants du secondaire

Richard Therrien

Un Bal Mammouth pour les finissants du secondaire

BLOGUE / Télé-Québec a pensé aux élèves de 5e secondaire, privés de leur bal des finissants en raison de la pandémie, en organisant le Bal MAMMOUTH, un grand rassemblement virtuel prévu pour le vendredi 19 juin.

L'événement sera animé par le duo de MAMMOUTH, Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk, entourés virtuellement d'artistes mais aussi d'élèves qui souligneront leur parcours et les beaux moments de leur secondaire.

L'équipe de l'événement sondera d'ailleurs les finissants afin de bâtir une soirée à leur image. On demande déjà aux jeunes de leur dire quels humoristes, chanteurs, danseurs, politiciens et sportifs ils souhaitent voir au Bal MAMMOUTH, sur les réseaux sociaux et sur le site mammouth.telequebec.tv.

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Richard Therrien
Un potluck virtuel à défaut d’un vrai

Télé

Un potluck virtuel à défaut d’un vrai

CHRONIQUE / Avez-vous jeté votre dévolu sur la cuisine depuis le début du confinement? Pour plusieurs, c’est devenu compulsif, comme une rage de cuisiner. C’est pas des blagues: les ventes de levure et de farine ont explosé.

Déjà populaires, les émissions de cuisine ont aussi la cote. La chaîne Zeste, par exemple, a vu son auditoire augmenter de 6% depuis le 15 mars. «Les téléspectateurs ont besoin d’information, mais aussi de se divertir», remarque Nathalie Fabien, directrice principale des chaînes et de la programmation de Groupe TVA, qui note aussi une progression marquée de la chaîne Prise 2, surtout pour ses films et l’humour.

La nouveauté Station Potluck arrive donc à point sur Zeste, jeudi à 21h, même si on s’entend pour dire que le temps n’est pas propice aux «potlucks», ces rassemblements de bouffe où tout le monde apporte son plat. L’émission Like-moi! en a d’ailleurs fait le sujet d’une savoureuse parodie. «Si tu nous invites à souper, oblige-nous pas à faire à manger à ta place», y lance Yannick De Martino, à côté d’une Sonia Cordeau en colère.

L’atmosphère est autrement plus agréable et détendue sur le plateau de Station Potluck, qu’anime Stefano Faita, en compagnie de Hugo St-Jacques, chef exécutif du Dock619 et ancien candidat des Chefs!, et Émilie Fournier, que connaissent bien les habitués de Salut bonjour. Le trio accueille chaque semaine une personnalité et lui concocte un menu à son goût, à partir de ce qu’on appelle son ADN culinaire. Il y en aura pour tous les goûts. «L’ADN culinaire d’une célibataire qui va toujours au restaurant est complètement différent de celui d’un père de famille de trois enfants», illustre Benoît Clermont, de Productions Déferlantes.

Anne-Élisabeth Bossé inaugure la saison de 10 émissions, elle qui ne cuisine à peu près pas. Ce n’est d’ailleurs pas un pré-requis de savoir cuisiner pour aller à Station Potluck. Le plat que la comédienne ne rate jamais? Une toast avec une canne de thon! Comme tout «potluck» qui se respecte, l’artiste invité apporte aussi un plat. Certains font des efforts, d’autres beaucoup moins. Les hôtes ont donc eu droit à un sac un chips, un grilled cheese, un pogo, entre autres. Moi qui me trouvais cheap, je suis un peu rassuré.

Chaque semaine, on invite un spécialiste pour parler des tendances culinaires. La journaliste Pascale Lévesque viendra parler de sa passion pour le fromage en grains, dont le goût diffère selon l’alimentation de la vache. Julie Perreault, Patrice Godin, Fabien Cloutier, Pascal Morrissette, Francisco Randez, Marie-Claude Barrette, Ludivine Reding, Anne-Marie Withenshaw et Rémi-Pierre Paquin seront les prochains invités. L’émission est tournée au Dock619 à Longueuil.

On venait de conclure la première saison de Station Potluck quand la pandémie s’est pointée au Québec. Depuis, les restaurants de Stefano Faita continuent de produire pour la livraison et les commandes à emporter. Impasto, dans la Petite Italie à Montréal, produira 8000 plats destinés aux banques alimentaires, pour Les Cuisines Solidaires de la Tablée des Chefs. Le père de «trois enfants énergiques» ne manque pas d’occupations.

Une deuxième saison de 10 épisodes est prévue, mais qui sait quand elle pourra être tournée? À l’heure actuelle, plusieurs productions n’ont pu se mettre en branle; c’est le cas de la série 3-2-1 BBQ, avec Bob le chef et Steven Raichlen. Zeste, comme toutes les chaînes spécialisées, pourra au moins se rabattre sur les acquisitions, puisque l’industrie du doublage et de la surimpression vocale redémarre tranquillement.

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LE RETOUR DU MINI-PUTT À RDS

Plusieurs réclamaient le retour du mini-putt, un souhait qui sera exaucé par RDS dès la semaine prochaine. Les amateurs retrouveront donc les légendaires Serge Vleminckx et Carl Carmoni à la description de La coupe mini-putt 2012, du 4 au 7 mai à 16h30 et à 22h. Pour réentendre les tonitruants «birdie!» sur des trous non moins mythiques comme le totem, les Laurentides, la culotte et l’équerre. Serge Vleminckx sera aussi le premier invité de l’émission Mes souvenirs sportifs, animée par David Arsenault, le lundi 4 mai à 18h30.

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EN DIRECT DE L’UNIVERS DE MAMAN

Comme plusieurs d’entre elles devront la passer seule, France Beaudoin soulignera la fête des Mères comme il se doit dans une émission spéciale d’En direct de l’univers, le samedi 9 mai de 19h à 20h30, sur ICI Télé. Bâtie à partir des suggestions émises par le public sur la page Facebook de l’émission, elle soulignera autant les chansons qui font danser nos mères, celles qui nous font penser à elle, ou encore celles que nous voudrions lui offrir. Un beau cadeau qui sera certainement apprécié en cette période où les célébrations familiales deviennent hélas impossibles.

Richard Therrien
TLMEP: on parle des enfants

Télé

TLMEP: on parle des enfants

CHRONIQUE / Jonathan Roberge venait d'apprendre toute une nouvelle durant la semaine: son fils de 10 ans, Xavier, a perdu toute trace de son cancer du cerveau, après des mois intenses d'inquiétude. L'annonce a donné lieu à un moment très émouvant, dimanche soir à Tout le monde en parle, où il a beaucoup été question de l'enfance, à l'aube d'un possible retour en classe. En cette période de mauvaises nouvelles, celle-là prenait une dimension hautement symbolique.

«Je me sentais mal de venir ici, dire aux gens qu'on a besoin de 50 000 donateurs, pendant que tout le monde en arrache», a avoué Jonathan Roberge, très reconnaissant à l'endroit de la Fondation CHU Sainte-Justine, et à qui je décerne l'étoile du match. «C'est un petit miraculé, mon fils», affirme l'auteur de Fiston et Papa, qui a consenti à ce que la masse retirée du cerveau de Xavier, grosse comme un avocat, soit disséquée et serve à la recherche. L'humoriste a réécrit la fin de son spectacle, après tout ce qu'il a vécu. «Son sens de l'humour nous a sauvé», dit-il à propos de Xavier, qui a blagué durant tout le processus des traitements. À ses côtés, Claude Meunier venait pour sa part solliciter les dons pour la Fondation du CHUM, notamment pour un fonds d'urgence sur la COVID-19, qui nécessite trois millions de dollars. «C'est vraiment la science qui va nous sauver», rappelle l'auteur et comédien.

Alors que le Québec s'apprête à rouvrir graduellement ses écoles, Boucar Diouf trouve qu'on est un peu vite en affaires, que les gens ne sont pas prêts à affronter les conséquences d'une immunité collective. «Le message ne passe pas, il est mal communiqué», dit-il, considérant que le gouvernement a sorti cette notion de son chapeau «du jour au lendemain». «Ça prend de la stratégie et beaucoup de dextérité pour expliquer ça aux gens.» Pour l'instant, le biologiste de formation a l'intention de garder ses enfants à la maison, puisque sa conjointe et lui travaillent de leur domicile. «Si papa et maman sont contaminés, qui va s'occuper des enfants?» demande-t-il. L'humoriste, qui avait choisi d'accorder l'entrevue de son bungalow à Longueuil parce que sa blonde et sa fille ont les poumons plutôt fragiles, garde tout de même confiance en Horacio Arruda, et ne jette pas la faute sur le gouvernement pour la situation dans les CHSLD. «C'est un choix collectif», rappelle-t-il. Oui, la COVID fera encore beaucoup de dommages, «mais elle ne nous exterminera pas», parce que ce n'est pas dans son intérêt: «si tu extermines l'hôte, tu vas disparaître avec l'hôte».

«On a très hâte de revoir nos enfants et leurs familles», affirme la pédiatre sociale Gaëlle Vekemans, qui doit se contenter de leur parler à travers un écran depuis six semaines, ce qui complexifie son travail. Selon elle, les dommages collatéraux d'un confinement prolongé seraient énormes pour les enfants. Elle s'inquiète entre autres d'une baisse significative des signalements à la DPJ, preuve que les enfants ont perdu leur cercle protecteur. Si les discours scientifiques diffèrent sur la question de l'immunité, ils sont unanimes sur celle des conséquences physiques, minimes chez la vaste majorité des enfants. «Ça dure quelques jours et c'est fini», rassure la Dre Vekemans, qui comprend néanmoins l'inquiétude des parents à propos du retour à l'école.

«Ça fait du bien de mettre un pantalon», a admis un Louis-José Houde très chevelu, qui n'avait vu personne depuis huit jours. L'humoriste, dont la présence faisait beaucoup de bien, rêvait de faire une longue retraite d'écriture, et la pandémie lui en a donné l'occasion. Ses capsules font fureur, lui qui fréquentait bien peu les réseaux sociaux. Il espère que les becs à tout le monde ne reviendront pas après le confinement, mais déplore la possible disparition du comptant. Le Gala de l'ADISQ n'aura peut-être pas lieu; au pire, il sera reporté. «C'est vraiment pas important de faire des galas de prix en ce moment», dit-il. Le jour où 3000 personnes pourront se rassembler, tout ça sera loin derrière nous. Louis-José, à qui il restait une quarantaine de représentations de son dernier spectacle, pourrait bien patienter un an s'il le faut, lui qui aime autant écrire qu'être sur scène.

Le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, annonce que 3700 Québécois ont déposé leur CV pour travailler dans les champs cet été, pour remplacer les travailleurs saisonniers étrangers qui ne pourront pas venir. La crainte des agriculteurs: que ces Québécois retournent à leurs emplois au beau milieu de l'été et les laisse en plan. Maraîcher bio à la Ferme des Quatre-Temps, Jean-Martin Fortier croit que ce temps d'arrêt est l'occasion parfaite de réfléchir au Québec de demain, pour «une souveraineté alimentaire et une agriculture saine». Pour éviter de trop en importer, il croit au respect de la saisonnalité des fruits et des légumes. «Faut pas s'attendre d'avoir des fraises en janvier», dit-il, voyant ce principe comme «une célébration des saisons». Il se réjouit de constater qu'un nombre record de paniers bio ont été commandés par les Québécois.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, ne sait pas plus que nous quand pourra redémarrer l'industrie culturelle. Sans les nommer, la ministre pense à certains secteurs qui pourraient rouvrir graduellement, comme c'est le cas pour le doublage. Le gouvernement aidera-t-il le Cirque du soleil, menacé de faillite? Mme Roy pellette ça dans la cour du Ministère de l'Économie. Et si nous faisions payer les GAFAs pour soutenir les médias, par exemple? «Y aller de façon unilatérale, le Québec contre les GAFAs de Trump, ce serait irresponsable. [...] Ça va se faire de façon concertée avec le Canada et les pays de l'OCDE», répond la ministre.

Alors que ses collègues créent des chansons sur les réseaux sociaux durant le confinement, Daniel Bélanger préfère échanger ses dessins sur Instagram. L'ancien préposé aux bénéficiaires dans une résidence pour personnes âgées a conclu l'émission avec Il y a tant à faire, un titre de circonstance.

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Richard Therrien
L’étrange métier de papa et maman

Richard Therrien

L’étrange métier de papa et maman

CHRONIQUE / Quand vous les voyez, jamais vous ne pourriez vous douter de ce qui leur a permis de gagner leur vie durant près de quatre décennies. Ce couple juif de Los Angeles, en apparence tout ce qu’il y a de plus conventionnel, vendait de la porno gaie. Une vie cachée à ses propres enfants. Un couple qui fascine par ses multiples contradictions.

Je n’apprécie pas Netflix tant pour ses séries de fiction que pour ses documentaires. La plateforme, qui fait le plein d’abonnés depuis le début de la crise, en compte maintenant 183 millions. Elle a su à travers les années réinventer le genre documentaire, le remettre à l’avant-plan de façon spectaculaire, pour mettre en lumière des phénomènes surprenants, jamais banals.

L’un de ces exemples s’intitule Circus of Books, l’improbable histoire de Karen et Barry Mason, propriétaires de la boutique du même nom sur Santa Monica Boulevard, qui vendait magazines et films pornos gais, à partir de 1982. C’est leur fille Rachel qui a eu envie de raconter cette histoire dans un documentaire, en ligne depuis mercredi. Une façon pour elle d’apprendre à mieux les connaître, de saisir ce pan secret de sa propre histoire, mais aussi de souligner leurs engagements.

Quand je parle d’un couple tout ce qu’il y a de plus conventionnel, je n’exagère pas. Parents de trois enfants, une fille et deux garçons, ils les ont élevés sans jamais leur dire de quoi ils vivaient, leur créant une bulle étanche. Ils disaient qu’ils tenaient une librairie, point. Avant, elle était journaliste, lui œuvrait dans les effets spéciaux au cinéma. Patenteux, il avait même créé une machine à dialyse révolutionnaire. Comment leurs carrières ont bifurqué vers la vente de porno gaie? Un concours de circonstances plutôt inattendu. Disons que Larry Flynt, fondateur du magazine Hustler et qui témoigne dans le documentaire, a joué un certain rôle dans leur surprenante conversion.

Spectacle de TVA: le réseau obtient la collaboration du gouvernement du Québec

Richard Therrien

Spectacle de TVA: le réseau obtient la collaboration du gouvernement du Québec

BLOGUE / En collaboration avec le gouvernement du Québec, TVA diffusera son propre spectacle en soutien aux intervenants de première ligne, aux bénévoles de même qu'aux aînés et à leurs proches. Présenté sans pause publicitaire, Une chance qu'on s'a réunira uniquement des personnalités québécoises, et sera diffusé le dimanche 10 mai prochain, simultanément avec Télé-Québec.

La soirée sera produite chez Déferlantes, qui produit également La voix et La vraie nature. Pour l'instant, on ne connaît pas la nature de l'implication du gouvernement du Québec dans le spectacle de TVA, mais l'événement n'aurait pas été soumis à un appel d'offres. Outre Télé-Québec, aucun des groupes médiatiques concurrents à Québecor n'a été sollicité dans son organisation, ou pour une diffusion simultanée, mais à Radio-Canada, on est ouvert «à se joindre à une diffusion collective si les choses évoluent en ce sens», nous dit-on aux communications. Les crises majeures sont les seules occasions où tous les réseaux s'unissent d'une même voix pour présenter ce genre d'événement de grande envergure, comme ce fut le cas pour le déluge du Saguenay et la tragédie de Lac-Mégantic.

En parallèle, Radio-Canada, Groupe V Média, Bell Média et Corus se sont unis pour la présentation de Stronger Together, tous ensemble, le spectacle canadien qui sera présenté dimanche à 18h30, simultanément sur différentes chaînes. Cette soirée réunira en grande majorité des personnalités canadiennes anglaises; Céline Dion, Marie-Mai, Charlotte Cardin, le Cirque du Soleil, Georges St-Pierre et Sam Roberts représentent le Québec.

Québecor a été approchée par Insight Productions, Bell Media Studios et CBC/Radio-Canada, qui organisent la soirée Stronger Together, tous ensemble, mais a décliné la proposition de co-diffusion.

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<em>La vraie nature</em>: pas de chalet cet été

Richard Therrien

La vraie nature: pas de chalet cet été

BLOGUE / Vu les circonstances, La vraie nature devra prendre congé la saison prochaine: «réunir des gens dans la proximité d'un chalet est impensable pour la sécurité de nos invités et de notre équipe», a fait savoir l'animateur et producteur Jean-Philippe Dion sur Facebook.

L'émission de TVA n'a jamais été aussi populaire, réunissant 1 250 000 fidèles chaque dimanche soir. La présente saison a d'ailleurs été la meilleure à mon avis. On en apprend toujours un peu plus sur les invités, qui se livrent autrement dans ce cadre particulier.

La dernière émission régulière de la saison sera présentée dimanche à 21h, avec comme invités Christian Bégin, Édith Butler et Patricia Paquin. Une émission spéciale intitulée Les confidences du chalet sera diffusée le 3 mai.

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Richard Therrien
<em>La longue remontée</em>: une bonne dose de courage

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La longue remontée: une bonne dose de courage

CHRONIQUE / Sabryna a été amputée de ses quatre membres dans un grave accident de voiture, la nuit de Noël. Dominic est devenu tétraplégique en sautant d’un quai. Mathieu a perdu une jambe au cours d’un accident de travail. Et Mandir a perdu une grande partie de sa vision à cause d’une inflammation de l’œil.

Essayons de nous plaindre de notre confinement après ça. C’est bien la dernière chose dont on a envie en voyant évoluer ces quatre personnes, malgré un parcours semé d’embûches, dans l’inspirante série documentaire La longue remontée, signée Karina Marceau. Les six épisodes d’une heure ont commencé mardi à 20h, sur AMI-télé, aussi diffusés le samedi à 10h. La série sera reprise plus tard sur ICI Explora.

Et quand je parle d’embûches, je ne parle pas des moindres. Quand vous devez prendre de 30 à 45 minutes à vous habiller le matin, vous avez déjà épuisé vos énergies pour une partie de la journée. «J’ai toujours été un gagnant dans la vie et je vais toujours le rester», scande Dominic Frappier, 25 ans, ancien joueur de football du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke et adepte du lancer du poids. Sans vouloir le décourager, Sabryna Mongeon – qui agit comme animatrice de la série – lui répond qu’il n’aura pas le choix de voir à la baisse ses objectifs.

Parce que c’est ce qu’il y a de plus dur à accepter quand la vie décide de vous enlever l’usage de vos membres ou de la vue: marcher sur son orgueil et sa fierté, demander de l’aide et accepter qu’on ne pourra plus jamais jouir de la même liberté. Une étape cruciale mais essentielle pour une personne ayant conservé des séquelles importantes d’un accident ou d’une maladie soudaine. La plus grande douleur de sa vie, Dominic l’a connue en voyant ses parents pleurer en apprenant sa condition.

Il n’y a pourtant rien de larmoyant dans La longue remontée, dont on retient bien plus la résilience et le courage de vivre malgré tout. Mathieu Ciarroni-Beaulieu, de L’Ange-Gardien, travaillait sur un site minier du Nunavut quand un tuyau l’a percuté et lui a tranché la jambe, au-dessus du genou. En pleine toundra, seul un avion pouvait l’amener à l’hôpital en trois heures et demi, autant dire une éternité. Quand on le voit aujourd’hui apprendre vaillamment à marcher avec une prothèse, on n’éprouve que de l’admiration. Il souhaite alors reprendre ses activités préférées, de la planche à neige à la plongée en apnée.

Mandir Pouye est papa d’une petite fille, en attente de la naissance d’un garçon. Depuis l’uvéite qui l’a frappé il y a cinq mois, il ne voit pas à 20 pieds ce que nous voyons à 200 pieds. Il apprend encore à apprivoiser sa condition; c’est un long deuil qui l’attend. Le sens de la débrouillardise de Sabryna impressionne. La jeune femme de 20 ans se maquille à l’aide de ses prothèses et a pu se faire construire une maison adaptée – des comptoirs plus bas, des portes plus larges –, grâce à la générosité de donateurs. Le premier épisode prend fin sur une bonne nouvelle qui la concerne.

Je suivrai avec beaucoup d’intérêt cette série, qui donne du courage et nous fait minimiser nos petits malheurs. Une bonne dose d’inspiration, et ce n’est vraiment pas de trop en ces temps incertains. Le premier épisode peut aussi être visionné ici.

CANADIENS-NORDIQUES: DES CHIFFRES

Le fameux match du Vendredi saint, qui a fini en bagarre générale, a attiré l’attention de 175 000 curieux, lundi à RDS. La rencontre chaotique et disgracieuse entre les Nordiques et le Canadien au Forum en 1984 était aussi pire que dans mon souvenir. RDS poursuit mercredi à 19h30 avec le septième match de la finale de la division Adams en mai 1985, et vendredi à 19h avec le septième match de la finale de la division Adams en mai 1987. À TVA Sports, on entamait lundi la présentation de la finale de 1993 entre les Canadiens et les Kings de Los Angeles, qui a intéressé 60 000 nostalgiques.

Richard Therrien
Hommage à nos héros, version canadienne

Richard Therrien

Hommage à nos héros, version canadienne

BLOGUE / Après One World: Together at Home, ensemble chez nous, présentée samedi soir sur plusieurs grandes chaînes, le milieu du spectacle canadien proposera sa propre émission spéciale en soutien aux travailleurs de première ligne. Intitulé Stronger Together, tous ensemble, ce spectacle télévisé d'une heure sera diffusé dimanche à 19h, sans pauses publicitaires. Du côté francophone, ICI ARTV, SériesPlus, VRAK et V le présenteront simultanément, avec sous-titres en français.

C'est dire que Bell Média, CBC/Radio-Canada, Corus Entertainment, Groupe V Média et Rogers Sports & Media s'unissent pour souligner le travail de ces héros. Québecor n'est pas du lot.

Plusieurs artistes, militants et athlètes canadiens prendront part à la soirée, à partir de leur domicile. Parmi eux, les Québécoises Céline Dion et Marie-Mai, de même que Michael Bublé, Bryan Adams, Shania Twain, Sarah McLachlan, Howie Mandel, Jann Arden, Rick Mercer, Alessia Cara, Russell Peters, Connor McDavid et les Barenaked Ladies.

Plus de deux douzaines de chaînes de télévision, de stations de radio et de plateformes de diffusion en continu retransmettront l'événement.

Richard Therrien
TLMEP: une enseignante en or

Télé

TLMEP: une enseignante en or

CHRONIQUE / On se souvient toute notre vie de profs qui nous ont marqué, qui ont été inspirants. Parmi eux, Marie-Ève Lévesque risque de rester longtemps dans le cœur de ses élèves. Pas seulement ceux de l'école primaire Sainte-Claire dans le Vieux-Longueuil, mais aussi ces écoliers confinés qui la suivent depuis trois semaines sur le web, donnant ses cours sur son tableau transparent. Sa passion pour le métier et pour ses élèves, sûrement partagée par tant de ses collègues, faisait du bien à voir à Tout le monde en parle.

Alors que l'école en temps de confinement peut donner bien des tracas à plusieurs parents, les capsules de «La classe de Marie-Ève» ont récolté 700 000 visionnements, vues par 230 000 familles de partout au pays. «Une influenceuse avec du contenu», a ironisé Dany Turcotte. Le but: conserver chez les enfants une routine d'apprentissage. Un retour en classe possible pour le mois de mai ne semble pas l'angoisser, même qu'elle croit important de boucler la boucle de l'année scolaire, «que ce soit de façon virtuelle ou non». La distanciation physique sera bien sûr tout un défi, mais elle garde confiance. «Les jeunes ont une très grande résilience. J'ai l'impression qu'ils vont facilement s'adapter à ce qu'on va leur proposer.»

L'urgentologue Dre Mélissa Ranger, qui a contracté la COVID-19, est complètement remise et ne croit pas conserver de séquelles: deux tests négatifs confirment qu'elle est immunisée, du moins pour quelques mois. On lui a reproché de ne pas avoir respecté la quarantaine en revenant de voyage. Mais elle explique que la règle s'appliquait aux retours après le 12 mars, ce qui n'était pas son cas. Comme 2300 de ses collègues, elle ira prêter main-forte dans un CHSLD, mais considère que les médecins spécialistes ne sont peut-être pas les mieux placés pour apporter leur aide, et qu'ils auraient dû être appelés «en dernier recours». Elle craint aussi l'effet pervers de délaisser ses propres patients à l'hôpital. Jugeant odieuse l'idée de se faire payer, elle a invité ses collègues à travailler bénévolement plutôt que d'accepter un forfait de 211$ de l'heure, ce qui a déplu à l'un d'entre eux, qui a menacé de déposer une plainte en déontologie. La Dre Ranger a voulu défendre la présidente de sa fédération, Diane Francoeur, qui a été critiquée pour son ton exaspéré et un malheureux tweet, pour lequel elle s'est excusée. «Qui n'a pas déjà fait ça?» demande l'urgentologue, qui parle d'une période où l'angoisse et l'impatience peuvent prendre le dessus.

Louis Morissette a brossé un portrait pessimiste de la situation du monde du spectacle et de l'édition. En plus de voir la sortie de son film reportée, il doit remettre à l'année prochaine sa tournée des Morissette. Il ne voit pas comment on pourra tourner une scène d'amour avec la règle du deux mètres de distance. Avec l'entrepreneur Benoît Fredette, le président du Groupe KOTV lancera bientôt «L'espace Yoop», une salle de spectacles virtuelle payante, pouvant réunir des milliers de spectateurs et créer une interaction avec eux. «Il y a un point où il va falloir arrêter de donner notre contenu gratuitement aux GAFAs», dit-il, en parlant de ces spectacles spontanés. Ce qui l'angoisse le plus: la Fondation Véro et Louis, qui doit ouvrir une première maison à l'intention de personnes autistes, et dont la levée de fonds est durement atteinte. «C'est un coup de poing dans le ventre pour la fondation», reconnaît Louis Morissette, qui espère néanmoins accueillir les premiers résidents cet automne.

Preuve que le confinement exacerbe les formes de violence conjugale: les appels de femmes en détresse ont augmenté de 20% dans les dernières semaines. Celles-ci appellent en chuchotant dans leur salle de bain, ou quand elles peuvent sortir de la maison. Nathalie Trottier, qui a fui à 11 reprises son foyer dans les 11 dernières années de sa relation, n'ose pas imaginer ce qu'aurait été sa vie si elle avait encore vécu en contexte de violence durant la pandémie, même si sa vie d'avant se résumait beaucoup au confinement, isolée par son ex-conjoint. «Le seul répit que j'avais, c'est lorsque j'allais chez la coiffeuse», confie cette survivante. Directrice de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, Manon Monastesse rappelle que 15 000 demandes d'hébergement ont été refusées dans la dernière année, résultat d'une situation déjà critique avant la pandémie. Elle encourage fortement les victimes à contacter SOS violence conjugale au 1-800-363-9010.

Très intéressante conversation avec les correspondantes de Radio-Canada à Paris et à Moscou. La Russie affiche deux fois et demi moins de morts que le Québec, des statistiques «qui ne reflètent pas ce qui se passe sur le terrain», observe Tamara Altéresco, de retour de Moscou depuis trois semaines. La journaliste observe aussi que la pandémie déjoue les plans de Vladimir Poutine, très critiqué depuis le début de la crise. «Ça devait être son printemps», dit-elle, alors qu'il avait trouvé un moyen de rester au pouvoir jusqu'en 2026, en changeant la constitution, et qu'un référendum devait avoir lieu le 22 avril. En France, on craint une deuxième vague parce qu'il manque beaucoup de matériel de protection, a expliqué Marie-Eve Bédard, en provenance de Paris. Les Français recommencent à pouvoir rendre visite aux personnes âgées, jusqu'ici isolées pour éviter d'être contaminées. «Ce que beaucoup disent, c'est que si on ne l'attrape pas, si on en meurt pas, c'est de solitude et d'isolement dont ces gens-là vont souffrir et ça va finir par les tuer aussi.»

Autre initiative pour nous faire passer au travers de la crise: le fondateur et PDG de Pur Vodka, Nicolas Duvernois, a utilisé l'alcool qui devait servir à la fabrication de sa vodka à la production de désinfectant à main. La recette, beaucoup plus simple que celle de la vodka, a été élaborée en à peine 48 heures. Le dragon réfléchit à l'idée de poursuivre la production, même une fois la crise passée. «J'aimerais que ce produit-là devienne un symbole. […] C'est inadmissible qu'on n'ait pas des produits de base qui sont faits ici», dit-il. J'ai un peu peur des chirurgiens dentistes, mais certainement pas du Dr René Caissie, spécialiste en chirurgie buccale et maxillo-faciale, qui a développé une cagoule de protection intégrale pour le personnel médical, avec CCM Hockey et Industrie Orkan. Originaire du Nouveau-Brunswick, le chirurgien bricoleur a «bizouné» le prototype dans son garage avec des outils trouvés à la quincaillerie. Parlez-moi d'un généreux débrouillard.

L'émission s'est conclue sur l'air de Si fragile, reprise par le couple Andrea Lindsay et Luc De Larochellière, frissons inclus. «On a de la chance qu'il y ait de l'amour dans la maison», a lancé De Larochellière, qui voit plusieurs bons côtés au confinement, dont la forte solidarité qui nous habite. Tout le monde en parle, qui devait au départ prendre fin cette semaine, se prolongera jusqu'au 24 mai sur ICI Télé.