RICHARD THERRIEN

Amère Caroline Néron

CHRONIQUE / Caroline Néron est furieuse. Dimanche soir sur le plateau de «Tout le monde en parle», elle s'est vidée le cœur, se disant victime de désinformation et de l'acharnement des médias. Une entrevue où la femme d'affaires paraissait pour le moins amère, attaquée dans son intégrité, y allant d'accusations à l'emporte-pièce, livrées sur un ton souvent arrogant.

«C'est pas une faillite, c'est une restructuration», plaide Mme Néron, dont l'entreprise de bijoux a été placée sous la protection de la Loi sur la faillite. Son seul mea culpa concerne son point faible : les finances. Mais pour l'essentiel, c'est la faute aux médias. L'ex-dragonne s'en est pris notamment au dossier de La Presse, qu'elle accuse d'être basé sur les témoignages d'ex-employés plutôt que sur des faits. «Faut qu'y arrêtent à un moment donné, parce que l'entreprise va bien», dit-elle sérieusement. «Y'a jamais une paie qui a sauté chez nous», poursuit-elle, au sujet des employés pourtant encore impayés.

Sa réplique à François Lambert, qui a affirmé qu'elle n'avait rien à faire chez les dragons, ressemblait à du gros règlement de comptes. «Y veut être à TV, fait que donnez-y donc un show de TV», a-t-elle lancé. Elle prétend que M. Lambert a voulu revenir au sein des dragons mais que sa tentative a échoué. Bref, un entretien empreint de rancoeur qui n'attirait pas beaucoup la compassion. «La pire année de ma vie», a conclu Caroline Néron.

Il fallait s'y attendre : ce fut tout autrement pour la rayonnante Anick Lemay, notre étoile du match, accueillie chaleureusement sur le plateau. C'était la première fois qu'elle parlait à la télé des trois cancers qui lui sont tombés dessus. «J'ai l'impression d'avoir mangé une volée», confie celle qui n'aime pas qu'on la qualifie de courageuse, de guerrière, de battante. Elle préfère de loin qu'on développe de l'empathie, une qualité rare, en comparaison avec la compassion, très courante.

Nous avons été nombreux à suivre ses récits dans Urbania durant la dernière année, plus d'un million selon l'auteure. Ces confidences touchantes et franches seront d'ailleurs réunies dans un livre. Elle adore écrire, mais reste d'abord une comédienne et sera de retour en avril sur le plateau de «L'Échappée». «Te dire comment j'ai hâte», affirme-t-elle, ajoutant que sa Noémie aura beaucoup changé à son retour dans l'histoire.

Richard Therrien

SLAV : après les cris, le dialogue

CHRONIQUE / Jusqu’ici, la controverse entourant la tenue et l’annulation du spectacle «SLAV» n’avait pas créé grand dialogue. C’est vrai, les deux parties restent campées dans leur position sans véritablement débattre de la question. En est ressortie la sensation qu’«on ne peut plus rien dire ou faire au Québec», sans qu’on pousse plus loin la réflexion. C’est donc à point nommé qu’intervient «Entends ma voix», un documentaire encore tout chaud, que diffuse ICI ARTV lundi à 20h30. Pour ne pas que ce sujet litigieux tombe dans le vide et pour qu’il puisse susciter un réel débat.

Avant toute chose, je précise que la journaliste Véronique Lauzon, qui est derrière ce documentaire avec les réalisateurs Maryse Legagneur et Arnaud Bouquet, est une amie. Mais le sujet est trop important pour que je ne puisse y accorder l’attention qu’il mérite. C’est dit.

Rappelons les faits. Incursion dans l’univers des chants d’esclaves afro-américains, le spectacle SLAV, de Betty Bonifassi, Robert Lepage et Ex Machina, a suscité la controverse avant même le début de ses représentations, l’été dernier, en raison de la quasi-absence d’artistes noirs sur scène comme derrière. À l’extérieur du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal, le soir de la première, des manifestants insultent les spectateurs, crient au racisme et à l’appropriation culturelle. Une semaine plus tard, après le boycottage du chanteur américain Moses Sumney, et voyant que la grogne ne s’estompe pas, le Festival international de jazz de Montréal annule le spectacle.

Quelques mois plus tard, la poussière est retombée, mais les plaies sont encore vives quand l’équipe d’Entends ma voix a invité des personnes des deux camps à se rencontrer, toujours en duo. Des tête-à-tête improbables, souvent corsés, mais nécessaires. En filigrane, on accompagne Betty Bonifassi, notamment en pleine répétition pour la reprise du spectacle. Celle-ci reconnaît qu’il y a eu des erreurs, notamment dans le numéro des femmes esclaves dans les champs de coton, personnifiées presque en totalité par des Blanches.

Mais sa version de l’annulation du spectacle diffère de celle du Festival de jazz, à qui elle affirme n’avoir jamais donné son accord. Les rencontres sont franches et honnêtes, au risque de faire mal parfois. Notamment quand le rappeur Webster avoue en tout respect à Betty Bonifassi avoir été content d’apprendre que le spectacle était annulé.

La rencontre la plus tendue survient toutefois entre la directrice artistique et générale du TNM, Lorraine Pintal, et l’auteur-compositeur-interprète Emrical, activiste de premier plan lors des manifs. Pour la première, qui dénonce les moyens «aussi radicaux que violents» employés par les manifestants, personne ne méritait de se faire traiter de raciste. Elle considère toujours cette annulation comme un geste de censure. À l’opposé, Emrical fait remarquer que la totalité des metteurs en scène de la prochaine saison du TNM est composée de Blancs.

La rencontre entre Betty Bonifassi et l’artiste hip-hop et activiste Lucas Charlie Rose est sans doute la plus touchante, cordiale au début, mais beaucoup moins vers la fin. C’est par la musique qu’ils s’entendront le mieux. «Vous nous avez toutes brûlées comme des sorcières sur la place publique», accusera-t-elle ensuite, réplique que l’activiste prendra comme une insulte.

Robert Lepage, qui a admis ses torts dans une lettre ouverte en plein temps des Fêtes, ne s’érige pas en victime, bien au contraire. Dans une entrevue réalisée il y a à peine une semaine, il fait d’ailleurs un aveu un peu troublant : «je ne connais plus le Québec», dit-il, inconscient jusqu’ici du malaise identitaire qui pouvait exister chez nous, depuis qu’il passe la majorité de son temps à l’étranger. Lepage prend acte et agit. Il s’assurera entre autres d’une meilleure représentation de la communauté afrodescendante de Québec au sein de la programmation du futur Diamant.

Sans mauvais jeu de mots, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. L’acteur et ancien ministre Maka Kotto tient des propos qui détonnent, qualifiant plutôt d’«appréciation culturelle» le fait d’attribuer le rôle d’une esclave noire à une Blanche. Le documentaire ne prend parti ni pour l’un ni pour l’autre, mais laisse les protagonistes réfléchir à voix haute. Au final, on sent tout de même plus d’ouverture du camp SLAV que de ses détracteurs, toujours à vif. On laisse d’ailleurs le mot de la fin à une des deux artistes noires du spectacle, Kattia Thony, accusée par les manifestants d’être «vendue», et qui a une tout autre interprétation de la chose.

Entends ma voix ne règle pas la question, mais force le dialogue, et c’est déjà un pas dans la bonne direction. La diffusion du documentaire, produit chez Pamplemousse Média, arrive alors que de nouvelles représentations de SLAV tiendront l’affiche dans quelques villes québécoises, à commencer par Sherbrooke, le 16 janvier à la Salle Maurice-O’Bready. Même remaniée, cette version satisfera-t-elle les détracteurs?

Richard Therrien

Deux hommes en congé, la messe à l’automne

CHRONIQUE / Y’a du monde à messe, diffusée les vendredis soir d’été à Télé-Québec, se poursuivra tout l’automne jusqu’au 6 décembre, ai-je appris. En septembre, l’émission de Christian Bégin prendra effectivement la case de Deux hommes en or, qui ne sera de retour qu’à l’hiver.

On sait que Patrick Lagacé, qui coanime Deux hommes en or avec Pierre-Yves Lord, sera très occupé cet automne puisqu’il pilotera le retour à la maison au 98,5 à Montréal, occupé actuellement par Paul Houde. Ce congé de Deux hommes lui laissera le temps d’installer son émission de radio. Quant à Deuxième chance, que Patrick Lagacé coanime avec Marina Orsini sur ICI Radio-Canada Télé, elle n’a pas été renouvelée pour la saison prochaine.

Y’a du monde à messe, qui a connu un beau succès lors des deux derniers étés, en sera à sa troisième saison et s’allongera donc à 27 émissions cette année. L’émission reviendra le vendredi 7 juin à 21h.

Oui à Faits divers, Non à Demain des hommes

L’excellente série Faits divers aura une troisième saison. Seule déception: nous n’aurons droit cette fois qu’à six épisodes, plutôt que les 10 habituels. De plus, sachez que cette nouvelle saison sera d’abord disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv, alors qu’elle était plutôt diffusée en primeur sur ICI Radio-Canada Télé pour ses deux premières saisons. La série de Joanne Arseneau sera une nouvelle fois réalisée par Stéphane Lapointe. Il faut croire que le diffuseur aimait la série autant que nous, puisqu’elle ne cassait rien dans les sondages malgré toutes ses grandes qualités; la première saison avait rallié 658 000 fidèles, et la deuxième, 635 000. La troisième devrait donc repartir une toute nouvelle enquête pour la chef enquêtrice du bureau régional de Mascouche, Constance Forest (Isabelle Blais). Déception par contre pour Demain des hommes, qui n’aura pas droit à une deuxième saison. L’auteur Guillaume Vigneault a fait part de sa déception sur sa page Facebook hier. CBC a toutefois commandé une version anglophone de la série sur le monde du hockey junior.

RICHARD THERRIEN

Une troisième saison pour «Faits divers»

BLOGUE / L'excellente série «Faits divers» aura une troisième saison. Seule déception: nous n'aurons droit cette fois qu'à six épisodes, plutôt que les 10 habituels.

De plus, sachez que cette nouvelle saison sera d'abord disponible sur l'Extra d'ICI Tou.tv, alors qu'elle était plutôt diffusée en primeur sur ICI Radio-Canada Télé pour ses deux premières saisons. La série de Joanne Arseneau sera une nouvelle fois réalisée par Stéphane Lapointe.

Il faut croire que le diffuseur aimait la série autant que nous, puisqu'elle ne cassait rien dans les sondages malgré toutes ses grandes qualités. La deuxième saison tournait autour de la mort suspecte d'un homme, abandonné sur le terrain d'un camping naturiste. La troisième devrait donc repartir une toute nouvelle enquête pour la chef enquêtrice du bureau régional de Mascouche, Constance Forest (Isabelle Blais).

Déception par contre pour Demain des hommes, qui n'aura pas droit à une deuxième saison. L'auteur Guillaume Vigneault en a fait l'annonce sur sa page Facebook plus tôt ce matin.

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Télé et radio

«Unité 9»: peut-on tout pardonner?

CHRONIQUE / Plus que 12 épisodes avant que Lietteville nous ferme ses portes. D’ici là, l’auteure Danielle Trottier compte régler plusieurs dossiers, mais pas à la sauvette. Les trois premiers épisodes d’«Unité 9», montrés aux journalistes, annoncent une quête vers la paix pour plusieurs personnages. Et pour y parvenir, ils devront chercher dans des zones grises et ô combien délicates.

Jeanne, qui nous a révélé Ève Landry au tout début de la série, sera certainement au centre de l’histoire pour ce dernier bloc d’épisodes. La belle amitié qu’elle entretient avec Eyota (Natasha Kanapé Fontaine), née au maximum, se poursuivra cet hiver. Par contre, ce lien qu’elle entretient depuis toujours avec Marie (Guylaine Tremblay) sera mis à rude épreuve. Jusqu’ici, personne d’entre nous n’aurait compris que Jeanne accepte d’adresser la parole à son agresseur, qui souhaite aujourd’hui obtenir la garde de la petite Victoire, née d’un viol. Vous verrez dès l’épisode de mardi que la réalité est plus complexe; de nouveaux éléments risquent de changer (un peu) votre opinion sur le violeur, Patrick Sirois (Maxime Dumontier).

Cette ambiguïté, qui a souvent suscité chez nous une empathie qu’on croyait improbable, a été l’une des grandes forces d’Unité 9 à travers les années : qu’on pousse le public à n’accorder ne serait-ce qu’une minute d’attention à des femmes qui ont commis des actes aussi horribles relevait du défi. C’est toute la profondeur et la subtilité de l’écriture de Danielle Trottier, qui nous ont gardés aussi longtemps devant notre écran le mardi à 20h. Pour l’auteure, c’est mission accomplie.

Prenez le personnage de Macha Vallières (Hélène Florent), qui a abusé d’enfants. L’image de son père, qu’elle a toujours idéalisée, en prendra un coup. Là aussi, sans jamais excuser l’acte, certains éléments expliqueront en partie le comportement de la détenue, encore appuyée par son ex-mari (Gabriel Sabourin), ce qui n’est pas banal. Mais qu’arrivera-t-il de notre Marie adorée? On peut supposer qu’elle fera enfin d’ici la fin de la saison son fameux aveu à Lucie, réclamé par le public, mais dans les faits, beaucoup plus ardu qu’une simple révélation.

J’adore Kathleen Fortin, qui apporte tout un relief au personnage de Manon «Boule de quille» Granger, que vous verrez beaucoup dans les prochains épisodes. Une stupéfiante transformation pour cette actrice, qui nous a éblouis en chanson à En direct de l’univers — Spéciale du jour de l’An. Il se crée entre Manon et le nouvel aumônier (René Richard Cyr) une relation des plus étranges; elle lui confie tout dans les moindres détails, y compris les abus sexuels dont elle a été victime. Ronald semble presque y prendre plaisir, ce qui ajoute à toute l’étrangeté du personnage. «Dans le fond, Ronald, c’est comme une femme de ménage; il veut juste nous aider à nous laver l’intérieur», dira Manon, dont on verra le frère dans des circonstances particulières.

Vous assisterez à plusieurs moments très émouvants dans les épisodes à venir. Dont une rencontre impliquant Manon, qui pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons, et une scène où Jeanne fera la paix avec un des épisodes les plus durs de son passé. On a beaucoup pleuré sur le plateau en tournant les dernières scènes; nous verserons sans doute quelques larmes quand nous les verrons au printemps.

«Ça va faire peur au monde.» C’est une phrase qu’entendait le directeur des dramatiques André Béraud, quand il a donné le feu vert au projet d’Unité 9, d’abord refusé par TVA. L’univers d’une prison pour femmes faisait craindre une série glauque, trop sombre pour plaire au public. Le diffuseur a tenu son bout et le public s’est aussitôt pris d’affection pour ces criminelles. Le réalisateur Jean-Philippe Duval, qui venait du cinéma, aura tenu les sept saisons de la série, appuyé à quelques reprises par d’autres réalisateurs.

Déjà, la direction d’ICI Radio-Canada Télé sait ce qui devrait occuper la case du mardi à 20h cet automne. Le diffuseur développe un nouveau projet avec l’auteure Danielle Trottier et les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau, dont ils taisent pour l’instant la nature.

Près de 1,5 million pour «La fureur»

Jamais une émission ne dépasse le million le samedi soir à la télé généraliste. Mais c’était spécial cette semaine, alors qu’ICI Radio-Canada Télé ramenait La fureur pour un soir seulement. L’opération a été un succès, ralliant 1486 000 téléspectateurs, en direct devant leur écran, pour une part de marché de 46 %. Voilà qui donnera de l’espoir aux fans qui souhaitent le retour de l’émission. Pour ma part, je pense qu’un retour annuel serait le meilleur choix. Chaque semaine, ce serait peut-être un peu ambitieux. Le diffuseur n’a pas ailleurs pris aucune décision à ce sujet. À TVA Sports, le match opposant le Canadien aux Predators a été vu par 460 000 amateurs.

RICHARD THERRIEN

On veut encore «La fureur»

BLOGUE / C'est à se demander pourquoi personne n'y avait pensé avant. L'engouement pour «La fureur», qu'on a fait revivre le temps d'un soir samedi sur ICI Radio-Canada Télé, n'a rien perdu de sa vigueur, bien au contraire. Additionné du facteur nostalgie, l'effet «Fureur» avait même quelque chose de délirant, 20 ans après sa naissance dans le même studio 42. De la pure folie.

Déjà, après quelques minutes, on savait que ce retour pour un soir de La fureur serait un succès. Et que sans aucun doute, les fans n'attendront pas un autre 10 ans pour renouer avec le jeu mythique. C'est en pleine euphorie qu'est entrée Véro pour sa fameuse danse en ouverture. Comme dans le bon vieux temps, à part le décor, rien n'avait vraiment changé.

Joueurs vétérans – Élyse Marquis et Sébastien Benoit toujours aussi compétitifs – et ceux de la nouvelle génération – Mariana Mazza et Katherine Levac particulièrement euphoriques – se sont succédés au jeu, gars contre filles, avec la même furieuse rivalité. Une fois la chanson de ralliement passée, le jeu de «la chanson arrêtée» a donné le ton. D'un côté comme de l'autre, les candidats passeront leur temps à contester le pointage, comme dans le temps. La rivalité s'est même transportée dans le ménage Cloutier-Morissette : «J't'ai rencontrée icitte, j'peux te laisser icitte!» a lancé Louis à son épouse, lui remettant son jonc de mariage, que Phil Roy s'est empressé d'aller récupérer. Le duo se «réconciliera» plus tard, le temps d'une version modifiée du Feu sauvage de l'amour.

Le jeu a permis de revoir Linda Malo et Isabelle Brossard, qu'on n'avait pas vues depuis belle lurette. Un numéro réunissant les chanteurs des groupes Yelo Molo, Okoumé, Kaïn, La Chicane et Noir Silence a créé un moment magique en studio, le public reprenant en choeur leurs succès, de Juste pour voir le monde à Embarque ma belle. Dans un medley endiablé, Gabrielle Destroismaisons est venue faire un (trop court) bout de Et cetera.

Du côté des bémols, on aurait aimé voir les paroles arriver un peu plus vite à l'écran. Ça aurait entre autres évité un imbroglio impliquant Jay Du Temple, dans le jeu de la caméra musicale. La reprise d'un succès de Britney Spears par Charlotte Cardin était sympathique, mais on aurait souhaité plus d'invités spéciaux. Pour la fin, surprenante comme on les aime avec une victoire des filles 18 à 15, on aurait dû nous laisser la musique-thème au lieu de couper aussi sèchement; Le téléjournal aurait bien pu attendre, c'est pas tous les samedis soir qu'on peut renouer avec La fureur. Souhaitons que le diffuseur renouvelle l'expérience plus tôt que tard.

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Richard Therrien

3, 2, 1... bonne année!

CHRONIQUE / Voici un survol des spéciales des Fêtes au petit écran.

Bye Bye 2018

Lundi 31 décembre à 23h et mardi 1er janvier à 21h

«Je ne vois pas comment on aurait pu faire un 50e anniversaire sans avoir Dominique. C’est impensable», confie le producteur du Bye Bye 2018, Guillaume Lespérance, qui travaillait depuis février pour réunir Dominique Michel et d’anciennes vedettes de cette revue humoristique. Marc Labrèche, qui a choisi de ne pas faire partie de l’équipe de comédiens cette année, fera tout de même une apparition.

Mais comment intégrer autant de gros noms que Véronique Cloutier, Louis Morissette, Michel Côté, Marc Messier, Pauline Martin, Yves Jacques, René Simard et RBO à un Bye Bye d’une heure et quart? «On a juste écrit des sketchs et on s’est demandé qui seraient les meilleurs pour les jouer», répond le réalisateur-coordonnateur Simon Olivier Fecteau, toujours très discret sur le contenu du Bye Bye, qui a rassemblé pas moins de 3 millions de téléspectateurs l’année dernière.

Pour combler le vide laissé par Marc Labrèche, on est allé dans l’inattendu en demandant à Claude Legault de se joindre à l’équipe. L’acteur a souvent fait dans le comique, mais moins dans l’imitation. «Je pense à Anne Dorval, qui n’avait jamais vraiment fait d’imitations, mais c’est une comédienne extraordinaire. Claude est tout aussi talentueux, il a un vrai sens comique», explique Guillaume Lespérance. Nouveau aux côtés de Patrice L’Écuyer, Anne Dorval, Pierre Brassard, Véronique Claveau et Simon Olivier Fecteau, Claude Legault est entré tout naturellement dans l’aventure. «Il est complètement émerveillé par chacune des étapes.»

En visionnant plusieurs sketchs des précédents Bye Bye depuis 50 ans, Lespérance et Fecteau ont constaté que le rythme a beaucoup changé. Aujourd’hui, tout va plus vite. «Si tu remontes à 1982, au lieu d’être aux 20 secondes, il y a une blague aux trois minutes», remarque Simon Olivier, qui affirme néanmoins que tous ces vieux Bye Bye font partie de notre ADN. «Dans 50 ans, les gens vont peut-être regarder nos Bye Bye et dire : ‘‘Mon Dieu, c’était donc ben plate!’’»

En regard des controverses opposant différentes communautés, est-il encore possible de rire d’une tranche de la société sans provoquer une levée de boucliers? Simon Olivier Fecteau a choisi de lâcher prise et de répliquer par l’humour. «On a fini par accepter qu’il y ait des gens fâchés. L’an passé, avec le mouvement #moiaussi, il y avait des gens qui avaient fait des choses condamnables, dont c’était facile de rire. Cette année, c’était plutôt des sujets qui opposaient deux camps. Peu importe la blague qu’on fait, on va fâcher des gens des deux côtés. Allons-y pour ce qui est le plus drôle. À force de vouloir plaire à tout le monde, on va juste faire quelque chose de gris.»

RICHARD THERRIEN

«District 31»: une bombe avant les Fêtes

BLOGUE / Paraît que je détiens la palme du nombre de mentions de «District 31», selon Mesure Média. Faut dire que Luc Dionne m'a souvent donné l'occasion de commenter ses intrigues, qui nous ont encore une fois tenu en haleine tout l'automne.

J'ai visionné hier le 300e épisode, que vous verrez ce soir (jeudi) à 19h, sur ICI Radio-Canada Télé, le dernier avant les Fêtes. L'auteur avait annoncé une bombe, disons qu'il y a des têtes qui roulent. Lesquelles? Ne comptez pas sur moi pour brûler le punch, mais Luc Dionne ne fait pas durer le suspense bien bien longtemps; vous le saurez assez tôt dans l'épisode, du moins pour une des victimes. Ça fesse. Et ça va faire jaser durant le temps des Fêtes.

Cette saison d'automne, où District 31 a dominé le palmarès d'écoute, a été marquée par les enquêtes sur la mort de Léopold Jean et de Christian Phaneuf, de même que sur la captivité de Charlène Baribeau (Sophie Desmarais) dans le sous-sol de Yanick Dubeau (Patrice Godin), le faux gentil du poste de police. L'épisode de ce soir ne boucle rien de tout ça, bien au contraire. Le retour très attendu de Patrick Bissonnette (Vincent-Guillaume Otis) a eu lieu plus tôt qu'on le croyait, en début de semaine, même s'il a souvent été question de lui durant l'automne. Reste à voir si Daniel Chiasson (Gildor Roy) et son bon ami Laurent Cloutier (Patrick Labbé) seront démasqués. Et si Gabrielle Simard (Geneviève Brouillette) est aussi transparente qu'elle le laisse croire...

Dans la semaine du 3 décembre, District 31 a obtenu une moyenne de 1 512 000 fidèles, un exploit pour une quotidienne. Dans la semaine du 26 novembre, 1 596 000 étaient au rendez-vous.

La série sera de retour le lundi 7 janvier à 19h.

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Télé et radio

Autre histoire, même Marina

CHRONIQUE / En faisant la connaissance d’Anémone Leduc, l’héroïne d’«Une autre histoire», vous aurez l’impression de rencontrer Marina Orsini. La même humanité, cette même grandeur d’âme, ce sourire naturel, un cœur en or. Bon, Anémone est certainement moins joyeuse et joviale. Mais sur le fond, du moins à travers l’image publique, Anémone, c’est pas mal Marina.

La nouvelle série de Chantal Cadieux, diffusée à partir du lundi 7 janvier à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, commence en plein drame, alors qu’Anémone Leduc, une thanatopractrice de 53 ans, apprend qu’elle est atteinte d’Alzheimer précoce. Voilà qui explique ses égarements des derniers mois, sa difficulté à retenir les noms, les rendez-vous et son désordre inhabituel. Le diagnostic coïncide avec l’arrivée d’un nouveau directeur au salon funéraire où elle travaille. Vincent Gagnon (Sébastien Ricard) est aussi charmant que mystérieux, jusqu’à ce qu’un étrange cahier vous le fasse craindre.

La maladie force Anémone à considérer l’idée de renouer avec son ancienne famille, ses trois enfants d’une précédente union, qu’elle a abandonnés jadis pour fuir un climat violent, «l’autre histoire» du titre. Nous suivrons en parallèle les vies passées et actuelles d’Anémone: sa première famille à Laval, en banlieue nord de Montréal; et son actuelle à Belleville, qu’on imagine à moins d’une heure de Québec.

Anémone n’est pas la seule à penser à ses premiers enfants qui la croient morte; sa fille Caroline (Debbie Lynch-White) traîne encore une photo de famille, sur laquelle le visage de sa vraie mère est transpercé. Cette camionneuse insatisfaite de sa vie rangée avec mari et enfants a décidé de retourner aux sources. Ses frères Sébastien (Benoit McGinnis), un dentiste dragueur, et Jean-Olivier (Adam Kosh), en cure de désintoxication, sont aux antipodes. Parler du passé consiste pour eux à ressasser de pénibles souvenirs, notamment à cause de leur père Ron (Vincent Graton). Encore en deuil de son deuxième mari, Anémone a eu trois enfants avec lui: Karla (Marilou Morin), son aînée, barmaid qui ne l’a pas eu facile, Simon (Mikhaïl Ahooja), jeune papa, et Olivia (Laurence Barrette), une enfant adoptée qui aspire à faire le métier de sa mère.

Anémone est dans la vie comme avec les morts qu’elle embaume, humaine et délicate. Il lui arrive même de leur parler en leur chuchotant des mots à l’oreille. Si la chose vous répugne, vous baisserez peut-être les yeux en voyant ces scènes de cadavres prêts à être vidés de leur sang, car il y en aura, sans en abuser. Anecdote: ce sont de vraies personnes qui incarnent les morts, de la table de travail d’Anémone jusqu’au cercueil. En passant, il n’y a pas de lien à faire entre Une autre histoire et Six pieds sous terre, la série mythique américaine; on est ailleurs.

Comme elle en avait l’habitude dans Mémoires vives, l’auteure effectue constamment des sauts dans le temps. Laurence Latreille, qui jouait Ariane dans Fugueuse, incarne Anémone jeune. Vous verrez pourquoi elle a été forcée de se réfugier chez Lise, qui deviendra sa meilleure amie, toujours présente auprès d’elle aujourd’hui. Danielle Proulx joue ce rôle de bonne fée.

Une série annuelle puise toujours dans une vaste galerie de personnages. L’auteure — qui préfère qu’on dise «autrice» — a pensé créer un personnage de transgenre, Suzon, joué par Stéphane Jacques, l’infâme Franck Manseau de Mémoires vives. Suzon a connu l’ex d’Anémone et père de ses enfants, et se montre encore fort maternelle avec Caroline et Jean-Olivier. Après Mirador, Nathalie Coupal hérite encore d’un rôle de garce, celui d’une femme qui fait chanter les hommes qu’elle capture dans sa toile.

Si vous étiez fidèle à Mémoires vives, vous serez en terrain connu avec des histoires de famille complexes, des secrets, des non-dits. Vu son sujet, Une autre histoire aurait pu être pénible, mais elle est plutôt apaisante, grâce entre autres à la réalisation sensible et soignée de Brigitte Couture. On le savait, mais la série nous rappelle à quel point Marina Orsini est une actrice formidable, à laquelle on s’attache dès les premières minutes. Une autre histoire affrontera L’Échappée, un gros mandat puisque la série de TVA dépasse le million de fidèles chaque lundi à 20h.

Télé et radio

«5e rang» vaut-il le détour?

CHRONIQUE / La vie de Marie-Luce Goulet bascule à la mort suspecte de son mari. Plusieurs individus du village de Valmont sont alors soupçonnés. Mais pourquoi Guy Bérubé a-t-il quitté la maison pour se retrouver en si mauvaise posture? Cette question occupe les premiers épisodes de «5e rang», à partir du mardi 8 janvier à 21h sur ICI Radio-Canada Télé, contre «L’heure bleue» de TVA. La télé sort de plus en plus des villes, et ça fait du bien.

Il en fallait pourtant beaucoup pour ébranler Marie-Luce (Maude Guérin), pilier des Goulet, qui a hérité de la ferme familiale. Évolue autour d’elle toute une galerie de personnages, dont ses filles Kim et Julie (Catherine Brunet et Marie-Ève Milot) et son neveu Simon (Simon Pigeon), qui l’aide beaucoup sur la ferme. Ce n’est qu’au deuxième épisode que vous rencontrerez les quatre sœurs de Marie-Luce, et comprendrez qu’entre Marie-Jeanne (Catherine Renaud) et elle, rien ne va plus depuis longtemps.

Pour être honnête, 5e rang m’a laissé un peu tiède. La première série annuelle mettant en vedette Maude Guérin est signée Sylvie Lussier et Pierre Poirier, qui sortent heureusement des intrigues gentilles et parfois même burlesques de L’auberge. L’œuvre ne déborde pas non plus d’audace et d’innovation. En même temps, elle ne se prend pas pour une série lourde au propos original et mordant; on a affaire à un téléroman à l’aspect résolument plus moderne.

Là où 5e rang risque de garder mon attention, c’est avec ses personnages singuliers. Comme celui de Réginald (Maxime de Cotret), ancien militaire qui vit presque en ermite, n’hésitant à tirer en l’air avec son fusil quand un innocent joggeur s’aventure dans les parages, et qui s’alimente de ragoût de castor, d’écureuil et de mouffette. L’être ténébreux possède un chien d’assistance depuis qu’on lui a diagnostiqué un syndrome de choc post-traumatique.

On sourit en voyant Luc Senay, tout habillé cette fois, enfourchant son quatre-roues comme dans Faits divers. Voilà un personnage, le garagiste Paul Langlois, bourré de préjugés, qu’on ne risque pas d’aimer d’emblée. Pour l’instant, le policier de Valmont, Frédéric Longpré (Maxim Gaudette), ne transpire pas l’efficacité et la bravoure. L’importance du drame qui affecte les Bérubé nécessite la venue d’agents de la SQ, dont les méthodes sont sûrement plus musclées. Le couple gai de commères du village, Sam et Joe (Roger La Rue et Michel Laperrière), frise la caricature. Souvent attablés au casse-croûte de la place, ceux-ci commentent un peu grossièrement les allées et venues de leurs concitoyens, quitte à sortir quelques détails sordides sur la mort de Guy.

Les premiers épisodes ont quelque chose de glauque, une histoire de corps démembré dans le purin. Certaines scènes pourraient provoquer le même haut-le-cœur chez le public que chez les personnages. Certaines décisions des personnages principaux font sourciller; on se demande quelle mouche les a piqués pour perdre ainsi tout jugement. En même temps, leur découverte est si affreuse qu’on peut deviner leur panique. Disons que, dans les circonstances, la visite à la ferme d’un réputé chef montréalais, propriétaire d’un prestigieux restaurant qui pourrait éventuellement s’approvisionner à la ferme de Marie-Luce, passe soudainement au deuxième rang.

Comme toujours, Maude Guérin est formidable dans le rôle principal. La scène où Marie-Luce apprend le terrible drame arrache les larmes tant l’actrice est crédible. Comme il le faisait souvent dans L’auberge, le duo d’auteurs fait un clin d’œil aux fans de la première heure de 4 et demi... en ramenant le personnage de Jean-René (Martin Héroux), l’animalier de la clinique Dufour, qui entrait à l’école vétérinaire à la fin du téléroman. Il a maintenant sa propre clinique à Valmont, où travaille Kim Bérubé (Catherine Brunet), une des filles de Marie-Luce.

En plus d’avoir le titre de producteur associé, Francis Leclerc réalise les trois premiers épisodes, même si on ne sent pas sa signature. Christian Laurence s’est chargé des neuf suivants, et Myriam Verreault, des épisodes 13 à 18. Pour l’instant, 12 sont prévus à l’hiver, et 11 à l’automne, mais les auteurs souhaitent s’engager pour plusieurs saisons.