À Noël, « on fait toujours la même chose, on est des gens de traditions: on s’installe pour deux semaines à notre chalet dans les Laurentides, on reçoit la famille et on prend le temps de vivre. » - Véronique Cloutier

Réveillonnez avec les artistes

L’équipe des arts vous souhaite une fin d’année aussi reposante que festive, aussi familiale qu’amicale et surtout aussi inspirante que possible. Pour cette avant-dernière livraison de 2017, des artistes s’invitent à réveillonner avec vous en partageant leurs impressions sur Noël. De la rumba congolaise aux soirées hivernales à Saint-Élie, voici un camaïeu de témoignages pour tamiser vos célébrations...

VÉRONIQUE CLOUTIER

À Noël, «on fait toujours la même chose, on est des gens de traditions: on s’installe pour deux semaines à notre chalet dans les Laurentides, on reçoit la famille et on prend le temps de vivre. On va jouer dehors, on fait du patin, on boit des chocolats chauds, [on passe] le plus de temps possible en pyjama... c’est la vraie tradition des Fêtes! Et ça va être TRÈS apprécié cette année », se réjouit Véronique Cloutier, dont le rythme de travail a été particulièrement intense, ces derniers mois.

Le bon coup 2017

Après 299 représentations de Les Morissette, le couple chéri des Québécois a mis un terme – à Gatineau – à la tournée de ce spectacle entamée trois ans et demi plus tôt. Véro prépare depuis quelques mois sa nouvelle émission hebdomadaire. « 1res fois », qu’elle anime, sera diffusée les jeudis, dès le 8 janvier, à l’antenne d’ICI Radio-Canada Télé.


KRISTINE ST-PIERRE

Kristine St-Pierre a sortie un nouvel EP, La Promesse, en 2017, cinq ans après son deuxième album bilingue, Call me crazy.

« Noël représente le temps idéal pour apprécier ce que l’on a. Prendre une pause, apprécier les gens qui m’entourent et tout ce que j’ai accompli dans l’année. Cette fête a beaucoup changé depuis que j’ai deux enfants. Ma fille a trois ans et j’ai hâte de voir ses expressions, à Noël. On chante beaucoup à la maison, je joue de la guitare et les enfants vont chercher des petits instruments dans une boîte que je ressors, pour chanter Vive le vent et Jingle Bells. C’est une tradition que j’espère créer, des fêtes de famille en musique. »

Le bon coup 2017

La sortie d’un nouvel EP, La Promesse, cinq ans après son deuxième album bilingue, Call me crazy. Une tournée pancanadienne est prévue en 2018.


D-TRACK (DAVID DUFOUR)

En décembre, D-Track (à gauche) a fait paraître un deuxième recueil de ses textes slam et rap, cette fois illustré par Émilie Pinard. Intitulé «Artdoise», l’album est disponible via le site Blurb.com.

«Je ne fais rien de spécial pour Noël. Ça va sonner quétaine, je sais bien, mais je vais en profiter pour venir voir la famille et la belle famille [...] éparpillée en Outaouais. [..] Et puis, ça va être le tout premier Noël de ma fille», se réjouit le rappeur-slammeur D-Track, désormais basé à Montréal. « Dans ma famille, on est catholiques, mais pas pratiquants. Mais je ne pense pas aller à l’église. Noël, je vois plus ça comme un temps pour la famille, que pour le côté religieux.» – D-Track

Le bon coup 2017

En septembre, Guy A. Lepage, a mis depuis son compte Twitter un lien vers une chanson signée par D-Track et son vieux complice Sam Faye. 

«J’écoute ça et j’ai le sourire au lèvre!» [sic], partageait l’animateur de Tout le monde en Parle (TLMEP). L’album du duo versé dans le rap plutôt comique, «Stéréo», est paru en mai. 

«La chanson a joué quatre fois à TLMEP. Ç’a été un bon coup de pouce: la ‘toune’ a voyagé !» 

En décembre, D-Track a fait paraître un deuxième recueil de ses textes slam et rap, cette fois illustré par Émilie Pinard. Intitulé «Artdoise», l’album est disponible via le site Blurb.com.


MEHDI CAYENNE

Mehdi Cayenne peaufine une cinquantaine de chansons, dans la perspective d’en glisser une dizaine sur l’album qu’il espère sortir en 2018.

Mehdi Cayenne est en mode « création », ces jours-ci. Il peaufine une cinquantaine de chansons, dans la perspective d’en glisser une dizaine sur l’album qu’il espère sortir en 2018. 

« Les vacances, c’est pour un autre jour. Ou une autre vie ! » Mehdi Cayenne préfère « déléguer les tâches administratives » et se libérer pour Noël, parce que « si on ne prend pas le temps de célébrer avec sa famille et tous ceux qu’on aime, alors à quoi ça sert de faire ce drôle de métier ? » Les fêtes, l’auteur-compositeur-interprète les passera « en petite gang, avec ma mère, ma chérie et mon bébé, parce que ma famille élargie est sur d’autres continents. » Quand on le joint au téléphone, il est justement en train de faire la file dans un magasin, d’où il doit rapporter « des napkins rouges », commandés par sa douce. 

Mais, chez maman, « on est plus couscous que dinde », précise Mehdi Hamdad, de son vrai nom. « Quand j’étais petit, on fêtait en se lisant des histoires, tout en écoutant de la musique classique ou du Nirvana. » Une fois n’est pas coutume, il fêtera sous le sapin. « Un vrai sapin. Allez, tranche de vie : Quand j’habitais New York, je vendais des arbres de Noël à des prix faramineux. J’étais au coin de la 6th avenue et Spring, et on allait livrer dans des lofts somptueux. » 

Le bon coup 2017

« J’ai eu la chance de partir en tournée au Canada et en France. Et puis ma fille est née ; ça, c’est magique ! » 


BLAISE NDALA

Blaise Ndala agira comme « invité d’honneur, représentant de l’Ontario français », au Salon du livre de l’Outaouais, du 1er au 4 mars 2018.

« Aussitôt que j’entends Noël au Congo, défilent dans ma mémoire : le soleil roi, les tout-petits parés de leurs plus beaux atours – c’est leur fête, les sapins artificiels arrachés à prix d’or aux commerçants chinois, les chrétiens des mille et une églises évangéliques qui savent qu’il s’agit de la seule période de l’année où ils peuvent crier leur amour de Jésus de Nazareth sans qu’un mécréant ne vienne leur reprocher de lui arracher indûment ses heures de sommeil… Mais puisque ces souvenirs renvoient surtout à Kinshasa, ville où les épicuriens, même désargentés, refusent de courber l’échine, je revois aussi les ‘concerts de Noël’ à la belle étoile. Mes amis et moi préférions les vibrations cuivres et guitares des princes de la rumba aux chants sacrés de ces églises qui vendaient du Jésus à tout va. Quatorze ans plus tard, loin du soleil du Congo, je confesse que malgré la neige qui lui confère des allures de belle merveille, mon Noël boréal est avant tout l’acte de naissance d’un hiver au trop long cours que je n’ai pas réussi à apprivoiser. Un hiver qui me ferait la peau si je ne vivais pas entouré de ceux qui ont allumé en moi un été invincible : les livres, ma conjointe et mes amis, les uns empruntant parfois les visages des autres. »

Le bon coup 2017

Une mention spéciale du jury au Prix Ivoire 2017 pour son dernier roman, Sans capote ni kalachnikov. Et la participation prochaine, comme « invité d’honneur, représentant de l’Ontario français », au Salon du livre de l’Outaouais, du 1er au 4 mars 2018. 


YAO

Entre ses spectacles en France, sa tournée au Maghreb, son émission de radio et la médaille du Sénat qu’il a reçue fin septembre, Yao a «vraiment eu une super année 2017».

«Je suis fermement croyant, mais pour moi, Noël, ça représente surout la famille. Je serai à la maison [à Ottawa] cette année, ce qui est rare: ces dernières années, j’ai souvent été en voyage, ou en tournée, pendant les Fêtes» témoigne le chanteur Yao, qui retrouvera dans la capitale ses trois frères et soeurs et ses parents. «Mais Noël, c’est aussi un temps d’introspection, de réflexion et de repos. j’en profite pour renouer, faire du rattrapage avec toutes les personnes [que j’ai négligées]. J’aime être invité, mais j’aime accueillir chez moi, et préparer des petits dîners. [...] C’est le temps de prendre soin des autres et d’être généreux. Là, j’ai passé la matinée à trier des vêtements que je vais aller porter auc Bergers de l’espoir.» Malheureusement pour ses envies de repos, les mois de décembre et janvier sont incontournablement, pour Yao, responsable de sa propre boîte de production, «une énorme période administrative: il y a les rapports à clôturer, les demandes de bourses à boucler, les états financiers à boucler... tout ce qu’oil est difficile de faire le reste de l’année, parce qu’on est toujours en mouvement [en tournée]. Et puis je m’apprête à déménager mon bureau, alors, Noël, je vais être un peu dans les boîtes...» rigole Yao.

Le bon coup 2017

Entre ses spectacles en France, sa tournée au Maghreb, son émission de radio (sur les ondes d’UNique FM) et la médaille du Sénat (médaille du 150e de la confédération canadienne) qu’il a reçue fin septembre, Yao a «vraiment eu une super année 2017».


LE R

Le R a signé la production du premier EP Or & Flamme du rappeur Kimya sur le label qu’il a fondé, L’Armure du Son.

«Quand j’étais enfant, au Bénin, Noël mélangeait les traditions africaines et occidentales. L’importation des croyances religieuses fait que l’on retrouvait des crèches dans certains foyers. Mais il y avait aussi des jeunes gens qui portaient des masques [modernes] et exécutaient des pas de danse sur des chansons à thèmes dans l’esprit de Noël. On faisait beaucoup de bruit dans les rues grâce à des pétards faits main, construits avec des rayons de bicyclette et du plomb fondu. J’ai toujours pensé que Noël, c’était pour les enfants, jusqu’à ce que je déménage au Canada, en 2002, et que je réalise que les adultes aussi célébraient !»

Le bon coup 2017

La production du premier EP Or & Flamme du rappeur Kimya sur le label qu’il a fondé, L’Armure du Son.


ÉDITH BOURGET

L'année 2017 d'Édith Bourget a été marquée par la parution de quatre livres jeunesse.

« C’est important de faire plaisir aux autres tout en se faisant plaisir. Cette fête m’a inspiré Opération Noël, pour les lecteurs débutants [Boréal, 2015]. L’histoire d’une bande de quatre jeunes conscients que, s’ils reçoivent beaucoup en cette période de l’année, ils peuvent aussi donner. Ensemble, ils décident de chanter dans un foyer de personnes âgées et de récolter de la nourriture pour ceux qui en ont besoin. Leur sens d’initiative motive le voisinage à les rejoindre dans cette approche altruiste. Écrire pour les enfants a toujours été gratifiant. J’aime les rencontrer dans les écoles; nos interventions sont rapides, mais elles peuvent les toucher et, pour certains, changer leur vie. »

Le bon coup 2017

Quatre livres jeunesse parus dans l’année (chez Boréal, Dominique et compagnie, Soulières éditeur) et l’obtention d’une bourse du Conseil des Arts pour un futur recueil de poésie.


FRED PELLERIN

Fred Pellerin a entamé en novembre la tournée québécoise de son sixième spectacle, Un village en 3 dés.

«Noël représente pour moi une mise à jour de mon réseau social», répond Fred Pellerin. Dans la bouche du conteur, l’expression ne réfère aucunement aux réseaux sociaux numériques: pour Pellerin, la chaleur humaine ne se virtualise pas, elle se vit autour d’un feu de camp ou d’une table, à jouer aux dés ou au poker-menteur, si possible en compagnie de «tous ceux qu’on n’a pas assez vus » dans les derniers mois. «Avec l’automne que j’ai eu, à peu près 40 jours en dehors [du pays] (il était à Paris, où il rodait son Village en 3 dés), puis ça continue avec un début de tournée qui se fait en sprint... d’après moi, les Fêtes ne vont commencer que le 23 décembre au matin. D’ici là, je suis sur scène sans arrêt, donc je ne suis pas à St-Élie. [À partir du 23], je pense que ça va être un enchaînement de rassemblements, de feux extérieurs, de glissades. À Saint-Élie, on a de la neige tôt. On aime ça, au village, la neige: ça influence beaucoup nos journées. Après ça, ce sera pêche blanche et vin rouge, en famille et entre amis.» (propos recueillis à la fin novembre).

Le bon coup 2017

Fred Pellerin a entamé en novembre la tournée québécoise de son sixième spectacle, Un village en 3 dés. Au même moment, Radio-Canada commençait à diffuser la deuxième saison de la série documentaire Saint-Élie-de-légendes, consacrée à la légendification de certains Caxtoniens contemporains.


KELLYLEE EVANS

L'année 2017 de Kellylee Evans a été marquée par une prestation aux Prix Juno.

Je m’entoure de gens sympas et joyeux pour Noël, car je ne l’ai pas toujours été. Il y a eu des dîners en famille avec des personnes que je n’appréciais pas particulièrement. Ça m’a pris du temps et des efforts pour parvenir à être avec des gens que j’aime, mais aujourd’hui, je récolte le fruit de ma décision.  

Le bon coup 2017

Une prestation, aux Prix Juno, qui lui a redonné confiance en elle après avoir arrêté sa carrière en 2015 pour des raisons de santé. «Pour 2018, je voudrais en faire plus, sans me surmener.»


MARIE-ÉLAINE THIBERT

« La tradition familiale ? Préparer une assiette de Whippets avec un verre de lait aux amandes pour le réveillon. » - Marie-Élaine Thibert

«Avant d’avoir ma fille, Noël a toujours été le temps idéal pour voir les proches, répondre présent aux nombreux partys organisés, car nous vivons dans des familles recomposées. Depuis que j’ai eu ma fille, il y a cinq ans, la magie de Noël s’est rajoutée : nous décorons à l’avance, préparons un sapin, prenons des photos avec le Père Noël. La tradition familiale ? Préparer une assiette de Whippets avec un verre de lait aux amandes pour le réveillon». 

Le bon coup 2017

Un nouvel album d’hommage à Édith Piaf, L’Hymne à l’amour, et une tournée à quatre voix, Entre nous et vous, avec Luce Dufault, Marie Michèle Desrosiers et Martine St-Clair pour 2018.


ALEXANDER SHELLEY

« Les gens que je côtoie participent souvent à des collectes de fonds et Noël représente aussi ce temps-là de la générosité. Donner le meilleur de soi, ou du moins, travailler en ce sens...» - Alexander Shelley

«Ces derniers jours, l’orchestre du CNA [qu’il dirige] a été très sollicité par les concerts de Noël; les spectateurs se déplacent en famille et on ressent cet esprit collectif de célébration. J’ai grandi dans un foyer avec une mère catholique et un père anglican, donc très jeune j’ai été habitué aux différents points de vue autour de Noël. Aujourd’hui, je trouve que c’est le moment idéal pour faire une pause, se blottir au coin du feu. Les gens que je côtoie participent souvent à des collectes de fonds et Noël représente aussi ce temps-là de la générosité. Donner le meilleur de soi, ou du moins, travailler en ce sens...»     

Le bon coup 2017

La tournée pancanadienne avec l’OCNA. «Nous avons visité chaque province et territoire, ce qui nous a fait prendre conscience de la grande diversité du pays. Au niveau artistique, ce fut très gratifiant et sur le plan personnel, une expérience unique.» 


DAVID MÉNARD

Le poète a publié deux recueils, cette année, Le ciel à gagner (Éditions l’Interligne) et L’autre ciel (Éditions Prise de Parole).

«Noël, nostalgie dans la paume, étoiles filées sur des lunes de chagrins, il faut savoir laisser tomber ses yeux dans l’azur des aurores pour mettre de nouveau du bleu dans son ciel.» 

Le bon coup 2017

Le poète a publié deux recueils, cette année, Le ciel à gagner (Éditions l’Interligne) et L’autre ciel (Éditions Prise de Parole).


CÉLESTE LÉVIS

Céleste Lévis était en studio à Ottawa, cette semaine, pour enregistrer un deuxième album dont la sortie est prévue au printemps 2018.

«Je retourne à Timmins, c’est sûr ! À Noël, [je veux] être à la maison, pour ne pas rater les traditions. Noël, c’est la famille, tout simplement. Je vais voir mes deux frères... ça fait longtemps qu’on n’a pas été réunis tous les trois ensemble», lance Céleste Lévis. La chanteuse franco-ontarienne s’y rendra en voiture, en partageant le volant avec son amoureux. D’habitude, son père profite de cette période des Fêtes pour organiser un concert-bénéfice au profit de la SPCA: Céleste, traditionnellement, vient chanter dans le dépanneur que tient son père. «Plus jeune, il était chanteur. Il est devenu un peu gêné avec l’âge. Mais il continue de chanter une fois dans l’année... lors du concert au dépanneur.» Cette année, c’est toutefois à l’église que «Céleste» fera entendre sa voix chaude. Qui réchauffera les paroissiens durant la messe de minuit du 24 décembre, en se glissant sur le Minuit Chrétiens.

Le bon coup 2017

Céleste Lévis était en studio à Ottawa, cette semaine, pour enregistrer un deuxième album dont la sortie est prévue au printemps 2018. En septembre, elle a passé quelques jours à Astaffort – le village de Francis Cabrel, qui l’avait invité en France – pour participer à une résidence d’écriture. Elle fera découvrir quelques-unes de ses nouvelles chansons en janvier, à Ottawa, lors des prochaines vitrines de Contact Ontarois.