Le Cirque du Soleil, qui a licencié 4679 employés, soit 95 % de son effectif, le 19 mars, serait en train d'explorer diverses options afin de garder la tête hors de l'eau.
Le Cirque du Soleil, qui a licencié 4679 employés, soit 95 % de son effectif, le 19 mars, serait en train d'explorer diverses options afin de garder la tête hors de l'eau.

Québecor dit vouloir procéder au sauvetage du Cirque du Soleil

Alors que le Cirque du Soleil est sur la corde raide à la suite de l’annulation de tous ses spectacles et la mise à pied de la quasi-totalité de ses employés en raison de la pandémie de COVID-19, Québecor souhaite pouvoir rapatrier au Québec le contrôle de l’actionnariat de l’entreprise de divertissement.

Dans une lettre envoyée à quatre ministres fédéraux québécois, l’entreprise de télécommunications affirme discuter notamment avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), le Fonds de solidarité FTQ et la Banque Royale du Canada.

«Nous souhaitons proposer une solution solide, pérenne et viable», peut-on lire dans la missive signée par le président et chef de la direction de la société, Pierre Karl Péladeau, qui a été éventée dans les médias et que La Presse canadienne a pu consulter.

Dans un communiqué distinct publié lundi, Québecor s’est montrée prête à allonger «plusieurs centaines de millions de dollars» afin de relancer les activités de l’entreprise. Le conglomérat dit toutefois être incapable d’obtenir les détails entourant les finances du Cirque, citant un «blocage» de la direction.

Lundi après-midi, le Cirque n’avait pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne.

«Québecor est un groupe diversifié aux assises financières solides lui permettant d’être patient et de continuer à investir sagement pendant cette crise, en plus d’être un opérateur performant et reconnu avec l’expertise de l’événementiel et la connaissance du monde artistique», fait valoir la lettre envoyée aux ministres fédéraux.

Le Cirque, qui a licencié 4679 employés, soit 95 % de son effectif, le 19 mars dernier, en plus d’annuler ses 44 spectacles à travers le monde, serait en train d’explorer diverses options afin de garder la tête hors de l’eau. L’entreprise pourrait tenter de restructurer sa dette et même se placer à l’abri de ses créanciers.

La dette de la compagnie fondée par Guy Laliberté serait estimée à 900 millions $US (1,26 milliard $).

L’actionnaire principal du Cirque est le fonds d’investissement américain TPG Capital, avec une participation de 60 %, contre 20 % pour la firme chinoise Fosun Capital Group et 20 % pour la CDPQ.

En février, la Caisse avait racheté la participation de 10 % de M. Laliberté. Le montant de la transaction n’avait pas été dévoilé, mais la valeur de ce bloc d’actions détenu par l’homme d’affaires était estimée à bien plus de 100 millions $.

Pour la période de 12 mois terminée en septembre dernier, le Cirque aurait généré des revenus d’environ 950 millions $US (1,33 milliard $), avait calculé Moody’s dans une note d’analyse publiée en mars dernier. Au cours de la prochaine année, l’entreprise aura besoin d’au moins 165 millions $US (232 millions $), estimait Moody’s, alors qu’elle avait accès à 120 millions $US (169 millions $) — ce qui comprend sa facilité de crédit — à la fin de 2019.