Lydia Képinski a gravi les échelons à la manière d’une bonne élève, en remportant ses galons aux concours musicaux.

Québec: Lydia Képinski, libre entre les lignes

Des artistes francophones des quatre coins du pays, de la musique émergente ou confirmée, des concerts éclair d’une vingtaine de minutes. Contact Ontarois revient pour sa 37e édition du 16 au 20 janvier. Les vitrines grand public seront présentées au Centre des Arts Shenkman, à Orléans. Cartographie par portraits choisis.

Lauréate du Prix SOCAN au Festival international de la chanson de Granby en 2016, gagnante des Francouvertes en mai dernier... Lydia Képinski a gravi les échelons à la manière d’une bonne élève, en remportant ses galons aux concours musicaux, ces véritables pépinières à talents émergents. Comme pour contrecarrer cette ascension certes solaire, mais quelque peu scolaire, elle a imposé une personnalité caustique foncièrement attachante. Gage imparable de son aura ? La Montréalaise a été invitée à la populaire émission radiophonique La soirée est (encore) jeune. Et rejoint l’affiche des vitrines grand public de Contact Ontarois, le 17 janvier.

Au cours de sa jeune carrière, Lydia Képinski n’a encore jamais eu à annuler un concert pour raisons de santé. Même malade au bout du fil, elle énumère les remèdes possibles avant sa prestation prévue la semaine prochaine : « suppositoires pour la méthode la plus efficace. Il y a aussi les humidificateurs ou la douche, très chaude, pour créer de la vapeur. J’utilise des huiles essentielles de sapin. »

Même les non initiés l’auront compris : Lydia Képinski n’est pas du genre à se laisser abattre.

Sans fard, la chanteuse déballe ainsi de l’intérieur – autant qu’à découvert – une année faste portée à bout de bras avec la sortie d’un premier EP, une tournée de plus de 50 concerts et l’enregistrement d’un nouvel album à paraître prochainement.

Ce début d’année nous ramène l’insubordonnée sur l’air aventureux du « qui m’aime me suive et advienne que pourra ! »

« À la sortie du minialbum, on ne s’attendait vraiment pas à ce que tout déboule comme ce fut le cas ». Pour le prochain disque, dont le titre et la sortie se nimbent encore de flou artistique, Lydia Képinski mise beaucoup sur le « ça passe ou ça casse ».

« Nous avions approché l’EP comme une carte de visite, dit-elle. Cette fois, pour l’album, je recherche une réalisation plus concise, avec des compositions qui iraient droit au but ». 

Du haut de sa mi-vingtaine, la jeune auteure-compositrice sait écrire et ce qu’elle raconte fait souvent mouche. De l’intime et de l’universel, du grave et du déroutant, du spontané et du réfléchi, des références littéraires (Andromaque) et populaires (« j’écoute Kendrick Lamar et I AM ») fertilisent une ode vibrante à la liberté artistique. Défendant l’idée d’une « chanson à textes », au sens gainsbourien précise-t-elle,  Lydia Képinski n’hésite pas à se costumer en guerrière médiévale dans un vidéoclip,  étreignant les contours d’une personnalité tour à tour militante, inquiète, fonceuse, crâne et sensible. Pas moins.