Carlos Santana s'arrêtera à Ottawa le dimanche 18 mars dans le cadre de son Divination Tour.

Quarante ans de guitare et d’amour

Les médias parlent relativement peu de lui, faute de frasques croustillantes ou de commentaires fielleux de sa part ; Carlos Santana demeure pourtant l’une des rockstars les plus importantes de son époque.

Intronisé au Temple de la renommée du rock’n’roll en 1998, considéré comme l’un des meilleurs guitaristes au monde (le magazine Rolling Stone lui accorde la 15e position de sa liste des meilleurs guitaristes de tous les temps), Carlos Santana, 70 ans tout rond, poursuit sa carrière sous les projecteurs avec le Divination Tour, qui s’arrête à Ottawa dimanche 18 mars.

Pas tout seul, bien entendu. Il est en ce moment entouré de huit musiciens, dont son épouse, Cindy Blackman Santana, fidèle au poste derrière la batterie.

C’est en sa compagnie qu’il a enregistré et coréalisé son plus récent album, Power Of Peace, paru en juillet dernier. Un disque aux sonorités tout à la fois soul, funk, jazz, blues, rock et pop, prouvant si besoin était que Santana, métisseur d’influences, est à la fois intemporel et toujours en constante évolution.

Le couple Santana y partageait la vedette avec les frangins Ronald et Ernie Isley, les deux infatigables Isley Brothers. Cette rencontre sur disque était la concrétisation d’un vieux rêve, avait alors indiqué Carlos Santana.

Un disque de « musique médicinale », capable de « faire tomber les murs » et promouvoir l’amour universel, en des temps jugés troublés par le guitariste. Dans la foulée de l’élection américaine et des bombes qui explosaient dans les capitales européennes, cibles d’une nouvelle forme d’intégrisme, Santana se désolait de voir la Terre se fragmenter sous l’effet de la peur et de la colère. Ses complices et lui ont estimé que c’était devenu leur devoir de « s’unir, comme les super-héros », pour « voler au secours de l’époque, sur cette planète qui a tellement besoin de soins pour se remettre », a-t-il expliqué cet été, alors qu’il présentait son nouveau disque.

Carlos Santana assume à fond le petit côté prêcheur qui vient avec le rôle d’ambassadeur de la paix qu’il s’est donné. Sur son site Internet officiel, le septuagénaire invite les soldats des quatre coins de la planète à utiliser « les armes ultimes que sont la compassion, la pitié et le pardon » afin de servir le bien commun.

Aucune once de malice ni de méchanceté, dans le cœur de cette supervedette. Son seul commentaire à l’emporte-pièce, de mémoire récente, concerne Beyoncé. Dans la foulée de la remise des prix Grammy 2017, Santana a eu le malheur de dire à un journaliste australien qu’elle n’était « pas une véritable chanteuse » à ses yeux, et qu’il préférait voir Adele gagner. Les médias ont bien tenté d’attiser les braises, mais il s’est rapidement excusé, puis a encensé Bayoncé. Fin du déversement de fiel. Fin des émissions radio.

Cent millions de disques vendus

En quarante ans de riffs et d’amour universel (on se souvient peut-être que le groupe Santana est monté sur la scène du premier festival Woodstock, en 1969), Carlos Santana a fait paraître presque autant d’albums. Ceux-ci se seraient écoulés à plus de 100 millions d’exemplaires à travers la planète. Dont 30 millions rien que pour Supernatural (1999), son plus grand succès commercial, qui lui a aussi permis d’empocher neuf trophées Grammy (sur les dix qu’il a glanés au fil de sa carrière). C’est largement à ce disque de duos que le « père du rock latino » doit le second souffle de sa popularité.

Carlos Santana

L’Américain (né au Mexique, Carlos a migré au pays de l’Oncle Sam dans les années 60) donne rarement de la voix, préférant faire chanter les autres. Oh, des voix à peine connues : de Joe Cocker à Steven Tyler en passant par Chris Cornell, Cee-Lo, Wyclef Jean, Ziggy Marley et Pitbull. Et de Tina Turner à Gloria Estefan en passant par Lauryn Hill, Mary J. Blige et Shakira, pour les femmes. Ou encore... le Canadien Roch Voisine, qui pour Santana a repris le Under The Bridge des Red Hot Chili Peppers (sur l’édition Deluxe de l’album Guitar Heaven - The Greatest Guitar Classics Of All Time, paru en 2010).

Son plus récent fait d’armes ? L’album Corazón, paru en 2014. En se hissant au sommet des ventes du Billboard, le disque a fait de Carlos Santana l’un des rarissimes artistes à réussissir à classer un album par décennie dans le Top 10 du palmarès américain... Sur six décennies consécutives, donc. Seuls les Rolling Stones avaient réussi cet exploit.

POUR Y ALLER

Quand ? Dimanche 18 mars, 20h

Où ? Centre Canadian Tire

Renseignements : Ticketmaster.ca ; canadiantirecentre.com ; 1-877-788-3267