De son vivant, Leonard Cohen a cédé les droits exclusifs aux BJM jusqu’en 2022.

Quand Leonard Cohen mène la danse

Excitante association que celle de la musique de Leonard Cohen et des « BJM », les Ballets Jazz de Montréal !

Avant même la disparition du poète, en 2016, l’illustre compagnie montréalaise envisageait de créer un spectacle s’inspirant de son œuvre. Les deux se sont, comme on dit, bien trouvés. De son vivant, Leonard Cohen a cédé les droits exclusifs aux BJM jusqu’en 2022. Le directeur Louis Robitaille revient sur ce spectacle majeur pour sa compagnie ; une idée folle jalonnée d’obstacles, slalomant entre les attentes du public, forcément élevées, et l’impérieuse nécessité d’être à la hauteur. Réponse du 23 au 24 février, à la Salle Southam du Centre national des arts. 

Le 375e anniversaire de Montréal, en 2017, a donné l’idée à cette compagnie de danse emblématique de la Métropole de mettre en vedette un autre de ses ambassadeurs incontestable.

« J’y travaillais depuis trois ans, résume M. Robitaille. Le projet avait été signé par M. Cohen lui-même, personnellement. » Sa disparition, en novembre 2016, donnera une autre dimension à la production.

« Quand on déposé le projet de spectacle, il était question de survoler l’œuvre de M. Cohen. Il n’aurait accepté rien d’autre, de toute façon. Le message avait été très clair, il ne voulait surtout pas que l’on parle de sa vie privée. »

Nul besoin de connaître la biographie du chanteur, donc, pour profiter du spectacle dont la mise en scène est signée Éric Jean. 

Par transposition poétique, la production reposera sur les cycles de la vie associés aux saisons. La dramaturgie inclut une cinquième saison représentant le passage de la fin de vie à l’au-delà, « devenue extrêmement symbolique le jour du départ de M. Cohen », évoque M. Robitaille.   

Sous la triple signature de chorégraphes internationaux – le Grec Andonis Foniadakis, la Belgo-Colombienne Annabelle Lopez Ochoa et le Britannique Ihsan Rustem – Dance me a été présenté pour la première fois en décembre 2017 à Montréal et devrait tourner sur la scène internationale dans les prochaines années. 

Suzanne, So long Marianne, Hallelujah, First we take Manhattan, Dance me to the end of love... autant de classiques à savourer dans le prolongement du mouvement chorégraphié. 

On mesure la difficulté de l’entreprise et la gageure qu’elle représente. Imaginer que l’on puisse tenir en haleine un public avec un collier de perles musicales qui ne tiennent qu’à un fil chorégraphique relève indubitablement de la haute voltige. 

« BJM est une compagnie qui danse, ça demeurait extrêmement important pour nous que cette œuvre représente le feu qui animait M. Cohen, poursuit le directeur. La démarche a été longue dans la sélection des chorégraphes. Finalement, les trois signatures choisies sont intéressantes dans la nuance, la complémentarité, dans leurs similitudes et leur capacité à proposer des voix distinctes. »

Le principal intéressé a-t-il eu accès à des bribes de création de son vivant ?   

« On espérait pouvoir l’inviter, le rencontrer, qu’il voit sa musique dansée, répond M. Robitaille. Mais il n’a pas vu d’étapes de création. Il connaissait la compagnie. Nous étions constamment en relation étroite avec son agent et avocat qui agissait à titre d’intermédiaire. »


POUR Y ALLER

Quand ? 23-24 février

Où ? Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000