Zébulon sera de la fête.

Premier Festival INDÉO aux Brasseurs du Temps

Les Brasseurs du Temps s'apprêtent à accueillir Zébulon et la Bet. e du duo Bet. e & Stef (cette fois cachée derrière l'alias Elizaeleven) dans le cadre de la toute première édition du festival INDÉO, consacré à la musique indépendante.
Attention : qui dit indépendant ne dit pas forcément émergent, rappelle la productrice d'Indéo, Louise Rousseau, à qui l'on doit aussi le récent Festival Folk et Guitare d'Aylmer, ainsi qu'une bonne partie des spectacles diffusés aux Brasseurs du Temps (BDT) et sur la Scène des Galeries Aylmer, ces trois dernières années. 
Son petit festival n'empiète donc pas sur les plates-bandes du Festival Outaouais Émergent (FOÉ), précise-t-elle, puisque INDÉO cherche à donner un micro à des « artistes qui ne sont pas signés avec une étiquette "majeure" ». 
Effectivement, les émergents ne sont pas légion, ici. Sa programmation réunit des talents confirmés - telle la jazzwoman Nicole Ratté ou le duo composé d'Yves Marchand (pianiste de Zébulon) et de la chanteuse et comédienne acadienne Isabelle Cyr, réunis dans Pays d'abondance - voire vétérans, à l'image du toujours Vigoureux Cacochyme Gilbert Troutet. 
Neuf formations défileront donc sur la scène des BDT, de vendredi à dimanche. Les soirées seront (un peu) thématiques. les festivités débutent en « chansons », avec Elizaeleven, Pays d'abondance et Gilbert Troutet, le 3 mars. Elles se poursuivront dans une veine plus rock, le 4, avec Zébulon, le Billy Love Band (l'électrisant quintette du violoniste gatinois William Lamoureux) et le bluesman Al Wood. INDÉO s'achèvera dimanche 5 mars dans des chaloupements jazz de Nicole Ratté, Rebecca Noelle (en quartet) et Rachelle Behrens.
Bet.e donnera à Gatineau son tout premier spectacle sous le nom d'Elizaeleven, certifie Louise Rousseau. « Elle va toucher à son répertoire solo, sans Stef, et à de grands succès [qui relèvent] d'autres genres musicaux, mais qu'elle adapte à sa sauce jazz et bossa nova. »
Marc Déry et sa bande reprendront eux-aussi leurs grands succès, mais Zébulon débarque à Gatineau en mode Zigs acoustiques. Mais comme Alain Quirion ne peut débrancher sa batterie, ça continue de déménager, rassure la productrice. 
Le spectacle dont on lui parle le plus - Mme Rousseau a déjà produit la plupart de ces artistes, dans le passé - c'est celui de Pays d'abondance. « Les gens sont très étonnés : ils en ressortent très touchés » et, souvent, le spectacle continue de « les habiter pendant des semaine », dit-elle, confiante.
« Les artistes que j'invite, ce sont des gens qui n'ont pas peur de créer des liens avec l'auditoire, qui n'ont pas peu d'engager une conversation, sur scène. C'est ça que j'aime, quand je vais voir un concert », explique cette autoproclamée « musicienne frustrée » qui préfère organiser des concerts plus intimes, que de déployer de grandes scènes. 
Appelé à grossir ?
Son mini festival est peut-être que le début d'une grande aventure. Si le public est au rendez-vous - ce qui semble être le cas pour l'instant, dit Mme Rousseau en se fiant sur les réservations, INDÉO pourrait être appelé à grossir, et à s'étendre du côté du Vieux-Hul, laisse entendre la productrice, qui attend de refermer les livres de cette première édition avant d'approcher les bars du centre-ville. Et peut-être même cogner à la porte de la Ville de Gatineau, qui s'est donné le mandat de revitaliser le quartier.
Faire appel au privé plutôt que courir après les fonds publics : telle est la formule, pour l'instant gagnante, que Louise Rousseau a appliquée à son Festival Folk et guitares d'Aylmer. Lequel se développera encore à l'occasion de sa troisième édition, prévue cet été sur la rue Principale, dit-elle en faisant miroiter l'installation d'une cinquième scène et de tentes, ainsi qu'une tête d'affiche nettement plus imposante que par le passé. 
« Pour le Festival folk, cette année j'ai été submergée par les candidatures d'artistes et d'agents, alors que les années précédentes, je leur courais après », se réjouit-elle.
Le défi d'INDÉO demeure encore de « se faire connaître », convient la femme d'affaires en regrettant un peu que le public de l'Outaouais soit « moins curieux » de découvertes émussicales et se déplace moins volontiers que les gens d'Ottawa. Si elle s'autorise cette comparaison, c'est que, plus jeune, elle tenait à Ottawa un petit café, le Michel-Ange, où, déjà, elle recevait de nombreux artistes indés. Partant de ce constat, le défi, avec Indéo, était donc d'attirer les Gatinois « sans qu'ils soient obligés de vider leur portefeuille ».
Louise Rousseau a fait appel a des commanditaires privés suffisamment généreux pour qu'elle puisse offrir l'ensemble des neuf spectacles pour 28 $. Un prix dérisoire, fait valoir la productrice, qui se souvient avoir, dans le passé, tarifé ce prix d'entrée pour une seule des formations invitées à INDÉO. Et le bracelet est même disponible à 15 $, taxes incluses ; seule différence : le siège n'est alors plus garanti. Mais qui peut rester assis longtemps quand Zébulon se trémousse à quelques coudées de la foule ?
Quand il aura pris son erre d'aller, Indéo pourrait facilement s'ouvrir à d'autres genres musicaux, comme le hip hop, ou des disciplines telles que le conte ou l'humour, entrevoit-elle.
L'ambition de la femme d'affaires est moins de s'enrichir que de mettre sur pied des « événements qui créent un sentiment d'attachement », à un quartier ou une communauté. C'est dans cette optique tisseuse de lien et génératrice de « plaisir » qu'elle organise en parallèle les Choeurs d'un soir, des chorales éphémères et mensuelles.
POUR Y ALLER :
Les Brasseurs du temps
Du 3 au 5 mars
indeofete.ca ; 819-205-4999 (BDT)
go-tix.com ; 613-612-4614 ; lepointdevente.com