L’équipe de tournage du court-métrage Saint-Sacrifice, réalisé par Jean-Claude Leblanc, s’affairait dimanche à transformer la façade de la Taverne Royale, dans le quartier Saint-Philippe, en décor.

Place au tournage de «Saint-Sacrifice» avec Luc Picard

TROIS-RIVIÈRES — Une étrange atmosphère commençait à s’installer devant la Taverne Royale, sur la rue du même nom, à Trois-Rivières, dimanche après-midi. Au cours de la journée, l’équipe du réalisateur Jean-Claude Leblanc et celle des Blood Brothers, spécialistes en effets spéciaux, s’affairaient à transformer la façade de l’édifice et le parc Victoria en scène d’outre-tombe.

Cette transformation s’effectuait dans le cadre du tournage du court-métrage Saint-Sacrifice, qui explore l’univers de la vie après la mort. Pour son second court-métrage, Jean-Claude Leblanc a fait appel à l’acteur Luc Picard, qui ne s’est pas trop fait prier pour embarquer dans l’aventure.

«J’avais vu le premier film de Jean-Claude, que j’ai trouvé très bon, et ensuite, je les ai rencontrés, Jean-Claude et Patrick, le producteur, explique le comédien. Je les ai trouvés très sympathiques et j’ai vu que c’était du monde sérieux et intelligent. Ils avaient l’air bien organisés et assez ambitieux, alors moi, ça m’a convaincu. Je m’en viens passer une semaine à Trois-Rivières avec ces gars-là et on va se faire du fun.»

Luc Picard profitera également de l’occasion pour toucher à un genre cinématographique qu’il n’a pas encore eu l’occasion d’explorer au cours de sa carrière. «C’est un vieux fantasme à moi de jouer dans un film d’horreur, un film un peu d’épouvante, confie-t-il. Il ne s’en fait pas beaucoup, des films de ce genre au Québec.» Un genre qui, malgré son impressionnante feuille de route, comporte pour lui quelques défis à relever.

Pour son second court-métrage, Jean-Claude Leblanc a fait appel à l’acteur Luc Picard, qui ne s’est pas trop fait prier pour embarquer dans l’aventure.

«Le défi ici, pour moi, c’est qu’il y a beaucoup de scènes où on a peur, alors c’est de trouver une façon d’exprimer cette peur-là de façon efficace à l’écran. C’est à ça que je me concentre, parce que ça n’en a pas l’air, comme ça, mais ce n’est pas si évident que ça d’être dans cet état-là de peur.»

Jean-Claude Leblanc s’est inspiré d’une histoire qui se serait déroulée dans la taverne, alors qu’un homme venu prendre un verre est décédé dans la soirée, alors qu’il buvait sa bière. Pour cette raison, le tournage se fera presque exclusivement à la Taverne Royale, dont le réalisateur est propriétaire. Les scènes qui ne seront pas tournées à la taverne le seront dans ses environs immédiats, pour des raisons de logistique.

«C’est un bel endroit et on a le parc juste en face, alors ça rend la chose possible, explique M. Leblanc. On reste proche pour avoir accès à l’équipement et avoir notre camp de base à la taverne. Et je ne pense pas que quelqu’un m’aurait laissé beurrer sa taverne comme ça!»

Son équipe a effectivement refait une «beauté» à l’établissement: la façade a été recouverte d’éclaboussures de peinture grise et de fausses toiles d’araignée. Il y avait également un gros travail à faire dans le parc Victoria, puisque la neige devait être teinte en noir - même si les résidus d’abrasifs avaient déjà contribué à lui donner une couleur plus foncée. Bien qu’ils ne le laissaient guère paraître, quelques membres de l’équipe de tournage s’inquiétaient des effets que la pluie qui a débuté en début de soirée, dimanche, aurait sur le décor.

«D’après moi, les horaires de Mme Météo vont aller avec les nôtres, dédramatise le réalisateur. En tout cas, ça s’enligne pour ça.»

Le tournage devrait durer jusqu’au 20 avril, si tout se passe comme prévu. Les scènes seront filmées principalement de nuit, ce qui donnera l’occasion à Luc Picard de visiter le centre-ville de Trois-Rivières.

«Je suis déjà passé, j’ai déjà joué au théâtre ici, mais je n’ai jamais passé une semaine complète ici, souligne l’acteur. Je vais avoir un peu de temps de jour, parce qu’on tourne surtout la nuit et comme je n’arriverai pas à dormir de ma journée, c’est sûr que je vais me promener.»

La date de sortie de Saint-Sacrifice n’a pas encore été fixée, mais le réalisateur espère le présenter au début de l’été.