Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

Série télé

After Life, comédie dramatique, Ricky Gervais ****

Dans son rôle de stand-up ou dans ses productions télévisuelles (on lui doit notamment la géniale série The Office et la surprenante Extras), le Britannique Ricky Gervais a maintes fois prouvé qu’il n’a pas peur de se frotter aux tabous et aux malaises. Il fait encore mouche en s’attaquant au thème du deuil dans la nouvelle série de Netflix After Life. Il y incarne Tony, journaliste nouvellement veuf et complètement démoli. Lame de rasoir à la main, il avait décidé d’en finir avant que le regard affamé de sa chienne lui donne une raison de continuer. Après, notre dépressif se dit qu’il n’a plus rien à perdre, qu’il n’en fera qu’à sa tête, quitte à revenir à son morbide plan original. Exit les efforts et les conventions, il sera brutalement honnête et cru avec tout le monde. Au fil de six épisodes où on passe du rire aux larmes, nous suivrons son cheminement, alors que la grande bonté des gens qui l’entourent (ou qui l’endurent) l’amènera à voir au-delà de sa douleur (et de son égocentrisme) pour redonner une chance à la vie. C’est à la fois simple et puissant, parfois trash, drôle et touchant. Bref, c’est humain. Geneviève Bouchard

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Musique

Le fruit du hasard, pop, Stefie Shock ***

Lancé il y a quelques jours à la veille de son 50e anniversaire de naissance, ce septième album de Stefie Shock (en excluant l’incursion qu’il a faite dans le répertoire de Gainsbourg il y a trois ans) nous ramène l’auteur-compositeur-interprète dans des territoires plus éclectiques que jamais. Fidèle à ses habitudes, Shock ratisse large sur cette collection portée par les cuivres, où il a l’occasion de partager le micro avec la comédienne (et accessoirement sa conjointe) Sonia Cordeau : sur la dansante Raspberries et l’adaptation en français de Bye Bye Bye de Plants and Animals, notamment. S’il force un peu la rime sur Avec ou sans toi, il fait mouche côté percussion et force de frappe musicale. Idem pour le petit ovni chansonnier De l’aube à la nuit, où segments syncopés, parenthèses intimistes et envolées mélodiques cohabitent comme un résumé de la ligne directrice de l’album. Après un détour instrumental théâtral le temps de Rêverie en fa dièse majeur, le périple musical se dépose en douceur sur la relecture française du classique Heart and Soul. Geneviève Bouchard 

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Musique

Women, country, Brigitte Boisjoli **1/2

De toute évidence, Brigitte Boisjoli a pris bonne note du succès de son album hommage à Patsy Cline et de la tournée subséquente. Opportuniste, Women, qui reprend de grandes interprètes du country américain? Certainement un peu. Mais il s’agit aussi d’un hommage à la musique qu’écoutaient sa mère et sa grand-mère. Soit. Boisjoli a su éviter le piège des évidences, à part Stand By Your Man, popularisée par Tammy Wynette. Elle aurait toutefois pu élargir l’éventail. Deux pièces de Loretta Lynn, Wanda Jackson et Brenda Lee chacune? Un manque d’originalité. Il est indéniable que Brigitte Boisjoli est une bonne chanteuse. Une interprète de talent? Pas vraiment. Ses versions sont tellement collées aux originales qu’elles n’apportent strictement rien de neuf. Sauf en spectacle où son énergie et son charisme sont évidents. L’édition limitée de Women comprend cinq pièces en spectacle. Le contraste parle de lui-même. Éric Moreault

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Excellent ****

Bon ***

Passable **

À éviter  *