Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

Musique

Let Me Show You, indie-pop, Lydia Persaud ***1/2

Si Lydia Persaud continue sur la lancée amorcée par Let Me Show You, son premier effort, son talent ne restera pas longtemps confiné aux environs de Toronto. La chanteuse a une splendide voix, chaude et invitante, qui rappelle celle de Corinne Bailey Rae (The Sea), tant dans les tonalités que dans l’interprétation caressante. C’est sans contredit son principal atout. Formée en jazz au Humber College, son approche vocale évoque aussi Norah Jones. Musicalement, toutefois, la base est plus soul que jazz, avec des incursions dans un son plus pop-rock sur certaines pièces comme Honey Child, voire le folk. La comparaison avec Liane La Havas (Blood) tient la route, dans sa facilité d’amalgamer plusieurs styles, même si la Torontoise a une inclinaison pour les complaintes romantiques et le désamour. Une agréable surprise.  Éric Moreault

Musique

Sometimes It’s Something, Sometimes It’s Nothing at All, folk, Passenger ***1/2

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur-compositeur-interprète anglais Mike Rosenberg, alias Passenger, est prolifique, lui qui a lancé une dizaine d’albums en autant d’années. L’homme qui a fait courir les foules au dernier Festival d’été — on a rarement (jamais?) vu une file aussi longue à la porte de l’Impérial — s’est commis de nouveau ces derniers jours avec Sometimes It’s Something, Sometimes It’s Nothing at All, nouveau chapitre folk de sa discographie. Produite de manière complètement indépendante, cette nouvelle cuvée propose une série de tableaux intimes et chaleureux, échafaudés avec une belle simplicité : une guitare acoustique, une voix, un quatuor à cordes. À l’image de son auteur, l’ensemble est éminemment sympathique et rassembleur. En bonus, tous les profits générés par les ventes de l’album et les écoutes sur les plateformes en ligne seront remis à l’organisme britannique Shelter, qui vient en aide aux sans-abri.  Geneviève Bouchard

Musique

C’qui nous reste du Texas, folk-blues, Bernard Adamus ***1/2

Il y a près de deux ans, un Bernard Adamus se disant «extrêmement fatigué et pas mal à bout» a décidé d’annuler sa tournée, de s’offrir une pause nécessaire et d’aller voir ailleurs s’il y était. Au fil d’un road-trip chez nos voisins du Sud, il a repris sa guitare pour créer les pièces de C’qui nous reste du Texas, son quatrième album depuis Brun, qui l’a révélé il y a 10 ans. Le voilà donc de retour avec la verve crue qu’on lui connaît, mais explorant des territoires poétiques peut-être plus introspectifs (l’exception qui confirme la règle s’intitule ici Boudin libre) et dans des textes parfois moins denses que ce qu’il a signé par le passé. Toujours brute et décomplexée, sa folk se pare de clarinette et vogue entre le western, le blues et le rock en s’offrant de petits détours carrément funky (Entre les lignes). Dans l’enlevant comme dans la complainte, son pouvoir d’évocation est intact.  Geneviève Bouchard

Musique

Dreaming Time Again, pop rock, Corey Hart ***1/2

Le dernier album de Corey Hart remontait à une vingtaine d’années, autant dire une éternité. La nouvelle offrande de l’auteur des célèbres Sunglasses at Night et Never Surrender se distingue par la belle tendresse qui émane de mélodies comme Why Can’t I Feel Alive, Shawnee Girl et Tonight (I Wrote You This Song), cette dernière composée pour son amoureuse Julie Masse, la mère de ses quatre enfants avec il partage sa vie depuis 1994. L’homme aux 16 millions de disques vendus sait évidemment se faire plus entraînant, comme en fait foi la très accrocheuse Dreaming Time Again, qui saura charmer nombre de ses fans de la première heure. Hart se risque aussi dans le rayon déjà encombré de la musique du temps des Fêtes avec Another December. Le résultat est pas mal, mais reste à voir si la chanson saura devenir un classique. Le chanteur amorcera le 31 mai une tournée canadienne (en compagnie de Glass Tiger) qui le mènera au Centre Vidéotron le 6 juin et au Centre Bell, à Montréal, neuf jours plus tard.  Normand Provencher