Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

LIVRE

De l’avantage d’être né, autobiographie de Jacques Godbout ****

Du temps où j’étais au cégep, Salut Galarneau! faisait partie du programme en français. Après avoir lu De l’avantage d’être né, j’aurais presque envie de dire: si vous devez mettre une œuvre de Jacques Godbout au programme, que ce soit celle-là. Non pas pour dénigrer les qualités du roman qui a fait son succès; mais plutôt pour les qualités pédagogiques proprement fascinantes de cette autobiographie. À travers le récit chronologique que fait l’auteur, cinéaste et essayiste de sa vie, c’est tout un pan de l’histoire du Québec qui se déploie, de la Révolution tranquille à nos jours. Une société en ébullition, où tout était à faire. Jacques Godbout est un cours d’histoire sur pattes, une histoire incarnée, surtout. Il a passé sa vie dans un ONF libre et audacieux, il a participé à la création du Mouvement laïque français, à la revue Liberté, à l’Union des écrivains québécois… Sa vie a croisé celle de noms qui résonnent encore: Robert Bourassa, Gaston Miron, Gérald Godin, Anne Hébert, Gilles Carle, Hubert Aquin… Jacques Godbout semble avoir eu le don d’être là où ça se passait, toute sa vie durant. On pourra reprocher à l’auteur de ne pas livrer un récit très émotif, restant dans le factuel et le chronologique. Soit. Mais il nous épargne aussi une nostalgie moralisatrice qui vient parfois avec ce genre d’exercice. L’ensemble reste en soi un témoignage unique et d’une richesse extraordinaire.  Isabelle Houde

MUSIQUE

Love & Soul, album pop-soul de Corneille **1/2

Il faut croire que Corneille a pris goût à interpréter les chansons des autres au fil de la tournée Forever Gentleman, qu’il partage avec Garou et Roch Voisine… Quatre ans et demi après la parution d’Entre Nord et Sud, le chanteur reprend du service en anglais, dans une brochette de succès des années 80 et 90: entre Sade et Cyndi Lauper, Lenny Kravitz et The Alan Parsons Project. Dans une facture pop-soul léchée, Corneille ne boude pas ses envies et assume à certains moments une substantielle dose de kitsch. Qu’on apprécie ou non le résultat, il a apporté une portion de vitamines au Wicked Game de Chris Isaak et s’est du même souffle assuré qu’on ait Careless Whisper de George Michael vissé dans la tête pour un bon bout de temps. Mais comme c’est souvent le cas avec les albums de reprises, c’est la pertinence artistique du projet qu’on peut remettre en question. Quand vient le temps de plonger dans la nostalgie ou de mordre dans ses plaisirs (coupables ou non!), c’est encore vers les pièces originales qu’on voudra se tourner…  Geneviève Bouchard

Nos cotes:  ***** Exceptionnel;  ****Excellent;  *** Bon;  ** Passable;  * À éviter