Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

CINÉMA

Louise Lecavalier sur son cheval de feu, documentaire de Raymond Saint-Jean ***

Splendide idée de dédier un film au travail Louise Lecavalier, véritable égérie moderne, qui incarne le dépassement de soi et le travail acharné. Les entrevues effectuées avec la danseuse et chorégraphe par le réalisateur Raymond Saint-Jean nous révèlent sa candeur, son humilité et sa profonde empathie pour les gens qui l’entourent. Les propos de ses partenaires de danse nous la dépeignent sur le plan professionnel et sur le plan humain, mais deviennent à la longue un peu répétitifs, alors qu’une incursion brève dans sa vie de famille et le début du film à Paris nous laissent quelque peu sur notre faim. Ce sont les séquences de danse qui nous avalent, tant dans les extraits d’archives que dans les séquences de sept à huit minutes qui revisitent ses derniers spectacles, où la caméra s’est approchée tout près. On termine toutefois le film avec l’envie de retourner la voir danser sur scène et avec l’impression que la femme, elle, demeure toujours insaisissable. Josianne Desloges


MUSIQUE

La Bolduc, album de folklore par Debbie Lynch-White ****

Pour le tournage du film La Bolduc, Debbie Lynch-White a complètement épousé son personnage, au point de reprendre elle-même ses plus grands succès. Le résultat est franchement étonnant. La comédienne offre une voix qui colle à la perfection aux chansons à saveur sociale de Mary Travers, en plus de faire preuve d’un talent certain (et incontournable) pour la turlutte. Les classiques de La Bolduc sont tous là, à commencer par J’ai un bouton sur la langue, Ça va venir, découragez-vous pas, Le jour de l’An, sans oublier une magnifique reprise à la sauce celtique de La cuisinière. Chapeau à Marc Beaulieu pour la réalisation de cet album et arrangements musicaux, qui permettent à notre folklore de connaître une nouvelle vie.  Normand Provencher


MUSIQUE

Ms. Behave, album rétro folk de Rosie & the Riveters ***

Ms. Behave est un album qui arrive à point nommé. Sur leur deuxième effort, le trio de Saskatchewan fait honneur à l’icône populaire féministe — américaine — dont est inspiré son nom. Un look rétro, mais assumé, qui convient autant pour la forme que sur le fond. Rosie & the Riveters affiche un amour sincère pour la musique d’après-guerre, un folk jazz-soul cabaret avec des harmonies vocales inspirées. La disparité qui en résulte, toutefois, finit par être agaçante. Le groupe est à son meilleur dans les ballades dépouillées, comme I Wanna do Nothing With You ou I Believe You, écho douloureux aux récentes histoires d’agressions sexuelles. L’engagement et l’affirmation (Gotta Get Paid, Let’em Talk) seront de la vraie musique aux oreilles de ceux qui cherchent des textes représentatifs de l’éveil (tardif) des consciences. Mais n’espérez rien de révolutionnaire côté musique. Le trio sera en spectacle au Petit Champlain le 5 avril. Ms. Behave sort le 6.  Éric Moreault


LIVRE

Les mots de la fin, recueil de Jean Paré ***1/2

Le fondateur du magazine L’Actualité, Jean Paré, est amateur de citations, ce «petit trait de génie qui condense une longue réflexion en une vérité pointue». Aussi, au fil des ans, en a-t-il glané une et une autre, qu’on retrouve dans ce recueil où l’on peut naviguer au gré de son inspiration. Les aphorismes sont regroupés par sujets, par ordre alphabétique. Leurs auteurs viennent de tous les horizons: Churchill bien sûr, un maître en la matière, mais aussi Mae West, Coluche, Jean-Pierre Ferland, Foglia… À chaque situation, la bonne expression pour avoir le dernier mot… avec classe, explique Paré. Sous le vocable «Dieu», on aime bien celle de l’actrice Lily Tomlin: «Quand nous parlons à Dieu, c’est de la prière. Si Dieu nous parle, c’est de la schizophrénie.» Ou cette autre, de Woody Allen, qui d’autre? «On n’a jamais vu d’aveugle dans un camp de nudistes.»  
Normand Provencher

NOS COTES

 *****Exceptionnel   ****Excellent  ***Bon   **Passable   *À éviter