Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

Ce qu'on a pensé du dernier roman de Patrick Sénécal et des albums de Renaud et Marc Dupré.

LIVRE

Ceux de là-bas, ***, Roman, Patrick Sénécal

À bien des égards, Ceux de là-bas s’avère une déception. Bien sûr, Patrick Sénécal n’a pas soudainement perdu son talent. L’efficacité de son écriture, les dialogues punchés et le sens du rythme dans la narration demeurent. C’est plutôt dans sa volonté d’exorciser sa propre peur de la mort que l’auteur d’Alyss et des Sept jours du talion s’est égaré avec cette histoire de fantômes dont l’idée de départ s’avère peu crédible. À savoir : Victor Bettany, qui se remet de peine et misère de la mort tragique de sa copine, assiste à un spectacle d’hypnose. À son réveil, tous le monde est décédé. Puisqu’il ne se souvient de rien, le psychologue va chercher à comprendre, avec l’aide du conjoint en deuil de l’hypnotiseur, ce qui s’est passé et pourquoi il voit des fantômes de certains proches, mais pas tous... Trop long et, donc, redondant, peu original, voire banal, ce nouveau roman fantastique nous a laissés sur notre appétit. Éric Moreault

MUSIQUE

Les mômes et les enfants d’abord, ***, Pop, Renaud

Il revient de loin, le Renaud. Sa voix, on s’entend, n’est plus ce qu’elle était. N’empêche, on ne peut qu’admirer sa résilience. Le titre de son album paru il y a trois ans, Toujours debout, qu’on croyait être son dernier, avait donné le ton. Il persiste et signe (parfois pour le pire, diront certains) avec ce nouvel opus, où il marche sur les pas de son enfance, dans un élan de nostalgie. Il émane une grande tendresse de ses chansons, une douzaine au total, où le chanteur revisite des pans de ses jeunes années, que ce soit ses frayeurs de gamin (le rigolo Y’a un monstre sous mon lit) ou ses souvenirs d’écolier (Y z’ont mis l’feu à l’école). Il se moque aussi de sa misanthropie, énumérant dans J’aime rien tout ce qui le fait suer (et la liste est longue…). Dans son désir de boucler la boucle, on craque devant L.O.L.I.T.A. qui renvoie de magnifique façon à la déclaration d’amour pour sa fille, Morgane de toi, qui reste gravée dans nos mémoires, 30 ans plus tard. Normand Provencher

MUSIQUE

Rien ne se perd, ***, Pop , Marc Dupré

«Rien ne se perd», nous chante Marc Dupré sur son nouvel album… Surtout pas du temps, sommes-nous tentés d’ajouter devant cette septième offrande du populaire chanteur en 14 ans. L’imitateur devenu auteur-compositeur-interprète devenu personnalité télévisuelle — il retrouvera son fauteuil de coach au concours La Voix l’hiver prochain —, continue ici de creuser le sillon pop radiophonique qui lui a souri depuis le début de sa carrière, entouré de ses complices de création Gautier Marinof et Nelson Minville. Seul au micro ou en duo avec la chanteuse Amé, il explore toutefois un paysage sonore plus urbain que ce à quoi il nous a habitués, teintant sa pop gentille aux textes positifs de sonorités électroniques et s’adonnant à quelques bidouillages vocaux. Mais que les fans se rassurent : sur le fond, ça reste du Marc Dupré. Geneviève Bouchard