Le directeur artistique de l’école de photographie d’Ottawa, Jonathan Hobin

Objectif agrandissement

Architecture anguleuse, chambre noire flambant neuve, salle d’exposition immaculée...En déménageant cet automne du marché By à la Petite Italie, l’école de photographie d’Ottawa (SPAO) se donne les moyens de ses ambitions en s’agrandissant.

Bien plus qu’un lieu de formation, elle souhaite s’imposer comme un centre d’art névralgique à Ottawa. Un repositionnement imaginé sans la moindre subvention gouvernementale. Rencontre, sur place, avec son directeur artistique passionné de chats et de photos, Jonathan Hobin.

L’école est née en 2005 d’un coup de gueule, nous rappelle-t-il : celui d’un ancien professeur du collègue Algonquin, Michael Tardioli, excédé de ne pas être embauché à temps plein malgré la demande. « En protestation, une vingtaine d’élèves l’ont suivi dans son nouveau projet d’école en lui offrant leurs frais d’inscription scolaire. »

The School of the Photographic Arts accueille alors ses cohortes d’étudiants au deuxième étage d’un immeuble difficile à trouver, rue Dalhousie. « Entre la formation diplômante et les cours spécialisés, nous commencions à en accueillir plus d’une centaine par session, précise le directeur. L’espace sur Dalhousie devenait trop exigu ».

Jonathan Hobin imagine ajouter un espace d’exposition à son école, à l’instar de l’École d’art d’Ottawa qui propose trois galeries à ses étudiants. Un entrepôt de bois se libère, au 77 Pamilla, à quelques encablures de la rue Preston où habite M. Hobin. Le quartier connaît une revitalisation galopante grâce au redéveloppement des plaines LeBreton, la construction de condos près du lac Dow et la proximité du O-Train.

« Plusieurs entrepôts du quartier se sont transformés en lieux d’art et d’artisanat, » observe-t-il, en citant les studios de Enriched bread artists dans une ancienne boulangerie industrielle, la Orange Art Gallery installée dans un entrepôt de bois ou encore la galerie Central Art Garage, investissant un garage auto de Chinatown.    

Le quartier était donc idéal pour donner un nouvel élan à cette école de photographie qui envisage désormais de devenir la référence dans le domaine : « Nous offrons neuf agrandisseurs pour travailler sur des formats médiums ou larges, mais aussi l’accès à des procédés photographiques anciens comme le ferrotype. Un premier cours s’est donné ce semestre, les places se sont envolées en moins d’une heure ! »

SPAO se présente comme la seule galerie indépendante de la région uniquement dédiée à la photographie non commerciale.

La visite guidée se murmure entre deux portes coulissantes, pour ne pas déranger le cours en plein déroulement, visiblement populaire. Jonathan Hobin n’est pas peu fier du nouvel espace d’exposition dont l’ouverture officielle aura lieu en 2018.   

S’il espère fédérer la communauté photographique d’Ottawa, le directeur artistique compte aussi positionner son école sur le marché international : il évoque avec fierté un programme d’artistes en résidence généreusement étalé sur huit mois et qui inclut les candidatures étrangères. « Nous travaillerons également en collaboration avec les ambassades d’Ottawa pour des événements à venir, » se réjouit-il. 

Reste, peut-être, le marché francophone que le directeur ne boude pas mais trouve compliqué à rejoindre. « Quand nous recrutons des professeurs experts dans un domaine, il est plus difficile d’avoir des francophones. Mais nous garderons l’oeil ouvert... » 

SPAO se présente comme la seule galerie indépendante de la région uniquement dédiée à la photographie non commerciale.