Nouveautés du temps des fêtes

Voici les nouveautés du temps des fêtes dans le monde de la musique.

Tarmacadam, par Les Tireux d’Roches ****

Tarmacadam commence sur la mélodie joliment traînarde de ce Mariage des gueux, party terreux écrasé sous quelque roue de tracteur saoûle, mais égayé par la voix râpeuse de Denis Massé, l’accordéoniste des Tireux d’Roches.

Le quintette trad-folk poursuit doucement son chemin jusqu’au facétieux Camarades, qui s’accélère en cimentant la complicité des musiciens.

Ô joie, ô bonhomie ! Vingt ans de route à s’harmoniser, bourdonner, podorythmer et peaufiner des ritournelles, ça donne ça! Qu’ils nimbent l’air marin d’une brûme fantomatique (La traversée des amants), qu’ils distillent (en chœur) leur sel dans la chanson d’ivrogne (La belle et le tonneau) ou qu’ils dépoussièrent de vieux couplets français (Les filles des forges), les Tireux caxtoniens prouvent, sur cet euphorisant 7e opus, la finesse de leur orchestre.

Quels mélodistes hors-pairs, le cœur roots, mais l’oreille clean ! C’est réalisé par le photographe-musicien Davy Hay Gallant.

— Yves Bergeras, Le Droit

Sorti de l’Enfer, par Le Diable à Cinq ***1/2

Pas moderniste, mais absolument pas vieillotte, la toute jeune formation trad’ Le Diable à Cinq engage ses accordéons et ses violons (banjo, mandoline et guitare itou) dans le sillon folkloriste tracé (quoique un peu délaissé) par La Tuque Bleue, leurs «voisins/cousins» de La Petite Nation.

Jeune (les musiciens sont dans la vingtaine), mais franchement prometteuse. Et très enjouée – à en juger par ses reels fougueux et ses podorythmies endiablées, dans le rythme desquels ne se perdent ni le sens de l’humour, ni celui de la mélodie.

Si leurs Draveurs du lac Grosleau sillonnent nommément plusieurs bourgades de l’Outaouais, ce n’est pas un hasard.

Avec cet album, le quintette s’est spécifiquement donné le mandat d’exprimer le terroir de sa zone géographique. Et s’ils continuent sur leur plaisante lancée, de Barbière décoiffante en Berliguette soiffarde, de gigue luciférienne en Boulange sulfureuse (ou irréligieuse, du moins), ces diablotins n’ont pas fini de nous ziguezonzinzonner l’oreille.

La bande animera une Soirée trad à la Maison du citoyen de Gatineau (salle des fêtes) le 8 décembre. Sinon, il y a Bandcamp...

— Yves Bergeras, Le Droit

You make it feel like Christmas, par Gwen Stefani ***

Pour son premier album de Noël, Gwen Stefani s’intéresse autant aux classiques du temps des Fêtes qu’à la confection de compositions originales, proposant six titres dans chacune des catégories.

Dans un cas comme dans l’autre, la chanteuse opte pour une facture rétro, empruntant régulièrement à la pop et à la soul rétro des années 60, ce qui transparaît dans son utilisation des chœurs, des cuivres ou des cordes.

Elle réussit à servir un Jingle Bells, un White Christmas et un Last Christmas sympathiques, mais peine à donner un nouvel élan à Silent Night ou Let it Snow.

Même scénario avec ses chansons originales, qui ne sont visiblement pas toutes inspirées de Noël : il y a des morceaux très efficaces, comme celui qui donne son titre à l’album, avec son partenaire Blake Shelton, et d’autres plus fades.

Mais tout au long de l’album, Stefani fait son boulot avec l’aisance qu’on lui connaît derrière le micro et les arrangements riches et intemporels assurent une écoute agréable.

— Nicolas Houle, Le Soleil

A new Christmas, par Florence K ***

Florence K n’a pas fait de cachette en présentant la semaine dernière son mini-album de Noël : c’est aux fins d’un «pitch publicitaire» que les deux chansons du temps des Fêtes qu’elle a écrites ont été créées.

Comme son client potentiel a choisi une autre option, l’auteure-compositrice-interprète a décidé d’en faire bénéficier son public… Et elle a plutôt bien fait.

Contenant six titres, qui sont en fait des versions anglophones et francophones de trois pièces, A New Christmas coule dans cet univers pop jazzé dans lequel la chanteuse est à son aise.

Portées par des chœurs féminins (offerts par ses sœurs Éléonore et Ariane) et ne reniant pas un petit côté rétro, les deux chansons signées par Florence K s’avèrent plutôt pétillantes.

La pièce A New Christmas Song (Mon bel amour, en français), ballade livrée en duo avec son auteur, Stefie Shock, se déploie toutefois de manière moins flamboyante, voire un peu monotone.

— Geneviève Bouchard, Le Soleil

Coconut Christmas, par The Lost Fingers ***1/2

Les Lost Fingers avaient frappé un grand coup l’an dernier avec Christmas Caravan, leur premier album de Noël.

La troupe de Québec remet ça, en optant sensiblement pour la même approche créative et éclatée au plan stylistique afin de revoir 12 classiques et de proposer une pièce originale — celle qui donne son titre à l’album, avec ses contours pop, empruntant aux années 80.

La troupe a renoué avec John Jorgenson à la réalisation, pondant autant une sympathique Santa’s Lost His Mojo jazzy avec un passage rap, qu’une ambitieuse God Rest You Merry Gentlemen au parfum indien.

Toute la bande brille aux commandes de ce répertoire, défendu avec aisance au micro par Valérie Amyot, Byron Mikaloff et, le temps de Sleigh Ride, l’invitée Cyrille Aimée.

Coconut Christmas ne bénéficie forcément pas de l’effet de surprise de son prédécesseur et pèche peut-être un peu par excès d’éclectisme, mais mérite assurément l’attention : les performances sont impeccables, tout comme la réalisation soignée et dynamique.

— Nicolas Houle, Le Soleil