Notre bulletin de mi-saison

Le beau temps nous a fait bouder notre télé en début de saison, avant qu’on s’y reprenne, une fois le véritable automne venu. En retard sur les nouvelles émissions et sur les retours? Déjà à mi-saison, voici ce qu’il vaut la peine de rattraper, et ce qui peut très bien attendre…
  • Faits divers: 9,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Mon coup de cœur de l’automne. Marie-Ève Beaulieu est parfaite en avocate tueuse et folle dingue, qui met une énergie méticuleuse à dissimuler son crime. Et Fabien Cloutier excelle dans la gaucherie et la vulnérabilité d’un piètre criminel. Une série policière complexe, surréaliste, qui ne ressemble à rien de ce qu’on a fait ici, et qu’on ne regarde pas en faisant la vaisselle, pour en saisir toutes les subtilités. Dommage que la série vivote dans les sondages, l’œuvre écrite par Joanne Arseneau et réalisée par Stéphane Lapointe mérite d’être vue en rafale sur ICI Tou.tv.

  • Trop: 9/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Difficile de trouver duo d’actrices mieux assorti qu’Évelyne Brochu et Virginie Fortin dans cette savoureuse comédie. Après Lâcher prise, qui abordait le burnout l’hiver dernier, l’auteure Marie-Andrée Labbé traite avec finesse de la question de la bipolarité, sans nous faire la morale ou rebrasser des clichés. Un mot me vient pour qualifier Évelyne Brochu: exquise. D’abord humoriste, Virginie Fortin s’acquitte de sa tâche, délicate, avec aplomb et naturel, sans en mettre jamais «trop». Son interprétation pourrait s’avérer insupportable; elle fait plutôt de son personnage un être attachant, d’une touchante vulnérabilité. Bravo.

  • Unité 9: 8,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Surprendre le téléspectateur là où il s’y attendait le moins. À sa sixième saison, l’auteure Danielle Trottier a réussi ce pari, en faisant disparaître deux, possiblement trois personnages majeurs de sa série. Plusieurs avaient été déçus par l’épisode de l’évasion de Jeanne sur le toit, une histoire tirée par les cheveux. Mais on s’est vite repris avec des scènes vraiment touchantes, et en permettant à Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay) de donner un nouveau sens à sa vie.

  • Les Simone: 8,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Le personnage d’Élizabeth (Karine Gonthier-Hyndman), qui perd toute inhibition devant sa gouvernante et femme de ménage, donne lieu aux scènes les plus drôles. Celle du spa silencieux avec la nouvelle voisine valait 1000 $. Le party de cégep, auquel se mêle le cercle de filles, me restera aussi en mémoire, tout comme les trop rares, mais cinglantes répliques de Pauline (Valérie Blais).

  • De garde 24/7: 8,5/10 (Télé-Québec)

On va s’ennuyer des anciens médecins, mais il y a tant encore à apprendre sur le travail du personnel médical. Ce que la caméra nous montre ne correspond pas toujours à ce qu’on nous raconte sur la réalité des hôpitaux, mais permet de mesurer la somme de travail et le niveau de stress auxquels sont soumis les médecins et infirmiers. La délicate question de l’aide médicale à mourir était abordée avec le plus grand soin.

  • En mode Salvail: 8,5/10 (V)

La saison a commencé en lion avec une séquence hilarante de faux party après-Gémeaux, avec Guy Nadon en DJ survolté et Marie-Thérèse Fortin en championne de «beer pong». L’animateur sait encore créer l’événement. Josée Boudreault y a donné une première entrevue en solo, sans son conjoint, une formidable démonstration de résilience. Et un hilarant lapsus de l’animateur, qui appelle Denise Filiatrault… Dominique, ça ne s’invente pas!

  • Huissiers: 8/10 (V)

Fascinant d’observer ces gens au métier méconnu et mal aimé, confrontés à des situations crève-cœur. On est tenté de s’indigner qu’on veuille expulser une vieille dame de son logement. Mais c’est beaucoup plus complexe que ça en a l’air, et on serait bien embêté à la place de ces huissiers. La présence de caméras adoucit-elle leurs réactions? On peut bien sûr se poser la question. Le docu-réalité est diffusé chaque vendredi à 20h.

  • Deux hommes en or: 8/10 (Télé-Québec)

Je lui aurais laissé quelques semaines, mais Pierre-Yves Lord a su prendre ses aises dès son arrivée auprès de Patrick Lagacé. On aimerait qu’il rebondisse un peu plus sur les réponses de ses invités plutôt que s’en tenir à son canevas d’entrevue, mais on parle assurément d’un excellent départ. Lagacé reste tenace, pertinent et surtout pas complaisant dans ses entrevues politiques, notamment avec François Legault, ce qu’on voit trop peu dans notre télé. Bonne idée d’avoir éliminé le stand-up d’ouverture.

  • Olivier: 8/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Heureusement qu’un peu de lumière est apparue au troisième épisode de cette série qui commençait très lourdement. On s’est pris d’affection pour le petit Olivier (Anthony Bouchard) comme pour le grand (Thomas Derasp). Coup de cœur pour Isabelle Vincent en bonne sœur bienveillante, mais aussi pour Kathleen Fortin, rayonnante dans le rôle de Micheline Rivard.

  • District 31: 8/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Si vous n’avez pas vu l’épisode de jeudi, je vous suggère de passer à L’imposteur. Savoir Nadine et Patrick (Magalie Lépine-Blondeau et Vincent-Guillaume Otis) bien en vie m’avait rassuré. Les derniers événements m’ont toutefois fait déchanter! L’auteur Luc Dionne nous a bien eus, mais celle-là est difficile à avaler. Surtout que j’apprivoise encore le duo formé par Jeff Morin et Poupou (Luc Picard et Sébastien Delorme). Daniel Chiasson (Gildor Roy) nous avait bien prévenus que le poste ne serait plus jamais le même. 

  • L’imposteur la suite: 8/10 (TVA)

Début de saison plus laborieux pour Philippe/Youri (Marc-André Grondin) et on comprend les auteurs de devoir boucler leur histoire cet automne. On sent que l’étau se resserre dangereusement sur le personnage à la double vie, pris dans un tourbillon de criminalité dont il voulait justement se sortir. Heureux retour de Johanne Fontaine dans un rôle intrigant de non-voyante. Je suivrai jusqu’au bout, avec l’angoissante impression que ça ne peut pas bien finir pour notre antihéros…

  • La vraie nature: 7,5/10 (TVA)

Une seule émission a été diffusée, mais le concept promet. Ça commence à faire beaucoup d’émissions où nos vedettes vont s’épancher, mais la réunion de trois personnalités qui n’ont en apparence aucun point en commun peut certainement donner lieu à des rencontres étonnantes.

  • Ici on chante: 7,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Un rendez-vous sans prétention, motivé par le simple plaisir de chanter, à l’image de Véronic DiCaire. Parfaitement à l’aise dans le rôle de l’animatrice, elle sait mettre en valeur ses invités.

  • Boomerang: 7/10 (TVA)

Plusieurs lignes drôles dans cette comédie, qui privilégie beaucoup le burlesque, parfois au détriment de la crédibilité des situations. Les acteurs jouent tous un ou deux tons trop haut.

  • Conversation secrète: 6/10 (TVA)

Dans le cas de Dominique Michel, on pourrait parler davantage de «conversation amère» que secrète. Un peu triste de voir une artiste qu’on aime tant régler ses comptes sur des faits aussi approximatifs et anodins. La façon de tourner, en retrait, doit en principe procurer un sentiment de liberté à l’intervieweur et à son invité, mais il ne réussit pour l’instant qu’à alourdir l’entretien aux yeux du téléspectateur. Une note un peu sévère pour à peine deux épisodes, mais on espère que l’émission saura mieux mettre à profit les talents d’intervieweur de Paul Arcand.

  • Dans les médias: 6/10 (Télé-Québec)

Même si la comparaison est boiteuse, on aimerait que Marie-Louise Arsenault transporte un peu de la folie de son émission de radio à ce concept télé. Plus on serait de fous, plus on regarderait. L’animatrice a beau ramer fort, l’ensemble demeure un peu trop statique. Il y a là un bon filon, l’analyse des comportements des médias, mais le rendu reste assez fade. Un cas de «laissons la chance au coureur».

  • Lâchés lousses: 5/10 (TVA)

Si je voyais certains segments de cette émission dans de vieux extraits des Tannants, j’en sourirais. Mais aujourd’hui, en 2017? Les «épreuves» que Messmer impose à des candidats dociles et volontaires deviennent rapidement répétitives, et le délire qui les entoure finit par agacer. Mais l’émission est un indéniable succès, les deux premières ayant réuni plus d’un million de téléspectateurs.

Occupation double Bali: 4/10 (V)

On nous avait promis des candidats qui sortent du moule habituel, mais il n’en est rien. Les conversations volent toujours aussi bas, et les préoccupations, tout aussi futiles. Même qu’on n’a pas été foutus de rayer du montage des propos racistes de deux candidates capricieuses. Ceux qui se risquent à regarder OD la nuit à MusiquePlus peuvent tomber sur des images fixes de piscine vide ou de gars qui s’entraînent. Vraiment? Restent la beauté des lieux et l’animation irréprochable et sympathique de Jay Du Temple, ce qui ne suffira pas à conserver mon intérêt.