«Noël une tradition en chanson« offre des chansons bien connus chantées par des artistes bien aimés.

«Noël une tradition en chanson»: les pantoufles d’Yves Lambert

La musique trad’ est au temps des Fêtes ce que la tourtière est au réveillon. Et lorsque Yves Lambert met les pieds sur scène pour Noël une tradition en chanson, l’ex-chanteur de la Bottine est aussi souriant que le p’tit Jésus dans sa crèche : « Je suis vraiment dans mes pantoufles ! »

Yves Lambert et les lutins du spectacle Noël une tradition en chanson sillonnent le Québec depuis le 1er décembre pour distribuer un cadeau aux petits comme aux grands : celui des cantiques de Noël les plus connus, interprétés par une brochette d’artistes québécois bien-aimés – et d’horizons complètement différents. Signe que le passage de leur traîneau est attendu de pied ferme à Gatineau, l’arrêt du 11 décembre à la Salle Odyssée affichait « complet » déjà deux semaines à l’avance.

Ce n’est pas la diversité de styles qui manque dans ce deuxième opus, à nouveau mis en scène par Joël Legendre. Les classiques festifs y sont servis dans plusieurs tableaux – Noël d’enfant, spirituel, d’hiver, comique, traditionnel… L’entrain du « ZZ Top de la musique trad’ » autobaptisé ne décline pas, ni après une heure de conversation animée, ni après quatre décennies à défendre le patrimoine québécois.

« Je suis tanné de les entendre à la radio, mais les faire, ce n’est pas pareil ! » lance le tonitruant accordéoniste. Façon de dire que le plaisir de chanter en duo ou en groupe est contagieux pour ces huit artistes qui renouvellent complètement la distribution du spectacle.

« C’est un cadeau pour moi de finir l’année comme ça, avec des professionnels, se réjouit-il. C’est une belle occasion de chanter avec de grosses pointures, avec des icônes de la musique québécoise. » Par « pointures », Yves Lambert désigne ses comparses Michel Louvain, Renée Martel, Johanne Blouin, Annie Villeneuve et la « mam’zelle » du jazz Emilie-Claire Barlow, « qui est une chanteuse exceptionnelle », ainsi que deux « pointures » plus vertes, Michaël et l’imitateur d’Elvis Presley, David Thibault (« le beau David ! »).

« En plus de ça, dans le house band, il va y avoir mon groupe de brousse », soit Tommy Gauthier et Olivier Rondeau, ses complices au sein du Yves Lambert Trio, qui l’accompagnent depuis 16 ans. « J’ai quelques-uns de mes classiques dans le spectacle. Avec eux, ils vont sonner authentiques. »

Enfin, la distribution compte, « bien sûr, Yves Lambert », complète le principal intéressé. « Un vieux trad’ au cœur…

— …jeune ?

— Oui, exactement ! »

Yves Lambert

Kamikaze de brousse

Bien qu’il soit en terrain connu avec les reels des fêtes, Yves Lambert trouve son confort dans à peu près tous les répertoires. « Oui oui, je suis un musicien de brousse à tendance kamikaze. Ça m’a suivi toute ma vie ! »

La définition d’être « de brousse », selon Yves Lambert : passer beaucoup de temps sur la route. Heureusement pour lui, chaque mois de l’année n’est pas aussi chargé que son décembre 2018, qui concentre pas moins de 23 spectacles à son agenda. En plus des 19 prestations de Noël une tradition en chanson, Lambert et son trio broussailleux poursuivent la tournée de leur plus récent album Tentation, paru en août dernier. L’opus a été présenté aux Américains et aux Chiliens lors de deux tournées automnales.

« C’est un privilège de pouvoir encore s’adresser aux gens qui sont devant nous autres ! Il faut se donner, surtout maintenant. Dans ce métier, il faut être honnête et authentique ; c’est important et ce sont des valeurs que je veux charrier. Je n’ai jamais fait de spectacles avec autant d’énergie, parce que les gens en demandent ! »

La tendance kamikaze, c’est pour sa propension à l’exploration. Jeune, c’est le blues qui l’a attiré vers la musique. Parti du blues américain, son chemin l’a amené vers son pendant québécois, puis jusqu’à la musique traditionnelle.

Accordéon cajun

L’aller-retour aux États-Unis musicaux sera bientôt complété alors qu’il prépare avec un producteur new-yorkais un album roots anglophone adressée aux Américains. Le projet verra le jour d’ici 2020. « Je travaille beaucoup le tex-mex et le style cajun – à l’accordéon, oui ! Le cajun, c’est le mix des rencontres entre les Acadiens francophones, les Créoles et les Américains, quelque part. Le tex-mex, c’est le fruit des immigrations allemandes au début du 20e siècle qui ont influencé les musiciens texans et mexicains dans le boutte de San Antonio. »

« On dirait que je viens de retourner à l’école. Je suis des cours d’accordéon cajun sur YouTube, et ça me fait tripper que le yâble ! »

Une autre collaboration aventurière à paraître en 2019 comprendra Yves Lambert, à qui on a fait appel « pour [s]on côté fou ». Il laisse filtrer bien peu d’information sur l’identité de ses trois futurs collaborateurs, sauf qu’« il y en a un que vous connaissez très bien ».

Le Yves Lambert Trio reviendra dans la « brousse » outaouaise le 30 décembre. Un spectacle au profit de la maison de la famille l’Étincelle aura lieu à la Salle Desjardins du Complexe Sportif de La Pêche, à 19 h 30. Luc Lepage et son invitée Josée Veilleux en assureront la première partie.

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POUR Y ALLER

Quoi ? Spectacle d’Yves Lambert Trio

Quand ? Le dimanche 30 décembre à 19 h 30

Où ? Salle Desjardins du Complexe Sportif de La Pêche

Renseignements : Facebook