Nickelback a offert des versions live presque identiques aux chansons de ses albums, vendredi soir, en cette deuxième journée de FMG.

Nickelback met le feu au FMG

CRITIQUE / Rock et pesante comme elle se doit de l’être : c’est bien huilée, quoique lisse et un brin sage, que la machine Nickelback a roulé au parc de la Baie vendredi soir.

La deuxième soirée du 32e FMG a sans doute répondu aux prières des organisateurs. Le temps était radieux. Dès 18 h, le festival fourmillait de visiteurs de tous les groupes d’âge, déjà.

Première observation : les changements de configuration du site font énormément de bien au festival. Le parc de La Baie paraît de loin plus grand. En termes de capacité, on a entendu une comparaison entre la scène Casino Lac-Leamy et les plaines d’Abraham, à Québec : en effet, on ne doit pas en être bien loin.

Ce site agrandi était bien compact à l’arrivée de Chad Kroeger, son frère Mike, Ryan Peake et Daniel Adair. « A-t-on des fans finis de Nickelback ici ? » a demandé le chanteur après la première chanson. Affirmatif, ont confirmé les spectateurs, en liesse.

Dès les premières notes de Feed the Machine, le ton était donné. Les guitares ont mordu. Les percussions sont rentrées au poste. Les voix ont rugi. En bref : Nickelback fut fidèle à Nickelback, offrant des versions live presque identiques aux chansons de ses albums.

En plus des classiques, le groupe albertain a fait plaisir avec de plus vieilles chansons comme Hangnail (2001). Et cette foule de « fans finis » ne s’est pas fait prier pour chanter. Jamie Fine, du duo hip-hop Elijah Woods x Jamie Fine, est même montée sur scène pour boire un coup avec le groupe et chanter Rockstar avec son idole, en faisant l’un des moments forts du concert.

Avec des millions d’albums vendus et 12 tournées à remplir les arénas partout au monde, les attentes étaient élevées. Bien sûr, jouer à l’extérieur ne permet pas les mêmes prouesses techniques qu’en aréna, mais on en aurait pris plus en termes de visuel. Tandis qu’on a vu ici de belles animations — notamment un joli karaoké de We Must Stand Together —, il y eut là de simples retransmissions en direct du groupe en train de jouer, avec parfois un filtre de couleur pour tout effet spécial.

Idem en termes d’ambiance. Chad Kroeger a fait une intervention entre chaque chanson, ou presque. À part plusieurs références à la consommation d’alcool — des impératifs de tout show rock, convenons-en —, lui et son groupe ont ri de leur français, lancé quelques blagues bon enfant, rappelé à plusieurs reprises qu’il était vendredi, et présenté des chansons. On se demande s’il était nécessaire d’interrompre ainsi l’élan des spectateurs et de couper ce qui aurait autrement pu être un feu roulant.

Nickelback a ainsi clôturé une soirée sans accroc. Dos aux montgolfières qui décollaient — un joli effet —, Ariane Moffatt a donné le coup d’envoi de la soirée en rebondissant entre ses morceaux récents et ceux qui ont fait sa marque depuis 2002, bien groovy et dansants. Mêmes allers-retours pour Daniel Bélanger, dont le spectacle fut sans flaflas, simple et juste. Quant à Roxane Bruneau, la rockeuse aux cheveux courts a un peu moins d’options. Avec un seul album dans les bacs, l’attachante showgirl a présenté du matériel exclusif entre deux blagues bien franches et efficaces.

La première envolée de montgolfières de la 32e édition du FMG a eu lieu vendredi soir.

Comme voulait le permettre la nouvelle configuration du site, un spectacle commençait alors qu’un autre se terminait.

Moffatt, Bruneau et Bélanger se sont ainsi chevauchés pendant une dizaine de minutes chacun. Si on craignait que le bruit de l’un dérange le spectacle de l’autre, il n’en fut rien. Cependant, on a vu des mouvements de foule avant la fin des spectacles de la scène Hydro-Québec — sans être la fin du monde, ces festivaliers ont dû trouver dommage de devoir choisir entre deux artistes qu’ils voulaient voir.

Le FMG se poursuit samedi avec le sandwich country Yoan, Alex Nevsky et Les Trois Accords.