Musique

Le président des Grammys accusé de sexisme

NEW YORK — La chanteuse Lorde a ajouté mercredi sa voix aux critiques visant le président de la Recording Academy, l’instance des professionnels de la musique organisatrice des Grammy Awards, après qu’il eut appelé les artistes femmes à «passer à la vitesse supérieure».

Après la cérémonie des Grammys, organisée dimanche à New York, le président, Neil Portnow, avait déclaré que «les femmes qui ont la créativité dans leur cœur et leur âme, qui veulent être musiciennes, [...] ingénieures, productrices, et faire partie de cette industrie au niveau de l’encadrement» devaient «passer à la vitesse supérieure».

Il évoquait le fait que peu de femmes avaient obtenu des récompenses lors de la cérémonie.

Dans les catégories principales comme dans celles concernant la pop, le rock, le R & B, le rap ou la country, soit une vingtaine au total, un seul prix est allé à une femme ou un groupe féminin : la Canadienne Alessia Cara, sacrée révélation de l’année.

Les commentaires de Neil Portnow ont été très mal pris, notamment par la chanteuse Pink, connue pour son féminisme. «Les femmes passent à la vitesse supérieure depuis la nuit des temps», a-t-elle écrit dans une lettre ouverte à Portnow, postée sur son compte Twitter. «Nous montrons à la prochaine génération de femmes et de jeunes filles, de garçons et d’hommes ce que signifie être égaux et à quoi ressemble le fait d’être équitable», a-t-elle conclu.

Ces 60e Grammy Awards ont été l’acte de naissance d’un mouvement prônant davantage de représentation féminine dans l’industrie musicale.

Les chanteuses Lady Gaga, Janelle Monae, Kesha, Cyndi Lauper ou Camila Cabello ont toutes témoigné leur engagement en faveur de cette évolution lors de la cérémonie.

Démission réclamée

Après Pink, la chanteuse Kelly Clarkson a qualifié Neil Portnow d’«âme perturbée», le renvoyant, avec humour, à son nouvel album Meaning of Life, sorti le 20 octobre dernier.

Connue pour son hit A Thousand Miles, Vanessa Carlton a même appelé les internautes à signer une pétition réclamant la démission du président de la principale organisation professionnelle de la musique aux États-Unis. Mercredi, vers 21h, la pétition approchait le seuil des 10 000 signatures fixé par ses initiateurs.

Nommée dans la catégorie reine d’album de l’année, la chanteuse Lorde a acheté une pleine page dans l’édition de mercredi du quotidien The New Zealand Herald pour remercier son public.

«Merci, aussi, d’avoir foi en des musiciennes», a écrit la jeune artiste de 21 ans. «Vous créez un magnifique précédent!»

Musique

Grammys: indignation du fils de Trump et de l’ambassadrice à l’ONU

NEW YORK — Le tour très politique pris dimanche soir par la cérémonie des Grammy Awards à New York a suscité une salve de messages indignés de la part du fils du président Donald Trump et de l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley.

Le présentateur de la soirée, James Corden, a fait lire à des chanteurs, mais aussi à Hillary Clinton, des passages du livre polémique Le feu et la fureur : Trump à la Maison-Blanche, qui brosse un tableau apocalyptique de la première année de l’administration Trump à la Maison-Blanche.

Dans ce livre publié début janvier, le journaliste Michael Wolff présente le président comme mal informé, intellectuellement limité et instable.

Donald Trump Jr, fils du président, a rétorqué sur Twitter : «lire un extrait d’un livre de #fakenews aux Grammys semble fournir une grande consolation pour avoir perdu la présidence». Selon lui, plus Mme Clinton apparaît à la télévision «plus le peuple américain réalise combien c’est formidable d’avoir en poste @realDonaldTrump».

L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, n’a pas évoqué Mme Clinton, mais a estimé que les musiciens avaient fait une fausse note.

«J’ai toujours aimé la cérémonie des Grammys, mais voir des artistes lire le livre Le Feu et la Fureur l’a tuée», a-t-elle écrit sur Twitter. «Ne gâchez pas la bonne musique avec des bêtises ordurières. Certains d’entre nous aiment la musique sans que la politique y soit mêlée.»

Dans une vidéo retransmise durant la cérémonie des Grammys, des musiciens comme John Legend, Cher, Snoop Dogg, Cardi B, et DJ Khaled ont lu de courts extraits du livre, assortis parfois de commentaires de leur cru.

À la fin de la vidéo, Hillary Clinton, rivale démocrate malheureuse de M. Trump à l’élection présidentielle de 2016, cite un passage selon lequel le président aime manger chez McDonald’s et lance : «le Grammy est dans le sac».

Soirée à messages

Alors que l’industrie du disque avait semblé assez détachée des enjeux du moment, la cérémonie a fait flèche de tout bois et multiplié les interventions politiques, reprenant la main à Hollywood qui avait amorcé le mouvement.

De nombreux invités, de Lady Gaga à Sting, en passant par Khalid ou Cindy Lauper, étaient arrivés en arborant des roses blanches en écho aux mouvements #MeToo et Time’s Up à Hollywood, à l’appel tardif d’un groupe de musiciennes.

Sur scène, Lady Gaga a rendu hommage à Time’s Up, contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité hommes-femmes, suivie de la chanteuse et actrice Janelle Monáe, lors d’un vibrant monologue.

«À ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots : c’est fini. Fini les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes, et les abus de pouvoir», a déclaré la chanteuse en présentant une prestation de Kesha laquelle, avec sa chanson Praying, a rappelé sa bataille contre un producteur qu’elle accuse de l’avoir violée.

Immédiatement derrière, une autre chanteuse, Camila Cabello, elle-même venue jeune de Cuba avec ses parents, a rendu hommage aux Dreamers, les bénéficiaires d’un programme permettant à des immigrés arrivés enfants clandestinement aux États-Unis de travailler et d’étudier légalement.

Ce programme a été supprimé par le président Donald Trump qui a pressé le Congrès de le remplacer, mais les parlementaires sont pour l’instant dans l’impasse.

Le rappeur Logic, qui interprétait son titre 1-800-273-8255 pour la prévention du suicide, a conclu les prestations scéniques avec un nouveau message tourné vers les autres pays du monde, «nourris de culture, de diversité et de milliers d’années d’histoire».

Une allusion directe à la politique migratoire du président Trump et ses récents propos polémiques sur les «pays de merde», qu’il conteste avoir tenus.

Musique

Révélation de l'année aux Grammys: Alessia Cara répond aux critiques

TORONTO — La chanteuse canadienne Alessia Cara se défend après avoir essuyé des critiques au sujet de sa victoire à la cérémonie des prix Grammy dans la catégorie de la révélation de l'année.

Certains utilisateurs des médias sociaux estiment que sa victoire est injuste puisque la carrière de la chanteuse pop est déjà bien établie.

Des observateurs ont écrit que le trophée aurait dû être remis à la chanteuse R&B SZA, qui était aussi nommée dans la catégorie aux côtés de Julia Michaels, Khalid et Lil Uzi Vert.

Alessia Cara a répondu aux critiques sur son compte Instagram, notant qu'elle n'avait pas demandé à ce que son nom soit soumis dans la catégorie et qu'elle n'avait aucun contrôle sur le résultat.

L'Ontarienne a ajouté qu'elle avait «travaillé très fort» et qu'elle «n'allait pas être contrariée par quelque chose [qu'elle] voulait depuis [qu'elle] était enfant».

La jeune femme de 21 ans estime qu'«il y a un gros problème dans l'industrie qui appuie l'idée voulant que le talent et le travail acharné d'un artiste doivent laisser la place à la popularité et aux chiffres».

«Je ne laisserai pas tout ce pour quoi j'ai travaillé être diminué par des gens qui s'offusquent de mes réussites et qui ressentent le besoin de me dire à quel point je suis mauvaise», écrit-elle, sous une photo d'elle-même dans une pièce remplie de ballons.

«Voici un fait amusant. Je me crois mauvaise depuis que je suis assez vieille pour savoir ce que signifie être mauvaise. Je vous ai devancés. Et c'est pourquoi cela est si important pour moi.»

La chanteuse derrière les succès Scars to Your Beautiful et Stay ajoute que malgré ses nombreux doutes, on lui a démontré que son travail «vaut quelque chose».

«Toutes ces années où j'ai cru que je n'étais bonne à rien ou que j'étais naïve de rêver à une chose improbable se sont révélées payantes d'une façon que je n'ai toujours pas réalisée», peut-on lire.

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PEU DE GAGNANTES

La chanteuse canadienne Alessia Cara a été la seule femme à l'emporter dans l'une des catégories majeures aux Grammy, et moins du quart des 84 trophées remis dimanche sont allés à des femmes ou des groupes incluant une femme.

Mais ce sont des commentaires prononcés en coulisses par le président de la Recording Academy qui ont véritablement enflammé les critiques, qui considèrent que le gala de cette année n'est qu'une preuve supplémentaire de l'écart entre les sexes qui prévaut dans l'industrie.

Neil Portnow a déclaré aux journalistes après le gala, dimanche, que les femmes «doivent renforcer leurs efforts parce qu'elles seraient bien accueillies».

Cette déclaration voulant que les femmes ne fassent pas suffisamment d'efforts dans l'industrie de la musique a provoqué de la frustration chez Aerin Fogel, organisatrice du festival féministe torontois Venus Fest. Elle n'est toutefois pas surprise de constater que l'on attribue aux femmes elles-mêmes la responsabilité du peu de place que leur laisse l'industrie.

D'une certaine façon, croit-elle, ce qu'il a dit «représente un enjeu plus grand dans l'industrie de la musique, et dans la majorité des industries».

En coulisses

Ed Sheeran, bientôt marié

Comme vous le savez probablement déjà, le chanteur Ed Sheeran a trouvé la femme de sa vie.

Il a dévoilé sur Instagram qu’il avait demandé la main de sa copine Cherry Seaborn. Et elle a dit oui! Mais qui est l’heureuse élue? Sheeran et Seaborn se sont connus dans un lycée du Royaume-Uni. Ils n’étaient alors qu’amis. Seaborn part ensuite étudier en Caroline du Nord. Pendant ce temps, Sheeran devient la vedette qu’on connaît aujourd’hui et entretient des relations amoureuses avec la chanteuse Ellie Goulding, entre autres. Seaborn et Sheeran se revoient en 2015 à New York. Un an plus tard, Sheeran annonce qu’il prend une pause de sa carrière et voyage autour du monde avec son amoureuse. Joueuse de hockey, Seaborn est consultante pour Deloitte à Londres. Sheeran, 26 ans, confiait en février dernier : «Je me sens en confiance à présent, nous vivons ensemble et nous avons des chats. Je pense qu’une fois qu’on a des chats, on a trouvé la bonne personne.» Les minous en question s’appellent Dorito et Calippo (nom d’une friandise glacée) et sont aussi roux que leur maître. La date du mariage n’a pas encore été dévoilée.

Enrique Iglesias et Anna Kournikova: parents de jumeaux

Ces deux-là sont assurément parmi les vedettes les plus discrètes du gratin d’Hollywood. L’ancienne joueuse de tennis et le chanteur ont accueilli la petite Lucy et le petit Nicholas il y a cinq semaines à la grande surprise du monde entier. La grossesse de Kournikova était restée secrète jusqu’à ce jour. Le fils de Julio et Kournikova se sont rencontrés en 2001 sur le tournage du vidéoclip de la chanson Escape, mais n’ont jamais confirmé publiquement leur relation. En 2011, Kournikova confiait au magazine Women’s health : «Le mariage n’est pas important pour moi». Elle ajoutait : «Je veux absolument avoir des enfants. Que ce soient les miens ou par adoption.» Iglesias partageait l’opinion de sa compagne en 2012 à propos du mariage. «Je n’ai jamais pensé que le mariage changerait quoi que ce soit. Peut-être que c’est parce que mes parents ont divorcé, en tout cas je ne crois pas que l’on aime quelqu’un pour un bout de papier». Si on se fie à la belle bague qu’on peut voir au doigt de Kournikova dans ses dernières publications sur les réseaux sociaux, il semble bien que les tourtereaux aient changé d’avis à ce sujet. Le couple, qui vit dans une maison de 20 millions de dollars sur une île privée de Miami, a publié dans les derniers jours des photos de ses jumeaux. Comme quoi la fierté parentale peut dégêner même les plus réservés.