L’auteur-compositeur-interprète, Zachary Richard,  a été testé pour la COVID-19 lundi à Lafayette, en Louisiane.
L’auteur-compositeur-interprète, Zachary Richard,  a été testé pour la COVID-19 lundi à Lafayette, en Louisiane.

Zachary Richard, de la guitare à la plume

Dans le cadre d’une entrevue accordée à Radio-Canada, dimanche dernier, Zachary Richard a laissé entendre, sourire dans la voix, qu’il pourrait bien se pencher sur l’écriture d’un roman durant cette période de confinement imposée par la pandémie.

Blaguait-il ou songe-t-il vraiment à troquer la guitare pour le clavier de son ordi ?

« Ce n’était pas une blague, répond-il. J’y pense. De toute façon, j’allais ralentir mes prestations. Je me concentrais dernièrement sur le livre de poésie (Zuma 9) que j’ai publié en novembre dernier. Le problème, c’est que tous les salons du livre sont annulés.»

« Donc oui, j’y pense à ce roman. J’ai dit ça en blaguant (dimanche à la radio), mais j’arrive à un tournant dans ma carrière où je vais probablement me présenter (en public) beaucoup moins, ce qui me donne une certaine liberté. Et j’ai toujours eu un projet de roman en tête. Mais bon, de là à le faire, c’est tout un processus. On verra bien comment ça va tourner. »


« Est-ce que les gens vont aller dans les salles de spectacles et les stades de sports avec une certaine insouciance ? Je ne le pense pas. »
Zachary Richard

Bien qu’il compte réduire considérablement le nombre de spectacles qu’il offrira dans l’avenir, Zachary Richard se dit inquiet pour ses pairs, pour tous ces artistes qui comptent sur les spectacles pour gagner leur vie. Car selon lui, ce n’est pas demain que les gens se rueront dans les salles et les stades pour se divertir.»

« Ce qui est désolant, c’est l’après, laisse-t-il tomber. Cette crise, qu’elle dure encore des semaines ou des mois, va éventuellement s’estomper. Mais il y aura certainement une espèce de paranoïa qui va s’installer et qui durera je ne sais pas combien de temps. Est-ce que les gens vont aller dans les salles de spectacles et les stades de sports avec une certaine insouciance ? Je ne le pense pas. Pas pour un certain temps. Je ne sais pas combien de temps ça prendra pour qu’on puisse réintégrer l’espace public d’une façon moins méfiante. Et ça, pour les artistes de spectacles, c’est un problème majeur qui ne va pas se résoudre avec des “concerts Facebook” qui sont très charmants, mais qui ne sont pas une source de revenus assez importante pour imaginer que ça peut remplacer le spectacle-même. On est dans une espèce de zone grise et on ne sait pas comment ça va tourner.»

« Mais il ne faut pas lâcher, ajoute-t-il d’un ton plus optimiste. Je crois qu’on est tous en train de creuser nos propres réserves d’espoir. C’est une situation qui est extrêmement difficile. Mais malgré tout ça, je crois qu’il y a une humanité qui va continuer à se manifester. Peut-être pas de la façon traditionnelle. Mais la solidarité et l’amour vont s’exprimer d’une façon nouvelle. Et j’espère que dans peu de temps, on va pouvoir refaire des chansons et boire de la bière ensemble en les écoutant. »