La légende du rap québécois Yvon Krevé sera de passage à Granby pour l’une de ses rares performances en public.

Yvon Krevé au Chat noir de Granby

Granby — Le Cabaret du Chat noir accueillera samedi l’un des piliers du rap québécois. Yvon Krevé foulera les planches granbyennes pour y interpréter ses hymnes à la rue qui ont marqué plus d’une génération.

Son nom est peut-être inconnu pour les plus jeunes amateurs de rap, mais Yvon Krevé est un incontournable pour quiconque souhaite retracer l’origine du hip-hop québécois. 

«Yvon Krevé, c’est un gars qui a vraiment changé les choses! Son album L’accent grave, c’était vraiment on top et très peaufiné» explique celui qui est derrière la plateforme Zonerap.com, Samuel Beaudoin qui attendait le spectacle avec impatience. 

À l’instar d’autres rappeurs importants de sa génération, Yvon Krevé est pratiquement disparu de l’espace médiatique ces dernières années. 

L’influence de ses albums continue de se faire entendre chez presque tous les rappeurs québécois d’aujourd’hui.

«Je ne suis pas l’inventeur du rap en accent québécois, mais je dirais que je suis celui qui a allumé la mèche», explique le M.C. (maître de cérémonie) dans une rare entrevue accordée à La Voix de l’Est, vendredi matin. 

Il se préparait alors en vue de la présentation de deux spectacles — à Longueuil vendredi soir, puis à Granby, samedi.

Une rare période d’activités dans la carrière du rappeur qui fonctionne plutôt au ralenti depuis quelques années.

Ses fans, qui demeurent légions, n’assisteront pas à un grand retour. Il ne court ni après l’attention médiatique ni les spectacles. 

Pour Yvon, la musique n’est pas un métier, surtout pas une business. Uniquement une grande passion.

«Je suis pas quelqu’un qui est facile d’avoir en show. Je fais d’autres choses dans la vie, j’ai grandi, je suis quelqu’un d’autre aussi», souffle-t-il.

Il faut dire que ses derniers véritables albums, sortis il y a près de 15 ans, exploraient essentiellement la thématique de la rue, de la drogue et des embûches de la vie.

Aujourd’hui, l’artiste a 40 ans, est père de famille et a surtout mûri dans ses réflexions.

«Si jamais je refais un album, ça va être plus des choses que moi je veux dire sur la société. J’ai grandi, j’ai appris beaucoup de choses et aujourd’hui mes chansons ne sont plus comme avant.»

«La carrière, je l’ai progressivement mise de côté, sans l’avoir consciemment décidé, il est arrivé des choses dans ma vie qui m’ont ralenti. Je pensais que j’allais récupérer, mais c’est juste jamais revenu, c’est disparu, c’est parti», explique-t-il en faisant allusion à la perte de trois êtres chers dans sa vie.

Mais Yvon Krevé n’a pas perdu la passion de la musique pour autant. 

«Le côté musique ça va toujours être là. Pour moi c’est culturel, mon père était un grand joueur de guitare dans un groupe haïtien. Je vais toujours écrire, j’ai beaucoup de chansons qui restent à sortir», s’empresse-t-il d’ajouter.  

Pour les curieux, le rappeur demeure désormais à La Prairie et a désormais comme principal passe-temps les courses de drones!

«Je dirais que j’ai la même passion et le même goût de la compétition que quand j’ai commencé dans le rap», confie-t-il. 

Yvon Krevé, de son vrai nom Henry Green-Dupré, participe à plusieurs championnats importants au Canada et se classe généralement parmi les meilleurs lors des compétitions. 

Il garde toutefois un pied dans le domaine musical en donnant un coup de pouce aux rappeurs de la relève, en les conseillant sur leurs choix musicaux et «en leur disant en pleine face s’ils vont pas à la bonne place».

Grand-messe

C’est une véritable grand-messe du hip-hop qu’Emmanuel Parent, alias Dirty de son nom artiste, a préparée. En plus d’Yvon Krevé, une foule de rappeurs dont plusieurs sont issus de la région viendront chauffer la scène du Chat noir.

Dirty lui-même assurera l’une des premières parties et interprètera des pièces issues de son dernier « mixtape » Machoman et de son album à venir Boss du zoo

Question de rassurer les fans, Yvon Krevé acceptera avec plaisir de revisiter ses classiques et garde la même fougue sur scène qu’on lui connaît.