L’auteur-compositeur-interprète Kim Churchill

Voyage émotionnel avec Kim Churchill

De Berlin à l’Île de Vancouver en passant par l’Austalie et l’Angleterre, la série de quatre mini-albums de l’auteur-compositeur-interprète Kim Churchill a été enregistrée aux quatre coins de la planète. Un voyage tant inspirant qu’émotionnel pour le musicien voyageur dont «Forgetting», le deuxième EP de cette série écrite en partie au Québec vient de paraître.

« Le Québec et le Canada ont été importants dans ma vie et dans la construction de qui je suis aujourd’hui. C’était donc important d’écrire ce mini-album au Québec. J’ai composé beaucoup de ces chansons ici », confie Kim Churchill, actuellement en tournée au pays et qui sera de passage à Gatineau samedi.

Sa relation affectueuse avec le Québec remonte à près de dix ans, alors que le guitariste-surfeur australien n’avait que 19 ans et qu’il jouait sur une scène du Festival de la Poutine à Drummondville.

« À ce moment-là, j’ai rencontré les gars du groupe punk Grimskunk et j’ai signé mon premier contrat avec leur maison de disque Indica Records. Pendant quelques années, je revenais chaque été à Montréal pour des shows », se souvient le musicien qui a d’ailleurs enregistré un album dans la métropole. « Ça m’a fait grandir, de passer plusieurs mois par année au Québec. Aujourd’hui, ça fait partie de moi ».

La planète, terreau fertile

L’immensité et la nature du Canada l’ont inspiré pour le très intimiste et mélodieux Forgetting, entièrement enregistré sur l’île de Vancouver.

D’ailleurs, pour sa série de microalbums, Kim Churchill désirait parcourir le monde afin d’imprégner son folk-pop d’ambiances éclectiques.

« L’idée, c’était de prendre une série d’ébauches de chansons, de les finir et de les enregistrer dans des villes différentes, qui ont toute une signification pour moi. Je voulais que les gens et la culture de chaque lieu guident ma musique pour avoir des chansons uniques », explique-t-il.

Ainsi, le musicien, à la fois surfeur et infatigable voyageur, a enregistré à Berlin IAM, son premier EP, paru en mai. Un album très pop, teinté de folk, aux couleurs parfois R’n’B.

The End, son troisième EP à venir a été écrit et enregistré à Blue Mountains, en Australie. « C’est proche de là où j’ai grandi, ça me rappelle mon enfance », précise le chanteur.

Quant à Again, le quatrième et dernier EP, il a été enregistré dans le Devon, en Angleterre. « J’ai souvent voyagé en Angleterre depuis que je suis tout petit parce que ma mère est anglaise. Et, une grande partie de la musique que j’aime vient de là », confie Kim Churchill.

S’ils ont été élaborés aux quatre coins du monde, ces EP font néanmoins partie d’un tout. Leur thématique commune : le changement.

« Le genre de gros changement qui arrive dans une vie, celui qui demande un peu de courage et de bravoure à traverser, avoue Kim Churchill. Et chaque mini-album évoque une étape différente dans ce processus de changement. »

Un parcours créatif cathartique qui a transporté le musicien de la tristesse de laisser aller les choses à la joie du recommencement.

Rester soi-même

Si le guitariste nomade a, à ses débuts, prêté une grande importance à son image — pour se démarquer du populaire Jack Johnson et de son folk-pop ensoleillé — il a depuis appris à s’assumer. « Je ne voulais pas que les gens me voient comme ce surfeur blond et souriant. Mais c’est ce que je suis. Le surf, c’est ma passion. J’aime être ce surfeur blond et heureux », affirme avec une certaine sagesse l’artiste.

Habitué d’être pieds nus dans le sable, le chanteur affectionne également de monter sur scène les orteils à l’air. « J’ai besoin d’avoir l’entière possession de mes pieds parce qu’ils sont vraiment occupés pendant le show. Je m’en sers pour faire plein de choses », justifie Kim Churchill.

Cette fois-ci, il monte seul sur scène, renouant avec la formule homme-orchestre. « Grosse caisse, caisse claire, guitare, chant, je joue beaucoup d’instruments en même temps. Mais je jouerai aussi complètement débranché, assis en avant de la scène », précise le musicien.

« Certaines de ces chansons ont été écrites dans une chambre d’hôtel, sur un stationnement au bord de la plage, dans une forêt ou encore proche d’une rivière. J’essaye de recréer cette intimité. »

Le concert de Kim Churchill prévu ce samedi au Bistro Le Gainsbourg affiche toutefois déjà complet. Après Gatineau, le musicien surfeur amènera son folk pop à Montréal et à Québec.