Véronic DiCaire n'a pas hésité lorsqu'on l'a apporchée pour organiser une deuxième édition de «1000 et 1 voix».

Véronic, ou la voix du cœur

Véronic DiCaire reprendra le micro pour une deuxième édition de «1000 et 1 voix», spectacle caritatif monté au profit du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau (CPSG), afin de soutenir son projet de développer une approche thérapeutique par la musique.

La chanteuse-imitatrice et animatrice originaire d’Embrun, qui a passé l’été à donner des spectacles en Asie et en Australie, était de passage à Gatineau vendredi pour annoncer que ce show « choral » aura lieu le 4 novembre prochain à la Maison de la culture de Gatineau (MCG) et dévoiler qu’elle interprétera cette année Une chance qu’on s’a, de Jean-Pierre Ferland... entourée de 25 préadolescents. La mélodie sera en effet interprétée par l’ensemble à cordes du Conservatoire de musique de Gatineau.

Symphonique

La Franco-Ontarienne a aussi précisé qu’elle donnera dans la foulée une version symphonique de son spectacle d’imitations. Elle sera en effet entourée des 70 musiciens de l’Orchestre symphonique de Gatineau.

L’OSG sera dirigé par Simon Leclerc, à titre de chef invité. C’est lui qui a signé (pour l’Orchestre symphonique de Montréal, avec qui Véronic DiCaire a donné une série de concerts en mai dernier) les partitions orchestrales des chansons qu’elle interprétera. Un répertoire où se côtoieront Lady Gaga, Britney Spears et Marie Carmen, laisse entrevoir la Dame de cœur.

« Je fais moins d’humour, mais il y aura une petite touche humoristique : c’est toujours amusant de changer les paroles de Lady Gaga ou de faire Isabelle Boulay qui chante La p’tite Grenouille – surtout avec un orchestre symphonique. »

« Avec l’orchestre, ça donne vraiment quelque chose de gros. Et pour moi aussi, c’est un défi. Je dois m’adapter, trouver de nouveaux points de repère – ah ! ici, c’est un trombone qui part la note ! – parce que je n’ai plus ma section rythmique et mes cues habituels. Ça demande une vigilance [constante]. Je chante avec un énorme paquebot [et] je suis vraiment contente qu’on ait pu amener ça à Gatineau. »

Les billets pour cette soirée-bénéfice sont déjà disponibles, via la billetterie de la MCG (819-243-2525 ; salleodyssee.ca).

Martin Ouellet, du Festival de montgolfières de Gatineau, Marie-Eve McEwen, du Groupe Nordik, Yves Marchand, de l’Orchestre symphonique, la Dre Anne-Marie Bureau, du CPSG, Véronic DiCaire, Marc Langis, du Conservatoire, Richard Martin, du CPSG, Vanessa Pilotte, d’Énergie Brookfield, et Marie-Claude Pichette, styliste de mode, unissent leurs efforts pour venir en aide aux jeunes patients du CPSG.

Les voix du public

S’il est logique de parler de spectacle « polyphonique », quand il s’agit de Véronic DiCaire, c’est cette fois peu en lien avec les voix célèbres dont elle emprunte les timbres et inflexions. Les 1000 voix du titre seront celles du public venu la rejoindre à la salle Odyssée le 4 novembre.

Après une répétition d’une vingtaine de minutes (supervisée par le pianiste gatinois François Dubé), la foule sera conviée à entonner la chanson en « duo » avec Mme DiCaire. Celle-ci sera enregistrée : elle fera l’objet d’une captation vidéo destinée à alimenter les réseaux sociaux et la campagne de financement, ont précisé vendredi les organisateurs.

Le projet a pris de l’ampleur depuis son coup d’envoi au complexe Branchaud-Brière, le 27 mai 2016. La première édition de 1000 et 1 voix avait réuni près de 700 chanteurs et chanteuses amateur(e)s. La vedette internationale avait alors choisi d’interpréter S’il suffisait d’aimer de Céline Dion.

Le concert avait tout de même permis de récolter 55 000 $ afin de doter le CPSG d’un « garage à musique » dans sa clinique de Hull (voir autre texte).

En famille

Véronic DiCaire n’a pas hésité une seconde avant de dire oui, lorsqu’elle a été approchée par le CPSG pour reconduire l’initiative, afin de parachever le financement du garage à musique.

« La première mouture de 1000 et 1 voix a été extraordinaire », dit-elle en partageant le plaisir et l’honneur d’« unir nos voix pour cette cause ». Une cause « très noble, qu’on n’a pas le choix d’adopter », estime celle qui est allée rencontrer les enfants du CPSG et leurs parents, « qui travaillent très fort pour... juste être bien. »

Avant de rencontrer la directrice clinique du CPSG, la Dre Anne-Marie Bureau, « je ne savais pas que ça existait, la pédiatrie sociale. Naïvement, je pensais que tout le monde [était en situation d’égalité face à l’accès aux soins]. Mais non ! »

Installé au cœur de communautés pauvres, le centre est fréquenté par des « familles vulnérables » et une clientèle souvent aux prises avec des problèmes de mobilité ou de déficience intellectuelle, rappelle Richard Martin. Leur réalité « m’a beaucoup touchée », témoigne la chanteuse.

« Véronic DiCaire fait désormais partie de la famille », a imagé la Dre Bureau. « On va lui réserver une petite chambre au Centre », a-t-elle ajouté à la blague.

« Je suis renversé par la générosité de Véronic », a pour sa part indiqué le Directeur général de l’OSG Yves Marchand. 1000 et 1 voix, « C’est un très beau moment. Quand elle arrive sur scène [après que la foule ait eu le temps de répéter la chanson], les gens capotent », a-t-il constaté lors de la première édition.

Objectifs financiers

« L’objectif – très réaliste – est de dépasser le montant récolté l’an dernier », a soutenu vendredi Richard Martin, cofondateur de l’initiative 1000 et 1 Voix avec Catherine Pellerin.

Pour cette deuxième édition, une entente a été établie avec la Fondation Choquette-Legault. L’organisme de bienfaisance d’Ottawa a promis de « jumeler les montants des grands donateurs », c’est-à-dire ceux, entreprises ou particuliers, qui donneront 3000 $ ou plus au projet du CPSG, jusqu’à concurrence de 35 000 $, a dévoilé Richard Martin.

La Fondation Véronic DiCaire est intimement liée à 1000 et 1 voix.

Un concours organisé dans le cadre de la campagne de financement permettra de gagner une paire de billets pour aller assister (frais de transport payés) à un futur spectacle de Véronic DiCaire à Paris.

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LE GARAGE À MUSIQUE

Rempli d’instruments, le garage à musique offrira un « environnement thérapeutique complémentaire » à la jeune clientèle du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau (CPSG), soit près de 1000 enfants, précise la directrice clinique du CPSG, la Dre Anne-Marie Bureau. L’espace servira à l’« éveil musical » et à « l’apprentissage collectif de la musique », qui « au-delà des bienfaits évidents, stimule les fonctions exécutives », poursuit-elle. Un tel Garage à musique a déjà fait ses preuves à Hochelaga-Maisonneuve, sous l’autorité du célèbre Dr Gilles Julien, dont le travail a inspiré l’implantation du CPS à Gatineau.

Le Dre Bureau se dit très confiante de pouvoir inaugurer ce garage à musique en septembre 2019, dans un hangar adjacent au Centre de Hull. 

Le CPSG connaît un succès fulgurant depuis sa création, il y a neuf ans. La clinique de pédiatrie sociale située dans le Vieux-Gatineau n’étant pas assez grande pour répondre aux besoins, une seconde clinique a été ouverte il y a trois ans dans le Vieux-Hull. « On est passés d’une équipe composée de moi et de quelques bénévoles à 18 cliniciens. Pour nous, c’est un très gros défi, en termes de masse salariale » retrace la médecin en chef, en expliquant que la gestion de cette croissance devait être gérée en priorité – et que la construction du « garage » a dû être remise à plus tard.

Le Conservatoire de musique de Gatineau était déjà partie prenante de la première édition de 1000 et 1 voix. « Les jeunes adorent ça, pouvoir partager la scène avec de vrais pros. C’est évidemment très formateur », s’est réjoui le directeur de l’institution d’enseignement, Marc Langis. Le Conservatoire sera d’ailleurs associé au Garage à musique, a promis vendredi la Dre Bureau, même s’il est prématuré de détailler la forme précise que prendra cette entente. Les écoles de quartiers pourront aussi profiter de cette nouvelle ressource, laisse-t-elle entendre.