Vanessa Lavoie et son guitariste Brandon Moscatelly lors d’une prestation acoustique dans le Foyer de la Maison de la culture.

Vanessa Lavoie dans la cour des grands

Vanessa lavoie a signé mercredi – dans le foyer de la Maison de la culture de Gatineau, là où elle a fait ses premiers pas scéniques – un rarissime contrat international avec une maison de disques américaine. Il s’agit de l’étiquette Tabletop Records, affiliée au groupe Spectra, avec qui la chanteuse gatinoise de musique country fait affaire « depuis une semaine ».

Vanessa Lavoie, qui a participé au festival Western de St-Tite au moins huit fois, n’a jamais caché ses ambitions internationales, malgré son statut d’« indépendante ». 

Et si, à 23 ans, sa carrière est déjà amorcée aux États-Unis, où elle a déjà un agent, Jim Richardson Jr., où deux de ses chansons sont passées à la radio, et où elle a été finaliste aux Josie Music Awards, en septembre dernier... cette carrière pourrait bien prendre un nouveau cap, ainsi fouettée par ce contrat. 

La Gatinoise a tenu à faire une conférence de presse dans son bercail. Le vice-président de Tabletop en personne, Rafael Atkins, a fait le voyage depuis Miami pour parapher le document, mercredi, devant un parterre de fans de la chanteuse. 

Une autre personnalité de marque, le chanteur Breen Leboeuf (Offenbach) avait tenu à être là. Le Franco-Ontarien est venu encourager Vanessa par amitié pour Stéphane Ritchot, l’un des deux actionnaires de l’agence gatinoise qui veille désormais aux intérêts de Vanessa à travers le Canada, ACE Agency.

« C’est un rêve qui se réalise enfin. Je suis vraiment contente, et très excitée aussi, parce que ça bouge beaucoup. Mais j’ai une très belle équipe avec moi », signale-t-elle en mentionnant notamment Stéphane Ritchot et son partenaire de ACE, Stéphane Durette.

Disque à venir

Le contrat avec Tabletop a une durée un an, mais qui « peut se prolonger de 5 ans, aussitôt qu’on aura lancé l’album. Parce qu’il y a un album qui s’en vient » dès cet automne, promet-elle. Un disque évidemment anglophone, qui sera distribué non seulement au Canada et aux États-Unis, mais « aussi ailleurs dans le monde », envisage-t-elle.

Le disque sera réalisé par « le plus grand producteur au Québec », Gauthier Marinoff (Marc Dupré, Jérôme Couture, Étienne Drapeau, entre autres). « L’album sera enregistré au studio Réservoir [Audio], à Montréal, en compagnie de musiciens renommés, vraiment très bons, qui ont travaillé avec Marc Dupré, Céline Dion, Gregory Charles », précise-t-elle.

« Ils [Spectra] ont écouté ma chanson Drop The G, et aussi la version country-rock que j’avais fait de Pour Some Sugar On Me, la chanson de Def Leppard... Ils ont voulu savoir qui était derrière tout ça ; ils ont rencontré Stephane, et c’est là qu’ils ont décidé d’embarquer », retrace Vanessa Lavoie.

Peu de chanteurs ou chanteuses originaires de Gatineau ont réussi à signer un contrat international avec un label américain de cette importance, rappelle son équipe. 

« Ce qui se passe aujourd’hui, c’est un peu ce que René Angelil a réussi à faire avec Céline. Là, on saute chez les gros joueurs. Vanessa a déjà deux chansons dans les charts américaines, mais là, elle va avoir accès [direct] au Billboard », fait valoir Stéphane Ritchot. 

Nouveau son nu country

La signature de ce contrat historique et la performance musicale qui l’accompagnait ont été filmées par son équipe, dans le but de produire le prochain vidéoclip de la Gatinoise, qui illustrera la chanson Drop the G.

Mais pas la version déjà endisquée sur son premier album, Butterfly Feeling (2016), disque qu’elle était allée enregistrer à Nashville — au studio ToneSlinger fréquenté entre autres par Garth Brooks, et entourée de pros.

Il s’agira d’une version de Drop the G complètement remodelée, qu’elle vient de réenregistrer au studio Réservoir, indique Stephane Ritchot. 

« On est en train de complètement changer son son. C’est devenu du nu country ; mais la touche rock est très présente, sans être agressante. »

À l’étape du mixage de cette nouvelle version de Drop the G. Breen Leboeuf a d’ailleurs « aidé » à la sélection de la version finale, témoigne M. Ritchot, pour expliquer la présence solidaire du musicien à ce moment historique pour la jeune Gatinoise.

La tournée américaine que Vanessa Lavoie envisageait en juin 2018 a été repoussée à l’automne. 

Elle se fera cette fois « sous la tutelle de Table Top », précise M. Ritchot, qui entrevoit de percer le marché canadien dès que Vanessa aura conquis le marché américain, ce qui ne saurait tarder, selon lui.