Univers parallèles, de Damien Robitaille ***1/2

CRITIQUE / Un «joyeux naufrage». Cet oxymore, tiré de la chanson S.O.S., résume à lui seul le ton du quatrième opus de Damien Robitaille, Univers Parallèles, disque bâti sur un fort joli paradoxe.
À l'humeur euphorique des mélodies pop-funk s'imbrique celle, plus douceureuse, des textes.
Certes, les paroles demeurent fantaisistes, ludiques, baignées de jeux de mots. Mais s'y succèdent des images aigres-douces de solitude, de feu (l'extrait Tout feu tout flamme) et d'eau salée qui, si elles font des étincelles, ne peuvent cacher leur brûlante amertume.
Le Franco-Ontarien demeure toujours très dansant, même «quand les blagues ne sont plus drôles» (Oasis), et même s'il s'est passablement éloigné de la musique des îles, parenthèse ouverte sur Omniprésent - et quasi-refermée, n'eût été de cette très percussive «poupée vaudou», sur Ennemi imaginaire, qui clôt le dique... et pique la curiosité.
On sent Robitaille revenu aux saveurs d'Homme autonome. Un zeste plus gospel, grâce aux choeurs qui lui confèrent une amplitude et une émotion inégalées.