Le fournisseur québécois de services musicaux Groupe Stingray Digital a vu ses revenus augmenter de 18,9 pour cent, tandis que son bénéfice net a reculé de manière importante au premier trimestre.

Un groupe se forme, dit le pdg de Stingray

(Montréal) Le chef de la direction du fournisseur québécois de services musicaux Groupe Stingray Digital, Eric Boyko, dit faire partie d'un groupe de «plus d'une vingtaine» d'entrepreneurs qui en ont contre l'aide gouvernementale accordée aux entreprises du secteur multimédia.
En marge de l'assemblée annuelle de Stingray, mercredi, à Montréal, M. Boyko a fait valoir que les entreprises québécoises ayant leur siège social au Québec - comme la sienne - gagneraient à évoluer dans un secteur du multimédia exempt de crédits d'impôt.
«Il y a bien sûr certaines industries que l'on veut absolument aider, comme le secteur culturel ou l'aérospatial ou des choses très, très pointues. Mais sinon, il ne devrait pas y avoir de subventions pour les entreprises», a déclaré aux journalistes le dirigeant qui se présente comme un «libertarien».
M. Boyko a indiqué qu'un groupe ferait une annonce officielle cet automne pour prendre position au sujet des subventions. «Il faut se poser la question: est-ce que c'est normal qu'une compagnie étrangère reçoive 800 millions $ de subventions, ce qui est plus que son profit net?» a-t-il ajouté.
Le patron de Stingray a évoqué «plus d'une vingtaine d'entrepreneurs ou de chefs d'entreprise qui se parlent» sur la question des subventions, nommant Louis Têtu, président et chef de la direction de Coveo, Jean Laflamme, chef de la direction de Meubles South Shore, ainsi que Martin-Luc Archambault, pdg de AmpMe.
«Pour plus de la moitié du groupe, il ne s'agit pas d'entreprises de technologies. Ce sont des entreprises traditionnelles qui doivent innover», a-t-il indiqué.
Il a martelé que des multinationales étrangères recrutaient grâce à des crédits d'impôt de travailleurs spécialisés, soutenant que chaque fois que Stingray «fait une offre à un jeune qui gradue, il a quatre autres offres devant lui».
«Ça nous prend des entreprises du Québec, ça nous prend des compagnies qui exportent et qui innovent. Et pour ça, il ne faut pas donner nos ingénieurs aux compagnies étrangères.»
Revenus en hausse grâce aux États-Unis
Le fournisseur québécois de services musicaux Groupe Stingray Digital a vu ses revenus augmenter de 18,9 pour cent, tandis que son bénéfice net a reculé de manière importante au premier trimestre.
Comme l'a souligné Stingray (TSX:RAY.A), mercredi, pour la première fois en dix ans d'existence, les revenus générés ailleurs qu'au Canada ont représenté plus de 50 pour cent des résultats de l'entreprise.
L'entreprise a indiqué être particulièrement satisfaite de sa présence aux États-Unis, qui compte maintenant pour 15 pour cent du total de ses revenus. Stingray a précisé que ce marché se développait «à un rythme accéléré, grâce à des clients comme Comcast».
Les revenus au premier trimestre ont atteint 29,2 millions $, alors qu'ils avaient été de 24,5 millions $ un an plus tôt.
Le bénéfice net a diminué pour s'établir à 280 000 $, comparativement à 2,04 millions $ lors du trimestre correspondant de l'année précédente. Il s'agit d'un recul d'environ 85 pour cent, attribuable entre autres choses à une hausse des frais juridiques. Le bénéfice par action s'est chiffré à 1 cent, comparativement à 4 cents un an plus tôt.
En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice net ajusté s'est établi à 5,7 millions $, ou 11 cents par action, par rapport à 5,2 millions $, ou 10 cents par action, l'an dernier.