Renee Wilkin

Un avant-goût du prochain album de Renee Wilkin

Renee Wilkin revient au bercail, profitant encore une fois de l’intimité de la formule cabaret que lui offre la Maison de la culture de Gatineau, où elle présentera un spectacle à mi-chemin entre «Soul 67» et le prochain. Celui qu’elle mettra en branle dans la foulée de la parution de son troisième album, réalisé par Corneille, et dont la sortie est prévue « à l’automne ».

C’est parmi les siens – à Gatineau, où résident une sœur, des nièces et plusieurs amis de longue date – où « l’accueil est toujours très chaleureux » et où elle n’a jamais cessé de ressentir à chaque représentation « la voix de tous ces gens qui m’encouragent beaucoup » depuis son passage à La Voix, qu’elle a choisi de présenter ce spectacle charnière.

Cette soirée « nostalgique » sera « un peu le dernier spectacle de la tournée Soul 67 ». « On a gardé tout ce qui convenait bien à Soul 67, mais je vais aussi faire quatre ou cinq chansons du prochain album. Finalement, c’est un peu le meilleur des deux mondes... »

Si ce disque à venir demeure baigné de soul et de R&B, il se caractérisera par des « sonorités modernes, un peu plus pop » que le précédent.

Et, détail important, il sera essentiellement francophone, alors que « ce n’est pas une chose facile de chanter du soul en français ». « La phonétique en anglais s’y prête mieux. On a une langue très belle, mais très percussive, alors souvent ça fonctionne moins bien... » Voilà précisément la raison pour laquelle Renee Wilkin avait approché le Français d’origine rwandaise, qui est à ses yeux un des rares chanteurs à réussir à faire du soul de qualité dans la langue de Molière.

Comme le nouvel album contient « beaucoup de guitares », Renee Wilkin entrevoit pour sa prochaine tournée « plus de musiciens sur scène – ou peut-être plus de séquences » préenregistrées. Mais pour l’instant, elle s’en tient à la formule cabaret, qui a fait ses preuves.

« L’album n’est pas 100 % fini, alors on peut se permettre de les adapter à mes trois musiciens, de retoucher l’orchestration. » Ces jours-ci, elle se déplace avec un trio composé de Philippe Godin à la basse et de Martin Lizotte aux claviers, en plus du batteur Maxime Reed-Vermette, complice de la première heure de ladite tournée. Bref, « je suis entre très bonnes mains ! »

Diamant

Elle jouera évidemment la pièce Diamant. Ce premier extrait lancé en septembre dernier est un des trois morceaux que Corneille et elle ont coécrits. « C’est moi qui ai écrit la mélodie », précise-t-elle toutefois.

Les textes de la plupart des chansons portent la patte de l’épouse de Corneille, Sofia de Medeiros – connu pour avoir signé les paroles de nombreuses chansons de son mari.

« On a créé un lien, elle et moi, je ne sais pas trop d’où ça vient, mais on a des personnalités très compatibles. » Cette collaboration lui a permis de « vraiment explorer » d’autres avenues créatives.

Ainsi, Renee Wilkin a confié la plume à Sofia de Medeiros. « J’avais envie de présenter un album plus personnel, alors on a beaucoup parlé [elle et moi]. On a discuté de ma vie, de choses qui me touchent de très près, et [dégagé] des thèmes. Elle écrivait et je retouchais les textes. »

La méthode venait donc chambouler ses habitudes de travail, puisque Renee Wilkin faisait auparavant retoucher ses chansons par un tiers. La nouvelle méthode a ses avantages : « En lisant les textes, je savais ce que je voulais comme ambiances, comme émotion ; j’entendais les mélodies... »

Seul petit hic (potentiel) : portées par un regard extérieur, les nouvelles chansons font parfois référence à des choses assez intimes, ou évoquent des détails que la Gatinoise n’aurait, par pudeur, pas osé écrire. Du coup, « j’ai senti l’obligation de faire approuver certains détails » par mon entourage, sourit-elle.

Son ancien coach à La Voix, Marc Dupré, lui a offert une nouvelle chanson. Gautier Marinof – qui avait réalisé L’amour, la guerre – a lui aussi réalisé une chanson de ce troisième opus. Épaulé par son réalisateur Mario Volcy, Corneille a quant à lui assumé « la direction artistique » du disque », s’est assuré « que le son soit homogène, et que ce soit du R&B actuel ». D’ailleurs, le disque, « on se le cachera pas », est pétri de « sonorités pop » qui portent la « touche Corneille ».

« On suit la tendance actuelle, ce qui joue à la radio et ce qu’on aime entendre. J’essaie de trouver un juste milieu. » Tout en songeant aux musiciens qui l’accompagneront en tournée, c’est-à-dire en s’assurant qu’ils pourront exercer leur créativité à l’intérieur du cadre, et qu’ils auront « autant de plaisir » qu’elle à défendre ce disque « beaucoup plus léché que Soul 67 ».

Deuxième extrait imminent

« Corneille a une vraie vision des arrangements de voix. Et ça me parle. On a énormément travaillé les harmonies. Des fois, il va me lancer des idées et je ne comprends pas très bien où tout ça s’en va, mais je [plonge], et le résultat est incroyable à chaque fois ! » se réjouit-elle.

La voix de Corneille, on devrait l’entendre sur quelques chansons du disque. Notamment sur Après tout, qui sera « probablement » sélectionnée comme prochain extrait, et que Renee Wilkin compte bien « tester avec le public gatinois... »

« Elle devait devrait sortir d’ici deux ou trois semaines ». Enfin, ça, c’était le plan A. Jusqu’à ce que, tout récemment, le duo enregistre une chanson, « très dans l’air du temps, qui parle des différences corporelles et de l’acceptation de soi ». « Elle n’est pas tout à fait terminée, mais en studio, ça nous a remués... » Au point qu’elle l’envisage comme extrait radiophonique, à la place d’Après tout.

La Gatinoise pense que cet album francophone « très international » peut lui ouvrir les portes du marché européen. « Ça sonne français et québécois à la fois. »

« C’est peut-être ambitieux de parler de “carrière”, mais j’ai envie d’essayer [d’organiser une tournée en France]. Je serai plus confiante de le faire avec ce disque, et avec des sonorités accessibles qui peuvent plaire à un large public. Ce sont des portes difficiles à ouvrir, mais je me sens en confiance », sous la houlette du clan Corneille.

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POUR Y ALLER

Quand? Le 9 avril, à 20 h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca

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BRITISHOW PROLONGÉ

D’ici la sortie de ce disque, Renee Wilkin continue de se produire à temps perdu au sein de la revue musicale Britishow, où elle partage la scène avec Yvan Pedneault, Pascal Dufour, Jérôme Couture et Philippe Berghella. Ce spectacle consacré aux grands hits britanniques a été récemment racheté par Musicor, ce que la Gatinoise perçoit comme un signe de pérennité à moyen terme. « Musicor envisage des “résidences” prolongées dans les casinos. On fera ça à temps perdu, car on a tous nos projets solos et ils [Musicor] le savent. Mais ça me fait plaisir que l’aventure continue. »