Yao a été le grand gagnant du 10e gala des prix Trille Or. Quant à Mélissa Ouimet, elle a reçu le prix de chanson de l’année.

Trille Or: la soirée de Yao

Yao a triomphé au 10e gala des prix Trille Or. Trois fois couronné, l’Ottavien est ressorti du Centre des arts Shenkman les bras chargés des trophées du Meilleur spectacle, du Coup de cœur des médias et de celui, convoité, de l’Artiste solo.

Ayant reçu neuf nominations, Yao était deuxième dans la liste des artistes les plus nommés, une catégorie derrière Damien Robitaille. À savoir quel type d’interprète se chauffe anime ce « Meilleur spectacle », Yao en a dévoilé un échantillon lors d’un quadruplé musical que complétaient Étienne Fletcher, Mélissa Ouimet et Damien Robitaille. Énergique à souhait.

« En ce moment, je suis au septième ciel ! » s’est exclamé Yao, à la fois électrisé et ému, après la cérémonie. Aux deux derniers galas, le Franco-Ontarien était parti les mains vides. « C’était bien au-delà de mes attentes de retourner à la maison avec trois gros trophées comme ceux-ci ! »

Visant l’Europe et l’Afrique — et les ayant atteints —, de même que l’inaccessible Québec, Yao a mis toute la gomme sur son dernier spectacle. « Il fallait monter un live show à la hauteur de cet album (Lapsus). Live, parce qu’il fallait que ce soit vivant. Et show, comme «montrer» : si les gens veulent simplement écouter l’album, ils vont rester à la maison. »

En pleine forme et d’humeur mordante, Vincent Poirier a accueilli la foule avec une salve de blagues bien blanches et vertes. Il faut dire que depuis le dernier gala qu’il a animé — en 2017, les Trille Or étant un événement « bi », comme dans « bisannuel » —, l’actualité a servi au comédien franco-ontarien de quoi se mettre sous la dent. Il a cuisiné les « Instavedettes » qui s’autopromeuvent sur les réseaux sociaux, grillé Denise Bombardier, et rappelé qu’après 18 ans et 10 galas, « plus personne ne peut vous enlever les Trille Or… sauf peut-être Doug Ford ! »

Bien envoyé.

Le triomphe de Yao était partagé. À égalité à la ligne d’arrivée, Cindy Doire s’est illustrée dans la catégorie non genrée Auteur. e et/ou compositeur. trice.

La belle de Timmins a aussi été couronnée Meilleur artiste solo ou groupe – Pop la veille lors du Souper industrie, en plus de voir son album Panorama récompensé pour sa réalisation et ses arrangements signés Mark Howard.

Absents, les Hôtesses d’Hilaire ont pourtant été remarqués : ils ont trôné au sommet des catégories du Meilleur album de l’Acadie et Export Acadie. À égalité avec deux prix, Mclean a vu son album Une dernière fois mériter les trophées Meilleur album et Prise de son et mixage (Sébastien Perry et Stéphane Rancourt).

Ex-aeqo avec un trophée chacun, Kimya s’est illustré comme la Découverte, Le nœud de Vaero a décroché le titre du meilleur EP, et les Rats d’Swompe ont été intronisés comme Groupe pour leur « rat’n’roll ».

Pour la Chanson primée, déterminée par le vote des internautes, la palme est revenue à Amours jetables, de Mélissa Ouimet.

La remise du Prix hommage à Carmen Campagne a donné lieu à un moment touchant : les membres de sa famille sont montés sur scène pour rendre un hommage chanté à la Fransaskoise défunte.

Ayant livré sur scène une interprétation dynamique d’About moi, Jacobus est reparti les bras vides. N’empêche, l’électron libre de Radio Radio s’était distingué pendant le Souper industrie comme meilleur artiste en Musique urbaine et pour le vidéoclip de sa chanson Ma vie c’est un movie, réalisé par STEREO Films.

Même scénario pour Étienne Fletcher : la veille, le Fransaskois s’est illustré comme Meilleur artiste solo ou groupe – Rock. Le Souper industrie a également récompensé Pierre Guitard (Découverte de l’Acadie), Janie Renée (Meilleur artiste solo ou groupe – Jazz) et Georgian Bay (Meilleur artiste solo ou groupe – Roots).

+

L’industrie récompensée au gala des prix Trille Or

Si les artistes se taillent une place et rayonnent dans le paysage musical franco-canadien, c’est en partie grâce à leurs équipes. Les professionnels de l’industrie, eux aussi, ont vu leur travail souligné aux Trille Or, mercredi soir, lors du Souper industrie.

Tandis que son site web a reçu le trophée de la Présence web, Damien Robitaille a été récompensé du prix Export Ontario pour l’artiste s’étant le mieux illustré hors de sa région respective. 

Ce même prix a été remis pour le Québec à Klô Pelgag, et pour l’Ouest, à Rayannah.

Chez les artistes de l’image, l’Émission musicale télé ou web qui s’est distinguée a été Balade à Toronto IV, de Machine Gum Productions. 

Enfin, pour la Conception visuelle, Elodie Evanno et Gabrielle Dubois se sont distinguées pour l’album de Moonfruits, Ste-Quequepart.

L’Initiative artistique, nouvelle catégorie cette année, a souligné la création du musicien-entrepreneur ottavien Le FLOFranco, #HautesVibrations. Cette soirée musicale a été proposée deux années de suite, à raison de quatre soirs par année, et a réuni chaque fois jusqu’à deux DJs et quatre performances en direct.

Groupe JKB, entreprise de la région de Toronto derrière, entre autres, Jacobus et DJ Unpier, a été couronné du prix Entreprise. 

Du côté de Kingston, le Centre Culturel Frontenac a remporté le titre du Diffuseur.

Enfin, tel qu’annoncé en avril, le prix Bâtisseur Paul-Demers a été remis à Joel Couture. 

Jusqu’à récemment, le musicien était le premier coordonnateur du Programme de musique francophone de l’Ouest, organisme qui a aidé à cimenter la scène musicale francophone dans l’Ouest canadien.