Thibault Gaudillat, alias Tibz, sera un des invités de la finale de La Voix Junior, dimanche.

Tibz, toutes jeunesses unies

Sa chanson Nation est devenue un hymne fédérateur qui a transcendé les frontières de la France natale de Thibault Gaudillat, alias Tibz. À preuve, la pièce, qui a par ailleurs cartonné cet été sur les ondes des radios d’ici, a été récemment reprise par Alexandru, Chloé et Rose-Coralie de l’équipe de Marc Dupré lors des Duels de La Voix junior. Pas étonnant, dès lors, que l’auteur, compositeur et interprète de 24 ans soit l’un des invités de la grande finale de la deuxième saison de l’émission, présentée en direct, dimanche soir.

« C’est le but de cette chanson, de rassembler, de donner envie d’aller à la rencontre de l’autre, de communiquer et de partager. On vit dans un monde assez violent, en ce moment. Un monde dans lequel on a parfois l’impression qu’il est devenu particulièrement compliqué d’être bons. Certaines valeurs s’oublient… J’avais donc envie, avec mes potes, d’offrir quelque chose qui nous réunirait, mettrait l’accent ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise », soutient Tibz, rencontré dans un café d’Ottawa, lors d’une récente tournée de promotion de son album Nation.

Faire de la musique pour faire du bien

L’homme se défend bien de faire de la politique, et il ne se considère pas nécessairement comme un artiste engagé. 

« J’ai envie de légèreté, de faire du bien par ma musique, que les gens sourient en l’écoutant, tout simplement », fait-il valoir, entre deux gorgées de thé.

Ce désir de propager une dose d’optimisme doublée d’un souci de miser sur l’inclusion (et la mixité des genres folk et pop, dans ses compositions) lui vient de son éducation.

« Mon père a longtemps dirigé des centres sociaux dans les banlieues défavorisées, en Dordogne où je suis né. Et maintenant, il s’occupe d’un centre pour personnes handicapées. J’ai donc grandi avec ce modèle de quelqu’un qui aide les autres. »

C’est aussi son père qui, alors que le petit Thibault avait tout juste 10 ans, lui a donné sa vieille guitare électrique.

« C’était au moment de la séparation de mes parents, se souvient-il. Je suis alors devenu le mec à la guitare, à la maison, à l’école. Je jouais de la musique en classe et je voyais que ça rendait les gens heureux. »

De fil en aiguille, il met en ligne des vidéos de lui sur YouTube, où il est notamment remarqué par Louane, grâce à son simple On n’est pas bien là ? en 2015. Tibz partira d’ailleurs en tournée avec elle, assurant les premières parties de ses spectacles.

« Laisse parler la jeunesse »

À travers quelques-uns des 12 titres de son album, Tibz invite justement les gens à tendre l’oreille à ce que la nouvelle génération a à dire. Et à lui faire confiance.

Ainsi, dans Promesses, il rappelle au public : « Laisse parler la jeunesse (…) On tiendra nos promesses. »

Et quant à la Jeunesse oubliée à laquelle il fait référence, c’est aussi bien à celle qui a parfois l’impression de ne pas être prise au sérieux ou d’être tenue à l’écart des décisions, qu’à celle que les quadragénaires et les quinquagénaires impatients ou intransigeants qui ont oublié qu’ils ont déjà été jeunes eux aussi.

« La musique, c’est le seul truc que je sais faire bien, depuis tout petit », confie celui qui se réjouit aujourd’hui de pouvoir voyager grâce à elle.

Où se voit-il dans cinq ans ? « J’aimerais tourner dans les festivals avec mes amis, peut-être sortir deux autres albums au cours des trois à cinq prochaines années, écrire pour les autres et, pourquoi pas, avoir un studio à Paris… » énumère-t-il, ses yeux bleus pétillant d’espoir.

Celui qui mentionne qu’il aime [S]on sud au point d’aspirer à retourner y mourir ne détesterait pas non plus ouvrir un restaurant, « mais quand j’aurai 40 ou 50 ans », parce qu’il aime beaucoup cuisiner. 

D’ici là, il tient à demeurer un modèle pour ses « deux petits frères » de 20 et 18 ans, de donner au suivant en s’investissant auprès des jeunes dans sa région natale, entre autres.

« J’ai adoré être jeune et quand je peux aider, je le fais. Et si ça en inspire certains à être bons envers les autres à leur tour, à tendre la main et à s’unir pour faire des trucs positifs, et bien, j’en serai le premier heureux », conclut-il, tout sourire.