Le spectacle que Renee Wilkin offrira à la Maison de la culture met davantage l’accent sur la section rythmique. «Tout est live et organique», ajoute-t-elle.

Soul 67 en version «cabaret»

Après avoir offert Soul 67 en festivals et dans de grandes salles, Renee Wilkin s’amuse désormais à offrir une version plus intime, plus « cabaret », du spectacle qu’elle a tiré de son plus récent album, sur lequel elle se réappropriait quelques grands succès de l’été 1967.

C’est cette mouture feutrée que la Gatinoise d’origine et ses trois musiciens viennent présenter au foyer de la Maison de la culture, mardi prochain.

« Il a fallu réarranger considérablement les pièces, vu la formation réduite avec laquelle je fais le spectacle en ce moment », précise-t-elle en présentant ses complices : Jean-François De Bellefeuille, aux claviers et à la direction musicale, Stephano Petrocca à la basse et Maxime Reed-Vermette à la batterie.

« Sur l’album, on avait mis beaucoup d’emphase sur les cuivres et les voix. Là, on a mis l’accent sur la section rythmique. [...] Et Jean-François a écopé de beaucoup des solos qu’on faisait à la guitare au départ », ajoute-t-elle. Ces solos étaient dévolus à leur quatrième larron, Maxime Audet-Halde, qui tenait la six-cordes à l’époque où Renee Wilkin se pointait sur scène entourée d’une section de cuivres et d’une ligne de chœurs.

« Tout est live et organique, c’est un peu l’esprit de l’Époque. [...] Je suis très chanceuse que mon bassiste et mon batteur chantent énormément, et qu’ils ont pu ramasser les back vocals », ces chœurs étant essentiels à l’ambiance soul et Motown inhérente au concept de Renee Wilkin.

« Dans les grosses salles, je ne faisais que l’album, mais en formule cabaret, je ratisse plus large que Soul 67 : on fait des chansons [qui couvrent] la période début 60 à mi-70. » C’est que l’exercice consistant à se cantonner à une seule année restreignait beaucoup ses choix : « Il y avait des artistes que je n’ai pas pu mettre sur l’album, parce qu’en 67, ils n’avaient pas nécessairement de hit que je voulais reprendre. Par exemple, Stevie Wonder, qui est un de mes artistes préférés. Là, je me reprends, même si c’est une chanson qui date de 1971 », dit-elle en évoquant Do I Do.

Par le biais de medleys, la bande s’amuse aussi à faire des clins d’œil à des groupes vocaux féminins de l’époque, comme The Supremes, The Ronettes ou The Marvelettes.

Un disque avec Corneille

Puis Renee Wilkin accélère la courbe du temps.

Elle qui, au début de sa tournée, esquivait complètement son premier album, se permet finalement d’y replonger subtilement. « On me le demandait souvent : les gens sont contents que je fasse quelques chansons » de L’amour, la guerre, paru en 2015.

Et, quitte à s’éloigner du concept originel en pigeant dans des morceaux contemporains, Renee Wilkin assume à fond, en se permettant même de donner un aperçu du futur : « Je présente en primeur de nouvelles chansons », dévoile la chanteuse, qui travaille présentement sur de nouvelles maquettes.

« J’ai de nouveaux collaborateurs. En ce moment je travaille étroitement avec Corneille. Je l’ai contacté parce que je cherchais quelqu’un qui réussit à bien faire de la soul en français, ce qui n’est pas une tâche facile, à cause de la phonétique de la langue. Ç’a cliqué super rapidement. [...] On a coécrit trois chansons, et pour l’instant, ça semble être un match parfait » se réjouit-elle. Une parolière peaufine les textes que lui envoie Renee Wilkin, précise la Gatinoise.

« Tout le monde est très emballé », au point que Corneille assumera « probablement » la direction artistique de ce disque, épaulé par son fidèle réalisateur-arrangeur Marco Volcy, laisse-t-elle entendre.

La finaliste de La Voix en 2014, équipe Dupré, pourra sans doute aussi compter sur un coup de pouce de son ancien coach à l’émission de télé-crochet. « Marc m’a appelé hier [mardi dernier] pour me dire qu’il avait peut-être une chanson pour moi. »

Le mix n’est pas du tout improbable : après tout, « Marc est un ami de Corneille », rappelle-t-elle.

S’il est trop tôt pour s’avancer sur la date de sortie de ce prochain album – qui s’enligne pour être à 80 % francophone – un premier single devrait sortir au mois de mai, annonce Renee Wilkin, impatiente.

Ensuite, on pourra la voir sur scène à Gatineau cet été, puisqu’elle est de la distribution du Britishow, au côté d’Yvan Pedneault, Pascal Dufour et Jérôme Couture et Philippe Berghella. Ce spectacle hommage qui explore la nature britannique de la musique (De Cat Stevens, Petula Clark et Les Rolling Stones à Adèle, Arctic Monkeys et James Blunt) prendra l’affiche au Théâtre du Casino du Lac-Leamy les 6, 7, 13, 14, 20 et 21 juillet.

POUR Y ALLER

Quand ? mardi 27 mars, 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau (foyer)

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca