Après avoir remporté le Félix pour l’album trad de l’année au dernier gala de l’ADISQ, les huit membres des groupes De Temps Antan et Le Vent du Nord présenteront leur festif spectacle « SOLO » au Théâtre Granada de Sherbrooke, le 19 décembre.

SOLO à huit musiciens trad

C’est une fleur sur le parcours et une première pour un groupe de musique traditionnelle québécoise : le 24 janvier prochain, les huit musiciens du spectacle « SOLO » fouleront la scène du mythique Carnegie Hall de New York.

« J’ai grandi dans la musique classique. Mon père allait chaque année au Carnegie Hall voir des concerts, on avait à la maison des vinyles enregistrés dans cette salle emblématique, plus grande que nature. C’est comme si les deux pôles musicaux qui m’habitent depuis l’enfance se rejoignaient, en même temps que c’est une fichue belle reconnaissance. Quand un diffuseur comme celui-là, qui a fait sa renommée en programmant les plus grands dans le créneau classique, invite pour la première fois un groupe trad à venir se produire, c’est signe qu’une certaine barrière stylistique vient de tomber. C’est très symbolique, pour nous, de jouer là-bas », souligne Olivier Demers, violoniste et « tapeux de pied » au sein de SOLO.

Plusieurs spectacles sont prévus dans le calendrier de décembre de la formation qui réunit les musiciens des groupes De Temps Antan et Le Vent du Nord. La représentation new-yorkaise clôturera ce blitz de spectacles du temps des Fêtes et sera possiblement la dernière du tour de piste qu’ils tournent depuis quatre ans maintenant.

Croisée des chemins

« On est un peu à la croisée des chemins. Le désir de jouer ensemble est toujours là, bien présent, mais il faudra voir si on repart un deuxième bal à court ou à moyen terme avec du nouveau matériel. Et si oui, il faudra décider quand et comment on fait les choses », exprime l’accordéoniste et harmoniciste Pierre-Luc Dupuis.

C’est que SOLO a d’abord existé en salles. Les deux groupes s’étaient croisés sur des scènes communes en 2008 et 2011. Ils avaient vu que le courant passait. De là a germé l’idée de mettre leurs forces en commun pour un projet trad unique qu’ils feraient vivre à travers le reste.

« On continue à mener les projets de chacun de nos deux groupes, chacun de notre côté, mais avec SOLO, à huit sur scène, on peut se permettre autre chose. De l’extravagance, je dirais. C’est la force du nombre, on réussit vraiment à proposer une masse sonore qui en impose. Trois violons, un accordéon, deux guitares et un piano sur scène, ça sonne! Et comme on est tous multi-instrumentistes, on peut donner plusieurs teintes musicales aux chansons », dit Olivier.

Après trois ans à promener SOLO devant les foules, les compères de scène ont choisi de poursuivre l’aventure en studio l’an dernier. Ils ont bien fait. L’album, bouclé en quatre jours, a été couronné du Félix de l’album trad de l’année au dernier gala de l’ADISQ.

« On a fait les choses un peu à l’inverse du chemin habituel, mais ça nous a bien servis dans la mesure où, au moment d’enregistrer, on maîtrisait tellement le répertoire que tout s’est fait rapidement, avec naturel. On a réussi à graver sur disque toute l’énergie qui nous anime », disent les deux musiciens.

Esprit de famille

Au fil des ans, ils ont joué au Québec, mais aussi beaucoup en Europe et aux États-Unis, parfois devant de grosses foules, mais toujours avec le même esprit de gang.

« Parce que la musique, d’abord et avant tout, c’est ça. Une histoire de gang. On peut bien répéter chacun de notre côté, il reste que c’est lorsqu’on est ensemble, avec la famille ou les amis, que la musique prend tout son sens, que les choses se passent. Notre spectacle est structuré, il a une signature professionnelle, mais notre force, c’est vraiment de recréer l’esprit de ces soirées où on passe du bon temps avec nos proches. Notre spectacle, c’est comme un gros party de famille. Et parce qu’on l’a beaucoup joué, on l’a fait évoluer au fil du temps, on sait vraiment où on s’en va lorsqu’on met le pied sur la scène », mentionne Pierre-Luc.

La source trad à laquelle les huit complices s’abreuvent n’est pas près de se tarir.

« On est créatifs avec les arrangements, on se donne beaucoup de liberté à ce chapitre-là, mais on ne fait pas de matériel original. On part d’un répertoire qui a traversé le temps et qui traite de sujets intemporels comme la quête, la perte, la guerre, l’amour. C’est ça, notre ancrage. Ce sont des chansons qui sont près du cœur des gens, mais dans lesquelles il y a aussi de la poésie, beaucoup d’humanité », résume Olivier.

Vous voulez y aller?

SOLO
Le Vent du Nord et De Temps Antan
Théâtre Granada
Jeudi 19 décembre, 20 h
Entrée : 35 $