Originaire de Lefaivre, Marie-Clo est revenue au Canada en 2016 après avoir suivi son mari joueur de hockey en Europe et aux États-Unis.

Semaine Trille Or: les nombreuses vies de Marie-Clo

Chez beaucoup de musiciens, vivre de son art est un rêve de gamin. Pour Marie-Clo, c’est plus complexe. Longtemps danseuse contemporaine, comédienne et chanteuse, la Franco-Ontarienne aura traversé plus d’un coude dans la route avant de dériver vers la musique.

En 2017, Marie-Clo faisait paraître son ep Faune. La production de l’album était le grand prix de Planète BRBR, le gros lot qu’elle a décroché en remportant l’émission chapeautée par TFO.

À l’heure de son inscription au concours, raconte l’Ottavienne originaire de Lefaivre, elle travaillait comme artiste depuis ses 18 ans. N’empêche, sur la possibilité de gagner et de faire carrière en musique, ses attentes étaient à 0, voire dans le négatif. « Quand j’ai vu les gens qui pratiquaient près des portes d’entrée, j’ai presque viré de bord, narre la nouvelle trentenaire. J’arrivais avec mon petit ukulélé et ils avaient tous des diplômes en musique. Je me demandais ce que j’allais faire là ! »

Depuis, rien n’a arrêté son élan.

Et l’élan en question a été remarqué. Faune et le vidéoclip de Taudis, dans lequel elle montre ses talents de danseuse, lui valent en tout quatre nominations au gala des prix Trille Or, qui se déroulera jeudi.

« Cet ep a tellement été une catharsis, souligne Marie-Clo. Cet album est une tranche de vie. Ce sont cinq années compilées sur un disque. Te faire dire : “Bravo pour cette tranche de vie”, c’est vraiment spécial ! »

Avant de révéler de quoi consiste ledit épisode, un détour temporel s’impose. En 2009, celle qui avait fait des compétitions de danse de 3 à 18 ans et qui avait toujours chanté, joué du piano et composé pour le plaisir a gradué du programme de théâtre musical du collège Sheridan. Fraichement déménagée à Toronto, la sauce a rapidement pris : dès sa première audition, elle décrochait des contrats.

« Là, ça se complique », prévient Marie-Clo avec un sourire.

Dans la Ville Reine, la jeune femme a rencontré celui qui allait devenir son mari. Un joueur de hockey. Avec le train de vie d’enfer d’un joueur de hockey.

En l’espace de sept ans, le tandem a vécu dans une quarantaine de villes américaines et européennes. Pendant ce temps, la dame du couple a fait des études en psychologie, avant de se raviser et de recommencer à écrire des chansons.

De ces années, Marie-Clo aura tiré « beaucoup, beaucoup de positif ». Voyager autant lui aura notamment fait fouler des planches à San Francisco et en Allemagne pour des comédies musicales à grand déploiement.

Sauf qu’à force de vivre dans ses valises, d’être constamment freinée dans ses ambitions par les visas et les déplacements, « je ressentais beaucoup de solitude, confie-t-elle. (Être la conjointe d’un joueur de hockey), c’est tellement une vie chaotique, bizarre, malsaine... »

Et effroyablement sexiste. « Ce ne sont pas les individus qui le sont, mais la machine, précise-t-elle. Tu n’as pas un mot à dire là-dedans. Moi, vu que je faisais ce que je voulais faire, je passais pour la folle... »

En 2016, Marie-Clo revenait au Canada. Partageait ses compositions pour la première fois au concours la Brunante de Sudbury. Et s’inscrivait, hésitante, à Planète BRBR.

Mardi soir, Marie-Clo jouera au 27 Club. Elle est l’une des quatre artistes de la Vitrine officielle Trille Or.

Aujourd’hui, la comédie musicale est reléguée au second rang ; elle se consacre surtout à l’écriture d’un deuxième opus avec Olivier Fairfield, le complice de son ep. « Ça va être une deuxième tranche de vie ! dit-elle en éclatant de rire. Ce sera l’album de la Marie-Clo qui se retrouve. Peut-être qu’une vraie midlife crisis peut attendre ! »

POUR Y ALLER

Quand ? Le 30 avril, 20 h

Où ? Le 27 Club, Ottawa

Renseignements : trilleor.ca